mercredi 6 décembre 2017

1957 Films familiaux et pour la jeunesse

1957 Films familiaux et films pour la jeunesse

En fait, en 1957, le cinéma pour la jeunesse est quasiment inexistant. Ce que l’on pourrait éventuellement  ranger, ce sont quelques dessins animés comme Perry de Walt Disney, La Reine des neiges de Lev Atamanov ou les films mettant en scène un enfant comme Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse (l’auteur désormais connu de Crin-Blanc) Sans famille, le film  d’André Michel, d’après Hector Malot ou Joselito L’enfant à la voix d’or. De Walt Disney, il faut citer aussi Le Fidèle vagabond, largement présenté à l’époque dans les journaux pour la jeunesse.


Le western américain propose encore les films classiques du genre, tels Le Dernier train de Gun Hill, 3h 10 pour Yuma, Règlements de comptes à OK Corral ou L’Homme de l’Arizona.
La violence des films de guerre paraît « normale » et on regarde en famille Le Renard des océans avec John Wayne. 
Le cinéma dit familial n’est pas le meilleur, loin de là, sauf si l’on intègre le film Quand passe les cigognes ou Douze hommes en colère.
Les grands succès de l’année : Le Pont de la rivière Kwaï dont tout le monde sifflote la musique, Sissi face à son destin, Géant de George Stevens entretenant la légende de James Dean, Les Misérables de Jean-Paul le Chanois, se dégustent en famille.


Dans le cinéma comique français s’illustre encore  Fernandel mais on remarque surtout cette année-là l’acteur Darry Cowl qui enchaîne les films après Le Triporteur  de Jack Pinoteau.  Il est d’ailleurs aussi présent, à côté de Noël-Noël, Dans A pied, à cheval et en voiture. Le film de Philippe Agostini (d’après Paul Guth), Le Naïf aux 40 enfants donne sa chance au couple comique Michel Serrault et Jean Poiret.  Les Aventures d’Arsène Lupin montre un Robert Lamoureux capable de multiplier ses dons d’acteur. De Funès s'illustre dans Ni vu, ni connu.
La Tour, prends garde de Georges Lampin permet à l’indispensable Jean Marais de manifester une fois de plus ses talents sportifs.
Grâce aux films Planète interdite et L’Homme qui rétrécit, la science-fiction et le fantastique proposent des œuvres de qualité à tous les publics.



En fait, les journaux pour la jeunesse de 1957, présentent surtout des films de 1956 qui ne sont pas encore tous arrivés au fond des provinces françaises. Par exemple, le très beau film japonais Le Cheval et l’enfant, Guerre et paix de King Vidor, Le Monde du silence de Cousteau (film dont personne ne remarque à l’époque l’évidente cruauté), Le Tour du monde en 80 jours *de Michael Anderson, Le Mystère Picasso de Clouzot, Moby Dick de John Huston, Un condamné à mort s’est échappé de Robert Bresson…          

vendredi 1 décembre 2017

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

Si les albums de bande dessinée parus en 1957 ne sont pas très nombreux, c’est en raison de la frilosité des éditeurs français. Heureusement que les éditeurs belges : Dupuis, Lombard & Dargaud et Casterman montrent la voie. En France, en dehors des éditeurs catholiques Bonne Presse et Fleurus, on ne publie guère que des albums brochés et populaires et surtout à la S.P.E.



Références des albums représentés :
-          Les Aventures de Marc Jaguar Le Lac de l’homme mort de Maurice Tillieux Dupuis
-          Bob et Bobette La Clé de bronze de Willy Vandersteen Lombard & Dargaud    
-          Chlorophylle Pas de salami pour Célimène de Raymond Macherot Lombard & Dargaud (+ Le Bosquet hanté)
-          Monsieur Vincent L’ami des pauvres de Raymond Reding Lombard & Dargaud
-          Johan et Pirlouit La Source des dieux de Peyo Dupuis
-          Jo, Zette et Jocko La vallée des cobras de Hergé Casterman 
-          Alix L’Île maudite de Jacques Martin Collection du Lombard
-          Les Av. de Buck Danny Menace au Nord de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Dan Cooper Le Triangle bleu (1er épisode) d’Albert Weinberg Lombard & Dargaud


