mardi 3 mars 2015

Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse (2)

Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse

II Des collections «  Aurore » et « La Bibliothèque des petits enfants » à la "Bibliothèque « Regina »"

Pour mieux connaître Les Éditions Gedalge, il faudrait (enfin) faire l’inventaire des collections suivantes : «  Aurore », « La Bibliothèque des petits enfants », "Bibliothèque « Regina »", "Les Loisirs de la jeunesse", "La Comète",  la collection documentaire "Grand Pavois" et la petite collection de livres-disques « Juvénilia », en sachant qu’en outre des ouvrages sont aussi publiés hors-collection.       


Les albums écrits et illustrés par Maggie Salcédo (1890-1959) sont surtout publiés en 1926, comme Bout-de-réglisse n’a pas de malice ou Les Trois souhaits du père Pain-Blanc. Cet auteur illustre aussi les livres de sa cousine Lily Jean-Laval et elle orne les livres de la collection « Aurore » d’une vignette en couleurs se détachant sur le fond généralement bleu (et parfois blanc). Elle publie aussi de courts récits, comme Riquet à la houppe publié dès 1922 dans « La Bibliothèque des petits enfants ». On y trouve des petits livres brochés de 24 pages, illustrés en noir et blanc, comme Le Petit Marchand de L. Humeau, Le Loup garou de Thierry Maurice ou Le Panier renversé de Godchaux...   


Gedalge lance la Collection « Aurore » constituée de romans d’aventures, voyages, contes et nouvelles pour tous dès 1920. On y réédite des auteurs  classiques français comme Balzac (Pierrette), Gautier (Le Capitaine Fracasse) Mérimée (Colomba) ou étrangers, tels Andersen (Rien qu’un violoneux, datant de 1837), Melville (Le Cachalot blanc, en fait une adaptation de Moby Dick), Swift (Voyages de Gulliver). Tourgueniev (Récits d’un chasseur).
La plupart des auteurs français ne sont plus réellement contemporains puisqu’il faut citer André Theuriet (1833-1907), pour L’Oncle Scipion, Jean D’Agraives (Le Château du Reliquaire), André Cazanave (L’Épervier sacré), Lucie Delarue-Mardrus, Suzanne Normand (Le Batelier de Lutèce) ou Joanny Brun (Jean Verpillon)... L’incontournable Lily Jean-Javal publie Marthon et le Père Papyrus et de l’écrivain suédois Sigfrid Siwertz, on traduit Les Pirates du Lac Mélar.


Maggie Salcédo illustre les romans de sa cousine Lily Jean-Javal (1882-1958), Bergerette fille des eaux et La Quenouille du bonheur (un roman repris dans la collection "Bibliothèque « Regina »" en 1927). Le plus grand succès de la collection et de l’éditeur est Peau-de pêche, l’histoire d’un petit Parisien orphelin, élevé sans tendresse par une femme malhonnête, plus tard transplanté dans une campagne bénéfique, avant une adolescence troublée par la guerre de 1914-1918, mais réconfortée par la naissance de l’amour. Prix Sobrier Arnould en 1929. Il est écrit avec verve et sobriété par Gabriel Maurière, déjà auteur en 1928, du récit Aïno, publié chez Gedalge. Le récit qui deviendra le plus grand succès de l’éditeur, Peau-de-pêche est adapté au cinéma en 1928, par Jean-Benoît Levy et Marie Epstein et devient aussi « Livre de lecture courante », médiocrement illustré par Edmond Rocher, chez Gedalge, dès 1929.


  La collection « Aurore » ne meurt pas  en 1938 puisqu’elle republie encore après la guerre, sous une couverture illustrée pleine page en couleurs, des récits comme L’Âme aux trois visages de L. Delarue-Mardrus, Alain Gerbault de Max Ferré ou Magellan de Léonce Peillard. 
Dès 1927, l’éditeur développe la « Bibliothèque Régina », aux récits édifiants, tels L’Âme aux trois visages (1928) et La Quenouille du bonheur de Lucie Delarue-Mardrus, La Prodigieuse Aventure d’un enfant du peuple, René Caillé (1938), fils d’un bagnard injustement condamné et découvreur de Tombouctou, de Henriette Célarié. Gedalge continue de privilégier Lily Jean-Javal (Bergerette fille des eaux, 1937).  On connaît moins Tête folle d’Esme Stuart. La « Bibliothèque Régina » est une collection peu attrayante, constituée de livres brochés imprimés sur un papier médiocre, de format 18,5 cm sur 11, illustrés uniquement en couverture d’une vignette contrecollée  en couleurs de Maggie Salcedo. 


