jeudi 14 février 2019

Braves gens du Purgatoire de Pierre Pelot, ultime roman montagnard vosgien


Braves gens du purgatoire, dernier roman montagnard vosgien de Pierre Pelot

Un récit difficile à apprivoiser

Le dernier roman publié de Pierre Pelot ne s’apprivoise pas facilement. Il demande une lecture d’autant plus attentive que se mélangent les époques, les personnages et leurs mémoires multiples et entremêlées, les lieux, même s’ils se  limitent aux Hautes Vosges et à une partie de l’Alsace.
Les descriptions méticuleuses, détaillées comme si elles devaient à tout prix empêcher l’oubli, se font dans des phrases très développées et au moyen d’une langue parfois emberlificotée, voire précieuse ou archaïque (Merci, Monsieur Littré) qui laisse aussi sa part au patois local et aux niveaux de langue multiples, du plus grand  style au niveau le plus familier.
Passés ces obstacles, en plus d’une généalogie compliquée des personnages : Joshua et Kate Bansher venus d’Amérique en 1889, les Dérandier, les Calvin, les Rouy, tant leurs géniteurs sont inconnus ou extérieurs aux couples officiels, (corrigeant en partie la consanguinité de ces vallées en cul-de-sac). On doit se repérer dans des lieux tantôt urbains (comme l’usine au toit « à dents de scie »,  « la « boîte » comme l’appellent ceux qui en sont le contenu »), mais variant au rythme des mutations économiques, tantôt plus souvent ruraux, au coeur des forêts de sapins et d’épicéas, des « corrues » de débardage de bûcherons et des torrents, sous diverses époques ou saisons.      
Ajoutez à cela les ruses d’un romancier qui non seulement disperse des éléments autobiographiques généreusement attribués à divers personnages plus ou moins proches de lui, comme Simon, Adelin et Quentin, sans oublier une fiction dans la fiction créant l’autre romancier anarchiste et teigneux Michaël, un autre double fictionnel qui écrivait « des histoires de péquenots (...) avec des personnages de terre et de pierre dure », et vous obtenez un roman dont la lecture réserve beaucoup d’émotions nouvelles et intenses et requiert une attention de tous les instants.


            Certes, si Pelot est un raconteur d’histoires, on peut se demander si l’intrigue est bien l’essentiel. En effet, alors que la mort du Vieux Maxime Bansher, « l’homme des loups », bûcheron et sagard, et de sa compagne Anne-Lisa (depuis la mort de son épouse « la bohémienne » Léna), paraît bien mystérieuse, le 2e chapitre détruit le suspense puisqu’il montre leurs deux assassins en action.              
Si des mystères demeurent : disparitions inattendues, ossements humains retrouvés, rôdeurs aux errances imprécises, peut-être faut-il plutôt se concentrer sur les quelques personnages hauts en couleurs, même si ce sont des « gens de peu » car ce sont eux qui construisent la véritable histoire.      
Il y a d’abord Simon Clavin, l’écrivain de la Grand’Goutte et la mémoire des lieux, au « regard étréci », bourru, malade et vieillissant, dont le fils est mort d’une rupture d’anévrisme cataclysmique, « fauché net, dans sa ville en paix ». (Il doit beaucoup à son créateur). Sa petite nièce, Lorena Bansher, petite fille de Maxime et fille d'Adelin, cavalière de talent, compagne du Jurassien Justin, discret et protecteur, veut que Simon l’aide à connaître la vérité sur toute sa famille.
Parmi les Rouy, le plus original est Henri, surnommé Zébulon, plus doué pour jouer le « lapin à vélo » en poussant des yodels tyroliens, que pour l’industrie textile. Il sillonne vallées et collines en quête des rôdeurs et connaît des secrets que les autres attribuent à son esprit perturbé.  



