vendredi 17 février 2012

1952 : Des livres plutôt remarqués par les adultes (3)


1952 : Des livres peut-être davantage remarqués par les adultes (3)

Des livres ont été depuis leur édition en 1952 privilégiés par une certaine critique soit parce qu’ils provenaient d’éditeurs renommés chez les adultes, comme NRF Gallimard, soit parce qu’ils continuent d’entretenir une tradition de qualité, comme les albums du Père Castor, très défendus depuis toujours dans le milieu enseignant. Marie Colmont, Lida et J.-M. Guilcher sont les principaux autres de l’année 1952, soit pour des nouveautés, soit pour des rééditions.
Des albums comme ceux de Germaine Bouret trouveront plus difficilement leur place parce qu’ils ont été édités à Monte-Carlo.
Notons une situation paradoxale. Jacques Prévert, poète populaire par excellence, publie en 1952 deux ouvrages que liront surtout des enfants des classes aisées, compte-tenu de leur prix élevé.

N.R.F. Gallimard et diversGermaine BOURET (Textes et images) : Nounouk « Les Flots bleus », Monte-Carlo
Germaine BOURET (Textes et images) : Une soirée au cirque Coll. « Pavillon », Ed. Vedette
Robert DESNOS : Chantefables & Chantefleurs (Gründ).
Pierre GAMARRA, dessins de ZUKA : Les Mots enchantés (E.F.R.)
Albert LAMORISSE, Jacques PREVERT : Bim le petit âne (6-9 ans) (R. Hachette) Photos du film.
J. PREVERT, Ill. Elsa HENRIQUEZ : Guignol (Guilde du Livre, Lausanne) R. Gall. 78
J. PREVERT, A. FRANCOIS : Lettres des Iles Baladar ("Livres d'enfants" N.R.F, Le pt du jour.) R. 78, 80, 99.
RIBEMONT-DESSAIGNES, Ill. YLLA : Tico-Tico (Histoire d’un écureuil) Gallimard
Oscar WILDE, Ill. Jacques FERRAND : L'Enfant Etoile (Mame)
YLLA (Kamilla KOFFLER, 1911-1955) : 85 chats (album photographique) La Guilde du livre et Clairefontaine

Albums du Père Castor FlammarionMarie COLMONT (1895-1938), Ill. GERDA : Marlaguette (Albums du Père Castor, Flammarion). R. 55, 84 ...
Marie COLMONT : Histoire du tigre en bois Albums du Père Castor Flammarion
Marie COLMONT, F. ROJANKKOVSKY : Cigalou Albums du Père Castor Flammarion (1950, rééd. 52)
J. M. GUILCHER, Ill. CANA : Mangazou, le petit pygmée « Les albums du Père Castor », 30 p. Flammarion
LIDA, Ill. F. ROJANKOVSKY : Martin Pêcheur Albums du Père Castor Flammarion Réédition
LIDA, Ill. F. ROJANKOVSKY : Quipic le hérisson Albums du Père Castor Flammarion Réédition
LIDA : Le Bouquet du jardinier Albums du Père Castor Flammarion

… Jardin des jeux Albums du Père Castor Flammarion

Bien entendu, il faudrait signaler les albums de J. et L. de Brunhoff et ceux de Pierre Probst qui seront détaillés prochainement dans la partie évoquant les livres des éditions Hachette

1952 : Collections de livres pour la jeunesse (2)


1952 : Les collections de livres pour la jeunesse (2)

Comme en témoigne le tableau suivant et non exhaustif des éditeurs et des collections ayant publié des romans et récits en 1952, la réalité est plus riche et plus complexe qu’on pourrait l’imaginer :

Editeurs, (classés par ordre alphabétique) et collections juvéniles en 1952 :
EDITIONS ALSATIA
Collection « Signe de piste »
« Collection Joyeuse »
EDITIONS DE L’AMITIE
Collection « Heures joyeuses »
EDITIONS ARMAND COLIN
Collection « Colin-Maillard »
EDITIONS ARTHAUD
Collection « Les Amis des jeunes »
EDITIONS BOURRELIER
Collection « Primevère »
Collection « Marjolaine »
CASTERMAN
Collection « Le Rameau vert »
EDITIONS COCORICO
« Le Petit Livre d’or »
« Un Petit Livre d’argent »
EDITIONS DELAGRAVE
« Bibliothèque Juventa »
Collection « Aventure et Jeunesse »
DELAMAIN ET BOUTELLEAU
Collection « Maïa »
EDITIONS DESCLEE DE BROUWER
Collection « Belle humeur »
EDITIONS FLAMMARION
Collection « Pour les jeunes »
« Collection Flammarion » (Jaquette sur une couverture jaune)
EDITIONS FLEURUS GAUTIER-LANGUEREAU
Collection « Âmes vaillantes »
Collection « Jean-François »
EDITIONS GAUTIER-LANGUEREAU
Collection « Bibliothèque de Suzette »
EDITIONS GEDALGE
Collection « Les Loisirs de la Jeunesse »
EDITIONS G.P. ROUGE ET OR
« Bibliothèque Rouge et Or, G. P. »
« Bibliothèque Rouge et bleue »
EDITIONS GRÜND
« Bibliothèque précieuse »
« Trésor des jeunes »
HACHETTE
« Bibliothèque verte »
« Bibliothèque Rose Illustrée »
Collection Jeunesse du monde
« Idéal Bibliothèque »
« Albums roses »
« Grands albums Hachette »
EDITIONS LAROUSSE
« Contes et Gestes héroïques »
« Contes et gestes historiques »
EDITIONS MAGNARD
Collection « Fauves et Jungles »
Collection « Bibliothèque de Tante Marinette »
Collection « Science et Aventures »
EDITIONS MONDIALES DEL DUCA
« Les Contes de Tatie »
EDITIONS MAME
« Collection Mame »
NATHAN
« Contes et légendes »
EDITIONS N.R.F. GALLIMARD
EDITIONS NELSON
Collection « Nelson »
PRESSES DE LA CITE
Coll. “Captain W.E. Johns”
EDITIONS DES REMPARTS :
Collection « Junior Aventures »
Collection « Junior Espionnage »
Collection « Junior Grands hommes »
EDITIONS S.P.E.S. :
Collection « Jamboree » (1952)
EDITIONS SUDEL
« Contes de partout et de toujours »
SOCIETE NOUVELLE DES EDITIONS B.I.A.S.
« Contes du Gai Pierrot »
EDITIONS VEDETTE MONTE-CARLO
Collection « Papillon »
Collection « Fanfan »

1952 : Livres et journaux jeunesse. Tentative d'inventaire (1)



1952 : Tentative d’inventaire des livres et des journaux pour la jeunesse (1)

Des lectures sous l’étroite surveillance des éducateurs et des groupes idéologiques