La maison change de propriétaire à la fin des années 1930 et, pendant l’Occupation, les éditions Gedalge subissent « l’aryanisation » en 1941. (On leur impose un directeur non juif) et elles changent donc de main.
C’est peut-être à cette époque que l’on publie une adaptation du Baron de Crac. Gedalge adhère en décembre 1944 à l’association « Pour le livre ».



La Libraire Gedalge, éditrice de livres pour la jeunesse (1)

Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse

I Le bric-à-brac insolite des livres de prix

La Librairie Gedalge est fondée en 1852 à Paris par Elias Jonas Guédalia, un Polonais d’origine juive, venu de Breslau (aujourd’hui Wroclaw) en Silésie, et qui prend le nom d’Émile Gedalge. Bientôt installée au 75 rue des Saints Pères, la librairie vend d’abord dès 1865, des livres de prix et des manuels scolaires destinés surtout à l’enseignement primaire des écoles publiques.
Surtout à partir de 1920, l’édition s’étend aux livres de jeunesse et aux albums pour corriger le caractère saisonnier des précédentes activités qui perdurent.
Vouloir éclaircir les publications des éditions Gedalge, c’est tomber dans un piège étrange, un sac de nœuds aux ramifications d’autant moins faciles à suivre qu’il semble qu’aucun catalogue ne puisse faciliter la tâche. On pourrait bien sûr se contenter des généralités généralement répandues mais nous préférons prendre le  risque de jeter un maximum de lueurs sur les œuvres et les auteurs publiés sans vouloir être exhaustif. Il s’agit, en tout cas de faire en sorte que Gedalge ne soit plus traité par quelques béotiens d’éditeur « microscopique » !   

L’édition par la Librairie Gedalge des ouvrages pour la jeunesse est mal connue et sous-estimée car personne jusqu’ici n’a tenu compte des différentes collections pour la jeunesse. Peut-être en raison de l’édition parallèle d’ouvrages scolaires, le choix des livres pour la jeunesse est en général conforme aux valeurs morales que l’on veut inculquer à l’époque et les auteurs choisis ne surprennent pas.


Commençons par les livres de prix puisque leurs publications s’étendent sur la plus longue période. L’ensemble des ces rééditions de titres empruntés à des éditeurs très divers constitue un bric-à-brac plutôt hétéroclite. Leurs formats et leurs paginations sont très variables. Par exemple en 1954, Zette, histoire d’une petite fille et Poum, aventures d‘un petit garçon de Paul et Victor Margueritte, deux livres reliés de 160 pages, sont imprimés dans un grand format de 30 cm sur 23. En revanche, en 1956, Le Roman de Renart, un livre de 90 pages  illustré par de Raylambert, adopte le format 21 cm sur 15. Des auteurs classiques figurent dans les livres de prix. Parmi les œuvres les plus connues, on relève La Petite Fadette de George Sand  (dont on édite aussi Le Château de Pictordu), Mademoiselle de la Seiglière de Jules Sandeau, Contes d’Andersen, Eugénie Grandet de Balzac, Le Roi,des montagnes d’Edmond About, Olivier Twist de Charles Dickens, Le Pays du Dauphin vert d’Elisabeth Goudge. Parmi les œuvres les plus « modernes » ( !), faut-il nommer Les Jumeaux de Vallangoujard de Georges Duhamel (œuvre majeure publiée par Paul Hartmann, en 1931, illustrée par Berthold Mahn, une sorte de récit d'anticipation fondé sur la gémellité, bien avant l'essor du genre conjectural). et Le Drôle de François Mauriac ? (Paul Hartmann avait aussi publié en 1933 Le Drôle, orné de 60 dessins de Madeleine Charléty, écrit par un François Mauriac dont on reconnaît le ton mordant et la verve. Cette fiction satirique, dénonçant l’éducation trop permissive d’un enfant gâté et tyrannique sera rééditée chez Gedalge dans « Les Loisirs de la jeunesse).