Un village qui ressemble fort à celui de Saint-Maurice-sur-Moselle
    
Quels que soient les artifices de la fiction et même s’il s’agit d’un « roman » (donc d’un récit où l’on ne doit pas normalement chercher des éléments « entre les lignes »), il est plus qu’évident que le village de Purgatoire est peu ou prou celui (en étoile variant de 3 à 5 branches) de Saint-Maurice-sur-Moselle (comme il était déjà au coeur de plus de 30 récits pelotiens).
On reconnaît dans « les quatre vallées [qui] formaient le centre de l’étoile labourée dans les vieilles montagnes, le cœur de Purgatoire » (p. 106) « sous les sommets aplatis du massif de Servance ». Pelot évoque les jeux autrefois des gamins et gamines « issus des quartiers et écarts divers bourgeonnant sur les trois vallées en étoile ainsi qu’à leur jonction, au coeur même de Purgatoire… »  (p. 186)
Simon et son fils Quentin apprécient tous les cours d’eau de Purgatoire : « la Moselle jeunette franchissable en trois bonds, l’Agne des Charbonniers, le Rû de Presles, les gouliches des Feignes. » 
On peut même, grâce à la course folle vélocipédique de Zébulon, passer de la place de l’église à « la rue pentue du village », au carrefour, à « la route nationale » « poursuivie jusqu’à la route perpendiculaire » « vers le quartier des Ajoncs » (ou des Ajols !), « traversant l’ancienne voie ferrée transformée en voie verte ».


Il est aisé de reconnaître la place de l’église, la boulangerie et la mairie proche, un peu plus haut, l’ancien cinéma « Domino », le cimetière où sont civilement enterrés Maxime et Anne-Lisa. le café de Maria. Bien plus haut, l'emplacement des anciennes scieries et de leurs grumes et la maison de Simon au fond du Goulot cul-de-sac, dans la vallée rétrécie de la Grand’Goutte.
Des va-et-vient nombreux se font entre les Hautes Chaumes (nom fictif désignant la ferme-station, le domaine skiable, les pistes, les télésièges, l’hôtellerie, la restauration) « au creux des sommets charnières » comme le Ballon d’Alsace, où vivent Lorena et Justin, les Ajoncs et son ancienne usine textile, Purgatoire et ses « châteaux (les maisons de maître des industriels du textile), et la vallée de L’Agne ou des Charbonniers.
   Sur les adrets et les envers des vallées, au-dessus des « écarts limitrophes » et des « hameaux éparpillés », existent « des forêts denses de sapins et d’épicéas » et des chemins « parmi les buttes, les pentes, les devers et les revers »…
Le récit a pour toile de fond l’agonie d’une vallée, de l’implantation du textile à l’échelle industrielle (développée par Pelot à travers une mythologie américaine fictive) jusqu’à la fermeture et la destruction des usines, du développement des scieries et des métiers du bois à leur déclin.
Davantage qu’une saga familiale, celle des Bansher et de leurs descendants venus de Louisiane et éparpillés dans la vallée de la Moselle, sur fond d’intrigue policière, ce roman que d’aucuns jugent testamentaire permet à Pelot de faire vibrer les nombreuses cordes de son arc, mêlant, à diverses époques, les sensations du chant répétitif des grillons, les odeurs de la vase morte collée aux cailloux, les bourgeons tardifs enfin éclos d’une belle journée d’avril et, en même temps, les tragédies, les drames, l’écoulement inexorable du temps et les morts qui jalonnent l’existence.  


Braves gens du Purgatoire de Pierre Pelot, 507 pages, éditions Héloïse d’Ormesson, 2019.


Le plan de Saint-Maurice-sur-Moselle : Le village vosgien de Pierre Pelot, ainsi que la liste titrée Saint-Maurice-sur-Moselle dans les romans de Pierre Pelot sont tirés de mon essai (pages 136 et 146) dont la couverture figure ci-dessous. (J’ai seulement ajouté le titre Braves gens du Purgatoire en fin de liste).      

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur les termes ou expressions empruntés au patois vosgien par Pierre Pelot dans ce roman, par exemple : les corrues, zaubette, le charri, un boudou, les grumes, se racrapoter, une counaille, la gringeotte…, consulter sur le site Ecrivosges :  
            http://www.ecrivosges.com/auteurs/pelotp/etudes/back2.php  


                     

lundi 28 janvier 2019

MARIJAC (Jacques Dumas) auteur de BD et éditeur de journaux pour la jeunesse (3)


Marijac, auteur de BD et éditeur de journaux

Après avoir créé pendant la guerre son petit journal artisanal Le Corbeau déchaîné, Marijac, dans une France encore en guerre, édite son Coq Hardi, journal résistant à Clermont-Ferrand (republiant Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac, ridiculisant déjà l’occupant dans Le Corbeau déchaîné) pour 10 numéros. Ce journal si typiquement français deviendra le creuset d'une nouvelle école de bande dessinée, trop souvent occultée par la bande dessinée belge.
Ce n’est qu’en avril 1946 que Coq Hardi reparaît jusqu’en mai 1955. (Il est suivi par Coq Hardi Je serai jusqu’en février (et le mensuel Cocorico pour 4 numéros en 1957). Marijac rappelons-le, exerce les fonctions de dessinateur, scénariste, rédacteur en chef, adaptateur, éditeur, voire maquettiste...