Pourquoi s’attarder sur les livres et les journaux pour la jeunesse en 1952 ? D’abord parce qu’il peut être intéressant de faire un bond en arrière de 60 ans.
Cette année est-elle particulièrement riche en la matière ? En apparence, certainement pas ! C’est justement parce qu’il s’agit plutôt d’une année de transition avant 1953 qui sera une année particulièrement riche en collections nouvelles, que nous faisons le pari de faire une sorte d’inventaire (non exhaustif mais le plus complet possible) de cette année. Ce panorama n’est pas facile à établir compte tenu de l’absence à l’époque d’une critique régulière des livres pour la jeunesse. Il n’existe guère que des articles de presse à l’occasion des fêtes de Pâques ou en vue des étrennes, moments privilégiés des ventes de livres.
Une telle tentative serait impossible pour établir le bilan d’une année du nouveau XXIe siècle (plus de 8000 livres jeunesse parus en 2010) mais pour ce qui est de l’année 1952, il est difficile de répertorier 300 livres, m^me si l’on intègre des rééditions et de nouvelles éditions d’ouvrages parfois beaucoup plus anciens (par exemple, les fictions de la collection « Colin-Maillard", chez Armand Colin. Même si l’on ajoute des documentaires pour adultes pour compenser la rareté des documentaires pour la jeunesse.
Néanmoins, dans cette année tout à fait banale, on découvre des livres dont on n’a jamais parlé. Puisqu’ils ont disparu peu à peu au cours des désherbages successifs des bibliothèques, on peut malgré tout les redécouvrir grâce à des sites comme ebay, priceminister, livre.com, amazon…
Parmi les nouveautés éditoriales de 1952, on ne note guère que la collection « Jamboree », publiée par l’éditeur catholique Spes. Elle permet surtout à Jean-Claude Alain de publier ses romans sous divers pseudonymes, en particulier la trilogie du Prince d’Hallmark (trop proche, sans doute, de la saga du Prince Eric pour être publiée dans « Signe de piste »).
Le contexte historique, politique et sociologique est toujours aussi lourd, voire glacial. Rien de plus trompeur que la formule de Jean Fourastié : « les trente glorieuses », pour évoquer cette année 1952 même si La France est en pleine reconstruction (et le plan Marshall américain s’est révélé une aide précieuse). La France reste encore dans l’ensemble un monde précaire, catholique et rural, et dans d’autres régions plus urbaines, ouvrier et parfois communiste. Le pouvoir d’achat, en particulier celui des jeunes, reste bien modeste, pour ne pas dire inexistant, comme en témoignerait le maigre contenu des tirelires.
Preuve que les temps difficiles sont encore là : les appels au secours de l’Abbé Pierre dès 1952, (c’est cette année-là qu’il participe à « Quitte ou double ? », la fameuse émission de radio animée par Zappy Max).
Peu d’enfants accèdent aux études supérieures et la France reste celle du certificat d’études primaires, le fameux « certif », dont la remise donne lieu à des cérémonies officielles au chef-lieu d’arrondissement. Certains enfants sont davantage heureux de devenir, à cette occasion, enfin possesseurs d’un vélo. Les bacheliers ne sont que 32 000 en 1950, (5 % de la classe d’âge).
Le climat politique reste lourd. En ces temps de guerre froide, la chasse aux sorcières et le « maccarthysme » à l’Ouest oblige Charlie Chaplin a venir se réfugier en Europe (Jean-Claude Forest dessine alors Charlot dans le journal Vaillant)et Georges Sadoul publie Vie de Charlot aux Editeurs Français Réunis). Tandis qu’en France la censure frappa la pièce de Roger Vailland qui évoque la guerre de Corée: Le Colonel Foster plaide coupable, des procès iniques ont lieu à l’Est, comme celui de Slansky en Tchécoslovaquie. Les menaces de nouvelle guerre mondiale ne risquent pas d’être apaisées quand on assiste aux attaques d’avions occidentaux par les Soviétiques. Rideaux de fer, de bambou et de barbelés se multiplient dans un monde où les guerres idéologiques sévissent. Le mythe de Staline est encore puissant en France.
Dans ce monde manichéen, suspicieux, coupé en deux, chacun, sous peine d’exclusion sociale, est poussé à choisir son camp. Les excommunications politiques ne sont pas rares, (comme celles d’André Marty et Charles Tillon, cadres exclus des instances du parti communiste en 1952), et l’Eglise catholique a mis les œuvres de Gide à l’Index et veut supprimer les prêtres ouvriers. Les expérimentations atomiques qui se multiplient alourdissent le climat où l’on ne sait vraiment si l’on vit en état de guerre possible ou de paix durable.
Les guerres coloniales, rarement nommées ainsi, se succèdent, sans susciter beaucoup d’opposition et les velléités d’indépendance, en Afrique du Nord, sont sévèrement réprimées, en particulier en Tunisie.
En 1952, l’investiture d’Antoine Pinay amène un peu de stabilité (au moins jusqu’à la fin de l’année !) dans une vie politique qui demeure agitée. On feint d’ignorer les craquements qui affectent l’Union française. Le conflit s’enlise en Indochine dont on cache les victimes. L’opinion préfère se laisser séduire par les progrès techniques d’une ère où la technologie est reine. Parfois pressée de chasser les ombres de la guerre, elle est marquée par la démocratisation des appareils ménagers et de l'automobile, (mais il faut attendre parfois un an à dix-huit mois pour obtenir la modeste voiture de ses rêves). Le scooter, (au cœur de la fiction de Paul Berna : Vacances en scooter en 1952), l’hélicoptère et le « vélosolex », très présents dans les B.D., la publicité et les reportages, fascinent grands et petits.
Le plan Courant hâte la construction de logements et l’on voit s’élever les premières H.L.M. La fée électricité a droit à tous les honneurs : inauguration de barrages à Chastang, construction à Serre-Ponçon et la centrale de Donzère-Mondragon a « dompté » le Rhône. Qu’importe si cette énergie a tué en 1952 le village de Tignes dont on détruit l’église, l’école et le cimetière à coups de bulldozer, devant des « gens de peu » qui, eux, savent rester dignes. Paradoxalement, alors que les manuels de lecture, d’ailleurs tristes à mourir comme Le Livre unique de français de Dumas et le Bled d’orthographe cultivent l’amour du terroir, de « l’aire où on bat le blé », les petits paysans sont déconsidérés. Ils ne sont pas davantage respectés dans l’actualité, comme le prouve l’affaire Dominici, significative du mépris exercé contre les petits paysans accrochés à leur terre, que dans les fictions cinématographiques. Ridiculisés en poursuivant Fanfan-La-Tulipe qui détrousse leurs filles derrière les bottes de paille, ils étalent encore leurs querelles mesquines et intestines en pleine guerre mondiale dans Jeux interdits.
L’enfance bridée et privée de parole est sous la triple et ferme autorité des parents, des instituteurs, de l’Eglise (ou du parti communiste). L’accès au temps libre n’est possible qu’après les devoirs souvent faits sur la toile cirée, juste avant le nouveau « formica » de la table de la cuisine, où trône le poste de radio qui ne diffuse que des émissions à destination des adultes, telles « La Famille Duraton », « Reine d’un jour » ou « Le Passe temps des dames et des demoiselles » ! En dehors de la région parisienne, la télévision (très coûteuse) est quasi inexistante et c’est grâce au poste de radio que l’on suit le drame du Flying Entreprise, celui du spéléologue Marcel Loubens, décédé au fond du gouffre de la Pierre Saint-Martin, ou plus simplement le Tour de France. D’ailleurs les journaux et revues consacrent davantage de place à la « radiodiffusion » qu’aux programmes squelettiques de la nouvelle « lucarne ».
Les loisirs sont rares, surtout à la campagne. Les enfants sont assidus au « caté » du jeudi, soit par ferveur religieuse, soit par devoir, soit aussi parce qu’au « patronage » du jeudi après-midi, ils pourront taper dans un vrai ballon en cuir ou assister à des projections de films fixes des aventures de Tintin ou d’Oscar et Isidore, …entrecoupées de vues de propagande sur « la relève » des prêtres. Les citadins qui n’ont ni la chance ni l’argent pour aller au cinéma fréquentent le scoutisme ou les Francs et franches camarades, des mouvements où se préserve l’idéal de fraternité et de tolérance et à l’appel à la solidarité, nés dans l’après-guerre.

