mercredi 3 octobre 2012

Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or) (1ère partie)

                       Encore une collection digne de figurer dans la "Cercle des collections disparues"
                      du rayon jeunesse

Chez G.P., "Spirale" (1959-1980) : une collection de fiction, illustrée, solide et multigenre (1)

Les éditions G.P. (alias La Générale Publicité), dirigées par Victor Dancette (1900-1975) et qui sont absorbées par les Presses de la Cité en 1961, sont surtout connues sous l’appellation « G.P. Rouge et Or ». Après leur essor initial assuré, selon l’historien Gilles Ragache, « par des commandes de Vichy », on se souvient qu’elles ont créé les fameuses collections « Bibliothèque Rouge et Or » et « Bibliothèque Rouge et Bleue ». Après avoir donné naissance à la collection « Dauphine » en 1957, elles créent en 1959 la collection "Spirale", peu coûteuse et proposée aux lecteurs et lectrices, du CM 1 à la classe de troisième.
De sa naissance à 1980, la collection va publier plus de 300 titres en mêlant des romans autonomes et des volumes de séries. Plusieurs générations d’auteurs fort différents vont y cohabiter, de Marie-Antoinette de Miollis, Léonce Bourliaguet et René Guillot à  Monique Ponty, Pierre Pelot et Christian Grenier.



Robuste, solidement reliée, avec sa couverture « plastifiée lavable » et ses cahiers « cousus au fil de lin », elle est de format 17 cm sur 12,5. Chaque volume comporte 20 illustrations en couleurs et 30 illustrations en noir et blanc. La collection concurrence visiblement la « Bibliothèque verte » (mais elle ne dispose pas du gigantesque réseau de distribution des éditions Hachette) et les collections jeunesse de Marabout : « Marabout Junior » et « Marabout Mademoiselle ». 
Visant en fait les garçons et filles de 10 à 15 ans (alors que la collection « Dauphine » s’adresse plutôt aux 6 à 10 ans), elle décline peu à peu les séries, en particulier policières, les classiques, les romans d'aventures abordant parfois le récit maritime ou exotique, le western et la science-fiction, et les romans historiques. On peut aussi y remarquer des romans originaux et inclassables.
Si les auteurs français, classiques ou contemporains, sont fort nombreux, on note pourtant de nombreux titres traduits de l’anglais et de l’américain (plus de 60). Plus de 20 titres sont traduits du danois, une dizaine de l’allemand. Plus rares sont les traductions du russe, du norvégien, de l’italien et du suédois… 


Dès les débuts de la collection, on note surtout la réédition et l’adaptation d’ouvrages classiques, en particulier du XIXe siècle. 
Parmi les œuvres françaises, on relève Les Aventures de Robert-Robert de Louis Desnoyers, Le Capitaine Fracasse, un roman de cape  et d’épée) de Théophile Gautier (illustré par Guy Sabran), Cosette, Gavroche et Gilliatt le malin (extrait de la fresque : Les Travailleurs de la mer) d’après Victor Hugo ou L‘Homme à l’oreille cassée d’Edmond About. Honoré de Balzac (Eugénie Grandet, victime de l’avarice et de la cupidité de son père) et Prosper Mérimée (Colomba) accompagnent les populaires Paul Féval (Le Bossu, autre roman de cape  et d’épée) et Alfred Assolant (Les Aventures du capitaine Corcoran). Alexandre Dumas est gratifié de cinq volumes dont deux pour Les Trois mousquetaires, En plus du Comte de Monte Cristo, on peut lire La Tulipe noire et Le Collier de la reine. De George Sand, on adapte des récits évoquant les moeurs du pays berrichon :  La Petite Fadette, François le champi et La Mare au diable.
En 1978 (seulement), Jules Verne bénéficie de cinq titres dont Cinq semaines en ballon, L’Etoile du Sud et Voyage au centre de la terre.