Marijac lance Baby Journal qui publie Calvo, Mat, Trubert, Alain Saint-Ogan (26 numéros d’avril 1948 à avril 1949) puis Cricri (1949) qui prend la succession jusqu’en février 1950. On y retrouve Calvo (Cricri souris d’appartement), Trubert (Le Chevalier Printemps), Alain Saint-Ogan (Nizette et Jobinet), Mat, plus Claude Marin et Marijac (Costo chien policier).



Ces auteurs se retrouvent dans Les Belles images de Pierrot que les éditions de Montsouris (1952-1955) confient à Marijac pour qu’il relance la publication.
En 1953, déçu par les éditions Montsouris, Marijac abandonne Pierrot et Coq Hardi dont il cesse d’être le directeur  et crée les éditions de Chateaudun. 



Il lance le magazine Mireille, pour jeunes filles, bimensuel, puis hebdomadaire et enfin, mensuel, existe du le 1er avril 1953 jusqu’en septembre 1964, en changeant à la fois de contenu et de propriétaire. On remarque surtout L’Orpheline du cirque, d’abord dessinée par Pierre Leguen, puis par Christian Mathelot. Étienne Le Rallic dessine Moustique, Dut (alias Pierre Duteurtre), La Fille de Buffalo Bill et Jean-Claude Forest (1930-1998), Princesse étoile. Tandis que Noël Gloesner (1917-1995) propose Mademoiselle Demi-Solde, Christian Mathelot (1923-2013) imagine Miss Cambouis.
En 1957, le magazine Mireille est repris en association avec Del Duca qui évince Marijac de l’équipe et impose alors des séries italiennes, généralement médiocres, Marijac vend alors le titre aux Éditions Mondiales.
Marijac a aussi été directeur-rédacteur en chef sous son nom de Jacques Dumas du magazine Nano et Nanette en 1955, un journal pour les petits pour lequel il avait su tirer parti des talents de Edmond-François Calvo, Erik (René Jolly), Noël Gloesner et Étienne Le Rallic, qui y dessinaient pour les plus jeunes.


Il faut encore citer parmi  les créations de Marijac les parutions suivantes :  Une sélection d’histoires du Far-West (1955) Far-West Aventures (1957), Frimousse (1959), Princesse et Bout d’chou (1966).


Marijac recycle volontiers ses propres bandes dessinées qu’il republie dans ses nouvelles publications. Il utilise encore ce procédé dans Allez France (1968),  journal (faussement) sportif destiné à la jeunesse et qui n’aura le temps de ne publier que 3 numéros, avec Roger Couderc (nommé rédacteur en chef) et Michel Drucker (tous deux virés de la télévision après mai 68) !
Marijac, directeur de la publication occupe l’essentiel des pages grâce à 4 bandes dessinées dont il est le scénariste : Une fille sur les planches (dessins de Gaty), L’Étroit Mousquetaire (dessins de Jen Trubert), Allez Ramuntcho (dessins de Noël Gloesner) et Les Invincibles de l’Ouest (dessins de Duteurtre).   
Beaucoup plus tardivement Marijac lance encore les magazines Mam’zelle et Jeunes Frimousses mais c’est un échec dû au fait que ces journaux na correspondent plus au goût du jour.                   
En 1979, Marijac reçoit le Grand Prix de la bande dessinée d’Angoulême, une reconnaissance tardive mais amplement justifiée.
                       