Une réalité « culturelle » rarement appréhendée dans sa complexité

Est-il possible de connaître vraiment les lectures de ceux et celles qu’on appelle encore des « enfants » au cours de l’année 1952 ? L’analyse de la presse juvénile, essentiellement hebdomadaire, lue avidement et dans l’immédiateté est plus facile et crédible, (encore faudrait-il tenir compte des reliures d’anciens numéros de journaux et d’illustrés) que celle des romans et des contes. Souvent couverts de jaquettes mobiles, vite cachées sous le papier bleu uniforme et scolaire des couvertures, les livres restent alors disponibles chez les libraires durant plusieurs années quelle que soit leur date d’impression, (dont nul ne se soucie).
Le décalage entre la sortie d’un livre et l’adoption de sa lecture est souvent aussi grand que celui qui existe entre la sortie parisienne d’un film et son arrivée tardive en province, (au point que les journaux juvéniles titrent leur critique : « Les films que nous avons vus pour vous »). Les éditeurs de journaux le savent bien puisque L’Intrépide publie une très longue adaptation de Fanfan la Tulipe en B.D et Bayard fait de même avec le film : Quand les vautours ne volent plus, seulement adapté en 1953.
Dominique Veillon, dans son ouvrage récent : Nous les enfants, 1950-1970, rend brièvement compte d’une enquête effectuée dans les écoles de Dijon au cours du 1er semestre 1953.
Sont cités les Contes de Grimm, constamment réédités et qui bénéficient de la sortie, (tardive en France), du dessin animé Blanche Neige de Walt Disney. Outre La Comtesse de Ségur, (Les Malheurs de Sophie), et Jules Verne (L’Ile mystérieuse, Voyage au centre de la Terre, De la Terre à la Lune), constamment cités quelles que soient les époques, on retrouve Alice au pays des merveilles, remis au goût du jour par le dessin animé, à Paris en décembre 1951, (on ignore encore la réédition de Peter Pan chez Hachette, puisque le dessin animé sort à Noël 1953). On lit Les Misérables dont l’édition échelonnée en 3 tomes, dans la "Bibliothèque verte", et l’inusable collection "Contes et légendes" des éditions Nathan, constamment enrichie depuis sa création en 1916. L’orphelin Rémi de Sans famille trouve les mêmes lecteurs que Heidi, bénéficiant de l’adaptation filmique Heidi et Pierre de Luigi Comencini, présentée dans les journaux pour jeunes.
Croc-blanc est, davantage que Michael, Chien de cirque et Jerry dans l’île du même Jack London, un « classique » animalier incontournable de la « Bibliothèque verte », (comme Bari chien loup de James Oliver Curwood, illustré en "Idéal Bibliothèque" depuis 1952). Seuls ouvrages cités du XXe siècle : un récit publié en 1947 dans la série « Nature » de la collection Heures joyeuses, (Sentinelles des pics neigeux) et Lassie, chien fidèle, adapté dans l'"Idéal Bibliothèque" en 1952.
Si l’actualité éditoriale avait porté ses fruits, sur ce thème, on aurait dû trouver les histoires animalières d’André Demaison, (Poupah l’éléphant, la Colère des buffles…), de René Guillot (Bêtes sauvages mes amies, Contes des mille et une bêtes)
En fait, le thème « nature et animaux » n’arrive pas en tête en 1952 dans la production éditoriale. La mer, (alors bien cruelle dans l’actualité de la Hollande), et les récits maritimes de toutes sortes viennent en 1ère position. (Si les textes sont bien tolérés, la bande dessinée belge Surcouf terreurs des mers est la cible des censeurs)

lundi 30 janvier 2012

La presse des jeunes et le Capitaine Carlsen, en 1952







Il y a juste 60 ans, un certain Capitaine Carlsen…

Le lamentable comportement d’une sorte de commandant d’opérette, responsable pourtant de milliers de personnes et qui abandonne lâchement son navire Costa Concordia et tous ses passagers, le 13 janvier 2012 invite à un petit travail de mémoire et à l’évocation d’un contre-exemple remarquable.
Il y a 60 ans, le 10 janvier 1952, rampant sur la cheminée presque à l’horizontale du navire Flying Enterprise en perdition, le Capitaine danois Henri Kurt Carlsen, après 13 jours de lutte, et le second Kenneth Dancy du remorqueur anglais Turmoil (monté audacieusement à bord le 4 janvier), sautent finalement à l’eau. Epuisés et transis, ils sont recueillis par le Turmoil.
Une heure 45 plus tard, après une lente agonie, le cargo américain sombre par 60 brasses de fond. C’était juste il y a 60 ans.
Gardons dans nos mémoires l’histoire du « Capitaine Courage » pour toujours lié au sort du Flying Enterprise, ce cargo américain parti de Hambourg le 21 décembre 1951 pour New-York, d’abord victime d’un ouragan et sans doute d’une ou deux vagues géantes qui fissurent le navire, le 28 décembre, au sud de l’Irlande. Après l’envoi d’un S.O.S., trois navires surviennent et recueillent les quelques passagers et plus d’une trentaine d’hommes d’équipage. Mais le commandant qui attend l’arrivée d’un remorqueur et veut sauver sa cargaison (évaluée, selon certains, à 175 millions de francs à l’époque) demeure son bateau. Le contenu de cette cargaison donne d’ailleurs lieu a beaucoup d’hypothèses et de fantasmes.
Le 5 janvier, le remorqueur Turmoil lance une amarre et tire le cargo vers Falmouth (alors que le remorqueur français Abeille 25, présent sur place, aurait bénéficié de vents plus favorables pour gagner le port de Brest).
Le 9 janvier, alors que la gîte s’accentue, l’amarre se brise, le remorquage échoue et le Flying Enterprise dérive vers la pointe de la Cornouaille en se couchant de plus en plus sur bâbord. Le monde se passionne pour cette histoire, surtout à la radio (les téléviseurs sont rares), et la photo du capitaine Carlsen accroché au bastingage de son navire de plus en plus penché, fait le tour du monde. Paris Match qui a envoyé 10 reporters et un avion spécial fait sa « Une » le 19 janvier avec le bateau et la silhouette du capitaine tandis que l’hebdomadaire à sensation Radar, titre en couverture « Treize jours avec le Flying » avec le dessin très réaliste de Carlsen et Dancy sautant à la dernière minute du cargo en train de couler.
Les faits, souvent assortis de leçons de morale coutumières à l’époque, ont été évoqués en cette année 1952 dans la presse des jeunes.
Dès le 24 février 1952, l’hebdomadaire Cœurs vaillants développe un, dialogue entre un garçon qui « sèche » et renâcle sur sa version et un adulte qui lui rappelle les qualités du « Capitaine Courage » « resté des jours et des jours, seul, dans la tempête ».
Fripounet et Marisette, autre hebdo des éditons Fleurus, le 9 mars 1952, rappelle les faits sous le titre : « Trois jours durant, il tint tête à la mer en furie ». L’article conclut : « Et toi, petit lecteur de Fripounet, c’est en faisant ton travail chaque jour avec conscience que tu pourras un jour ressembler au capitaine Carlsen ». Autre hebdomadaire catholique, Bernadette, le 16 mars 1952, sous le titre « Capitaine courageux », signe « Tante Guite », évoquant la perte du navire, n’hésite pas à écrire que « la leçon dégagée est plus haute que la perte du navire ».
« Vous, mes petites nièces, de l’aventure du capitaine Carlsen, vous retiendrez d’abord un exemple de loyauté envers le devoir d’état ».
C’est surtout, on le voit, la presse juvénile catholique qui évoque les faits et en tire des leçons de morale édifiantes. En revanche, le journal Vaillant, en ces temps de guerre froide et sans doute parce qu’il s’agit d’un cargo américain, ignore le capitaine Carlsen et ses faits héroïques.
Mais c’est surtout, avec le recul nécessaire pour réaliser scénarios et illustrations, de la Belgique que viendront les évocations les plus mémorables.
C’est en avril et en mai 1952 que les illustrés rivaux Spirou et Tintin adaptent le drame en bandes dessinées, chacun dans deux numéros. Pour Spirou, le 10 et le 17 avril 1952, c’est René Goscinny qui scénarise Capitaine courageux, illustré par Eddy Paape, pour « Les Belles Histoires de l’Oncle Paul » (créées surtout pour complaire à la commission française de surveillance de la presse des jeunes), tandis que Tintin fait sa « Une » le 15 mai 1952 avec Le Drame du « Flying Entreprise », scénarisé et mis en images par Albert Weinberg. La suite de l’adaptation en BD paraît le 22 mai.
A la lecture du très bel ouvrage de Jean-Louis Lechat : Le Lombard 1946-1996 : Un demi siècle d’aventures Tome 1 (1946-1969), paru au Lombard en 1996, certains pourraient contester l’antériorité de la BD parue dans Spirou sur celle qui est parue dans Tintin.
Jean-Louis Lechat affirme, page 55, que « Tintin a réussi à damer le pion à son concurrent Spirou ». Il publie ces lignes dans la rubrique consacrée au mois de février 1952, date supposée de la publication des deux épisodes dans l’édition belge ( ?).
En tout cas, pour l’édition française de Tintin, c’est seulement au mois de mai que paraît Le Drame du « Flying Enterprise », « reportage en images d’Albert Weinberg » !
Grâce aux précisions de l'ami Damien, passionné de bandes dessinées que je remercie, je précise que Jean-Louis Lechat a raison. Pour l'édition belge de Tintin (dont la numéroration reprend alors au début de chaque année), c'est bien le 20 février (dans le n° 8) et le 27 février 1952 (dans le numéro 9) qu'Albert Weinberg raconte en BD "Le Drame du Flying Enterprise", damant ainsi le pion à Spirou. Les sites de bdoubliées et de lejournaldetintin. free.fr permettent de vérifier l'information.