Parmi les héros populaires, on note la présence d’Aladin et la lampe merveilleuse, de Fanfan la Tulipe d’Irénée Despan, de Robin des bois de Dispan de Floran, du Baron de Crac, de Jean Bart d’Henri Iselin, de Denis Papin (A toute vapeur Denis Papin de Claude Ésil). On réédite des romanciers populaires : Jean D’Agraives (La Cité des sables), Paul Cervières, alias Angélique Bourcier (Le Mas aux cigales, Aventures de deux écoliers), Léon Berthaut (L’Or de la mer), Pierre Besbre, alias Eugénie Soulié (Je vais à paris, Les Bohémiens de l’air) et, bien sûr, JH. Rosny Aîné (Le Trésor lointain). Parmi les œuvres traduites et rares, relevons Le Musicien aveugle de Korolenko et, plus exotique, Les Chasseurs de têtes de l’Amazone de F. W. Up de Craff. Parmi les œuvres originales qui méritent le détour, il faut citer Le Mystère des ruines de Gisèle et Tancrède Vallerey et Le Rallye fantastique de Jean Gaillard. Datant de 1956, ce livre grand format (28 cm sur 21,5) conte les aventures d’un adolescent de 18 ans voyageant dans un  satellite artificiel depuis Meudon, de la Terre de Feu à Madagascar, des déserts tropicaux aux pôles jusqu’à un retour triomphal sur l’Esplanade des Invalides !





mardi 17 février 2015

Collection "Histoires vraies" des Editions Ouvrières et Turbulences

Collection « Histoires vraies » des Éditions Ouvrières et Turbulences

Voici encore un ajout au « Cercle des collections  disparues », pour des petits romans historiques sur les métiers des enfants humbles, à ne pas oublier. 

Les Éditions Turbulences et les Editions Ouvrières, dont le nom n’a jamais sonné aussi juste, fouillent dès 1989 le passé des enfants au travail, avec "Histoires vraies", une collection illustrée créée par Francois-Marie Pons et dirigée par lui et par Évelyne Douailler. Le clair sous-titre de la collection est « métiers d’hier, métiers d’enfants »
Des fictions romanesques, suivies d’un bref dossier documentaire (l’ensemble du volume n’excédant guère 120 pages), racontent les métiers des enfants de la classe ouvrière, au siècle dernier surtout, donc à une époque où les enfants étaient particulièrement exploités et maltraités. Le dossier documentaire comprend au minimum un lexique mais il peut être agrémenté de dessins explicites, comme celui qui développe le métier de charron dans La Roue d’Aventurine.    


Des romanciers au talent éprouvé entraînent le lecteur, par exemple, au cœur d’un atelier de tissage de la soie, dans « une histoire de canuts » contée par Laurie Laufer dans Le Secret du grand frère, tandis que Le Ruban noir de Jean-Luc Defromont évoque, à travers « une histoire de tisserands », les révoltes, les grèves, l’exploitation des plus jeunes. On doit encore à Jean-Luc Defromont Voyage au bout de la Loire. Une histoire de mariniers. (En 1956, Moineau et Marco, 12 ans, embarquent sur les « gabares » de la Loire).
Éric Schings et Christine Zagar entrent dans les Forges d’Adincourt pour conter La Revanche de P’tit Louis. Une histoire de forgerons. Éric Schings, seul, écrira Frères du vent. Une histoire de mousses. Pour rapporter à Julie dont ils sont amoureux une pépite de cuivre du Chili, Jean et Emile s’engagent comme mousses sur un voilier en partance pour l’Amérique du Sud !  




Les récits restituent surtout le labeur et les conditions de vie, souvent difficiles et mal connues. A la ville : chez le libraire grâce à Jacqueline Mirande publiant Le Rêve de Belle Humeur, marchand de livres, chez le cheminot (voyez L’Audace de Nicolas de Gérard-Hubert Richou) ou la couturière, ou à la campagne, chez un berger (Les Moutons d’Armel, berger de Provence de Giorda). L’ensemble est écrit par de bons auteurs de la littérature jeunesse, comme Guy Jimenez, lequel conte « une histoire de charron » dans La Roue d'Aventurine, Gérard-Hubert Richou dont La Pièce montée raconte, on le devine, « une histoire de pâtissier » : le jeune Odilon, sous l’autorité de Maître Marcellin, doit confectionner la pièce montée commandée pour le mariage de mademoiselle Mondibourg. Le même auteur propose encore « une histoire de cheminots » dans L’Audace de Nicolas.


