lundi 8 juin 2015

Gudule : éditeurs et collections pour la jeunesse (3)

Gudule et les diverses collections et maisons d’édition


Grâce à ses si nombreux éditeurs, Gudule a réussi à toucher un lectorat d’autant plus multiple qu’il touche des lecteurs et lectrices de 3 à 16 ans.
Voici 23 de ses éditeurs en ce qui concerne seulement le rayon jeunesse :
    
-         Editions Syros, « Croche patte », « Souris noire », « Souris poche », « Tempo », 
-         Hachette Jeunesse, « Verte Aventure »,, « Le Livre de Poche jeunesse »,
« Vertige Cauchemar», « Vertige fantastique », « Bibliothèque Verte », Bibliothèque Rose », « Eclipse », « Côté court »,
-         Bayard Jeunesse, « Bayard Poche », « Passion de lire », « Cœur grenadine »
-         Nathan, « Pleine lune »,  « Lune Noire Fantastique », « Drôles de filles », « Contes et légendes », « Nathan poche » Humour », « Mes petites histoires », « Nathanpoche Aventure »
-         Milan, « Milan poche cadet »,  
-         Éditions MiC_MaC, « Même pas peur »,
-         Magnard, « Les  Fantastiques », « Les  Petits Fantastiques », « Romans-BD »
-         Grasset jeunesse, « Lampe de poche », « Lecteurs en herbe « ,
-         Editions Thierry Magnier 


-         Editions Flammarion « Tribal », Faim de loup » « Père Castor Flammarion », « Castor Poche »,
-         Editions Pocket, « Pocket Junior », Kid Pocket Junior »,  “Toi+Moi=Coeur”
-         Degliame, « Le Cadran bleu Fantastique »,
-         Mango Jeunesse. « Zygomatiques Mango Poche Cadet », « Les Visages de l'humain »,
-         Lito, « Moi, j’aime les romans », « La Collec’ des filles », « Autour du monde »
-         Editions Plon Jeunesse
-         Editions Averbode
-         Glénat, « P’tit Glénat »,     
-         Albin Michel Jeunesse, « Sagesses et Malices »,  
-         Editions Epigones
-         Editions Mijade (Namur)
-         Lire, c’est partir
-         Editions M.D.I.

-         Editions Armada Jeunesse


vendredi 5 juin 2015

Hommage à Gudule (2)

En hommage à Gudule (2)



Et si l’une des meilleures façons de rendre hommage à Gudule (alias Anne Dugüel) était de rendre compte de ses ouvrages parus sur le rayon jeunesse ?
Bien entendu, il n’est pas question d’atteindre une exhaustivité quasi impossible mais de proposer au total (en comptant celles de la 1ère partie) les couvertures de plus d’une centaine de livres.
Bien sûr, des esprits taquins s’amuseront à trouver parmi eux les éléments (ou les aliments) d’une littérature alimentaire. Peu importe.


C’est le moment de rappeler que Gudule n’a pas craint d’associer son nom à des séries juvéniles. Il y eut d’abord la série « Mickette » créée à partir du récit L’Ecole qui n’existait pas datant de 1994. Cette série est parue d’abord chez Nathan puis chez pocket Jeunesse.
Dès 1995, Gudule écrit pour Hachette Jeunesse la série « Les Frousses de Zoé » qui comptera une quinzaine d’épisodes. La série d’abord parue dasn « La Bibliothèque rose » renaîtra dans « Le livre de Poche Jeunesse » sous le titre générique : « Zoé la trouille ». Toujours chez Hachette et encore depuis 1995, Gudule participe plus d’une vingtaine de fois à la novélisation des épisodes télévisés de la série « L’Instit », des novélisations parues dans « La Bibliothèque Verte ». Au cours de l’année 2002 paraissent chez Magnard quatre épisodes de la série Ma petite sœur a des super pouvoirs  illustrés par Fañch,. Ajoutons, à partir de 2007, les novélisations de certains épisodes (comme La Fée Courgette, Le Baron vert, Le Lit sauvage, Le Sorcier, Le Cirque, La Grotte des horreurs, Les Pirates de l’herbe…) de la série télévisée « L’Île à Lili ».. Les albums paraissent dans la série « Nathanpoche Aventure », chez Nathan.       
Gudule a aussi novélisé plusieurs films comme Minuscule La Vallée des Fourmis Perdues avec Cécile Jugla (Album Nathan), La Véritable Histoire du Chat Botté (Bayard Jeunesse),  Elle a écrit en 2008 le texte de L’Album du film Magique.