Si la production de Marijac en tant que dessinateur, scénariste ou dessinateur scénariste est immense, on peut regretter que peu d’albums restituent son œuvre multiple. Heureusement que Jacques Glénat a réédité plusieurs albums mémorables.    




jeudi 24 janvier 2019

MARIJAC le journal COQ HARDI et le cow-boy JIM BOUM (2)


Marijac, créateur du Journal Coq Hardi

Prisonnier, évadé, résistant en Auvergne pendant l’Occupation, Marijac, en novembre 1944,  dans une France qui n’est pas encore entièrement libérée, après son petit journal artisanal Le Corbeau déchaîné, crée son Coq Hardi, journal résistant à Clermont-Ferrand (republiant Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac, ridiculisant déjà l’occupant dans Le Corbeau déchaîné) pour 10 numéros. Ce journal si typiquement français deviendra le creuset d'une nouvelle école de bande dessinée, trop souvent occultée par la bande dessinée belge.
Outre dans les suppléments du journal Coq Hardi, n° 1 à 13, édités à Clermont-Ferrand Marijac publie aussi très vite Les Trois Mousquetaires du maquis dans le magazine hebdomadaire parisien Coq Hardi



Ce n’est qu’en avril 1946 que Coq Hardi reparaît jusqu’en mai 1955. (Il est suivi par Coq Hardi Je serai jusqu’en février (et le mensuel Cocorico pour 4 numéros en 1957). Marijac rappelons-le, exerce les fonctions de dessinateur, scénariste, rédacteur en chef, éditeur, voire maquettiste...

Jim Boum dans Coq Hardi

Le journal illustré publiera peu d’épisodes de Jim Boum :



En 1946, paraît Le Saumon d’argent (repris dans Cocorico en 1947 et dans l’album Le Mustang fantôme). Jim Boum affronte la bande criminelle d’un certain Hirlanders qui souhaite l’éliminer. Les indiens fréquentent aussi la région…



Dans Jim Boum sur la piste infernale en 1947, l’action démarre en Californie où le procureur général confie à Jim une mission délicate. Il s’agit d’enquêter sur un accident mortel troublant...



En 1950, Jim Boum est embarqué dans L’Étrange croisière du squalus.  C’est ainsi que Jim Boum entre dans la science-fiction en étant porté par un appareil construit par le professeur Salanas, appareil qui est parachuté sur la plante Mars au milieu de monstres ailés…  
Trois épisodes paraissent en 1954 : Le Canyon sans espoir, La Diligence tragique et Le Secret des monts maudits.



Dernier épisode publié : Chasse à l’homme au pays des jivaros, chasseurs de têtes en 1955. Jim Boum, qualifié de « célèbre scout américain » est envoyé par le 2e bureau de Washington sur les traces d’un avion disparu. Cet avion contiendrait des documents relatifs à la fameuse arme secrète « L’Irradium X 40 »…        

De 1947 à 1950, Coq Hardi publient des bandes dessinées d’auteurs français chevronnés : Etienne Le Rallic (Poncho Libertas, Le Fantôme à l’églantine), Raymond Cazanave (Capitaine Fantôme), Auguste Liquois (Guerre à la terre), Calvo (Cricri souris d’appartement), Dut (Sitting Bull le chevalier rouge), Poïvet, Kline, Noël Gloesner (Colonel X), Erik (André Jolly, Papou détective privé), Mathelot (Le Grand Cirque), Pellos (La Vie de Marcel Cerdan), sans oublier Mat, Daniel Laborne et Claude Marin...
Il va de soi qu'il conviendrait d'ajouter les bandes créées ou rééditées par Marijac. 
Bien qu’il prétendre défendre une bande dessinée essentiellement française, Marijac a tout de même publié les bandes étrangères de Hogarth (Drago), Fred Harman (Red Ryder), Ed Dodd (Mark Trail), Martin Branner (Ursule et Cie, Bicot), Benito Jacovitti (Pippo, Tar-Zan), Ferdinand (Mik), Kidnapped (Robert Webb, …   


Mais en 1950, la reprise de Coq Hardi par les éditions de Montsouris marque un tournant qui déplaît à Marijac déplorant l’embourgeoisement du journal.   
Des suppléments du journal, baptisés Magazines Coq Hardi, de format « à l’italienne » publient 71 fascicules de bandes dessinées en noir et blanc et plusieurs épisodes de Jim Boum. D’ailleurs, dans ces fascicules, Marijac se réserve la part du lion.   