Il faut aussi compter avec les qualités narratives d’Anne-Marie Pol (Papillon de papier Petit rat de l’Opéra), Jacqueline Mirande qui publie encore La Robe de bal. Une petite couturière), Nathalie Azoulay (Les Cordées de Paris. Une histoire de ramoneurs) ou Nicole Vidal  (Fleur d’ajonc. Une histoire de petite bonne : en 1888, la jeune Bretonne Maryvonne accepte d’être la bonne d’une bourgeoise parisienne qui lui fait subir de mauvais traitements). Laurie Laufer (psychanalyste en 2015) publie encore Les Princes du rire. Une histoire de jongleurs et Le Paquet volé. Une histoire de saute-ruisseau.
On pouvait encore découvrir les mineurs dans Léa, le Galibot et les verriers (Les Jumeaux de Carmaux) d’Agnès Naouri, les dentellières grâce à Nathalie Azoulay (Quand la Charlotte s’en mêle), les ardoisiers avec Les Fendeurs de liberté de Pascale Engel.  
Cette collection n’a pas eu le succès qu’elle méritait et elle doit s’arrêter après avoir publié une vingtaine de titres. Elle proposait pourtant en annexe, un lexique et une documentation claire et appropriée.



(Cette présentation de la collection est une version revue et plus longue que celle qui est parue dans Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle, chez L’Harmattan en 2014).  

dimanche 15 février 2015

Collection "Histoires d'Histoire", Hatier : à redécouvrir

Collection "Histoires d’Histoire" : des fictions historiques à redécouvrir

Petit retour sur « Le Cercle des collections disparues » délaissé depuis un certain temps !
En mai 1990, la collection « Histoires d'Histoire », vient de naître chez Hatier, pour les 11-15 ans. Son double et noble objectif est de « réconcilier les adolescents avec l'Histoire et la lecture ». Outre qu'un seul de ces buts serait largement suffisant, il semble que l'Histoire soit parfois prépondérante par rapport à l'intérêt proprement romanesque. Il faut nuancer cette opinion après avoir lu Les Siamois et l’ombre rouge de Didier Grosjean et Claudine Roland qui, tout en évoquant les recherches passionnantes des pionniers de la photographie animée (Muybridge, Marey, Demenÿ, les frères Lumière…) construisent une intrigue très intéressante. 



La collection dirigée par Renaud Bezombes et Jean-Michel Dequequer-Fergon s'appuie sur les programmes officiels des collèges, le papier est de qualité, la présentation élégante et la typographie claire avec un graphisme de Massin offre un maximum de lisibilité ! Si le format est fixe : 19cm de hauteur, la pagination varie de 141 pages à 237. De 1990 à 1993, seuls 24 volumes sont parus. Les ouvrages sont illustrés, en particulier par Eduardo T. Coelho, François Davot, Sylvie Faucher, Christine Flament, Carole Furby, Annie-Claude Martin, Christian Maucler, Jean-Michel Payet, Hughes Renier… Chaque volume publie une carte simplifiée qui facilite l’ancrage géographique du récit.      


De nombreuses périodes historiques sont néanmoins évoquées, depuis  l’Égypte de la reine Hatshepsout, au milieu du IIe millénaire avant notre ère, dans Le Nain de Pount (une caravane s’aventure vers ce lointain pays) de Béatrix Mydant-Reynes, jusqu’aux années trente, dans une Europe au climat politique trouble évoquées dans Meurtre Rue Montmartre de Pascal Dayez-Burgeon. Des ouvrages font revivre la Gaule au 1er siècle avant notre ère (L’Espion de César de Giorda), Athènes au temps des guerres médiques et de Darius (La Revanche de Képhalos de Giorda), Byzance au XIIe siècle et sa cour impériale grâce à P. Dayez-Burgeon et La Relique impériale (dont la luxuriance lexicale est à l’image de cette civilisation complexe). Paris, au temps de Charles VI, renaît dans Le Manuscrit oublié de Renaud Bezombes. Toutefois, les récits, parfois un peu ardus, même s'ils proposent intrigues, énigmes et chasses au trésor, ont pu décourager des lecteurs désireux de trouver une aventure plus savoureuse et passionnée. Des noms de romanciers sont déjà connus des adolescents. Le vétéran Georges Hacquard, ancien directeur de l’Ecole alsacienne, bien connu des latinistes pour son Guide romain antique, situant en 40 avant Jésus-Christ le récit de L’Étrange canne de Virgile. L’excellent Jean Ollivier, illustré par Eduardo T. Coelho, évoque une étonnante découverte, cinq siècles avant Christophe Colomb,  faite par Le Viking du dernier rivage. Giorda est  aussi doué pour conter La Revanche de Képhalos au temps des guerres médiques, l’épopée de L’Espion de César envoyé chez les Gaulois, que pour narrer l’histoire « vraie » du bonapartiste Estienne, dans Un tambour pour la République, au moment de la campagne d’Italie. Et Dominique Delmas, dans La Malédiction du crocodile raconte aussi l’épopée du maître-tailleur Boudan engagé dans l’armée de Bonaparte, au temps du Consulat. C’est le second Empire qui sert de toile de fond au récit de Renaud Bezombes et Jean-Michel Dequeker-Fergon : Le Serment de Louise.  