Rendons hommage à l’occasion aux illustrateurs et illustratrices (mais la liste est très incomplète) qui ont donné leurs talents aux oeuvres de Gudule : Yann Autret, Jacques Azam, Elodie Balandras, Aline Bureau, Julia Chausson, Xavier Collette, Claude K. Dubois, Jean-François Dumont, Christophe Durual, Fañch, Alain Fretet, Roland Garrigue, Stéphane Girel, Mayalen Goust, Quentin Gréban, Jacques Guillet, Emmanuelle Houdart, Frédéric Joos, Daniel Kerleroux, Karen Laborie, Marie Lafrance, Florence Langlois, Mathieu Laville, Claire Le Grand, Magali Lefebvre, Dominique Maes, Jean-François Martin, Anaïs Massini, Annick Masson, Frédéric Mathieu, Marianne Maury-Kaufmann, Eric Meurice, Christophe Merlin, Didier Millotte, Simon Moreau, Sébastien Mourrain, Philippe Munch, Joëlle Passeron, Pef, Dylan Pelot, Nancy Peña, Bruno Pilorget, Frédéric Pillot, Princesse Camcam, Frédéric Rébéna,  Sandrine Revel, Patricia Reznikov, Cali Rézo, Samuel Ribeyron, François Roca, Bruno Salamone, Ludovic Sallé, Irène Schoch, Elisabeth Schlossberg, Alain Schwarzstein, Sylvie Serprix, Siro, Etienne Souppart, Franck Stephan, Yann Tisseron, Nadine Van der Straeten, Olivier Vatine, Valérie Videau...



La revue Je bouquine a publié trois récits de Gudule : La Lettre, récit illustré par Bruno Pilorget en septembre 2002, Une tribu d'enfer, récit illustré par Marianne Maury-Kaufmann en novembre 2004 et Les Dentelles du diable, récit illustré par Yann Tisseron en mars 2007.



A chacun à chacune d’élire la trentaine ou la cinquantaine d’ouvrages incontournables de cette écrivaine qui donne à elle seule un aperçu très éclectique de la littérature de jeunesse actuelle même si elle n’est pas présente chez certains éditeurs.      

  

vendredi 29 mai 2015

Au revoir Anne Dugüel, adieu Gudule

Au revoir, Anne Dugüel, adieu Gudule


Nous aimions la voir et l’écouter quand elle défendait ses livres et ses idées avec cette âme d’adolescente souvent révoltée par l’injustice mais avec cette gentillesse et cette vraie simplicité que  l’on rencontre souvent en Belgique. Dans les Vosges, nous la connaissions depuis qu’elle avait remporté le Prix du jury littéraire Fantastica de Gérardmer en 1995 avec le recueil de nouvelles, Le Chien qui rit. C’est avec un immense plaisir qu’on la retrouvait, soit au FIG de Saint-Dié, soit aux Imaginales d’Épinal. 