Ajoutons la parution en avril 1952 du n° 2 de la collection "Junior Les Grands Héros", aux Editions des Remparts. Sous le titre Carlsen Le Capitaine courageux paraît un texte de Max d'Amplaing, illustré par Jef de Wulf. Cette publication mensuelle ne survivra pas au-delà de l'année 1952.

lundi 26 décembre 2011

1951 : Des films sous surveillance pour les jeunes (5)






1951 : des films sous surveillance pour les jeunes, il y a 60 ans (5)

Rien de plus difficile que de tenter d’établir une liste des films de 1951 accessibles à la jeunesse.
A l’époque on examine les livres, les illustrés, le cinéma en fonction de leur « nocivité » car on n’accorde aucune confiance ni à l’intelligence, ni à l’esprit critique, ni à l’humour des jeunes lecteurs. C’est tout juste si les enfants et adolescents ne sont pas considérés comme des délinquants potentiels. On les imagine plutôt comme des êtres influençables, prêts à calquer leurs actions sur celles que leur montre en particulier les images fixes ou animées.
Les affiches du western qui montrent le plus souvent des révolvers ou d’autres armes suscitent généralement la réprobation des parents et des éducateurs. Les films de science-fiction qui offrent en outre une image souvent négative des êtres venus de l’espace sont aussi peu recommandés que les romans jeunesse d’ailleurs peu nombreux du genre. En outre, tous ces films américains sont mal vus car ils inondent le marché français aux dépens du cinéma hexagonal. D’ailleurs, on ne fait guère à l’époque la distinction entre fantastique, fantasy (le premier volume des Chroniques de Narnia vient d’être publié en anglais) et science-fiction.
En particulier dans les journaux et revues catholiques, les films sont catalogués et dotés d’une cote morale parfois sévère. La Centrale Catholique du Cinéma et de la Radio classe les films en cinq catégories :
- 3 : pour tous
- 3 bis : pour familles
- 4 : pour adultes
- 4 bis : à déconseiller
- 5 : à proscrire

Rappelons que le décalage est évident entre la sortie d’un livre et l’adoption de sa lecture, décalage souvent aussi grand que celui qui existe entre la sortie parisienne d’un film et son arrivée tardive en province (au point que les journaux juvéniles titrent leur critique : « Les films que nous avons vus pour vous »). Les éditeurs de journaux le savent bien puisque L’Intrépide publie une très longue et tardive adaptation de Fanfan la Tulipe en B.D et l’hebdomadaire Bayard, dirigé par l’abbé André Sève, fait de même avec le film : Quand les vautours ne volent plus, en 1953.

Films sortis cette année-là, tolérés ou parfois déconseillés : -

L'Odyssée de l'African Queen (Humphrey BOGART, Katherine HEPBURN) 1951-52 John HUSTON (103 mn)
- Alice au pays des merveilles (Dessin animé) (Prod. DISNEY)Glyde GERONIMI (75 mn)
- Au-delà du Missouri (Clark Gable) (western) William A. WELLMAN (78 mn)
- Les Aventures du Capitaine Wyatt (western) (G. COOPER) Raoul WALSH (101 mn)
- Capitaine sans peur (avec Gregory PECK, Virginia MAYO) Raoul WALSCH
- Le Choc des mondes (S-F) Rudolph MATE.
- La Chose d'un autre monde (S-F.) 1951 Howard HAWK
- Demain, il sera trop tard (V. De Sica, Anna M. Pierangeli, G. Leurini) 1950-51 Léonide MOGUY. (105 mn)
- Fort invincible (western) (Gregory Peck, Barbara Payton)Gordon DOUGLAS
(105 mn)
- Gendarmes et voleurs (avec TOTO)Mario MONICELLI (95 mn)
- L'Homme au complet blanc (avec Alec GUINESS) Alexander MACKENDRICK (98 mn)
- L'Île au trésor (Production Walt DISNEY)
- Jeannot l’Intrépide (dessin animé de Jean Image)
- Jeux interdits 1951-52 (Brigitte FOSSEY, Georges POUJOULY) René CLEMENT (sortie en mai 1952)
- Le Jour où la Terre s'arrêta (S-F) R obert WISE (90 mn)
- Kim (Errol FLYNN, Dean STOCKWELL ...)Victor SAVILLE (112 mn)
- Knock (avec Louis JOUVET qui décède en 1951) Guy LEFRANC. (98 mn)
- Lassie : The Painted Hills 1951 Harold F.KRESS (66 mn)
- Monsieur Fabre (avec Pierre FRESNAY) Henri DIAMANT-BERGER (85 mn)
- La Nuit est mon royaume (avec J. GABIN)Georges LACOMBE
- Le Passe-Muraille (avec BOURVIL) Jean BOYER
- Le Petit monde de Don Camillo (avec FRENANDEL et Gino CERVI) de Julien DUVIVIER
- Procès au Vatican (La Vie de Sainte Thérèse de Lisieux) 1951-52 André HAGUET
- Quand les tambours s’arrêteront (western) Hugo FREGONESE (80 mn)
- Quand les vautours ne volent plus (au Kénya) 1951-52 Harry WATT (97 mn)
- Quo vadis ? (A.V. 21/2/54) Mervin LE ROY (dr. hist.)

[Avignon : Gérard Philipe joue Rodrigue dans « Le Cid » de Corneille]

Les sorties en France (selon l’Almanach Hachette 1953) :
Juillet 1951 :
Demain, il sera trop tard
Octobre 1951 :
Les Mines du roi Salomon(de 1950)
Novembre 1951 :
La Nuit est mon royaume
Jeannot l’Intrépide (dessin animé de Jean Image)
Alice au pays des merveillesMars 1952 :
Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque
Avril 1952 :
Le Jour où la Terre s'arrêta
Procès au Vatican
Mai 1952 :
Jeux interdits
Juin 1952 :
Le Petit Monde Don Camillo de Julien Duvivier
Le Choc des mondes
Les sorties en France (selon l’Almanach Hachette 1953) :
Juillet 1951 :
Quand les vautours ne volent plus

1951 : Albums illustrés et de bande dessinée pour les jeunes (4)




1951 : albums illustrés et BD pour les jeunes, il y a 60 ans (4)

La bande dessinée de qualité est essentiellement d’origine belge. Elle provient surtout des éditions Dupuis et Casterman.
En France, la Société Parisienne d’Edition (S.P.E.) et les éditions Rouff publient des albums brochés imprimés sur un papier de qualité médiocre. Les éditions Fleurus et de la Bonne Presse ont commencé à publier des albums reliés (mais très peu en 1951).
Bien entendu, aucune image illustrant le film On tue à chaque page, commis par trois co-réalisateurs sortis de l’IDHEC, n’est extraite de ces albums. D’ailleurs, ce film de pure propagande destiné à renforcer le contenu de la loi du 16 juillet 1949 s’appuie surtout sur les aventures purement inventées du personnage de Krakx (ou Krak ?).
Pour en savoir plus sur le contexte de l’époque et sur le film, lire :
- On tue à chaque page (ouvrage collectif coordonné par Thierry Crépin et Thierry Groensteen), Editions du Temps, Musée de la bande dessinée 1999.
- « Haro sur le gangster ! » La moralisation de la presse enfantine 1934-1954 de Thierry Crépin. Préface de Pascal Ory, 2001.
- Le Petit critique illustré de Harry Morgan et Manuel Hirtz PLG, 1997.
- La seule image du film consultable semble être celle qui figure en couverture du numéro de la revue Image et Son parue en janvier 1952.