Le journal Coq Hardi publie en outre sa "Collection Coq hardi", de romans illustrés bon marché de 50 pages, brochés, de petit format, publiés aux éditions SELPA de Clermont-Ferrand. Paul Bérato, un des maîtres du roman populaire, y publie des récits sous deux  pseudonymes, celui de Paul Mystère dès le n° 1, L'Or des Alfourous, illustré par Marijac et pour une douzaine de titres, et celui de Yves Dermèze qui signera encore 12 romans d’aventures. George Fronval, Maurice de Moulins, Albert Bonneau, Maurice Limat et Edmond Romazières sont là, comme les illustrateurs Dut, Étienne Le Rallic, Georges Bourdin ou Christian Mathelot.
        

mardi 22 janvier 2019

MARIJAC et son cow-boy JIM BOUM (1)


Marijac (Jacques Dumas, 1918-1994) et son cow-boy chevaleresque JIM BOUM

         Cet homme orchestre de la presse des jeunes cumule les fonctions : scénariste, dessinateur, rédacteur, éditeur… et son activité est immense. Aussi doué dans le genre humoristique que dans la veine réaliste, il utilise aussi les pseudonymes de Dum’s et de Jacques-François et collabore, avant la création de Coq Hardi,  à de nombreux journaux : Pierrot, Le Bon Point, Francis Guignol, Le Journal de Bébé… 
Des ecclésiastiques de L’Institut des fils de la charité, dont les abbés Gabriel Bard, Gaston Courtois (ex « Jacques Cœur », 1897-1970), et Pierre Rougemont (l’abbé Henri Guesdon), fonde Cœurs Vaillants, né officiellement à Paris le 8 décembre 1929. A côté de Cuvillier, et Hergé pour Tintin et Milou (depuis octobre 1930), on trouve Marijac (alias Jacques Dumas, 1918-1994) qui crée Jim Boum, Chevalier du Far-West, 1er épisode paru de 1931 à 1933.



Jim Boum, héros d’un des premiers westerns de la bande dessinée française, surnommé « le scout des frontières », passe insensiblement du style humoristique, parfois grandguignolesque, au style réaliste (dès 1934). Le texte est d’abord inscrit sous l’image avant d’intégrer le coeur de l’image mais le ballon interviendra tardivement et temporairement, en 1938, dans Jim Boum, chevalier de l’air, à partir du 1er janvier 1938. 
Jim Boum, au départ dessiné assez grossièrement, à traits rapides,  évolue en général au milieu de personnages « mauvais garçons » à l’allure patibulaire. Au départ, les Indiens sont sauvages et cruels mais leurs mœurs vont s’adoucir au fil des épisodes comme dans les films contemporains de John Ford. Ce changement positif notable apparaîtra plus clairement dans les albums Sitting Bull le chevalier rouge, dessiné par Dut (Pierre Duteurtre) en 1948 (et réédité par Glénat en 1978 et 79) et dans Poncho Libertas, illustré par Le Rallic.  


Parurent ensuite, en 1934 : Les Nouvelles aventures de Jim Boum. 



De 1935 à 1936, Jim Boum est toujours là pour La Victoire de Fort-Lincoln. Du n° 17 au n° 53, toujours en 1936, paraît Jim Boum au Mexique, épisode suivi de Jim Boum au Far West, en 1937. Toujours en 1937 paraît l’épisode Jim Boum chef de caravane (commencé au n° 19 du 9 mai).
Du n° 45 (1937) au n° 30 (1938) Jim Boum devient Chevalier de l’air. En 1938 paraissent des aventures sous le titre générique de Suite des nouvelles aventures de Jim Boum le chevaleresque.
Toujours dans Cœurs Vaillants paraissent encore Le Drame de West Canyon (1938-1939), Jim Boum en Afrique (1939), Jim Boum au front (1939). Jim Boum qui vient de quitter l’Afrique va lutter contre les nazis en Pologne.



