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jeudi 22 mars 2018

Jany Saint-Marcoux (1920-2002) : Bibliographie


Jany Saint-Marcoux, romancière appréciée des jeunes filles : Bibliographie  


1952 : La Duchesse en pantoufles Ill. Guy Sabran G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Rééd. 1958
1952 : Le Secret de Pierres-Noires : Domino, Ill. Pierre Rousseau G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Prix Montyon de l’Académie française 1953.
1953 : Les Sept Filles du roi Xavier : Murièle, Ill. Marcel Bloch G. P., Bibliothèque Rouge et Or
1954 : L’Oubliée de Venise : Carina Ill. Guy Sabran  G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Autre édition G.P. : coll. Super 1000
1954 : Princesse Cactus : Janylène, Ill. Félix Lacroix G. P., Bibliothèque Rouge et Or. (Prix du Salon de l'Enfance, 1954)
1955 : Le Voleur de lumière : Mirentchou, Ill. Guy Valdès G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Nouvelle édition : Hachette Coll. Idéal Bibliothèque, Ill. François Batet, 1970.
1955 : Fanchette : le Jardin de l'Espérance, Ill. Guy Valdès G. P., Bibliothèque Rouge et Or.
1956 : Aélys et la Cabre d'Or, G.P., Ill. Gaston de Sainte-Croix Bibliothèque Rouge et Or. (Prix Montyon)
1956 : Les Chaussons verts : (Michèle des îles), Ill. Gaston de Sainte-Croix G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Rééd. 1966, G.P.


1957 : Le Château d'algues, Ill. Paul Durand G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Autre édition G.P. : coll. Super 1000. Nouvelle édition : Hachette, Hachette Coll. Idéal Bibliothèque, Ill. Michel Jouin, 1969.
1958 : Le Diable doux, Ill. Gilles Valdès G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1959 : La Guitare andalouse, Ill. Jean Sidobre G. P., coll. Rouge et Or Souveraine. Nouvelle édition : Hachette, 1968. Coll. Idéal Bibliothèque et Bibliothèque Verte
1959 : La Caravelle, Ill. Daniel Dupuy G.P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1961 : Cet été-là..., Ill. Daniel Dupuy G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1961 : Espoir en 33 tours, Ill. Daniel Dupuy G. P., coll. Rouge et Or Souveraine. Deux 1ère de couv différentes. 1 : Joël et sa trompette 2 : La chanteuse Sylvie
1961 : Un si joli petit théâtre, Ill. Michel Gourlier G. P., coll.Rouge et Or Souveraine. Rééd. G.P. 1970.
1962 : Aniella, Ill. Gilles Valdès G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1963 : Le Jardin sous la mer, Ill. Daniel Dupuy Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.


1964 : Criss ou J'étais une idole, Ill. Daniel Dupuy Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine. Diplôme Loisirs jeunes, 1965.
1965 : Mon village au bord du ciel, Ill. Gilles Valdès Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1966 : La Princesse endormie : ce Mexique dont je rêvais, Ill. Michel Gourlier Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1967 : Ma tendre panthère, Ill. Maurice Paulin coll. Souveraine Presses de la Cité Département G.P. .
1968 : Mon Château des Baléares, Ill. Michel Gourlier G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1969 : Pour qu'un cœur batte encore, Ill. Gil Pascal G. P., coll. Olympic.
1970 : Corinne qui voulait danser, Ill. Jean Reschofsky G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1971 : Corinne et son prince, Ill. Jean Reschofsky G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1973 : Le Temps d'une chanson, Ill. François Carage Hachette coll. Idéal Bibliothèque
(Nouvelle édition de Criss ou J'étais une idole)






mercredi 21 mars 2018

Saint-Marcoux (1920-2002), romancière appréciée des jeunes filles des années 50-60