-          Blake et Mortimer L’Énigme de l’Atlantide d’Edgar P. Jacobs Coll. du Lombard  
-          Lucky Luke IX Des rails sur la prairie de Morris et Goscinny Dupuis
-          Cricri Souris d’appartement contre Matou de Calvo Sté Nlle des éd. Mireille
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill La Tête de pipe de Tibet Lombard & Dargaud  
-          Bill Jourdan Le Carnet noir de Jean Acquaviva (Sc.) et Loys Pétillot Bonne Presse
-          La Patrouille des Castors Le Mystère de Grosbois de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Images de l’Histoire du monde Timour Le Captif de Carthage de Sirius Dupuis
-          Fripounet et Marisette La Troisième soucoupe de R. Bonnet Fleurus
-          Ivanhoé d’après Walter Scott de S. Laudigeois Hemma


-          Les Aventures de Spirou et Fantasio Le Repaire de la murène de Franquin Dupuis
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill Ko-Klox-Klan de Tibet Lombard & Dargaud
-          Tif et Tondu Le Retour de Choc de Maurice Rosy (sc.) et Will (dessin) Dupuis   
-          La Patrouille des Castors Le Disparu de Ker-Aven de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Johan et Pirlouit Le Serment des Vikings de Peyo Dupuis
-          Les Aventures de Buck Danny « NC-22654 » ne répond plus de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Zéphir Messathi Le Prince des Sables de Pierre Brochard Album « Fleurdor » Fleurus
-          La Jeunesse de Robin des Bois d’après A. Dumas Mondial aventures n° 21
-          Chantal au Katanga de Robert Rigot Editions Hemma


Parmi les albums brochés, on remarquera les personnages suivants : Aggie, Charlot (par Jean-Claude Forest), Davy Crockett (un personnage de l’année 1957, célébré par une chanson interprétée en particulier par Annie Cordy), L’Espiègle Lili, Bibi Fricotin (celui se Pierre Lacroix), Bouclette, Les Pieds Nickelés (ceux de Pellos), Mimile et Minouche, Moustache et Trottinette de Calvo...    

Note : Evidemment, cette liste n'a rien d'exhaustif. Aux lecteurs d'ajouter les titres de leur choix dans les commentaires.

Il eût été impardonnable d'oublier Jerry Spring de Jijé...

-          Les Aventures de Bob et Bobette Les Chevaliers de la rue Willy Vandersteen Éd. Érasme
-           Les Aventures de Bob et Bobette La Frégate fracassante Vandersteen Éd. Érasme
-           Tarzan et le lion Hachette (d’ap. E.R. Burroughs, dessins Foster) é. o. 1937
-          Ça, c’est du sport 7 histoires complètes Jean Graton Dupuis  
-          Jerry Spring N° 4 Le Trafic d’armes Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Jerry Spring N°5 La passe des Indiens Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Croc Blanc d’après Jack London dessin collectif Classiques illustrés Pub. Class. Int.
-          Une Aventure de Kim Devil Le Monde disparu Charlier (sc) G. Forton Dupuis
-          Perlin et Pinpin les Joyeux Nains chez les lutins M. Cuvillier Alb. Fleurette Fleurus

   
 

Nouveaux Héros et nouvelles héroïnes apparu(e)s en 1956 et 1957

1956
Alain Cardan, cosmonaute de Gérald FORTON dans Risque-Tout
Alex et Euréka (ou Tambour), de Guy HEMPAY et P. BROCHARD, dans Cœurs Vaillants, 1er alb. 1959.
Bobosse, le petit chien de Marcel REMACLE, dans Risque-Tout puis Spirou
Bill Jourdan, western de Loys PETILLOT et Jean ACQUAVIVA, dans « Bayard », 1er album en 1957.
Cha’pa et Group-Group, le jeune Indien et l’animal aux grandes oreilles de Ramon MONZON, dans Vaillant
Davy Crockett de LE RALLIC, dans L’Intrépide. Albums vaillant en 1963-64.
Gil Jourdan, détective, et son ami Libellule, de M. TILLIEUX, dans Spirou, 1956,  1er album en 1959.
Harald le Viking de Liliane & Fred FUNCKEN, dans Tintin, 1956, 1er album en 1958.
Hercule Malabar de Jean SYLVERE et Alexandre GERARD, dans Joyeuses lectures et en albums S.P.E.
Jacques Flash de Jean OLLIVIER et Pierre LEGUEN, dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Jean Mermoz de V. HUBINON et J.-M . CHARLIER, en album Dupuis.
Jordi de François BEL, dans Cœurs vaillants de 1956 à 1961, Albums Fleurus en 1962.
Line de Nicolas GOUJON et Françoise BERTIER (et GREG et P. CUVELIER), pour le journal homonyme
Martine et Zozo de TIKY (dessin) et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1 album en 1957. 
Phil et Jordi, (Pompon rouge) de François BEL, dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1961.
Richard et Charlie de Jean TABARY, dans « Vaillant », un album Glénat N. & B. en 1977.