Albums illustrés, récits illustrés et bandes dessinées
AL. G. (Alexandre GERARD), HIERIS : L’Espiègle Lili : Lili en croisière, Lili en Egypte
ARNAL : Placid et Muzo : Les Meilleures histoires de Placid et Muzo (Ed. Vaillant)
G.B. BARAY, J. BONDALLAZ : Histoire Sainte T. 1 (« Belles histoires et belles vies », Fleurus)
F.A. BREYSSE : Oscar Hamel et Isidore : Les Conquérants de l’infini (Ed. Edipat)
Jean de BRUNHOFF : Babar dans l’île aux oiseaux, Babar et le Père Noël (Hachette)
Walt DISNEY : Les Exploits de Mickey (Hachette)
Walt DISNEY : Mickey jockey (rééd.) (Hachette)
Walt DISNEY : Mickey, Goofie et Cie (rééd.) (Hachette)
DURANE : Dydo boxeur, Dydo fabricant de vélos, Dydo fabricant d’avions, Dydo aux sports d’hiver, (René Touret)
DURST : Nounouche fait le tour du monde Le Pôle Sud, Nounouche à l’école, Nounouche couturière
(Editions Enfants de France)
FRANQUIN, J. DARC : Spirou et Fantasio : Il y a un sorcier à Champignac (Dupuis)
GERVY : Pat’Apouf contre les gangsters (Bonne Presse)
GOSCINNY, UDERZO : Junior en Amérique. I.P. Bruxelles (Junior). R. 89 : (autre titre).
HERGÉ: Jo et Zette et Jocko, Le Testament de M. Pump et Destination New-York. (Casterman).
HERGÉ: Les Exploits de Quick et Flupke 4e série (Casterman).
HOGARTH : Tarzan et les aventuriers, Les Chasses de Tarzan (Hachette)
HUBINON, CHARLIER : Buck Danny : Les Tigres volants (Dupuis)
HUBINON, CHARLIER : Surcouf Roi des corsaires (Dupuis)
Jean IMAGE : Jeannot l’Intrépide (Bonne Presse)
JIJE (Joseph GILLAIN), V. HUBINON : Les Nouvelles Aventures de Blondin et Cirage (Dupuis)
JIJE, Doisy : Valhardi Tome 2 (Dupuis)
MAT : Oscar au Far-West, Oscar en vacances (S.P.E.)
MORRIS : Lucky Luke : Arizona (Dupuis)
PELLOS : Durga Rani La Reine des jungles, L’Appel du maître (rééd.) (S.P.E.)
PELLOS, MONTAUBERT : Les Pieds Nickelés As du contre-espjonnage (S.P.E.)
Les Pieds Nickelés soldats (S.P.E.)
PERRÉ : Zigoto roi des sportifs, Zigoto inventeur, Zigoto globe-trotter (Rouff)
PERRÉ : Poucette apprentie, bonne d’enfants, infirmière, chez les Esquimaux… (Rouff)
Loys PETILLOT, M.P. BOUSQUET : Feux sur la sierra « Roman cinématique » (Bonne Presse)
PIERDEC, H. ROBITAILLIE : Le Monstre des abîmes « Roman cinématique » (Bonne Presse)
RASMUSSON : Aggie, vedette de la télévision. (S.P.E.).
RIGOT, Gaston COURTOIS : St Vincent de Paul (« Belles histoires et belles vies », Fleurus)
Alain SAINT-OGAN : Zig et Puce et le cirque (Hachette).
SIRIUS : L’Epervier bleu : Les Pirates de la stratosphère (Dupuis)
Willy VANDERSTEEN : Le Fantôme espagnol (paraît dans "Tintin"), publié en album dans la série "Bob et Bobette" en 1952.
René PELLOS dessine les aventures réalistes d'un coureur cycliste : "Chouchou", "le roi de la petite reine", dans le magazine "Zorro".
On assiste dans Spirou à la naissance des didactiques et fameuses "Belles Histoires de l'Oncle Paul", animées par toute une équipe, le plus souvent anonyme. Cette série éducative est créée pour calmer les ardeurs de la commission de censure française.
PERRÉ publie 4 albums de « La Famille Bigorno », chez Rouff.
Casterman publie des rééditions des albums de Tintin de Hergé : Tintin au Congo, Tintin en Amérique, Le Lotus bleu, L’Oreille cassée, Le Crabe aux pinces d’or, L’Etoile mystérieuse, Les Sept boules de cristal, Le Temple du soleil, Tintin au pays de l’or noir.
Luciano Bottaro crée les aventures du corsaire "Pépito" en Italie.

jeudi 22 décembre 2011

1951 : La presse des jeunes : journaux, illustrés, récits complets (3)





1951 : livres, journaux, bandes dessinées et cinéma
pour les jeunes, il y a 60 ans (3)


Les journaux ne ciblent pas une tranche d’âge particulière : le chaînage n’existe pas et l’on entre le plus souvent dans la vie active à l’âge de 14 ans, après avoir passé l’épreuve du certificat d’études primaires.
Les hebdomadaires sont fort nombreux et les publics sont surtout différents selon l’idéologie des parents.

LA PRESSE DES JEUNES EN 1951

1 Presse commerciale et distractive accordant une grande place à la bande dessinée, des journaux en plein développement
a) pour les garçons
- COQ HARDI (H) (2e série : 1950-1954). Dernier numéro en 1963.
- Hardi présente DONALD (H) (1947-1953) (Edi-monde, Winkler & Hachette).
- L'INTREPIDE (de 1910 à 1937 ; de 1948 à 1962), suite de "L'Astucieux".
- LE JOURNAL DES PIEDS NICKELÉS (M) (1ère série : juil. 1948- avril 1951)
(personnages repris par Pellos).
- TARZAN (19/09/46-03/05/52) (288 000 ex., campagne de dénigrement)
- VAILLANT (succède au "Jeune Patriote" en 1945) (Hebdo depuis juin 46).
- HURRAH (1935- 1942 ; 1951-1959 : "Hurrah Magazine") (Del Duca)
- ZORRO-JEUDI MAGAZINE (1947-1952) (devient ZIG-ZAG en 1952-53)
Presse d'origine belge (Ecole de Bruxelles et Ecole de Charleroi)
- BRAVO (H) (1940-1951) (en Belgique).
- HÉROÏC-ALBUMS (de 1945 à 1956 ; puis de 1969 à 1970) (en Belgique).
- PAT (en Belgique) (1946-1959) (reprises de la presse catholique française).
- SPIROU Magazine (H) (1938 ; à partir de 1945 pour la France, Dupuis)
- STORY (en Belgique) (H) (1945-1951) et PAT (Armand Debaille).
- TINTIN (H) (né en 1946 en Belgique, n° 1 en France, le 28 octobre 1948)

b) pour les filles (en dehors de la presse catholique):
- LISETTE (H) (Montsouris, de 1921 à 1942 ; de 1946 à 1964, 234 000 ex.)
- FILLETTE (H) (S.P.E., de 1909 à 1942, puis de 1946 à 1964, 137 500 ex.)
- LA SEMAINE DE SUZETTE (H) (Gautier-Languereau, de 1905 à 1940 puis de 1946 à 1960, 95 000 ex.)
2 Presse appartenant à des groupes de presse d'inspiration religieuse : Des titres qui existaient souvent avant la guerre. (U.O.C.F/Fleurus, Bonne Presse)
- FRIPOUNET ET MARISETTE (H) (nov. 1945-1969) devient "Fripounet"
- CŒURS VAILLANTS (H) (1929-1944) (1946-oct. 1963) futur "J2 Jeunes"
- AMES VAILLANTES (H) (1937-44 ; 1946-63) deviendra "J2 magazine.
- BAYARD (H) (1936-1940 ; 1946-1962) (remplacé par "Record") (G)
- BERNADETTE (H) (1923-1940 ; 1946-1963, deviendra "Nade") (F)
3 Presse fondée par la Ligue de l'Enseignement (laïque)
- FRANCS-JEUX (1946-1979) (BM) (éd. SUDEL, Ligue de l'enseignement. En 1951, 2 éditions : 1 pour filles, une pour garçons)
- TERRE DES JEUNES (1948)
4 Presse sportive(éphémère)
- L’EQUIPE JUNIOR (hebdo) (SOPUSI, 1951-52) Pellos, Trubert
5 Les récits complets : de nombreux titres disparaissent en 1949.
- AVENTURES ET MYSTÈRE (E. Carozzo, SAGE) : 1947-1952
- GARRY : 1948-64 - JIM CARTOUCHE 1e série (Ed. Ray-Flo) : 48-52
- JEAN LYNX (Ray-Flo) : 48-52 - TARGA (1947-1951)
Autres récits complets : APPEL DE LA JUNGLE, AUDAX, CABRIOLES, CASSE-COU, DYNAMIC, JUNIOR AVENTURES, JUNIOR ESPIONNAGE, PETITS MOINEAUX, PLUTOS, PIRATES ET CONQUISTADORS, PRAIRIE, RODEO, etc.

b) les westerns
- BIG BILL LE CASSEUR (47-54) (Ed. Pierre MOUCHOT)
- LE PETIT SHÉRIFF (1950-1958) - MASCOTTE
- HOPALONG CASSIDY (Impéria, 1951-57)
- KING LE ROI DE LA POLICE MONTEE
c) les autres
- A TRAVERS LE MONDE (Coll. Soc. du Diadème, 1946-1957)- BRIK-YAK - LE FANTÔME DU BENGALE –PECOS BILL - MANDRAKE LE ROI DE LA MAGIE – JIM LA JUNGLE - PETIT RIQUET REPORTER (1948, atteindra 259 numéros)- SANS PEUR (3e série : 1951-1961)
– LE JOURNAL DE SCIUSCIA – HÉROÏC (1950-57)

6 Les petits formats : Hormis 34 Caméra, et Super Boy, ils viennent en France à partir de 1950.

Les albums souples bon marché :
a) de la S.P.E. : AGGIE, BIBI FRICOTIN, CHARLOT, L'ESPIÈGLE LILI, HERCULE MALABAR, MIKI, LES PIEDS NICKELÉS.
b) Editions Rouff : BAMBOULA, BISCOTTO, MARMITON, BOUCLETTE (52-60), KADÉPUCE, LAMALICE ET GOURDIFLO, PIP ET JOC, POUCETTE (1933-59), ZIGOTO (1950-1958).