Autres romanciers familiers : Jean-Côme Noguès, bénéficiant de l’existence réelle du journal de Colomb, pour écrire Le Voyage inspiré, Yvon Mauffret, navigateur chevronné, à l’aise pour écrire Au vent de la flibuste, Gérard Hubert-Richou et son histoire de la locomotive Crampton, L’Affaire de la Jéromine, située sous le Second Empire, publiée en 1992.


Bien d’autres périodes historiques sont au cœur d‘autres fictions. La conquête de l’Empire aztèque par les hommes de Cortez en 1519 est au coeur du récit : La Sorcière et le Conquistadore de Didier Grosjean et Claudine Roland. C’est en 1533 que Laurent d’Ardière, Prisonnier de Barberousse (un récit de Corinne Chevallier) quitte Marseille pour le bagne d’Alger. C’est aussi à Marseille, mais au temps de la peste de 1720 que se trouve le contrebandier du sel, Pierre Féral qui recherchera Le Trésor du passeur (écrit par Bruno dell).  
Les sujets traités tenaient-ils assez compte des figures historiques connues ou des périodes historiques familières ? Peut-être ces romans ont-ils autant besoin du contrôle des historiens que d’un appui éclairé, apporté par un médiateur et initiateur chaleureux, qu’il soit documentaliste, professeur ou parent, pour être acceptés par de jeunes lecteurs.
         Bravo aux C.D.I qui permettent encore aujourd’hui que ces livres ne tombent pas dans l’oubli.


Note : Un seul ouvrage a, semble-t-il, été réédité : Le Voyage inspiré de Jean-Côme Noguès, reparu au « Livre de poche jeunesse ».

Des lecteurs et des sites confondent parfois La Malédiction de pendus de Marie-Charlotte Delmas (Syros Jeunesse) et La Malédiction du crocodile  de Dominique Delmas. 

mardi 10 février 2015

Pat’Apouf détective et autres travaux de GERVY (6)

Pat’Apouf détective et autres travaux de GERVY (6e partie)

Gervy (de son vrai nom Yves Desdemaines-Hugon, 1908-1998) a publié de courts épisodes de  Pat’Apouf détective dans les diverses publications annuelles de L’Almanach du Pèlerin.
de 1949 à 1961 (sauf en 1958). 







C’est ainsi qu’en 1955 sont parues les deux planches de Pat’Apouf en Bretagne.

Gervy intervient également dans les hebdomadaires pour jeunes de la Bonne Presse.
Bayard republie en intégralité, de 1953 à 1956, les 157 planches de Alain au Far-West et Bernadette, outre Miette et son ami Totoche a publié en 1956 Les Tribulations de Canou.





Il faudrait aussi évoquer la présence des œuvres de Gervy dans la presse laïque.

vendredi 6 février 2015

Pat’Apouf détective de Jean ACHE (4)

Pat’Apouf détective de Jean ACHE  (4)
Parutions dans l’hebdomadaire Le Pèlerin

Lorsque Gervy décide de prendre une retraite bien méritée (il a scénarisé seul la série Pat’Apouf de 1938 à 1973), c’est Jean Ache qui prend la relève au pied levé. De son vrai nom Jean Huet (1923-1985), Jean Ache écrit et dessine depuis 1941, d’abord pour le dessin animé. Pour France-Soir, dès 1950, il dessine la fameuse Arabelle, la dernière sirène (reprise dans Tintin). Il manifeste des dons de pastiche étonnants dans le journal Pilote, imitant alors les plus grands peintres.     
Les épisodes réalisés par Jean Ache, parus de 1973 jusqu’à sa mort en 1985 (il est décédé le 19 décembre 1985), sont fidèles à l’esprit de la série.
Pat’Apouf, toujours rondouillard  et d’un optimisme irréductible, porte plus que jamais sa veste noire sur son gilet rouge laissant apparaître une cravate rayée, le tout contrastant avec son pantalon blanc et ses chaussures brun clair. Jean Ache a eu la bonne idée de garder Jacky, l’orphelin qui passe pour « le neveu » du détective. Mais le garçon va grandir au fil des épisodes, tutoyer son « oncle »  et troquer ses culottes courtes contre des pantalons.  Parmi les nouveaux personnages inventés par Jean Ache, il y a l’envahissante et peu discrète Madame Patacaisse, la terrible voisine du détective, l’inspecteur de police Boldu, peu futé dans ses déductions, célèbre pour ses bévues, le journaliste Amilcar Amidon et surtout le chien Goliath, bon gros chien très sympathique.
Parmi les épisodes généralement bien construits, toujours intelligents, j’ai particulièrement apprécié  Le Mystérieux Trésor de M. Leroy, L'Étrange Mort du docteur Klobs, Le Trésor inconnu de Toutankhamon, Le Perroquet japonais. La documentation est solide (en particulier dans L’Ombre blanche qui évoque le Musée Guimet), et la représentation des sites historiques ou géographiques est plausible. Le style étant un peu plus réaliste que chez Gervy, l’humour semble moins fréquent chez Jean Ache. Le trait de Jean Ache est tout aussi lisible et clair que celui de Gervy. Il serait temps de réévaluer le grand talent de cet artiste.
                