1957       
Blason d’argent de Guy HEMPAY et F. HIDALGO, (Yves ROY), dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1959.
Bob Flapi, athlète complet, (mais freluquet créé par André HARVEC, dans Pschitt Junior, en album SPE en 58.
César et Ernestine, de Maurice TILLIEUX, dans Spirou,  1957, 1er album « Gag de Poche » en 1966
Coco Bill de Benito JACOVITTI, parodie de western dans le Giorno dei Raggazi
Davy Crockett de Jean OLLIVIER, Edouardo COELHO puis KLINE dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Gaston Lagaffe de André FRANQUIN, dans Spirou, en février 1957, 1er album petit format en 1960.
Jari, le joueur de tennis de Raymond REDING, dans Tintin, 1957, 1er album en 1960.
Jim et Heppy, héros de western, de Guy HEMPAY et Pierre CHERY, Cœurs vaillants en 57, Alb. 61-62
Michel Vaillant, le coureur automobile de Jean GRATON, dans Tintin, 1957, 1er album en 1959.
Moky et Poupy de Roger BUSSEMEY, dans les journaux Fleurus en 57, 1er album Fleurus en 1960.
Monsieur Vincent, l’ami des pauvres de REDING, en album du Lombard.
Priscille et Olivier de Jeannine LAY et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1er album en 1958.
Prudence Petitpas de Maurice MARECHAL, dans Tintin, 1957, albums Le Lombard dès 1962.
Signor Spaghetti, le bavard, et Prosciutto de R. GOSCINNY et D. ATTANASIO, dans Tintin, 1957, alb en 61.
Thierry le Chevalier de J.-M. CHARLIER et Carlos LAFFOND, dans Spirou en mai 57
Tony Sextant, S-F de J. RIBERA et J. ACQUAVIVA dans « Bayard », 1er album en 1958.
Zorro d’Alex TOTH (E-U) (après celui de Bob Dan, Gire et Oulié et J. Pape en France)



mercredi 29 novembre 2017

1957 Le journal de Tintin

1957 Le journal de Tintin


Le journal de Tintin, « le journal des jeunes de 7 à 77 ans », aligne depuis ses débuts, en 1946 en Belgique et en 1948 en France, des séries prestigieuses. Pourtant, son tirage frôle seulement les 200 000 exemplaires. C’et loin derrière Le Journal de Mickey (633 000), L’Intrépide (260 000) mais c’est proche de  Vaillant (211 000) et c’est presque le double de Spirou (108 000 exemplaires).    
Le rédacteur en chef est Nicolas Goujon (pour l’édition française),  André Fernez (pour l’édition belge).


Hergé poursuit la publication des « Aventures de Tintin », Coke en stock commencée en 1956 et qui occupe toute l’année la dernière page doit se poursuivre en 1958 pour que l’épisode soit complet. En co-production, les studios belges Belvision et la R.T.F. française produisent le feuilleton télévisé Le Sceptre d’Ottokar, commenté par Jean Nohain.   
Edgar P. Jacobs continue de publier textes et dessins de L’Énigme de l’Atlantide, épisode passionnant des aventures de Blake et Mortimer, une fois de plus en butte aux actions malfaisantes d’Olrik.
Alix l'intrépide de Jacques Martin se heurte aux manigances d’Arbacès dans La Tiare d’Oribal. Bob et Bobette (et M. Lambique) de Willy Vandersteen, dans Les Masques blancs affrontent des géants. Vandersteen propose aussi Les Aventures de son Altesse le prince Riri
Raymond Macherot, en cette année 1957, est très présent dans Tintin. En plus de sa superbe série animalière, Chlorophylle et Minimum, entrée dans Le Bosquet hanté, avant de connaître Les Croquillards, Raymond Macherot crée Le Père Lahoule, un étrange marin, et dessine Prudence Petitpas, une mamie détonante créée par Maurice Maréchal, secondé au scénario par René Goscinny.  