Née Anne Liger-Belair à Ixelles, près de Bruxelles, Anne Dugüel (l’un des ses noms de plume pour les ouvrages destinés aux adultes) adopte pseudonyme de Gudule pour ses contes, journaux intimes, romans et récits édités en « jeunesse ».
Cette boulimique de lecture et d’écriture a tant écrit depuis près de 30 ans que chacun n’aura qu’une vision partielle (et peut-être partiale) de son œuvre même dans le rayon jeunesse, le seul évoqué ici.
   Passionné de poésie, de bande dessinée, comme toute sa famille, et de littérature, cette « monomaniaque » de la plume a gratifié la jeunesse de 3 à 15 ans d’une multitude de récits courts ou denses  en privilégiant le fantastique, l’humour et les sentiments.
Si ses éditeurs sont multiples, entre autres Syros, Thierry Magnier, Flammarion, Grasset Jeunesse, Lito, Mango, Magnard, Mijade, Degliame, Albin Michel Jeunesse, Milan, Pocket…, il faut privilégier Hachette et Nathan. Elle a en effet publié chez le premier quinze récits dans « Le Livre de poche Jeunesse », une vingtaine de novélisations de la série télévisée « L’Instit », et la série juvénile « Les Frousses de Zoé » (depuis 1975) devenue « Zoé la trouille » (toujours chez Hachette Jeunesse). "Vertige Cauchemar" publie Ne vous disputez jamais avec un spectre,  quand la petite sœur se mue en « créature de cauchemar » et La Forêt des hurlements transforme un paradis du monde parallèle en enfer. Dans la collection « Vertige », La Fille au chien noir est un récit très émouvant. Dans « Le Livre de poche Jeunesse », Gudule introduit le fantastique en 1995 avec La Bibliothécaire, un ouvrage recommandé par l’Education nationale. En 2002, Barbès Blues met en scène l’adolescente Véra et des marginaux à la recherche d’un auteur pour lui rendre son polar inachevé et Impasse du Nord est un  récit construit autour d’un cinéma menacé de disparition...


Nathan est l’éditeur de romans parus dans les collections « Pleine lune »et  « Lune noire Fantastique ». C’est là qu’est créée Mickette, une écolière aux aventures fantastiques. Dans "nathanpoche", on réédite la série évoquant les aventures de la fillette enfermée, par exemple, dans L’Ecole qui n’existait pas, école caserne et enfer métallique. Mickette découvre que les autres élèves ne sont que des cerveaux électroniques dans des enveloppes plastiques ! Plus tard, à partir de l'an 2000 et jusqu’en 2012, la célèbre "Contes et Légendes" accueille plusieurs recueils de Gudule (Contes et Légendes de la peur, Contes et légendes de l’amour …).




Gudule, « la squatteuse de toutes les collections », se devait d’être présente dans « Les Fantastiques », chez Magnard avec Qui hante la tour morte ? et  Le Métro, c'est l'enfer. Après avoir publié, outre Horrible baby-sitting, le nouveau petit récit Ma petite sœur a de super pouvoirs dans la collection « Les P’tits Fantastiques », donne naissance à une série homonyme dès 2001.  

Dès ses débuts en 1987, Gudule n’a jamais craint de traiter de sujets graves dans des récits parfois réalistes mais en les dédramatisant. Aussi a-t-elle évoqué l’histoire de Julien quand ses parents se séparent dans Bye bye maman, l’épreuve subjective de la laideur quand on a pour modèle Marylin Monroe dans Rosaloche la moche. Plus tard, sans jamais céder vers une fin désespérante, elle aborde la xénophobie (Mort d’un chien ou L’Immigré), le sida (La Vie à reculons), le sexe et l’usage du préservatif (L’Amour en chaussettes), les peines sentimentales (L’Adolescent de minuit), la misère et les sans-abris (L’Envers du décor), l’homosexualité (Étrangère au paradis), le handicap (Cœur de guimauve), le suicide (Mordre le ciel)…  


Chez Grasset Jeunesse, dans la collection "Lampe de Poche" sensible aux  relations des adolescents avec leurs semblables ou avec leur environnement, paraissent des romans pour adolescents. Gudule a d’ailleurs obtenu le Prix des incorruptibles en 2000 pour J’irai dormir au fond du puits, se déroulant dans une campagne où les esprits mauvais semblent aussi nombreux que les mauvais esprits. Paraissent encore des récits plus intimistes et plus autobiographiques, après Notre secret à nous et  Villa des dunes. La Vie en rose revient sur les années 60 en Belgique, pays d’origine de l’écrivaine. Rose, éprise d’amour et de liberté ne quittera pas sans douleur son milieu « petit bourgeois ». Soleil Rose, (un soleil concrétisé par un bébé), et La Rose et l’Olivier, (quand Rose est au Liban dans la famille de son mari), nous en dit plus sur l’itinéraire mouvementé de la même héroïne dont les aventures sont très autobiographiques.
La collection « Tribal », chez Flammarion, publie aussi des romans pour adolescents. Gudule publie au moins six romans dans cette collection. On y rencontre dès l'an 2000, J’ai 14 ans et je suis détestable, un roman-miroir. En 2002, Mordre le ciel évoque le suicide d’un adolescent de 16 ans.
Gudule est l'auteur de plusieurs novélisations de films et elle a publié deux titres dans la collection "P'tit Glénat".