Jany Saint-Marcoux (1920-2002), romancière appréciée des jeunes filles

Jany Saint-Marcoux (1920-2002) est une romancière dont les principales œuvres destinées aux jeunes filles sont parues aux Editions G.P. de Paris entre 1952 et 1973.
Après avoir été journaliste dans un grand quotidien de province, Jany Saint-Marcoux publie dans la « Bibliothèque Rouge et Or » un premier roman, La Duchesse en pantoufles dont l’action se situe dans la baie du Mont Saint-Michel où l’auteur a vécu sa petite enfance.
Encouragée par un premier succès, elle va pendant une vingtaine d’années gratifier les « Bibliothèque Rouge et Or » puis « Souveraine » (à partir de 1957) de 26 récits qui font d’elle la locomotive et le solide pilier des Editions G.P.  Le récit Pour qu’un cœur batte encore qui traite en 1969 du grave problème des dons d’organe et de la transplantation cardiaque est publié dans la collection « Olympic », toujours chez G.P.
Elle épouse en 1958, le romancier Jean Sabran qui, sous le pseudonyme de Paul Berna,  est depuis longtemps un autre pilier des mêmes éditions. Toutefois, tandis que Paul Berna introduit les milieux populaires et ouvriers dans ses récits, Saint-Marcoux choisit plutôt ses héroïnes dans les classes moyennes, voire bourgeoises ou d’origine aristocratique. Elle évoque tout de même des activités agricoles ou d’élevage et l’exploitation des algues.


Les lieux de l’action sont variés et permettent parfois de valoriser plus ou moins un site ou une région : La baie du Mont Saint-Michel (La Duchesse en pantoufles), L’Alsace et les environs du Haut-Koenigsbourg (Les Sept filles du roi Xavier), le Périgord, la Dordogne et la ville de Brantôme (Domino Le Secret de Pierres-Noires), le pays basque (Le Voleur de lumière), la Provence (Aélys et la cabre d’or), Toulouse (La Caravelle).
Toutefois, Paris et ses environs sont des lieux privilégiés : Montmartre (Fanchette), l’île Saint-Louis (Les Chaussons verts), la Place des Vosges (Le Diable doux),  Paris et l’île de la Grande-Jatte (Espoir en 33 tours), le quartier parisien du Marais (Criss ou j’étais une idole), Paris et la Provence (Un si joli petit théâtre), Paris, sa banlieue et ses grands ensembles (Mon village au bord du ciel). Paris est encore choisi pour les deux épisodes de Corinne.
Les îles offrent aussi un cadre  de choix. Outre les îles parisiennes de Saint-Louis et de la Grande-Jatte, on découvre en Bretagne, l’île de Sein (Le Château d’algues), l’île de Ré (Cet été-là…) et au bord de la Méditerranée, l’île de Porquerolles (Le Jardin sous la mer) sans oublier les îles Baléares (Le Château des Baléares).
On sort de l’Hexagone pour la Tunisie (Princesse Cactus), Venise et l’Italie (L’Oubliée de Venise), l’Espagne et L’Alhambra de Grenade (La Guitare andalouse), L’Espagne et l’Italie, Séville, Rome et Milan (Aniella), (Le Mexique et la civilisation maya du Yucatan (La Princesse endormie).
Le pittoresque de certains lieux  ne doit pas cacher le fait que Saint-Marcoux ancre ses récits dans un cadre réaliste et qu’elle aborde des sujets d’actualité parfois graves : rééducation des grands handicapés (Le Voleur de lumière), création des villages d’enfants (L’Oubliée de Venise), l’alcoolisme du père et la possible guérison (Aniella), l’emprisonnement du père (Cet été-là), la vie dans les grands ensembles (Mon village au bord du ciel). Cette entrée dans la modernité se confirme avec le récit très documenté sur la construction de La Caravelle par Sud-Aviation. La recherche sous-marine sous-tend l’intérêt du roman Un jardin sous la mer.