C’est aux éditions Fleurus, clandestines et repliées à Clermont-Ferrand puis à Lyon, en zone Sud, pendant la guerre, que paraissent les épisodes  suivants : Jim Boum : Irradium X 40 (du no 4 en 1940 au no 52 en 1941).
Le Secret des Monts Latanas (1942, du n° 1 au n° 29), Le Sachem sans plume (du n° 30 en 1942 au n° 7 en 1943), Le Chasseur de mustangs (1943)  et L’Énigme du Canyon rouge (du n° 40 en 1943 au n° 15 en 1944). 
Des épisodes des  aventures de Jim Boum paraissent sous formes de fascicules à l’italienne dans les collections « Belles histoires de Cœurs Vaillants ». Par exemple, dans le n° 4 de juin 1941, Jim Boum Chevalier des neiges. 



Cœurs Vaillants ne sera autorisé officiellement à reparaître à Paris que le 19 mai 1946, compte tenu du pétainisme de son directeur Gaston Courtois pendant la guerre.

Prisonnier, évadé, résistant en Auvergne pendant l’Occupation, Marijac, en novembre 1944,  après son petit journal artisanal Le Corbeau déchaîné, crée son Coq Hardi, journal résistant à Clermont-Ferrand (publiant Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac) pour 10 numéros. Ce journal si typiquement français deviendra le creuset d'une nouvelle école de bande dessinée, trop souvent occultée par la bande dessinée belge.
Ce n’est qu’en 1946 que Coq Hardi reparaît jusqu’en mai 1955. (Il est suivi par Coq Hardi Je serai jusqu’en février (et le mensuel Cocorico pour 4 numéros en 1957).
Des suppléments du journal, d'une viçngtaine de pages au format à l'italienne, sous le nom de Album Magazine Coq Hardi, publient des bandes dessinées en noir et blanc et plusieurs épisodes de Jim Boum. souvent déjà publiés auparavant dans Coeurs Vaillants. 



         En 1977, Jacques Glénat réédite Le Mustang fantôme (prépublié dans Album Magazine Coq hardi n° 17) dans un recueil concocté par Henri Filippini qui contient, outre Le Mustang fantôme (15 planches), Le Saumon d’argent (17 planches) et 10 planches de Patos, enfant de la brousse, BD humoristique qui  n’a rien à voir avec Jim Boum. (Le Saumon d’argent est publié dans Coq Hardi en 1946 et dans Cocorico en 1957).




P.S : Le Mag, supplément hebdomadaire des journaux du groupe EBRA (Est Républicain, Vosges matin, Républicain lorrain…) a publié en janvier 2019 une réponse à un courrier d’un lecteur belfortain de Jim Boum sous le titre : Jacques Dumas alias Marijac.    

jeudi 29 novembre 2018

L'Epopée de Gilgamesh dans la presse des jeunes et la littérature jeunesse


L’Épopée de Gilgamesh dans la presse des jeunes et dans les ouvrages
accessibles à la jeunesse

Sauf erreur de ma part, la presse pour la jeunesse a rarement informé jusqu’ici ses jeunes lecteurs de l’existence de L’Épopée de Gilgamesh.
Je citerai seulement :



- Une aventure palpitante : Gilgamesh : Hebdomadaire Pilote n° 402 du 6 juillet 1967
L’Épopée de Gilgamesh en bandes dessinées de José Bielsa : pages 23 à 29.
Pilotorama : Khafaja dans l’antique Sumer (dessin double page de Henri Dimpre)




-         Gilgamesh, le premier héros de l’humanité : Mensuel Virgule n° 107, novembre 2018. Editions Faton. Pages 12-21.