Les classiques anglo-saxons sont également nombreux. De l’œuvre de Thomas Mayne-Reid, on extrait Les Francs-tireurs et Les Chasseurs d’ours et de celle de Fenimore Cooper, La Prairie, l’aventure d’un vieux trappeur dans les plaines de l’Ouest américain. Dès 1960, Henri Dimpre illustre Ben-Hur de Lewis Wallace et en 1961, Raoul Auger illustre Kidnappé de R.-L. Stevenson (mais L’Île au trésor ne paraît qu’en 1978). Kidnappé raconte en fait l'histoire de David Balfour, un Ecossais orphelin trahi par son oncle cupide. James-Oliver Curwood et Jack London (alors très publiés par Hachette), sont respectivement présents avec des récits pas très connus : Le Piège d’or et L’Honneur des grandes neiges pour le premier et Les Pirates de San Francisco et Sur les pistes du Grand Nord (pour le second).
Côté « classiques anglais », outre Les Voyages de Gulliver de Swift, on ne peut que remarquer David Copperfield et Olivier Twist de Dickens, Ivanhoé et Quentin Durward de Walter Scott et Jane Eyre de Charlotte Brontë. C’est en 1967 que débute la série contant les aventures de l’aviateur Biggles de William Earl Johns (alias Captain W.E. Johns) dont 5 titres vont paraître de 1967 à 1970.     


lundi 3 septembre 2012

"Bibliothèque de l'Amitié" (Amitié-G.T. Rageot) (6)


La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié -G.T.-Rageot (6)

Encore des premières de couverture, des auteurs et des titres…


1962 : Patricia LYNCH, Ill. Françoise BERTIER, trad. : La Chance de Sally
1963 : Hokon EVJENTH (Norvège) : La Route des oiseaux
1963 : Léa SMULDERS : La Trottinette rouge
1964 : Colette NAST : La « Chèvre d’or » de Virginie (B. A.) Amitié
1964 : Robert RÉCHER : Rüdi et les dalles rouges
1965 : Michel-Aimé BAUDOUY : Les Révoltes de Kind
1966 : H. ROMBERG : Le Chien dans la grosse caisse
1966 : N. STREATFIELD : « Opération maison »
1967 : Sebastia SORRIBAS : Le Tigre du terrain vague
1970 : F. BRAUMANN : Les Cow-boys du lac perdu
1970 : S. INVAR : Droit au but
1971 : Pierre PELOT : L'Unique Rebelle « Bibliothèque de l’Amitié »
1972 : François BALSAN : La Fiancée rouge (Bibl. Amitié).
1972 : Ruth M. TABRAH : La Plage des requins
1973 : Jasha GOLOWANJUK : Un train pour Tashkent
1973 : Maria GRIPE : Julie et le papa du soir (traduction) (« Bib. de l'Amitié »).
1974 : Pierre PELOT : Le Hibou sur la porte.


1974 : Ghyslaine LARAMÉE : Le Garçon qui cherchait le soleil
1974 : Adrien MARTEL : Le Miracle du Fuji Yama
1974 : Anne C. VESTLY : Aurore, la petite fille du bâtiment Z (traduit du norvégien)
1975 : Maria GRIPE : Le Château des enfants volés (trad. du suédois) R. LPJ 
1975 : Georges HACQUARD : Le Songe de Tibère (« Bibl. de l’Amitié »-Histoire) ?
1975 : Lennart FRICK : N’aie pas peur Martin
1972 : Pierre PELOT : Quand gronde la rivière
1976 : Michel-Aimé BAUDOUY : Mick et la Yamaha
1976 : Hildegarde HUMBERT : Je ne suis pas un orphelin
1976 : Rose LAGERCRANTZ : Une sirène pour Peter
1976 : A-Greta WINBERG : Ce jeudi d’octobre
1977 : Maria GRIPE : Hugo et Joséphine  
1977 : Jacqueline HELD : Le Journal de Manou
1977 : Cornelia JACOBSEN : Votez pour maman
1977 : Anne-Catharina VESTLY : Bon voyage Aurore
1978 : Dagmar GALIN : Mais où est donc passé le car ?
1978 : Christian GRENIER : La Guerre des poireaux
1978 : Maria GRIPE : Je suis Hugo (trad. du suédois) 
1979 : Boy LORNSEN : Jacobus Ventrecreux s’en va t’en guerre