Divers prix littéraires ont reconnu ses talents et si les romans pour adultes sont absents de cette présentation, précisons que plusieurs de ses romans peuvent être lus avec profit par les adolescents.
En ces temps réactionnaires de droitisation massive de la pensée, il serait bon de se souvenir d’une œuvre diverse, courageuse et généreuse, tolérante, toujours imaginative et qui suppose pas mal de combats énergiques avec certains directeurs de collections.     
Repose en paix Gudule. Nous t’aimons.


Références :
- Josée Lartet-Geffard : Le Roman pour ados, Editions du Sorbier, 2005
- François Manson dans le  Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d’enfance et de jeunesse en France
(Direction, Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot), Cercle de la Librairie, 2013.
 - Raymond Perrin : - Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle , L’Harmattan, édition 2014.





jeudi 2 avril 2015

"Cascade Policier" et "Cascade Pluriel", chez Rageot (2)

Les Collections "Cascade Policier" et "Cascade Pluriel", chez Rageot (2)

La collection "Cascade Policier", d’abord modeste en titres, va peu à peu prendre une importance inattendue, sauf pour ceux qui avaient pressenti l’explosion parallèle du fantastique et du récit policier dans les livres pour jeunes.


La collection « Cascade Policier », née en 1991, chez Rageot, qui propose « enquêtes, fausses pistes, mystère… et frissons garantis », va  décliner tous les styles, conjuguant énigme, roman noir et sueurs froides, suspense, enquêtes, fausses pistes et polar flirtant avec le fantastique. Le tandem Boileau-Narcejac, avec la reprise des aventures de Sans Atout, (Le cadavre fait le mort, Dans la gueule du loup, Une étrange disparition…) sert sans doute au départ de locomotive, tout comme le maître du polar américain Jay Bennett, déjà publié, de retour dans L’Impasse du crime (1991). Un homme traqué croit trouver refuge dans un cinéma de quartier dont la sortie donne sur une impasse ! Thomas Garly, dans Peinture au pistolet (1991), campe un jeune détective narquois, évoluant en  2 CV, dans le milieu frivole de l’art, de Paris à Rome ou Venise. Dans Le Voleur de secrets d’Olivier Lécrivain, une réédition de 1991, si l’ambiance est bien celle d’un polar, le thème principal est tout de même celui de la création littéraire.
Jean Alessandrini poursuit les enquêtes du Capitaine Nox dans Le Labyrinthe des cauchemars, un épisode d’une série limitée.


Avant même sa série Le Commandeur, Michel Honaker séduit d’abord avec Croisière en meurtre majeur (1993), un récit qui serait inspiré par le carnet de bord de Tchaïkovski lors du voyage Le Havre-New-York du transatlantique « Le Bretagne », en avril 1891. Ce roman policier fait connaître aux lecteurs Sylvain d’Entragues qui enquête sur la mort troublante d’un certain M. Werner, passé par-dessus bord. Michel Honaker étonne aussi avec La Sorcière de midi, un récit qui flirte avec le genre fantastique en restant une aventure policière, agrémentée d’une touche humoristique. Jean-Paul Nozière introduit Des crimes comme ci comme chat (1992) dans une paisible bibliothèque. Pourrait-on soupçonner de crimes une bibliothécaire qui nomme ses chats Duras, Simenon ou Le Clézio ? Ce policier original, à l’écriture subtile, garde sa saveur jusqu’au bout.
A la même époque, Paul Thiès charme avec Signé Vendredi 13. La mère de Caravelle Beauregret, une journaliste célèbre, reçoit de mystérieuses menaces. Et le meilleur copain de la jeune fille, surnommé Vendredi 13, tagueur et roi du skate, semble mêlé à de sombres trafics. Du même auteur, certains préfèreront peut-être Micmac aux Mille et une nuits, paru en 1994. Simon vit avec sa mère veuve dans la sordide cité des barres sinistres de HLM, pompeusement baptisée « Les Mille et une nuits ». Il rencontre Bruno au cours de circonstances tragiques, quand leurs vies sont menacées.
En 1992, Valérie Dayre, un auteur à L’École des loisirs de Comme le pas d’un fantôme, dans la collection « Médium », republie l’histoire, chez Rageot, sous le titre Le Pas des fantômes, quand Gabriel, quinze ans, vient passer des congés dans le manoir austère et isolé d’un parent qu’il ne connaît pas.   