Les « feuilles mortes » en 1951 : elles sont fort nombreuses.
- L'ASTUCIEUX (H) (mai 47-déc. 48), BABY JOURNAL (BM) (1948-49) - KID MAGAZINE (M) (avril 1948-fév. 1949) (M), KING-KONG (H) (fév. 1948-juil. 1948) - MON JOURNAL (H) (1946-1948) - O.K. (mai 1946-juin 1949). - LE PETIT CANARD (09/06/46-25/11/48) 1ère et 2e série. - CAP'TAINE SABORD (H) (12/02/47-11/05/49) (en Belgique). - WRILL (H) (en Belgique). (1945-mai 1949).
- LES AVENTURES FANTASTIQUES : 1947-1948 - LES AVENTURES HÉROÏQUES : 1946-1950 - LES AVENTURES ILLUSTRÉES : 1948-1949
- LES BELLES AVENTURES : 1947-1949 - BOB ET BOBETTE : (M) 1946-47/47-1948 (DARGAUD) - CAPITAINE MARVEL : 1947-1950 - DIAVOLO : 1948-1949 - FANTAX : 1946-1949 - HÉROICA : 1948-1949 - JIM TAUREAU : 1946-1949. - MARCO POLO (Fantax présente) : 1948-1949. - ROBIN DES BOIS (1947-1950) (Ed. Pierre MOUCHOT) - A L'ASSAUT DU CIEL (1946-1948) - VICTOIRE (1947-1950) - YOUPI (1948-1949)

1951 : Livres, journaux, BD et films pour les jeunes (2)





1951 : Livres, journaux, bandes dessinées et cinéma
pour les jeunes, il y a 60 ans (2)


Le groupe parisien G.P., rival moins bien implanté, défend avec talent ses albums des collections « Rouge et bleue », « Pingouin » et surtout « Bibliothèque Rouge et Or » (née en 1947, pour l’instant cantonnée dans la réédition d’œuvres classiques bien illustrées)
Les éditeurs orientés depuis longtemps vers les ouvrages scolaires, tels Colin-Bourrelier (Collection « Marjolaine »), Delagrave (« Bibliothèque Juventa »), Rageot (« Heures joyeuses »), Magnard (« Fauves et jungles », « Bibliothèque de Tante Marinette », poursuivent des collections de romans, d'autant plus appréciées des pédagogues de l'école publique, qu'ils ne sont pas suspectés d'entretenir une idéologie religieuse.
Des revues comme Francs Jeux, Terre des jeunes jouissent, malgré leur moyenne diffusion, de la sympathie laïque mais leurs préjugés défavorables sur la bande dessinée nuisent à leur succès commercial. Larousse et Nathan poursuivent, sans surprendre, leurs collections de contes et récits. Parmi les éditeurs plus discrets, notons Arthaud (« Les Amis des jeunes »), Flammarion, Gründ, Payot à Lausanne, Tallandier (« Le Livre d’aventures »), les éditions Stock, les éditions parisiennes BIAS ou Gédalge…
L’année 1951, peu novatrice en ce qui concerne les collections de livre et les titres de la presse pour la jeunesse, est intéressante à étudier du point de vue de la moralisation et de la surveillance exercée sur les deux supports que sont le livre mais surtout le journal pour jeunes.
La loi de post-censure, voulue depuis longtemps par les ligues de moralité, l’Union patriotique des organisations de jeunesse (U.P.O.J.), les éducateurs de tendances souvent antagonistes, voire par les dessinateurs redoutant la concurrence des bandes dessinées étrangères, date certes de juillet 1949. Elle a nécessité la mise en place d’une commission de contrôle et de surveillance dont l’un des premiers rapports connus, sur la mise en œuvre de la loi et les remontrances adressées aux éditeurs, date de 1951. Alors que naissent, pour les adultes, les collections « Le Rayon fantastique » (chez Hachette) et « Fleuve noir Anticipation » et que le belge André Gérard crée « La Bibliothèque Marabout », la commission critique vivement la science-fiction. La Ligue de l’enseignement a même produit et diffusé à partir de décembre 1951, le court métrage On tue à chaque page, destiné à aggraver les effets de la loi de juillet 1949 en dénonçant les effets d’une certaine presse « illustrée ». Sans doute par manque d’images pour appuyer une thèse fallacieuse, il est fabriqué par des anciens élèves de l’IDHEC à partir d’images d’un superhéros entièrement inventé, baptisé Krak. Ils prétendent que « l’histoire de Krak est une synthèse des aventures de Superman, Tarzan, Amok et autres Fantomas (sic) : invincibles surhommes, bottés, casqués ». Outre le fait qu’ils confondent sans doute Fantomas et Le Fantôme du Bengale, leur vision est partiale et réductrice puisque les personnages proposés par la presse des jeunes sont autrement plus variés et plus riches (comme le démontrent déjà les couvertures des journaux et magazine présentés ici). Il s’agit donc d’un « faux » document et d’un vrai film de propagande (qui déclenchera d’ailleurs la colère rétrospective et légitime de René Goscinny).

La presse commerciale juvénile n'a jamais été aussi diverse en périodiques illustrés. S’y ajoutent de nombreux récits complets ou petits formats, mal vus des éducateurs de tout bord, prêts à dresser les listes des coupables « à déconseiller », listes généreusement distribuées sous le porche des églises et dans les patronages. Parmi les membres de la commission de surveillance de la loi de juillet 1949, on note la présence de Madeleine Bellet (Vaillant), Raoul Dubois (Francs camarades), de l’abbé Pihan et René Finkelstein (les deux pour Fleurus dans lequel René Finkelstein possède d’ailleurs des parts). On note aussi la présence d’Auguste Liquois, auteur de Satanax et dont on semble avoir oublié la présence dans la journal pro-nazi ; Le Téméraire.
Contrairement à une idée admise, la censure s’est exercée sur la presse juvénile. Le livre, lui n’est pas inquiété sans doute parce que le texte bénéficie d’un préjugé favorable.
Notons, pour finir, que le décalage est évident entre la sortie d’un livre et l’adoption de sa lecture, décalage souvent aussi grand que celui qui existe entre la sortie parisienne d’un film et son arrivée tardive en province (au point que les journaux juvéniles titrent leur critique : « Les films que nous avons vus pour vous »). Les éditeurs de journaux le savent bien puisque L’Intrépide publie une très longue et tardive adaptation de Fanfan la Tulipe en B.D et Bayard, dirigé par l’abbé André Sève, fait de même avec le film : Quand les vautours ne volent plus, en 1953. Le dessin animé de Walt Disney, Cendrillon, datant de 1949 sort seulement en France en 1951.