« Né il y a cinquante siècles, dans sa première version, ce long poème à la fois étrange et familier n’a rien perdu de sa force tragique. Ses quelque trois mille vers dont nous connaissons à peu près les deux tiers, couvrant douze tablettes, souvent incomplètes, parfois impossibles à reconstituer dans leur intégralité, nous parlent d’abord du sort commun à tous les hommes, celui d’être mortel (…).
     L’Epopée de Gilgamesh raconte l’histoire devenue légendaire du roi d’Ourouk, une Cité-État dont il aurait été le souverain vers 2650 ou 2600 av. J.-C et dont il subsiste des ruines en Irak (sous le nom actuel de Warka).
Gilgamesh, seigneur tyrannique de la cité d’Ourouk, s’affronte à son rival Enkidou, un homme sauvage créé par les dieux pour le ramener à la raison.
Devenus amis après s’être battus, les deux hommes partent au coeur de la Forêt des Cèdres pour vaincre le géant Houmbaba.
Séduite mais repoussée par le roi vainqueur Gilgamesh, la déesse Ishtar se venge en lâchant sur terre le taureau céleste, tué à son tour.
Mécontents du rôle irrespectueux d’Enkidou, les dieux le font mourir au grand désespoir de Gilgamesh.
Le roi d’Ourouk décide de partir à la recherche d’Outa-Natpishtim, seul humain devenu immortel. Sa quête échoue et il ne peut goûter la plante de l’éternelle jeunesse dévorée par un  serpent. Il rentre à Ourouk, résigné et plein de sagesse.      
     La patience des archéologues, depuis un siècle et demi, a permis de retrouver différentes versions de cette œuvre, dispersées dans l’ensemble du Moyen Orient, en Anatolie, des lisières du plateau d’Iran jusqu’aux rives de la Méditerranée, des pays de la Mésopotamie à la Palestine, en passant par la Syrie et le Liban. D’abord transmise oralement pendant plusieurs siècles, déjà rédigée à partir du IIe millénaire av. J.-C., elle a été traduite ou adaptée dans différentes langues, à des époques différentes. »
(L’Épopée du roi Gilgamesh et de son ami Enkidou
Adaptation libre par Raymond Perrin, L’Harmattan, 2013 « La légende des mondes »  
Extrait de l’introduction.)


                                             Ouvrages accessibles aux scolaires
Au départ, les scolaires ne disposaient guère que de la version de Pierre Grimal Histoire de Gilgamesh parue dans Contes et légendes de Babylone et de Perse /chez  Pierre Grimal chez Nathan en 1962, dans la fameuse collection « Contes et Légendes de tous les pays ».
Plus tard, Henri Gougaud propose Enkidou et Gilgamesh (Sumer) dans: L'Arbre à soleils de Henri Gougaud. collection « Points » au Seuil.
Il faut attendre 1996 pour lire  La Célèbre légende babylonienne du roi Gilgamesh qui voulait être immortel de Jiri Tomek traduit par Llona Lartigue, dans Contes de l'Antiquité, chez  Gründ, collection « Les Grands classiques de tous les temps ».
L’introduction des textes fondateurs dans les programmes du collège va entraîner une profusion de publications à partir de 2001. On remarque ainsi :
- L’Épopée de Gilgamesh racontée par Michel Laporte
dans 6 récits de Babylonie – Paris : Castor Poche Flammarion, 2001 pp. 45-103.
* Le Premier Roi du monde. L’Épopée de Gilgamesh / Jacques Cassabois – Paris : Hachette Jeunesse, 2004, (« Livre de poche jeunesse ; 1008 »)     
- Gilgamesh / adaptation de Léo Scheer
« Le premier roman de l’Histoire » « Librio », 2010.
* Gilgamesh / Adaptation de Martine Laffon d’après la traduction de Jean Bottéro,
Dossier par Françoise Santoni-Bissaïn
Paris : Belin-Gallimard, 2009. 126 p
« Texte intégral et Dossier / ClassicoCollège »
* L’Épopée de Gilgamesh racontée par Pierre-Marie Beaude
Pierre-Marie Beaude – Paris : Gallimard Jeunesse, 2009. 128 p.
« Folio junior Textes classiques ».
* Le Récit de Gilgamesh. L’homme qui partit en quête de la vie sans fin  / Traduction remaniée et abrégée par Stéphane Labbe
- Paris : École des Loisirs, 2010. « Classiques abrégés », 140 p.
* Gilgamesh, le roi qui ne voulait pas mourir par Viviane Koenig
- Paris : Oskarson (Oskar Jeunesse), 2010. 160 p. Ill. : Erwan Pagès « Histoire & Société ».
* L'Épopée de Gilgamesh en 8 récits par Jean Muzi
- Paris : Flammarion Jeunesse, 2011. 128 p. Illustrations de Frédéric Sochard.
* Gilgamesh Adaptation, présentation et commentaires par Alain Migé
- Paris : Editions Larousse, 2012. 127 p. « Petits classiques Larousse ; n° 178 »

Je me permets d’ajouter mon ouvrage :
* L’Épopée du roi Gilgamesh et de son ami Enkidou
Adaptation libre par Raymond Perrin
-          Paris : L’Harmattan, 2013 « La légende des mondes ».