Note : De 1963 à 1976, Le Pèlerin a  adopté le titre de Pèlerin du 20e siècle et il s’est rebaptisé Pèlerin Magazine en 1985. Rappelons que La Maison de la Bonne Presse devient Bayard Presse en 1969 et Bayard en janvier 2001.


1973    Le Secret de l'urne zapothèque            30 planches Du n° 4723 au n° 4752
Du 3/6/76 au 3/12/73 
Album Hachette, 32 pages couleurs, 2e trimestre 1975.
1973    Enquête au cirque                                30 planches Du n° 4753 au n° 4782
Du 21/07/74 au 23/02/75       
1974    Alerte aux ovnis                                   30 planches  Du n° 4783 au n° 4812  
Du 28/07/74 au 23/02/75
1975    L'Œil de Krishna                                  30 planches Du n°4813 au n° 4842
Du 02/03/75 au 21/09/75       



1975    Le Mystérieux Trésor de M. Leroy      30 planches Du n° 4843 au n° 4872
Du 28/09/75 au 18/04/76       
1976    Prenez garde aux termites                    30 planches Du n° 4873 au n° 4902   
Du 25/04/76 au 14/11/76
1976    Le Trésor du lac Zauber                      30 planches Du n° 4903 au n° 4932   
Du 21/11/76 au 12/06/77
1977    Le Secret du menhir                             30 planches Du n° 4933 au n° 4962   
Du 16//06/77 au 08/01/78


1978    L'Étrange Mort du docteur Klobs        30 planches Du n° 4963 au n°  4992  
Du 15/01/78 au 06/08/78
1978    Le Trésor inconnu de Toutankhamon 30 planches Du n° 4993 au n°  5022    
Du 13/08/78 au 04/03/79
1979    Pas de poissons pour Pat'Apouf          30 planches Du n° 5023 au n°  5052  
Du 11/03/79 au 30/09/79
1979    La Malédiction du grand Mogol           30 planches Du n° 5053 au n°  5082  
Du 07/10/79 au 27/04/80


1980    Razzia chez les mayas              30 planches Du n° 5083 au n°  5112  
Du 04/05/80 au 23/11/80
1981    La Corde au cou                                  42 planches Du n° 5113 au n°  5154  
Du 30/11/80 au 13/09/81
1981    La Maison de la peur                           40 planches Du n° 5155 au n°  5194  
Du 20/09/81 au 20/06/82
1982    Le Perroquet japonais                          39 planches Du n° 5195 au n°  5233  
Du 27/06/82 au 20/03/83
Album pirate. Editions Tandem (sans date)


1983    L'Héritage                                           43 planches Du n° 5234 au n°  5276  
Du 27/03/83 au 15/01/84
1984    L'Ombre blanche                                 48 planches Du n° 5277 au n° 5324   
Du 22/01/84 au 14/12/84
1984    Trésors aux caraïbes                            46 planches Du n° 5325 au n° 5370   
Du 21/12/84 au 01/11/85
1985    La Perle noire de Gengis Khan 23 planches Du n° 5371 au n° 5393
Du 08/11/85 au 11/04/86
Jean Ache scénarise et dessine les 23 premières planches. C’est Michel Conversin qui lui succède pour la fin de l’épisode achevé en septembre 1986.