En 1972, Jany Saint-Marcoux passe de l’écriture de romans à la direction de collections, d’abord chez Hachette (ce qui facilite la nouvelle édition de trois de ses récits dans la collection « Idéal Bibliothèque », rivale de la « Bibliothèque Rouge &t Or », puis chez Tallandier en 1976.
On oublié aujourd’hui l’immense succès de ces romans solidement construits, à la fois dramatiques, sentimentaux et communiquant un amour de la vie. Ils sont écrits lors de la meilleure période de ce que Jean Fourastié a appelé « Les Trente Glorieuses », une période où l’on salue d’autant mieux les progrès économiques, techniques et scientifiques que les guerres (en Indochine ou en Algérie) sont occultées ou  franchement ignorées par l’ensemble de la population.
Certes, Saint-Marcoux utilise ses talents de journaliste soucieuse d’une documentation irréprochable au service de sa création, mais la France et la société qu’elle décrit est globalement conservatrice surtout dans la représentation de l’épouse et de la mère de famille (quand elle est encore en vie…).

C’est dans les récits présentant les vocations artistiques que les jeunes filles semblent disposer de plus de liberté et d’invention créatrice, même si Saint-Marcoux assurait qu’elle voulait démythifier les milieux séduisants et prestigieux de la danse, du chant et du spectacle. On ne sait si, à l’égard de ce monde, elle cède à la fascination ou à une certaine réserve prudente.
Espoir en 33 tours raconte à la fois l’ascension artistique de Sylvie Duriel, élève du conservatoire, pianiste virtuose des « Préludes » de Liszt, ce qui lui vaudra l’enregistrement d’un microsillon 33 tours et celle de son ami, l’adolescent Joël, un as de la trompette de jazz. ((D’où la parution deux jaquettes pour ce roman, l’une avec Sylvie, l’autre avec Joël).     
      

Mais peut-être en raison d’une sorte de puritanisme chrétien et d’une époque encore pudibonde et timorée (nous sommes en 1960), l’élan des cœurs ne se concrétise pas dans l’élan des corps et c’est sans doute ce qui surprendrait le plus les lectrices d’aujourd’hui. Le plus petit contact physique semble exclu.
Dès 1993, Nic Diament ajoute une autre raison au vieillissement de ces récits : « Leur ancrage dans la réalité des années soixante, qui a été une raison de leur succès, les date inexorablement, et leur sentimentalité appuyée en plaît plus aux lecteurs actuels. » écrit-elle dans son « Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse, 1914-1991 »       
Criss ou j’étais une idole (réédité en 1973, chez Hachette sous le titre Le Temps d’une chanson) décrit admirablement et techniquement la « fabrication accélérée dune idole des jeunes. Heureusement, la chanteuse Christelle, au-delà du tourbillon de « triomphes mouvementés » saura raison garder et comprendre qu’une carrière se construit lentement et difficilement.
Corinne qui voulait aller danser s’engage effectivement dans une carrière de danseuse et Corinne et son prince doivent apprendre que le bonheur ne se confond pas avec la gloire. Marie-Bé réussit des débuts convaincants dans Un si joli petit théâtre et déjà dans Les Chaussons verts, Michèle commence une ascension de future étoile de la danse, de ballerine… mais elle renonce à sa carrière. Dans Le Diable doux, c’est à un studio de cinéma qu’accède la pétulante Tichou qui tourne un film « sous la direction du célèbre metteur en scène Bartruc ».
Les romans de Saint-Marcoux ont été traduits en de nombreuses langues.   
  

        

jeudi 20 mars 2014

Mireille Pradier, conteuse et illustratrice à (re)découvrir

Connaissez-vous Mireille PRADIER ?

Non ? Moi non plus puisque j’ignore tout de ses dates et lieux de naissance, de vie et de mort. J’ignore tout de son parcours. Je prends pourtant l’insolente liberté de vous en parler (J’accepte volontiers les précisions des lecteurs du blog).
Cet auteure-illustratrice  qui semble seulement présente dans le monde de l’édition enfantine entre 1943 et 1946 (même s’il y a eu des rééditions ultérieures), une période trouble et troublée, serait encore davantage ignorée si l’illustrateur très connu Guy Sabran n’avait pas « imagé » (le terme s’écrit n’en déplaise aux puristes coincés) quelques-uns de ses textes. (Selon le site Internet Théâtre au vent, Mireille Pradier serait le pseudonyme de Mireille Forichon).