1980 : Michel-Aimé BAUDOUY : Les Mésaventures de Jo la malice
1980 : Annie BLANC : Sages comme deux images n° 147
1980 : Evelyne BRISOU-PELLEN : Le Mystère de la nuit des pierres 
1980 : Colette VIVIER : Le Calendrier de Vincent 
1982 : Beverly CLEARY : Ramona et sa mère
1981 : Jean-François FERRANÉ : Les Métamorphoses de Corenton
1981 : Corinne GERSON : Les Papas du zoo   
1981 : Hildegarde HUMBERT : Ballon vole ballon gagne
1981 : Matthias RIEHL : Picoti Picota une poule arriva
1982 : Beverly CLEARY : Ralph super souris
1982 : François SAUTEREAU : Les Indiens de la rue Jules-Ferry
1982 : Anna-Léna WÄSTBERG : L’Île aux mille secrets
1983 : Suzy ARNAUD-VALENCE : Promis, juré, ça nous est arrivé
1983 : Betsy BYARS : Des vacances à histoires
1983 : Jane SUTTON : Connaissez-vous ma famille ?
1984 : Beverly CLEARY : Un correspondant célèbre
1984 : François SAUTEREAU : L’Etrange Noël de Jonas
1984 : Jane YOLEN : Les Enfants du loup
1987 : Katherine PATERSON : La Chanson de Jimmy Jo
1985 : Bertrand SOLET : Les Joyeuses aventures de Globule et Papillon
1986 : Gérard BIALESTOWSKI (1946-2007) : Méli-mélodrame


Des récits de la collection ont été réédités dans les collection "Cascade", "Les Maîtres ee l'aventure", etc., chez Rageot, et dans le "Livre de poche jeunesse", chez Hachette. Par exemple, Le Château des enfants volés de Maria Gripe, Les Cahiers de Baptistin Etienne de Bertrand Solet,  Ce  jeudi d'octobre de Anna-Greta Winberg.   

vendredi 31 août 2012

"Bibliothèque de l'Amitié" : de nouveaux auteurs (5)


La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié-G.T.-Rageot (5)

En 1968-1969, les éditeurs estiment qu'ils proposent « un ensemble de romans variés, entraînants, abondamment illustrés en noir et en couleur. Sports, aventures, nature, vocation, chaque livre offre au lecteur des textes vivants, très bien écrits, éveillant le goût de l'action, de la découverte et de la nature ».
Une évolution va s'esquisser puisqu'on lit dans le catalogue de 1981 : « Les thèmes sont variés : aventure, suspense, nature, émotion, rêve, communication et offrent aux enfants de multiples ouvertures sur la vie et le monde dans lequel ils vivent ».


Un titre symbolise bien ce nouvel esprit et l'approche de sujets contemporains, le fameux Aurore, la petite fille du bâtiment Z de Anne Catharina Vestly, vendu à plus de 70 000 exemplaires et qui décrit avec talent et vérité la vie quotidienne d'une famille dans un grand ensemble.
Parmi les ouvrages traduits à succès, il faut surtout retenir les récits de Maria Gripe, en particulier Julie et le papa du soir qui raconte les aventures cocasse d’un étudiant en géologie qui garde la nuit une petite fille seule car sa maman est infirmière.
De la Suédoise Gunnel Linde, la collection a traduit en 1976, Exploits pour une pierre blanche qui raconte l’histoire fascinante de l’amitié qui lie la fillette Fia, alias Fideli, et la garçon Hampus, alias  Prince Périlleux qui rivalisent tous deux d’imagination pour la possession d’une pierre blanche prétendument magique.
De nombreux ouvrages sont traduits par Edith Vincent, notamment Les Cow-boys du lac perdu (1970) de F. Brauman, Penny trouve un frère de Carolyn Haywood, Course contre le feu d’Yvan Southall, etc.
C’est Caroline Westberg, (fille de Catherine Scob, laquelle dirige les éditions Amitié G.T. Rageot depuis 1971) qui traduit Le Royaume de la rivière de Katherine Paterson. Depuis qu’un film a été tiré de ce roman, on le connaît mieux sous le titre : Le Secret de Térabithia.  Ce roman insolite est surtout l’histoire d’une amitié entre deux enfants solitaires construite autour de la magie du royaume imaginaire de Térabithia.  Il faudrait encore évoquer les récits de Betsy Byars (Le Secret de l’oiseau blessé, Les Amis du grenier, Des vacances à histoires), ceux de Linda Cline, d’Adrien Martel, de Dagmar Galin, de Max Lundgren ou de William H. Armtrong