Franquin qui vient de créer Gaston Lagaffe en février dans Spirou continue dans  Tintin d’animer le duo hilarant de Modeste et Pompon en étant lui aussi secondé par René Goscinny et Greg. Tibet propose deux épisodes de son western comique « Les Aventures de Chick Bill le cow-boy » : Les Deux visages de Kid Ordinn et La Bonne mine de Dog Bull. Jean Graton, déjà présent dans de courtes BD sur l’automobile, commence en fin d’année une aventure de Michel Vaillant. Notons quelques pages de Monsieur Troc part en voyage, une BD de Bob de Moor sur un scénario de René Goscinny qui scénarise aussi le Signor Spaghetti dessiné par Dino Attanasio.
Une bande dessinée rarement citée s’intitule Le Roman de Charlemagne. Le texte est de Chad Varah et les dessins de Norman Williams. Des récits surtout écrits par Yves Duval sont illustrés par René Follet et Henri Ghion.
Il faudrait encore citer Les Aventures de Dan Cooper de Weinberg (Le Mur du silence, Opération Jupiter), Harald Le Viking de Fred et Liliane Funcken (La Lueur verte),  Pom et Teddy de François Craenhals qui réalise textes et dessins (Le Secret de Balibach), Jari et le champion, le joueur de tennis de Raymond Reding, Arnoul le croisé de Galand, les récits complets en B.D. 


Le journal de Tintin qui accorde une grande place aux sports publie des numéros spéciaux sur l’automobile (fort nombreux) et les pages de « Tintin-Actualités » et la rubrique Ça c’est du sport est animée par Jean Graton qui fait déjà entrer Michel Vaillant dans des histoires courtes (par exemple dans Clé de douze le 12 décembre 1957).
Notons encore, sur un scénario de René Goscinny, une courte histoire de l’Indien Wa-Pi-Ti du dessinateur Rol. (l’auteur de Chocorêve).
Pour tenter d’amadouer les censeurs, surtout ceux qui veulent porter atteinte à l’exportation des bandes créées hors de France (même s’il s’agit de pages francophones), le journal de Tintin publie quelques rubriques qui se veulent éducatives comme L’Histoire du monde de Schoonjans, illustrée par les Funcken, une page illustrée par René Leloup et rédigée par Louis Gernay est dédiée à Science et aventure. 1957 étant l’année géophysique, l’événement est traité dans trois numéros.   





mardi 28 novembre 2017

1957 Le journal de Spirou

1957 Le journal de Spirou

Chez Dupuis, le journal de Spirou a bénéficié de progrès techniques dans l’impression, annonçant « 32 pages en vraies couleurs » le 28 mars 1957. Il augmente sa pagination, son format (et son prix). On y trouve des séries mémorables grâce à des scénaristes et dessinateurs de grand talent, à l’époque ignorés par les adultes obsédés par un seul fait : l’occupation de la majorité des pages par la bande dessinée.


Pour Lucky Luke (sans que la mention en soit faite dans le journal), après l’épisode Lucky Luke contre la bande Joss Ramon, Morris a pour scénariste Goscinny quand il dessine Les Cousins Dalton et Le Juge. Buck Danny, l’aviateur dessiné par Victor Hubinon et scénarisé par Charlier, après Le Tigre de Malaisie, aborde un thème obsédant à cette époque dans S.O.S. Soucoupes volantes. Tif et Tondu de Will et Rosy poursuivent leurs aventures dans Plein gaz. Spirou, toujours entre les mains du génial André Franquin termine sa rencontre avec Le Voyageur du Mésozoïque avant de connaître, avec Fantasio, des Vacances sans histoires.
Le fait marquant de l’année c’est évidemment la création, d’abord discrète le 1er mars 1957, par Franquin de l’indispensable Gaston Lagaffe dont on imaginait pas à l’époque le succès fabuleux et mérité qu’il obtiendrait. 