Courts épisodes de Jean Ache parus dans L'Almanach du Pèlerin

1975    Pat'Apouf en vacances            
1976    Pat'Apouf et le Trésor du sire de Coucy
1977    Pat'Apouf et la Poupée russe              
1978    Pat'Apouf et le Yéti                            
1979    Le Collier d'or des Quimbayas
1980    Les Chocolats d'Anvers                      
1981    Goliath mène l'enquête            
1982    Le Trésor de la frégate            
1983    Pat'Apouf et le Secrétaire Charles X   

            

jeudi 5 février 2015

Pat'Apouf de GERVY (3)

Pat’Apouf détective de GERVY (3e partie)

Gervy (de son vrai nom Yves Desdemaines-Hugon, 1908-1998), poursuit la publication de ses planches hebdomadaires dans l’hebdomadaire catholique Le Pèlerin publié par La Bonne Presse (la Maison d’édition des Assomptionnistes devenue Bayard Presse en 1969).
963 aventures, 16 albums, 1740 planches hebdomadaires, voici le résultat de la très longue collaboration de Gervy entre 1938 et 1973. Cette bande dessinée d’une très grande lisibilité constitue un grand classique du genre. La dernière planche paraît de 27 mai 1973. Gervy âgé de 65 ans estime qu’il mérite bien de prendre sa retraite dans sa Dordogne natale.
Son oeuvre va être continuée par Jean Ache, Michel Conversin, Gulcis (Guy Vidal) et Ballofet (Philippe Callens).



A partir d’octobre 1956, les épisodes publiés dans Le Pèlerin sont numérotés selon une numérotation alphabétique en lettres majuscules. (Or, depuis avril 1953, Gervy avait déjà utilisé la même numérotation. Par exemple pour l’épisode sans titres publié du 1er janvier 1956 au 30 septembre 1956 (38 planches), il a utilisé la lettre E majuscule. Cet épisode raconte les aventures de Pat’Apouf et de Coco Codac ( !) au Far-West ou, plus précisément, chez les Indiens de l’Arizona. (Malheureusement, ces Indiens sont stéréotypés, caricaturés à outrance et montrés sous un aspect totalement désuet et anachronique). 
Voici la nouvelle numérotation adoptée lorsque Le Pèlerin est imprimé en offset et sous un plus grand format :