De nouveaux auteurs français


Mais ce qui caractérise aussi la collection à partir des années 70, c’est l’introduction de nouveaux auteurs français de la nouvelle génération. 
Auparavant, rappelons que la publication des récits d’aventure de François Balsan s’échelonne de 1964 à 1972. On rencontre successivement Yambo, enfant de la brousse,  Les Contrebandiers du Baloutchistan (1967), Aventure au Yémen (1970), Embuscades en Ethiopie (1971), et La Fiancée rouge (1972).
  Certes, on continue aussi l’édition des romans d’Yvon Mauffret, commencée en 1967 avec Le Trésor du Menhir, Prix Korrigan 1967, continuée en 1969 par Rencontre à Rio. Quatre publications vont suivre : Le Mousse du bateau perdu (1973),  Les Naufragés de Douarnenez (1979), Pour un petit chien gris (1981) et Gildas de la mer (1983).
De Pierre Pelot, après L’Unique Rebelle en 1971, la collection publie quelques épisodes de la série western Dylan Stark (Le Vent de la colère (1973), Le Hibou sur la porte (1974) et Quand gronde la rivière (1972) et surtout, Les Etoiles ensevelies (1972), maintes fois réédité avec des couvertures différentes. (Les Changements de photo de couverture, au fil des rééditions, sont une pratique fréquente dans cette collection). Les Etoiles ensevelies conte surtout rencontre d’un enfant en fugue de la Haute-Saône et d’un sans-papier Espagnol. Le récit a été adapté pour la télévision par Pierre Cardinal en 1974 (d’où la couverture présente ici).
Nicole Vidal, Huguette Pirotte et Huguette Pérol n’ont pas seulement alimenté la collection "Bibliothèque de l'Amitié -Histoire".  Nicole Vidal a publié en outre Nam de la guerre, un roman fort lié à la guerre du Vietnam. (D’ailleurs, le roman aurait davantage trouvé une place appropriée dans la collection pour adolescents, « Les Chemins de l’Amitié », créée en 1973). Huguette Pirotte a raconté comment la jeune Anne rêve de participer à la grande aventure des skieurs de compétition dans L’Espoir de la « Combe Folle » tandis qu’Huguette Pérol, dans La Jungle de l’or maudit (bien illustré par Frédéric Clément), montre comment Joao n’a pas pu résister au dangereux appel de l’or.


L’ouverture sur le récit policier se fait à travers Drôle de hold-up de Nicole Schneegans et Vous avez dit bizarre de Jacqueline et Claude Held. Des récits ouverts sur l’imaginaire apparaissent avec Messier 51, récit S-F de Christian Grenier, La Cité des brumes de François Sautereau, Le Mystère de la nuit des pierres d’Evelyne Brisou-Pellen et Le Prince d’Aéropolis, récit inclassable de Jean Alessandrini et Les Sorcières du Boisjoli de Maryse Wolinski (illustré par Pef).
Les couvertures permettent de découvrir les romans des autres écrivains contemporains que sont Susie Morgenstern, Jean-Paul Nozière, Yves Pinguilly, Roger Judenne, Emmanuel Baudry, Olivier Lécrivain, etc.


La création des collections « Jeunesse Poche » en 1970 et des « Maîtres de l’aventure » en 1982 a pu nuire à la visibilité de la  "Bibliothèque de l'Amitié", ce qui ne l’a toutefois pas empêcher de vendre des millions d’exemplaires.  La collection a été récompensée par une multitude de prix littéraires.   
C’est  en 1989, chez G.T. Rageot, séparé des Editions de l’Amitié, qu’apparaît "Cascade", collection dirigée par Caroline Westberg. Contrairement à ce qu’on affirme parfois, tous les romans de la "Bibliothèque de l'Amitié" ne sont pas réédités dans cette collection.