Les Belles Histoires de l’Oncle Paul lancées par Charlier (mais aux auteurs multiples), pour leur côté éducatif font taire les censeurs. Autres rubriques qui se veulent éducatives, Le Coin des petits curieux, une page agréablement illustrée et Les Nouvelles du monde entier. Après l’épisode La Flèche noire, Peyo envoie Johan et Pirlouit chez Le Sire de Montrésor,  juste avant l’épisode Le Serment des Vikings.
Sirius (Max Mayeu) continue la superbe série de Timour (Le Gladiateur masqué), série appelée Images de l’Histoire du monde. Il poursuit ainsi l’Histoire depuis l’Antiquité à travers les générations successives du jeune homme aux longs cheveux roux.


Jerry Spring, superbe western de Jijé, lancé en 1954 se poursuit avec Enquête à San Juan. Mais pour l’épisode suivant, Les Trois barbus du Sonoyta, il a choisi comme scénariste Jean Acquaviva, un des piliers du journal Bayard, (mais les lecteurs de Spirou l’ignorent) Quand s’achève Valhardi contre le soleil noir, Jijé introduit encore Jean Valhardi dans L’Affaire Barnes.
Après Sur la piste de Mowgli, les amateurs de scoutisme retrouvent La Patrouille des Castors de MiTacq et Charlier dans La Bouteille à la mer, au Groenland.
Jidéhem commence à illustrer la chronique de Starter et certains décors de Franquin.
La disparition de l’éphémère et étonnant journal Risque-Tout, après 50 numéros, n’est pas totale puisque des héros lui survivent. Maurice Tillieux y avait créé Marc Jaguar. Il est remplacé dans Spirou par Gil Jourdan luttant bientôt contre Le Gang de la cocaïne. Tom et Nelly « Enfants du siècle » de Bielsa et Joly réapparaissent dans Soleil levant contre aigle noir et Terreur à San Francisco. Alain Cardan de Gérard Forton renaît comme Citoyen de l’espace.
Il faudrait encore citer Thierry le chevalier de Charlier et Laffond dans Le Chevalier sans nom, Les 3 J par Luca,  Bobosse de Remacle dans Les Évadés de Trifouillis, Les Trois J de Luca, les aventures de Guy Pingaut, le nouveau héros de Gérald Forton…





lundi 27 novembre 2017

1957 Monjoie ! Saint-Denis, un récit conventionnel de Louis Saurel

1957 Deux romans historiques : Colin Lantier de Jean OLLIVIER et Montjoie ! Saint Denis ! de Louis SAUREL

II Montjoie ! Saint-Denis de Louis Saurel, un récit conventionnel trop étalé dans le temps

Le roman de Louis Saurel est bien différent de celui de Jean Ollivier, malgré certains points communs.
L’action s’étire de 1415, année du désastre d’Azincourt, à 1429 lorsque la Lorraine Jeanne délivre Orléans. 


Vincent de Chauvigny, comme Colin Lantier, est un jeune homme d’une quinzaine d’années « de bonne taille, svelte, au corps souple, nerveux et déjà musclé ». Orphelin de père mais déjà écuyer, il est élevé par le seigneur François de Villiers, dans son château de Montfort, au sud d’Auxerre. Parfait cavalier, bon escrimeur, tenace et courageux, Vincent de Chauvigny se montre habile au jeu viril de la quintaine.


Mais le pays est troublé par la querelle des Armagnacs et des Bourguignons qui, depuis sept ans, profitent de la faiblesse du pouvoir royal pour entretenir la guerre civile.
Le sire de Joigny vient à Montfort pour informer François de Villiers que le roi Henri V d’Angleterre a débarqué en Normandie à la tête d’une grande armée. Vincent dont le père était vassal du comte d’Auxerre, désireux de combattre, peut accompagner Joigny. Avec Gérard Hervaux, le valet de Joigny, il part vers Paris. Au cours de la traversée de la forêt de Bière, des brigands attaquent. Joigny est blessé à la poitrine, son cheval est mort et Chauvigny, faisant front tout en protégeant son cheval Ardent, est blessé à la cuisse. Le trio se retrouve à l’auberge de La Butte Saint- Louis de Bois-le-Roi où un barbier soigne les blessés.