A) Pat'apouf et le virus de la mort (Le Pèlerin, octobre 1956, juin 1957)
Rappelons que c’est au début de cet épisode que Pat’Apouf fait la connaissance du garçon orphelin Jacky qu’il va désormais faire passer pour son neveu..
B) Pat'apouf et le gang des diamants (Le Pèlerin, juin 1957, février 1958)
C) Pat'apouf en fusée (Le Pèlerin, février 1958, octobre 1958)
D et E) Pat'apouf en Boldovie (Le Pèlerin, octobre 1958, juin 1959)
Ensuite de nombreux épisodes n’ont pas de titre :
F) Du 14 juin 1959 au 14 février 1960.(36 planches)
Pat’Apouf et Jacky sont chargés d’une délicate enquête par le gouvernement boldovien auprès des réfugiés rasmaniens.
G) Du 21 février 1960 au 23 octobre 1960 (36 planches)
Pat’Apouf et Jacky enquêtent sur la mort de l’inspecteur Morris
H) Du 30 octobre 1960 au 2 juillet 1961 (36 planches)
Pat’Apouf et Jacky découvrent le squelette d’un aviateur sur un îlot désert et deux curieuses statuettes de bois
I) Du 9 juillet 1961 au 25 février 1962 (34 planches)
Pat’Apouf et Jacky tombent en panne d’essence dans une région désertique avant d’être lancés sur les traces d’une bande de faux monnayeurs.
J) Du 4 avril 1962 au 12 août 1962 (24 planches)
Pat’Apouf cherche l’auteur d’un vol audacieux et porte ses soupçons sur les frères Ramirez.
K) Du 19 août 1962 au 24 février 1963
Quittant enfin la Boldovie, Pat’Apouf et Jacky envisagent la traversée du Pacifique sur un radeau avant de choisir plutôt un voilier.
L) Du 3 mars 1963 au 6 octobre 1963 (32 planches)
Au cours d’une pêche sous-marine, Pat’Apouf et Jacky trouve une fourgonnette et des ossements humains…
M) Du 10 octobre 1963 au 26 janvier 1964 (16 planches)
Pat’Apouf et Jacky qui ont loué une villa près de Marseille sont intrigués par leur voisin Arcadius Loustalo.
N) Du 2 février 1964 au 7 juin 1964 (19 planches)
Pat’Apouf et le fantôme  
Pat’Apouf et Jacky enquêtent sur le fantôme qui hanterait le château d’Adélaïde de Lançon de Lasselle.
O) Du 14 juin 1964 au 17 janvier 1965 (32 planches)
Pat’Apouf dans le cosmos Scénario de Troc. Dessins de Gervy
Pat’Apouf et Jacky, chargés de la surveillance de la base 527, se retrouvent involontairement dans l’espace.
P) Du 24 janvier 1965 au 29 août 1965 (32 planches)
Pat’Apouf au cirque Scénario de Troc. Dessins de Gervy
Album pirate Pat’Apouf détective au cirque. Editions Tandem (sans date)
Q) Du 5 septembre 1965 au 10 avril 1966 (32 planches).
 Pat’Apouf aux manœuvres atomiques  Scénario de Troc. Dessins de Gervy
(Nous nous permettons une parenthèse. On peut douter au moins de l’intérêt humoristique d’un tel épisode ! Il est évident que les dangers des essais nucléaires étaient fortement minimisés à l’époque et que la notion de « périmètre de contamination » était une plaisanterie)
R) Du 17 octobre 1966 au 11 décembre 1966 (35 planches)
A l’auberge des Trois Canards, Pat’Apouf croit qu’un client test mort par injection d’héroïne. Le détective et Jacky partent à la recherche des trafiquants.
S) Du 18 décembre 1966 au 6 août 1967 (34 planches)
En pleine guerre civile à Camacaho, Pat’Apouf et Jacky ont été condamnés à mort. Ils tentent de s’enfuir.
T) Du 13 août 1967 au 18 février 1968 (28 planches)
Après la mort suspecte du couple Touron et l’attentat dirigé contre Bernard Pinson, Pat’Apouf et Jacky mènent une enquête difficile.
U) Du 25 février 1968 au 26 janvier 1949 (47 planches)
Pat’Apouf aux Antilles
Le commandant Cloarec invite Pat’Apouf et Jacky à un voyage aux Antilles à bord e son cargo Le Simoun. Mais à Porto-Rico, la police trouve de la cocaïne dans la cabine du commandant.  Pat’Apouf et Jacky qui ont réussi à l’innocenter poursuivent leur voyage vers le Brésil.
V) Du 2 février 1969 au 4 janvier 1970 (49 planches)
Au Vénézuela, Pat’Apouf et Jacky ont repêché le cadavre d’un homme sans tête. Ils enquêtent chez le senor Martinez qu’ils accompagnent en Colombie. Mais qui est réellement ce senor Martinez ?
W) Du 11 janvier 1970 au 25 octobre 1970 (42 planches)     
 Pat’Apouf et le trésor de l’île aux mouettes
 Pat’Apouf et Jacky qui passent un séjour en montagne  se lient avec le marin Le Bosco qui leur montre un document incomplet indiquant l’emplacement d’un  trésor sur l’île aux mouettes, dans la mer Egée.


X) Du 1er novembre 1970 au 20 juin 1971 (34 planches)
Pat’Apouf et Jacky sont invités à venir chasser en Ecosse par Lord Redwood chez qui un vol est commis avant qu’il soit victime d’un accident. Une enquête s’impose.
Y) Du 27 juin 1971 au 23 janvier 1972. (31 planches)
Lors Redwood envoie Pat’Apouf et Jacky chez son mai Bill Peterson dans le Grand Nord canadien. Les Frères Berg veulent s’approprier une terre appartenant à Peterson. Grâce à de faux témoignages, ils réussissent à le faire condamner.
Z) Du 30 janvier 1972 au 16 juin 1972 (21 planches)
A Marseille, Pat’Apouf et Jacky recherchent des trafiquants de drogue mais Pat’Apouf est sequestré par eux.
AA) Du 25 juin 1972 au 5 novembre 1972 (20 planches)
Pat’Apouf et Jacky sont invités en Savoie par un ami quoi achève d’installer une fabrique de chaussures.  Des accidents suspects se produisent dans l’usine.
AB) Du 12 novembre 1972 au 27 mai 1973 (29 planches)
Dernier épisode réalisé par Gervy.
Partis pour l’Argentine, Pat’Apouf et Jacky sont mêlés à une histoire d’espionnage industriel.





Episode inédit, écrit et dessiné par GERVY, paru dans "Le Pèlerin" (34 planches) du 9 juillet 1961 au 25 février 1962.
Pat'Apouf et Jacky, partis à la chasse dans un désert de Boldovie tombent en panne de voiture. En quête d'une clé anglaise pour les dépanner, ils découvrent une maison isolée habitée en fait par d'étranges personnes. Il s'agit de faux monnayeurs dont ils découvrent les activités clandestines.