"Bibliothèque de l'Amitié-Histoire" (4)


"Bibliothèque de l'Amitié-Histoire", première collection de romans historiques juvéniles  (4)


Aux éditions de l'Amitié, après la création en 1963 de la collection éphémère "Livre T.V.", la "Bibliothèque de l'amitié" s'enrichit, en 1966, d’une sous-collection, la "Bibliothèque de l'Amitié-Histoire" qui publie six titres par an, trois au printemps et trois en automne. De 1966 à 1976, 29 volumes sont parus.
Dans la revue Terre des jeunes, dirigée par Claude Appell (et éditée par Rageot), on pouvait lire : « Si vous aimez l’Histoire, ces livres vous passionneront. Si vous ne l’aimez pas, ils vous la feront découvrir sous un jour fort différent de celui des manuels scolaires. »
Il faut bien reconnaître que ces ouvrages s’adressent à de très  bons lecteurs motivés, des lecteurs situés au-delà de la fourchette des âges assignée à cette collection. 
Les titres de l’ancienne collection "Heures joyeuses" reparus dans la sous-collection  "Bibliothèque de l'Amitié-Histoire" sont les suivants : L'Or de Delphes (1967) d’André Noël, La Tulipe blanche (1967) d’Helen Girvan et Ivan le terrible d'Alexis Tolstoï (1969), évoquant le terrifiant personnage de la Russie du XVIe siècle, 


Diverses périodes historiques sont évoquées. Un seul ouvrage, celui de Michelle Manceau, intitulé Le Talisman du soleil (1966), évoque la Préhistoire à travers l’histoire de Baha, en quête du bâton de commandement de sa tribu. L'Antiquité est bien représentée. Grâce aux récits de L.-N. Lavolle, par exemple, L'Acrobate de Minos publié en  1966 ou Les Perles de Cléopâtre, en 1968 (quand l’enfant Ptolémée, souverain légitime d’Egypte, souffre des ambitions et des manœuvres de César et de Cléopâtre). Complot à Persépolis (1972) d’Anne Saint-Roch situe son action en 404 avant notre ère quand la couronne de l’Empire Perse provoque un duel fratricide. Il faut attendre 1974 pour lire Nous reprendrons Athènes de Daniel Hénard, exposant la difficile amitié du jeune Athénien Yoannis et de Sperkios, un fils de Sparte. Bien auparavant, dans la collection, Le Secret des étrusques de G. Boldrini conte le périple de l'un des leurs, le jeune Vel. L'histoire romaine est encore présente quand le jeune Viburnius suit les légions de l'empereur Hadrien en Gaule, dans Le Tambourinaire de la XIIIe légion de Régine M. Reboul, édité en 1969. Pour la période romaine, il convient de citer Le Songe de Tibère (1975) de Georges Hacquard, publié hors collection (tout comme L’Esclave qui devint roi (1976) de Daniel Hénard. La sous-collection a déjà perdu son indépendance.
Il ne faudrait pas en oublier pour autant les récits relatifs au Moyen Age comme Viking, quel est ce trésor ? du passionné de la mer Jean Merrien, Aloyse et l'écuyer du roi de M. Perroy ou Le Rubis du Roi lépreux, marquant les débuts romanesques de Huguette Pirotte en 1968, un auteur qui récidive avec un récit à la limite des Temps modernes, puisque situé en 1493, c’est Le Perroquet d'Américo, publié en 1971. Il faut encore citer, pour les périodes ultérieures, Le Prince des steppes qui signe l'entrée de Nicole Vidal dans la littérature de jeunesse, Anne-Elisabeth dans la tourmente, tempête résultant de l'affrontement russo-suédois au début du 18e siècle, conté par I. Hesslander, Les Maquisards des Monts Balkan (1971) de S. Ditchev, Le Grand exode de François d’Acadie et L’Auberge des guérilleros d’Huguette Pirotte
C’est entre légende et Histoire qu’il faut situer Les Aventures de Sindbad le marin, contées par René Khawam en 1966.


L’ouverture sur les civilisations asiatiques se fait grâce à L.N Lavolle et Nicole Vidal. L.N. Lavolle, à travers Les Clés du désert, réédité dans la collection en 1974, ressuscite, à travers la découverte par deux enfants d’une tablette de signes cunéiformes la civilisation sumérienne antique. Elle  est aussi l’auteur de L’Ami du Grand Mogol (1969) et de A l’ombre du Grand Mogol (1970).
Nicole Vidal propose en 1970, Les Jours dorés de K’ai Yuan (il s’agit de la prestigieuse époque du VIIIe siècle qui sert de fond à l’extraordinaire destin de Kou-Ki) et, en 1972, La Conspiration des parasols.    
On doit en outre à cette collection très bien illustrée de documents historiques correspondant à l’époque évoquée, la publication du remarquable récit de Bertrand Solet : Les Cahiers de Baptistin Etienne (désormais un « classique » republié plus tard par « Le Livre de poche Jeunesse »). 