Autres romans et récits (que ceux des éditions Hachette) édités ou réédités en 1951 :
Denise ADHEMAR, Ill. André HOFER : Ha-Houf fils de lions « Les Loisirs de la jeunesse », Ed. Gedalge
Allan ALDOUS : Mac Gowan dans les mers du Sud Arthaud
Claude APPELL : Le Noeud de carrick (« Signe de piste », Alsatia). R. 1956.
Michel-Aimé BAUDOUY : L’Extraordinaire aventure de Michel Santarea « Heures joyeuses », Rageot
Léonce BOURLIAGUET : Le Moulin de Catuclade (Hachette). (rééd. Coll. "Jeunesse du monde", é. o. 1946)
Reginald BROWNE : La Croisière de l'Astérion ("Jean-François") (Anticipation)
Jean de BRUNHOFF : Babar et le Père Noël Album ill. en coul. Hachette 40 p.
André BRUYERE, Ill. André PECOUD : L'Impératrice jaune (Bib. de Suzette, Gautier-Languereau).
Edward BULWER LYTTON, adap. H. ROUILLARD : Les Derniers jours de Pompéi. "Juventa" Delagrave.
Edgar Rice BURROUGHS : Tarzan et le secret de la jeunesse Coll. Tarzan Hachette
Marie BUTTS : Récits des temps bibliques 3e partie Larousse 143 p.
Maurice CHAMPAGNE : Les Chercheurs d’épaves « Juventa », Delagrave
Georges CHAPPON, Ill. Zig BRUNNER : Le Voyage d'Ulysse (Bibl. Rose illustrée, Hachette).
Paul COGAN (Cl. APPELL) : Ouistiti et valises-jaunes ("Jean-François") R. 52, 54.
Norman DALE : L’Île au squelette « Belle humeur » Desclée de Brouwer
René D’ARNOULD, Jean DES BROSSES : Hurruguec le naufrageur ("Jean-François")
Alphonse DAUDET : Contes illustrés par TOUCHAGUES. (Mame),
Yves DERMEZE : Les Diamants du Tanganyika ("Jean-François")
Jean D'IZIEU, Ill. P. JOUBERT : Lumière sur la piste ("Jean-François). Prépub. dans "Coeurs vaillants"
M. M. DUBOIS : Sidroc le Viking Larousse
Jean-Louis DUBREUIL : Le Capitaine du Jamboree : roman de marine. (Signe de piste, Alsatia) R. 60.
René DUVERNE : Dix Filles dans une île (Coll. Ames Vaillantes, Editions Fleurus)
René DUVERNE : La Percée des Mammouth’s Mountains ("Jean-François")
Paul ELUARD : Grain d'Aile (éd. Raison d'être) (Rééd. de 1948, ill. Line Duhém : Jacqueline DUHEME)
Jean-Louis FONCINE, Ill. P. JOUBERT : Les Forts et les purs (Signe de piste, Alsatia). R. 59, 76, 86.
Adrien GALLET : La Menace de Kali Maison de la Bonne Presse
René GUILLOT : Sirga la lionne (Fauves & jungles, Magnard) R.79, Ouoro le chimpanzé. F. & J. Mgd
René GUILLOT : L'Extraordinaire aventure de Michel Santaréa (Heures joyeuses) Rageot
Ernest HEMINGWAY : Le Vieil Homme et la Mer (1e éd. dans une coll. pour adultes en américain)
Maurice HERZOG : Annapurna, premier 8000 (Arthaud)
Thor HEYERDAHL : L'Expédition du « Kon-Tiki » (tr. du norvégien) 1951 (A. Michel, éd. compl.).
A. JAULGONNE, Ill. André JOURCIN : J’ai fait trois fois le tour du monde Ed. Bias
A. JAULGONNE, Ill. André JOURCIN : Voyages et naufrages mystérieux Ed. Bias
C.S. LEWIS : Le Prince Caspian (en anglais) ("Les Chroniques de Narnia")
Astrid LINDGREN : Mademoiselle Brindacier (tr. du suédois) Bib. Rose Illustrée Hachette
J.W. LIPPINCOTT : Le Champion des Maonts sauvages (Heures joyeuses) Rageot
Colonel Marc MICHON : Le Celte au torque d'ambre Ed. Magnard
A. LAMORISSE (images), J. PREVERT (textes) : Bim le petit âne La Guilde du livre, Lausanne
René POIRIER, Ill. Pierre LUC, préf. de FOMBEURE : Cent et un Contes et Récits (Gründ) (anthologie)
Henriette ROBITAILLIE, Ill. PIERDEC : Le Monstre des abîmes ("Cinématiques", B. Pr.) Prép. "Bern." 50
Pierre ROUGEMONT et Jean GUIDONI : La Dame blanche ("Jean-François")
Albert ROYER, Ill. Théophile-Jean DELAYE : Le Petit Page (Les Amis des jeunes, Arthaud)
SAMIVEL : L'Amateur d'abîmes « Les Livres de nature », Stock, Delamain et Boutelleau
Haroun TAZIEFF : Cratères en feu Editions Arthaud
Marguerite THIEBOLD : Le Château dans la forêt Bibliothèque Rose Illustrée Hachette
Thérèse TRILBY, Ill. Manon IESSEL : Le Petit Monsieur Vincent ("Pour les jeunes", Flammarion).
Jules Verne : Le Voyage aérien Coll. « Jules Verne »
Charles VILDRAC : Les Lunettes du lion (et La Famille Moineau). "Marjolaine ", Bourrelier.
Jacqueline VINCENT : Bel amour « Belle humeur », Desclée de Brouwer
Colette VIVIER (Colette DUVAL) : Rémi et le fantôme (Coll. Marjolaine, Colin-Bourrelier).

1951 : Livres, journaux, BD et films pour les jeunes (1)





1951 : livres, journaux, bandes dessinées et cinéma
pour les jeunes, il y a 60 ans (1)


Avant de basculer dans l’année 2012, il est intéressant de plonger 60 ans en arrière pour tenter de dresser un rapide panorama de ce que pouvait lire ou voir la jeunesse au début de la nouvelle décennie.
Certes l’année 1951 n’est pas plus réjouissante sur le plan hexagonal qu’à l’échelle du monde. C’est vraiment l’époque des puissants clivages idéologiques de l'après-guerre.
La chasse aux sorcières sévit aux Etats-Unis qui condamnent à mort les époux Rosenberg et développent les forces de l’OTAN. C’est la guerre en Corée de chaque côté du 38e parallèle et c’est la guerre en Indochine pour la France. Le Moyen Orient est aussi perturbé. Le spectre d’une guerre atomique hante les esprits. En France, l’instabilité ministérielle tourne au ridicule. La guerre scolaire est ranimée par la loi André Marie et la loi Barangé.
Tant dans la presse que dans l'édition, en ces temps de guerre froide et de menaces de nouvelle guerre mondiale, les courants de pensée sont davantage ressentis que la concurrence commerciale. L’enfance bridée et le plus souvent privée de parole est sous la triple et ferme autorité des parents, des instituteurs, de l’Eglise (ou du parti communiste).
L'Eglise catholique, qui vit les dernières années de son triomphalisme, voit d'un bon œil la publication de journaux et de romans pour les jeunes, surtout à travers deux groupes. Celui de la rue de Fleurus, qui publie Cœurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, tout en continuant la pieuse série « Belles histoires et belles vies », fonde la collection de romans, « Jean-François » (avec Gautier-Languereau) et poursuit celle d’« Ames vaillantes ».
Le second groupe, celui de la Bonne Presse, publie les journaux Bayard et Bernadette, de plus petit format, mais plus connus que ses collections "Ohé les gars" ou des "Romans Cinématiques".
D'autres éditeurs sont proches de la même mouvance religieuse, parfois sous-jacente, comme les éditions Alsatia, connues dès 1937 pour la collection « Signe de piste », Desclée de Brouwer (à capitaux belges), avec sa collection « Belle humeur », Mame, Spes (éditions fondées dès 1923 par un groupe de catholiques aux idées sociales) et même Gautier-Languereau (associé à Fleurus pour la collection « Jean-François ».
Le Parti communiste, aux nombreux adhérents maintenus dans leur ferme militantisme, touche surtout la jeunesse à travers son séduisant journal grand format de Vaillant, légitimement intitulé « le journal le plus captivant ». Il faut noter la création originale des revues pour les plus jeunes Riquiqui et Roudoudou en 1950 et 1951.
Dans le domaine de la fiction juvénile commerciale, Hachette, à la puissante distribution, domine nettement le marché du livre jeunesse. L’éditeur renouvelle prudemment le contenu des collections « Bibliothèque Verte », « Bibliothèque Rose Illustrée » et « Bibliothèque de la jeunesse ». Il frappe un grand coup, dès 1950, avec la luxueuse « Idéal Bibliothèque », illustrée en couleurs, qui copie sans vergogne « La Bibliothèque Rouge et Or ». Il faut y ajouter, outre les collections « Tarzan et « Jules Verne », la publication des grands et de petits albums.
Voici les titres nouvellement édités ou réédités, proposés par Hachette en 1951 :