Après plusieurs semaines, ayant appris que le roi d’Angleterre avait fait le siège de Harfleur, le trio rétabli se dirige vers Rouen et retrouve le comte d’Auxerre, en compagnie du sire de Méricourt qui sympathise avec Vincent.
Aux côtés d’une armée désordonnée et des chevaliers bourguignons, Joigny, Vincent et Philippe de Méricourt montent vers la Somme  où Henri V d’Angleterre a massé dix mille hommes sur les hauteurs dominant la plaine boueuse d’Azincourt. Les Anglais plantent de gros pieux en avant de leur camp et attendent. 


Sous la pluie, les Français restent toute la nuit, en selle, dans leur bourbier, avec leurs lourdes armures sur leurs chevaux enlisés. Il fut facile aux archers anglais, depuis leur butte protégée, de cribler de flèches chevaux et seigneurs paralysés sur leurs montures. Chauvigny et ses compagnons sont placés à l’aile droite sur une prairie où un feu est allumé. Ils combattent. Claude Joigny et Gérard ont disparu sur le champ de bataille. Méricourt est grièvement blessé. Mourant, il demande à Vincent de donner une bague au comte Bertrand d’Armagnac et de l’informer de l’ampleur de ce désastre et du massacre de l’armée française le 25 octobre 1415. Ce qui fut fait dans le palais de Charles VI à Paris où Vincent est écoeuré par la continuation de la haine en Armagnacs et Bourguignons comme si personne ne se souciait du royaume de France.              
Le comte d’Armagnac devenu connétable charge Chauvigny d’une mission de reconnaissance dans l’enceinte de Paris. Il découvre des villages dévastés et les soldats Armagnacs et Gascons qui l’accompagnent se vantent sans vergogne d’avoir embrasé ces villages et massacré la plupart des habitants. A sa grande surprise, Chauvigny retrouve Claude Joigny et Gérard qui ont échappé à un massacre de prisonniers et lui apprennent que l’armée d’Henri V s’est rembarquée à Calais. Quelque temps plus tard, Vincent de Chauvigny et Claude Joigny participent en vain à l’assaut des Anglais à Harfleur. En 1416 l’empereur Sigismond d’Allemagne s’allie à Henri V et lui reconnaît tous les droits à la couronne de France.
Un jour, dans la rue, Chauvigny sauve le jeune Breton Antoine Robin des griffes des Gascons et de la potence.
Un an plus tard, le Dauphin Jean de Touraine s’éteint. Charles, troisième fils de Charles VI  devient Dauphin à 14 ans. Chauvigny et Joigny sont sidérés par sa laideur et son aspect chétif et souffreteux. Or, deux mois plus tard, Henri V reprend sa guerre contre Charles VI alors que barons et chevaliers français sont morts à Azincourt. La guerre civile continue et la reine Isabeau de Bavière exilée à Tours et qui ne songeait qu’à ses plaisirs crée un gouvernement hostile à celui de son fils avec l’aide des Bourguignons.
En ami 1418, les Bourguignons entrent dans Paris. Chauvigny, Joigny, Gérard et Robin se dirigent vers l’hôtel Saint-Paul pour secourir le Dauphin. Les Gascons viennent aussi soutenir le duc de Touraine. Le dauphin et son petit escadron doivent affronter des fantassins bourguignons mais les cavaliers du prévôt de Paris Tanguy du Châtel viennent en renfort. Quand le dauphin est à nouveau menacé par les Bourguignons,  en criant « Montjoie ! Saint Denis ! », Chauvigny s’élance et dégage le Dauphin. Tanguy du Châtel, émerveillé par tant de bravoure, adoube lui-même sur le champ Vincent ainsi accueilli dans l’ordre de la chevalerie avant que le Dauphin ne gagne Melun.    