"Bibliothèque de l'Amitié" (Amitié-G.T.-Rageot) (3)


La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié -G.T.-Rageot (3)

La "Bibliothèque de l'amitié" a été fidèle a son slogan : « l’amitié à travers le monde ». Ses récits vantent la solidarité, l’entraide entre les êtres quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur mode de vie.  Ce qui n’a pas empêché les auteurs de révéler les difficiles conditions d’existence de certains enfants.
En 30 ans, la collection a vu cinq ou six fois apparaître une nouvelle génération de lecteurs et c’est peut-être ce qui a rendu difficile, même aux yeux des spécialistes, une perception globale et intégrale des volumes parus.


Quelques séries rares et courtes

Quelques auteurs proposent de courtes séries. Par exemple Colette Nast avec son personnage, Virginie. Il y a d’abord la réédition remaniée de Vingt petites filles sous le soleil (paru dans la « Bibliothèque de Suzette » en 1953) et reparu sous le titre, Les Découvertes de Virginie (en 1960) : des petites citadines sont emmenées par leur institutrice en camp de vacances. Le personnage renaît à travers deux autres épisodes : L’Exploit de Virginie (1962) et La « Chèvre d’or » de Virginie  (1964) : les deux amies Thérèse et Virginie recherche la légendaire « chèvre d’or » pour que la maison de Thérèse ne soit pas vendue. Un cinéaste qui tire un film de la légende provençale sauvera la maison.
L’Alsacien Robert Recher, fervent de la montagne des Vosges alsaciennes, crée deux personnages Franzi et Rüdi. Le premier apparaît dans Franzi et le vagabond. (1963), quand une grange prend feu au moment de la Saint-Jean, et revient dans L’Equipée de Franzi  Parallèlement il invente deux récits pour le guide Rüdi, amateur d’alpinisme : Rüdi et le chamois (1962) (quand le guide Rüdi se croit ensorcelé par un chamois) et Rüdi et les dalles rouges (1964), exaltant le devoir de secourir.
D’autres petites séries proviennent d’ouvrages étrangers. C’est ainsi que l’on traduit du norvégien les aventures de Dag, un petit garçon de sept ans imaginé par Inger Austveg. En 1962 paraît Le Voyage de Dag lorsque l’enfant, accompagné d’un chat et d’une souris, se rend au Danemark pour une convalescence. Après Dag et ses amis (1961), toujours aussi débrouillard et sympathique, dans le 3e épisode, en compagnie de sa sœur Véra, Dag découvre l’Afrique (1964) mais le tableau africain qui se veut documentaire paraît bien négatif vis-à-vis des populations autochtones. 
   C’est aussi du norvégien que l’on traduit les récits concernant la petite Aurore d’Anne-Catharina Vestly dont on connaît surtout le 1er épisode : Aurore, la petite fille du bâtiment Z (1974). Paraissent ensuite  Aurore et la petite auto bleue (1975) et Bon voyage Aurore (1977).
    Dernière petite série, Ramona, de Beverly Cleary qui publie successivement, en 1979,  Ramona la peste (1979), en 1980, Ramona sans peur, et Ramona et son père et enfin, en 1981, Ramona et sa mère.
  Beaucoup plus tard, en 1977-78, sont traduits du suédois trois épisodes qui mettent en scène les enfants Joséphine et Hugo, personnages créés par Maria Gripe. Les lecteurs apprécient des aventures intitulées : Je m’appelle Joséphine (1977), Hugo et Joséphine (1977) et  Je suis Hugo (1978) 


                                   Des récits et des thèmes toujours variés

En excluant les romans de Michel-Aimé Baudouy, de L.N. Lavolle, déjà examinés, les ouvrages de la collection "Bibliothèque de l'amitié-Histoire" (abordés plus tard), voici les titres publiés de 1963 à 1973.  