Appréciée par les 12-15 ans, la collection s’ouvre à de nouveaux auteurs, tels Sarah Cohen-Scali et ses Ombres noires pour Noël rouge (1992). Au même auteur, la collection sera redevable du récit, Agathe en plein délire (1996), quand un meurtrier pousse le cynisme jusqu’à prévenir un commissaire, par lettres, des meurtres qu’il va commettre. Sarah Cohen-Scali revient en 1997 pour le roman très original, L’Inconnue de la Seine (1997), puisque c’est l’assassin lui-même qui raconte ses forfaits.  Alors qu’il avait publié seul Le Chauve était de mèche, en 1993 (l’enquête parallèle à la police d’un adolescent de quinze ans qui découvre un réseau de trafiquants de drogue), Roger Judenne associe ses talents à ceux de Philippe Barbeau pour deux récits policiers. Le premier, Carton rouge ou mort subite montre les jumeaux Charlotte et Jérôme découvrant une escroquerie concernant le monde du football, en enquêtant sur leurs origines. Dans le deuxième récit, Le Château de tous les dangers, Justine, en vacances chez ses grands-parents, ose faire la lumière sur les pratiques dangereuses du gourou d’une secte. Elle va même jusqu’à le défier dans un château de Sologne.
Christian Grenier poursuit, toujours avec talent, les enquêtes de son inspecteur féminin Logicielle (L’Ordinatueur, Arrêtez la musique…). On peut encore lire, Hervé Fontanières qui, dans Le Tueur mène le bal (1995), situe l’action dans un bal masqué et choisit de faire raconter l’histoire par l’assassin. Lisons aussi le prometteur Stéphane Daniel. En 1996, il a introduit un de ses personnages récurrents, Lucas, dans Un tueur à sa fenêtre. Qui a tué Max, le copain de Lucas, âgé comme lui de dix-sept ans et pourquoi ? Stéphane Daniel est encore l’auteur de Mensonge mortel (1997). Le collégien Léo trouve, dans la bibliothèque familiale, un courrier de l’Aide sociale à l’enfance. Il découvre à seize ans qu’il est un enfant adopté, ce que ses parents n’ont pas encore osé lui dire. En fouillant son passé, il ignore qu’il met aussitôt sa vie en danger. Ce très bon récit risque de dérouter certains lecteurs en raison de sa construction et de ses ellipses temporelles …sauf pour ceux qui ont retrouvé l’intrigue dans un épisode de la série TV de Victor Lanoux, Louis la brocante !    
C’est en 1996 qu’Evelyne Brisou-Pellen se met A l’heure des chiens, pour une intrigue construite autour du cadavre d’un vieil homme, retrouvé dans un champ, près d’une voie ferrée mais l’histoire se concentre surtout sur les  chiens. L’auteur revient dans la même collection en 1999, pour Mystère au point mort, quand les jumeaux Brice et Alice découvrent que leurs parents, décédés dans l’accident auquel ils ont eux-mêmes survécu, ont été victimes d’un meurtre. Dans Basket Balle (1997), Guy Jimenez construit son intrigue autour des problèmes du basketteur américain Ubbie, perturbé dans son jeu depuis qu’il a aperçu un visage de femme. Ses maladresses ont-elles un lien avec le meurtre de sa sœur Ida ?      
Assassin à dessein de Claire Mazard, en 1998, fait peser les soupçons sur un jeune homme qui découvre successivement, avec son amie, plusieurs cadavres.
Après le troisième meurtre, la police transforme le témoin en suspect. Des meurtres, il y en aussi trois dans La Nuit de l’étrangleur (1999) d’Evelyne Jouve mais les victimes sont trois collégiens tués par un psychopathe. Cette fiction atteint des limites extrêmes, quelle que soit la qualité littéraire du récit, pour des lecteurs jeunes.