     
Bertrand d’Armagnac n’a pas pu fuir et il a été égorgé. Plus tard, Tanguy du Châtel a été tué par le duc de Bourgogne. Jean Sans Peur ayant été égorgé lui aussi par Tanguy du Châtel, son fils Philippe le Bon s’allie aux Anglais. Sous l’impulsion d’Isabeau de Bavière un honteux traité est signé le 21 mai 1420 entre Charles VI, Henri V et le duc de Bourgogne. Isabeau et le duc livrent la France aux Anglais.   
En septembre 1420, une troupe de 400 hommes commandée par Vincent de Chauvigny quitte Bourges pour Orléans. Dans la ville, les cavaliers  dispersent ou massacrent les « misérables routiers » qui s’en prenaient à la veuve de Philippe de Méricourt et à ses enfants. La veuve se félicite de rencontrer celui qui a assisté son mari, mort dans ses bras. Elle va accompagner la troupe vers Melun mais reste à Pithiviers où Geneviève de Méricourt remet une médaille de Saint Michel à Vincent qui ne tarde pas à apprendre que Melun est tombée.
Henri V et Charles VI décèdent en 1422. Le dauphin devient donc Charles VII et Chauvigny jouissant d’un grand crédit à la cour est chargé d’annoncer à Marie d’Anjou qu’elle est reine de France. Quittant Bourges, Chauvigny en profite pour se rendre chez la baronne de Méricourt.  Il y rencontre Geneviève devenue une belle jeune femme à qui il déclare sa flamme.
En mars 1425, Yolande d’Aragon, « reine de Sicile » et mère de Marie d’Anjou conseille au roi de choisir Arthur de Richemont comme nouveau connétable. Il accepte.
Vincent de Chauvigny participe à un tournoi après avoir fixé à son casque un « gage d’amour » de Geneviève de Méricourt. Malgré une blessure au défaut de la cuisse, il gagne le tournoi.
Malheureusement, Georges de la Trémoille, nouveau favori du roi, fastueux et brutal, fait exiler le connétable de Bretagne. Le roi, abandonné de ses courtisans, n’est plus souverain que de nom. Les Anglais s’emparent de l’Anjou et du Maine. Madame de Méricourt et Geneviève doivent quitter la cour pour le duché d’Orléans.     
Six mois plus tard, Chauvigny arrive à Loches et apprend le départ de sa chère Geneviève. Il se rend chez le roi avec Marie d’Anjou et tous deux arrivent à le convaincre, malgré La Trémoille goguenard, d’attendre la venue de Jeanne la Pucelle et de rester dans le royaume de France.  A Orléans, Chauvigny retrouve Geneviève au chevet des blessés. Il revoit aussi Joigny qui s’est marié et Gérard Hervaux.
En février 1429, bourgeois et chevaliers d’Orléans et troupe du comte de Clermont veulent s’emparer d’un convoi de harengs destiné aux Anglais. Mais dés qu’il apprend que Dunois commande  les gens d’Orléans, Le comte de Clermont, jaloux, attaque en désordre à Rouvray les Anglais qui criblent de flèches les assaillants. Dunois évite seulement la panique mais « La Journée des harengs » est une défaite qui provoque le départ des nobles.
Un soir que Chauvigny ordonnait un tir de bombardes sur une bastille anglaise, les cloches annoncent l’arrivée de Jeanne par la porte de Bourgogne. La jeune fille ne tarde pas à attaquer mais elle est blessée d’une flèche. Robin, le valet de Chauvigny, se sacrifie pour son maître en se plaçant devant lui et meurt. Les Anglais, découragés, quittent Orléans et Vincent et Geneviève se marient à la cathédrale Sainte-Croix mais le combat continue pour bouter les Anglais hors de France.

Ce récit de Louis Saurel perd de son intérêt quand l’action s’étire au fil d’une quinzaine d’années. Bien sûr, on retrouve les scènes classiques du jeu de la quintaine, de l’adoubement, du siège d’une ville. La bataille d’Azincourt est bien évoquée mais il était inutile d’ajouter d’autres faits prétendument historiques. Les personnages sont trop nombreux et trop fugacement décrits pour qu’on s’y intéresse vraiment. Le roman magnifie surtout les actions des chevaliers (encore que les trahisons et les coups tordus ne manquent pas), alors que le peuple est bien souvent ignoré, voire méprisé. Par exemple, quand Chauvigny demande à la soldatesque ce que sont devenus les vilains des villages embrasés et qu’un crétin digne d’un cul de basse-fosse lui répond qu’ils ont été « branchés ou jetés à la Seine », Chauvigny, bien qu’indigné, « jugea cependant préférable de ne rien dire » !


(Rappelons que les violences des récits historiques "passent" beaucoup mieux que celles du western ou d'autres genres ciblés par les censeurs de la loi de juillet 1949 !)     
En outre, Louis Saurel semble prendre beaucoup de libertés avec la vérité historique.
Ce qui est finalement, le plus intéressant, ce sont les illustrations évocatrices et soignées de Pierre Joubert.