1963 : Eilis DILLON : Le Secret de l'île maudite
1963 : Hokon EVJENTH (Norvège) : Dans la toundra,  La Route des oiseaux
1963 : Herta von GEBHARDT (All.) : Expéditeur Nicolas Stuck  
1963 : O. HOLMVIK et H. FAYE-LUND : Par 120 pieds de fond
1963 : Robert RECHER : L'Equipée de Franzi Photos R. Recher
1963 : Léa SMULDERS : La Trottinette rouge
1964 : Inger AUSTVEG : Dag découvre l'Afrique (trad. du norvégien)
1964 : François BALSAN : Yambo, enfant de la brousse
1964 : Carolyn HAYWOOD : Penny trouve un frère
1964 : Robert RECHER : Rüdi et les dalles rouges
1964 : Colette NAST : La « Chèvre d’or » de Virginie
1965 : Claude APPELL : Un ami en danger
1965 : René GUILLOT : Le Cavalier de l’infortune
1965 : A. REINER : Elio a disparu
1965 : Udayana Pandii TISNA et Jef LAST : Aventures à Bali
1966 : Georges CATELIN : Linda la sauvageonne (de la Terre de feu)
1966 : H. ROMBERG : Le Chien dans la grosse caisse
1966 : N. STREATFIELD : Opération maison
1966 : Dominique TOURY : La Jonque mystérieuse
1967 : François BALSAN : Les Contrebandiers du Baloutchistan
1967 : Henry DE MONFREID : Abdi, garçon sauvage
1967 : Yvon MAUFFRET : Le Trésor du Menhir
1967 : Sebastia SORRIBAS : Le Tigre du terrain vague
1968 : N. CHAUNCY : La Côte des naufragés
1968 : S. DE LA VAISSIERE : L’Inconnu à la pastèque 
1968 : D.W. FLETCHER : Angelo va au carnaval
1968 : L. N. LAVOLLE : L’Affaire de la Bella
1968 : Patricia LYNCH : Bernie, où es-tu ?
1968 : Jacqueline VERLY, Ill. de l'auteur : Cathri de la Pierre Sauvage


1969 : Z. HOPP : Nils mène l’enquête
1969 : Yvon MAUFFRET : Rencontre à Rio
1969 : Robert RÉCHER : Kouri
1970 : François BALSAN : Aventure au Yémen
1970 : Michel-Aimé BAUDOUY : Alerte sur le roc blanc
1970 : F. BRAUMANN : Les Cow-boys du lac perdu
1970 : Bertrand SOLETCHNICK) : Le Seigneur des sables
1971 : François BALSAN : Embuscades en Ethiopie
1971 : Herta Von GEBHARDT : Un mystérieux garçon à lunettes
1971 : L. N. LAVOLLE : Le Boléro d’or 
1971 : P. LUPI : Un dangereux pari
1971 : Pierre PELOT : L'Unique Rebelle
1971 : W. STEVENSON : Fuite dans la brousse
1972 : François BALSAN : La Fiancée rouge
1972 : Michel-Aimé BAUDOUY : Les Clandestins de la fête
1972 : Maria GRIPE : La Fille de Papa Pèlerine (trad. du suédois) 
1972 : Jacques LE MAÎTRE : Les Inconnus de Belleville
1972 : Pierre PELOT : Les Etoiles ensevelies    
1972 : Huguette PIROTTE : L’Espoir de la Combe folle
1972 : Andrew SALKEY : Alerte au cyclone
1972 : Ruth M. TABRAH : La Plage des requins
1973 : Jasha GOLOWANJUK : Un train pour Tashkent
1973 : Maria GRIPE : Julie et le papa du soir 
1973 : Carolyn HAYWOOD : Eddie et son perroquet Dagobert
1973 : Yvon MAUFFRET : Le Mousse du bateau perdu 
1973 : Pierre PELOT : Le Vent de la colère  
1973 : Ivan SOUTHALL : Les Rescapés du val perdu
1973 : Jacqueline VERLY, Ill. de l'auteur : Ô, bohémienne mon amie


On assiste à un passage d’auteurs nés au début du XXe siècle, par exemple, François Balsan (1902-1972), René Guillot (1900-1969), Georges Catelin (né en 1903), à des auteurs nés 20, 30 ou 40 ans plus tard.  Nous aborderons plus tard ces nouveaux auteurs.