Chez l’éditeur (peu connu) Willeb, installé 13 Rue Marivaux à Paris, paraissent quatre de ces récits. Parlons d’abord de deux « histoires racontées ». Puisqu’il n’y a aucune indication quant à leur illustration, on peut supposer qu’elle les a illustrées elle-même.
Paraît d’abord en 1943 Agénor Kangourou se marie, un album de 32 pages très plaisant, au dessin à la fois souple et naïf. Agénor qui doit épouser Mademoiselle Virginie du Palmier ne s’est réveillé qu’à midi et tous les invités attendent. Parti en bicyclette, Agénor fait une chute de vélo avant d’être victime de deux grands boas qui veulent lui voler sa bague et le ligotent à un arbre. Son ami l’ours le libère, Agénor retrouve Virginie et le repas de mariage peut enfin commencer.    


Mireille Pradier a sans doute aussi illustré dans le même style clair et humoristique, Histoire de Lola la girafe géante, un album de 32 pages paru chez Willeb au cours du 3e trimestre de l’année 1945.
Lola est d’abord une petite girafe orpheline africaine adoptée par le Noir Papou des Béni-glou-glou qui vient de tuer sa mère d’une flèche. Les enfants adorent l’animal et se servent de son cou comme d’un toboggan. Elle grandit, devient géante et attire la jalousie d’une autre tribu qui tente de la capturer au lasso. Tirant d’un cou sec sur la corde lancée pour l’attraper, elle emporte pendus à son cou les guerriers ainsi vaincus. Lola décorée par Papou vit ensuite en princesse.      


Toujours chez Willeb paraissent encore Les Souliers de Rosette. Conte de Noël, un album de 32 pages illustré par M.-Th Auffray, paru en 1944 et réimprimé en 1945 et 48 et aussi La Vie de Jean de La Fontaine sous une couverture de G. Barret et avec des illustrations de M.-Th. Auffray. C’est un livre de 94 pages paru en 1946 dans la collection « Trois couleurs ».
L'éditeur Willeb a aussi publié en 1946 un conte de Noël de Mireille Pradier, illustré par Mô, intitulé La Révolte de l'âne, du boeuf et du mouton (8 pages). 
Autre éditeur privilégié de Mireille Pradier, l’éditeur parisien G.P. (alias Générale Publicité), chargé au départ d’honorer des commandes de Vichy, son directeur Victor Dancette s'étant refait une virginité en publiant l'album La Bête est morte, dessiné par Calvo) ). Mireille Pradier a la chance de voir ses textes illustrés par le réputé Guy Sabran (frère du romancier Jean Sabran, alias Paul Berna dont tout le monde a lu Le Cheval sans tête).
Sont édités successivement :
- Histoire des trois soldats de Goëldieu, un album de 30 pages écrit par Mireille Pradier et illustré par Guy Sabran G. P. Paris (1943, 1945 et 46).
- Le Rêve de Janou. Conte de Noël par Mireille Pradier, Imagé par Guy Sabran G. P. Paris (1943)
- Aurora, histoire de la petite princesse qui voulait apprendre à rire et à pleurer. Conte de Mireille Pradier, Imagé par Guy Sabran G. P. Paris, 1944
- Béluclaire Texte de Mireille Pradier Images de Guy Sabran G. P. Paris, 30 p. oct. 1945 et 1946. 
- Brégançon. La Légende de la reine Jeanne Texte de Mireille Pradier Images de Guy Sabran G. P. Paris, 32 p. 1945 et 1946.


Autres textes de Mireille Pradier :
- Bérylune : histoire d’une fée Illustrations de Guy Sabran Ed. S.E.M.P. 1944.
- Camping au Thibet Illustrations : 12 gouaches de Charles Desruols, Ed. Zimmermann, « Collection de l’impossible », 244 p., 1946.