 C’est dans la collection « Cascade Policier » que Lorris Murail  a créé le personnage d’une courte série, Dan Martin.
Dan Martin est l’adolescent David Martin qui joue volontiers au détective privé tout en fréquentant encore le lycée. Ses talents sont requis soit en France, soit à l’étranger, pour résoudre plus ou moins aisément certaines énigmes. Il s’agit donc de romans parodiques et humoristiques qui se jouent gentiment des codes du genre policier. Le personnage était d’abord apparu dans le roman Le Chartreux de Pam, mais les lecteurs n’avaient pas su, apprécier le jeu de mots du titre stendhalien. Le récit est donc réapparu sous le titre Dan Martin détective. Cette histoire évoque effectivement le chartreux (chat à poil gris cendré), que la séduisante Pam de 4e 2 a perdu. Dan Martin fait du cinéma (le détective est devenu garde du corps d’une jeune star de cinéma), est un épisode initialement paru dans la  collection « Cascade Policier », comme Dan Martin file à l’anglaise (quand le jeune détective est en quête du trésor de Callaghan). 
Dans « Cascade Policier », pour Catherine Missonnier, On ne badine pas avec les tueurs. L’adolescent lycéen Vincent est victime malgré lui d’une succession d’événements aussi bizarres que désagréables. Fausse accusation, cambriolage, filature et tentative d’assassinat suivent ce fait. C’est trop pour un seul adolescent accusé de trafic par la police. Le couple signant Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse), maître de la S-F et du roman social, casse l’image restrictive acquise par la pratique de ces genres, dès le roman L’Assassin crève l’écran.
Le journaliste Oliver Beaumont, venu interviewer les vedettes d’un film à sensation, les découvre assassinées les unes après les autres. Jouant au détective, il va tenter de comprendre les raisons de cette hécatombe. On doit aussi à Michel Grimaud, Chapeau les tueurs ! (Quatre des sept propriétaires d’un domaine succombent successivement d’une mort violente. Le journaliste Pascal Vidal traque des tueurs à gage à ses risques et périls). Le couple d’auteurs a encore publié Drôles de vacances pour l’inspecteur, Règlements de compte en morte-saison et Une ombre sur le toit (2002), avec un scénario policier crédible, proposant une image positive de la police.  
Hélas ! A la fin des années 90, disparaît la série des Sans Atout de Boileau-Narcejac (heureusement reparue dans l’intégralité de ses huit épisodes, chez Gallimard Jeunesse en 1999). 
Chez Rageot, la collection « Cascade Policier » (1991-2003), ne lance pas encore ses dernières salves en publiant Folle à tuer (2001) de Catherine Missonnier, un polar au suspense progressif et efficace pour une héroïne attachante. Fausses pistes et écriture soignée augmentent l’intérêt de cet excellent récit. Nathalie Charles concocte un bon suspense dans Les Ficelles du crime, quand la jeune Isabelle découvre d’étranges mises en scène de meurtres. François Charles publie en 2002, Tueur à babord, une histoire d’espionnage sur le Nil. Un agent secret est poursuivi par un redoutable tueur caché parmi les passagers d’un bateau et qui veut se venger. Ségolène Valente, dans Cherchez le cadavre (2002), propose plutôt un récit qui semble proche de certains faits divers. Le jeune Momo qui a « emprunté » la voiture de son père emboutit, à un feu rouge, la vieille Mercedes de Miss Dolly,  professeur d’anglais ! Or, dans le coffre qui s’ouvre apparaît un cadavre, caché là par les jeunes auteurs d’un « rodéo » qui a mal fini sur un parking. L’aspect policier est cependant bien mince.   
 