IDÉAL-BIBLIOTHÈQUE (1951) H.C. ANDERSEN, Ill. Micheline DUVERGIER : Contes (Idéal Bibliothèque n° 8, Hachette)
James Oliver CURWOOD, Ill. Henri DIMPRE : Les Chasseurs de loups (Idéal Bibliothèque n° 9)
Alphonse DAUDET : Ill. P. PROBST : Contes choisis. (Idéal B., n° 6)
Daniel DEFOE, Ill. Félix LORIOUX : Robinson Crusoé (Idéal Bib. n° 11)
André DEMAISON, Ill. Jacques NAM : La Nouvelle arche de Noé. Idéal. Bib. n° 10
Alexandre DUMAS, Ill. Jean RESCHOFSKY : Les Trois Mousquetaires, T. I et II (Idéal Bib. n° 15, n° 16)
Joseph KESSEL, Ill. Roger PARRY : Mermoz Hachette (Idéal Bib. n° 14)
Hector MALOT, Ill. Marianne CLOUZOT : Sans famille Tome I, Tome II, (Idéal Bib. n° 12, n° 13)
Comtesse de SEGUR, Ill. A. PECOUD : Les Malheurs de Sophie (Idéal Bibliothèque n° 7, rééd.)
Jules VERNE, Ill. Henri DIMPRE : Cinq Semaines en ballon (Idéal Bib. n° 5)

BIBLIOTHÈQUE VERTE ET BIBLIOTHÈQUE DE LA JEUNESSE:
Germaine ACREMENT : Echec au roi (Bibliothèque Verte)
Jean d'AGRAIVES : Vent debout (Hachette).
Louisa May ALCOTT et P.J. STAHL : Les Quatre filles du docteur Marsch
Victor CANNING : Le Secret de la panthère Bib de la jeunesse
Eve CURIE : Madame Curie (Bib. Verte)
James Oliver CURWOOD : Le Piège d’or (Bib. Verte)
James Oliver CURWOOD : Les Cœurs les plus farouches (Bib. Verte)
Alphonse DAUDET : Histoire d'un enfant (Bib. Verte)
André DEMAISON : Poupah, l'éléphant et autres histoires de bêtes qu'on dit sauvages (B. V)
Jean D'ESME (Jean D'ESMENARD): Foch (Hachette)
Alexandre DUMAS : Le Vicomte de Bragelonne (Bib. Verte)
Henry RIDER HAGGARD : Les Mines du Roi Salomon (Bib. Verte).
Captain W.E. JOHNS : Un exploit de Worrals (Bib. Verte).
Jack LONDON : Belliou la fumée (Bib. Verte).
Jack LONDON : Fils du soleil (Bib. Verte).
Jack LONDON : L’Aventureuse (Bib. Verte).
Pierre MAÊL : Robinson et Robinsonne (Bib. Verte).
Hector MALOT : Sans famille Tome 1 et Tome II (Bib. Verte).
Howard PEASE : Le Vagabond des mers (Bib. Verte).
Joseph PEYRE, Ill. Roger PARRY : Inoa (Bib. Verte).
Joseph PEYRE : Le Chef à l’étoile d’argent (Bib. Verte).
Edmond ROSTAND : L’Aiglon (Bib. Verte).
Georges G. TOUDOUZE : Le Fille des sirènes (Bib. Verte)

BIBLIOTHÈQUE ROSE ILLUSTRÉÉE ET COLLECTION « JEUNESSE DU MONDE »
Léonce BOURLIAGUET : Le Moulin de Catuclade (Coll. « Jeunesse du monde », Hachette)
Georges CHAPPON, Ill. Zig BRUNNER : Le Voyage d'Ulysse (Bibl. Rose illustrée, Hachette).
Astrid LINDGREN Mademoiselle Brindacier (Bib. Rose Illustrée)
Odette LARRIEU, Henri DIMPRE : Le Roman de Renard (Bib. Rose Illustrée)
Marguerite THIEBOLD : Le Château dans la forêt (Bibliothèque Rose Illustrée)

COLLECTION « TARZAN »
Edgar Rice BURROUGHS : Tarzan et le secret de la jeunesse (Coll. "Tarzan")

COLLECTION « JULES VERNE »
Jules Verne : Le Voyage aérien (Coll. « Jules Verne »)

vendredi 11 novembre 2011

LA PRESSE DES JEUNES EN 1935




LA PRESSE DES JEUNES EN 1935

1 Presse commerciale et distractive passant peu à peu de l’histoire illustrée à la bande dessinée : des journaux devenus plus attrayants dès 1934.
a) pour les garçons :
LA JEUNESSE ILLUSTREE (H) (1903-juin 1935) (Fayard)
LES BELLES IMAGES (1904-1914, 1915-1936) (Arthème Fayard) (H)
LE PETIT ILLUSTRE (1906-1936) (Offenstadt)
L’EPATANT (1ère série ; 1908-1937) (Offenstadt)
L'INTREPIDE (1ère période) (1910-1937) (Offenstadt)
CRI-CRI (1911-1937) (Maison Offenstadt, SPE)
LE BON POINT AMUSANT (H) (juillet 1911-août 1914 ; déc. 1914-juin 1938) (Albin Michel)
LES LIVRES ROSES (BM) (Larousse)
GUIGNOL (1919-1921, 1921-décembre 1936) (Le Petit Echo de la Mode).
LES HISTOIRES EN IMAGES (1921-juillet 1938) (Offenstadt)
DIMANCHE ILLUSTRE (H) (1924-40, 1940-44) (Editions Dupuy) (avec Zig et Puce d’Alain Saint-Ogan)
PIERROT (H) (1925-1942) (Petit Echo de la Mode)
LE PANTIN (1928-janvier 1938) (M) (Journal publicitaire, chocolat Phoscao)
LE JOURNAL DE BEBE (1929-1939) (Albin Michel)
BENJAMIN (H) (1929-1939), édité par Jean Nohain et Georges Lang (avec Pinchon, Erik..) « Un grand journal à la taille des petits »
A LA PAGE (H) (1930-1940)
JEUDI (H) (1931-1938) (G. Ventilard)
CADET-REVUE (1933-1939) Ed. Langlois

Les magazines belges :
LE PETIT « VINGTIEME » (1928-1940) (Le Journal du XXe siècle) (publie Le Lotus bleu de Hergé en 1934)
LE MOUSTIQUE (1924-1940/1944-1973) (J. Dupuis)

Les illustrés, souvent de grand format : une bande dessinée surtout américaine ou italienne.
LE JOURNAL DE MICKEY (1934-1944) (Paul Winkler, Opera Mundi) ;
HURRAH (H) (1935-1941) (Del Duca)
JUMBO (H) (1935-1944) (Carozzo, Librairie Moderne)

b) pour les filles (en dehors de la presse catholique « officielle »)
LA SEMAINE DE SUZETTE (H) (1905-1960) (Gautier-Languereau) FILLETTE (H) (Offenstadt) (1ère période : 1909-1942)
LISETTE (H) (1ère période : 1921-1942) (Le Petit Echo de la Mode).
c) mixte :
LES ENFANTS DE FRANCE (mars 1928-1940) (Ed. du Figaro) Absorbe JEUNES DE FRANCE

2 Presse catholique
a) Maison de la Bonne Presse

LE NOËL (1895-1937)
L’ECHO DU « NOËL » (fév. 1906-déc. 1935) (devient BAYARD en 1936)
L'ETOILE NOËLISTE (H) (jv. 1914-mai 1940) (récits cinématiques)
PETITS BELGES (1920-1960) (Bonne Presse Averbode)
BERNADETTE (H) (filles, 1ère série en 1914, 2 ème : mars 1923-1940)
LE SANCTUAIRE (enfants de chœur) (1911-1914 ; 1922-1940).

b) Editions du Croisé
LA SEMAINE DU CROISE, LE CROISE (Belgique) 1927-1959
Ou L’ENFANT DE CHŒUR (1928-1957)

c) Union des Œuvres (séries avant-guerre) :
COEURS VAILLANTS (oct. 1928-nov. 1929, 1929-1940) (garçons)

3) Presse coopérative et laïque : elle est dans son premier essor grâce à Célectin Freinet
LE COOPERATEUR SCOLAIRE (1922-1933) (BM)
(remplacé par LE JOURNAL DE COPAIN-COP (BM) (PUF et O.C.C.E.) (1933-1940)
B.T. (Bibliothèque du travail), (depuis 1932), (lancée par Célestin Freinet, créateur de l’Ecole Moderne)
LA GERBE (lancée par Célestin Freinet)

4) Presse idéologique : (d’inspiration communiste)
MON CAMARADE (H) (1933-1939) (dirigé par Georges Sadoul).
LES LIVRETS DE « MON CAMARADE » (mensuel pour « l’enfance ouvrière et paysanne »)