« Cascade Policier Junior » et les « détectives en herbe »

En 1996 s'ajoute « Cascade Policier Junior », pour les « détectives en herbe », de 9 à 11 ans. Elle mêle auteurs français et auteurs traduits. On y rencontre La Fille du gangster de Roger Judenne, quand Pélagie croit avoir reconnu son père parmi les membres d’un hold-up, le comique Détective zéro zéro nul de Michel Amelin ou C’est quoi ce trafic ? un récit de Gilles Fresse, lorsque « la tribu écolo »,  constituée de Coline, Etienne et Léo tombe sur un bizarre et suspect trafic animalier. Parmi les autres auteurs hexagonaux, retenons Jacques Asklund (Le Message du revenant), François Charles (Les 7 crimes d’Honoré B.) et Stéphane Daniel (Le Secret de l’agent secret).
Paul Thiès compose une tétralogie originale qui porte le nom de « L’Hôtel des Quatre Saisons » (quand elle est rééditée dans la collection « Heure noire »). Elle ne semble pas suivre l’ordre logique des saisons puisque le 1er épisode paraît être Un automne rouge sang (1997). Son personnage central est Martin Malivert, âgé de seize ans, orphelin depuis que ses parents ont été tués dans un accident. Il est élevé par un oncle et une tante, ses tuteurs qui le détestent et le poussent à travailler. Devenu groom de l’Hôtel des Quatre Saisons, dans le Quartier latin, il apprécie beaucoup sa fonction. On retrouve le sympathique personnage de Martin dans Un été bleu cauchemar (1998). Un hiver blanc frisson s’est installé quand Martin est contraint de prendre le plus de risques à cause d’un diamant fabuleux, « L’œil de glace ». Dans Un printemps vert panique (1998), le groom de l’Hôtel des Quatre Saisons voit son existence plusieurs fois menacée. La collection « Cascade Policier Junior » privilégie deux auteurs traduits : Thomas Brezina, pour la série « les K », débutant en 1996, avec les épisodes Le Secret de la momie rouge et La Vallée des monstres, et David Lubar dont les récits, comme Fantôme es-tu là ? ou Le Pire des vampires, semblent plus fantastiques que policiers.
D’autres épisodes de la « Série des K » de Thomas Brezina  améliorent la connaissance des garçons voyageant dans des régions du monde très diverses et plus ou moins exotiques, à la fin du XXe siècle. Dans ces aventures pas toujours vraisemblables, les quatre garçons de « la bande des K » parcourent la Terre, de l’Égypte (pour Le Secret de la momie rouge, en 1996, quand un archéologue vole les trésors que l’on vient de mettre à jour), au Japon (dans La Vallée des monstres, l’occasion de tester un nouveau parc d’attraction sur le thème des dinosaures), et ils résolvent des énigmes.
Ils vont de l’île Maurice (Danger sur l’île aux pieuvres), pour affronter un savant fou, à Shanghai (La Jonque aux dragons), à la recherche d’un dragon de jade et passent par l’Espagne dans Le Mystère du château hanté, et la Grèce quand ils sont Pris au piège du labyrinthe... Les lecteurs de ces récits, illustrés par Michel Riu, seront peut-être plus sensibles aux éléments permettant de découvrir les pays concernés qu’au suspense aussi mince que la psychologie des personnages.      


         « Cascade pluriel Fantastique », née en 1995 chez Rageot, a publié d’excellents auteurs comme Michel Honaker, (Erwan le Maudit, Le Prince d'ébène), Jean-Marc Ligny (Les Ailes noires de la nuit), Paul Thiès dont on intègre Le Sorcier aux loups et Hervé Fontanières (Rendez-vous en enfer). Côté féminin, la collection s’enrichissait de la présence de Sarah Cohen-Scali pour une Danse avec les spectres dans une maison maudite, et d’Hélène Montardre, auteure de La Nuit du sortilège, quand Paul ne retrouve pas trace de Mélanie. « Cascade Pluriel » propose encore trois tomes pour le cycle de Michel Honaker : Le Chevalier de Terre-Noire. Ils s’intitulent : L’Adieu au domaine, Le Bras de la vengeance et Les Héritiers du secret.
Faut-il ajouter que la collection « Cascade Pluriel » a encore traduit la série anglosaxonne « Années Collège » ? Evoquons plutôt « Cascade Musique » qui, sous la seule plume de Michel Honaker, a restitué » la vie et l’œuvre de compositeurs comme Chopin, Bach, Beethoven, Mozart, Berlioz et 4 autres musiciens célèbres.    


"Cascade", une collection des éditions Rageot (1)

Collection « Cascade », chez Rageot (1989-2004) (1)

Voici encore un fleuron du «Cercle des collections Jeunesse disparues ». 



C’est  en 1989, chez G.T. Rageot, séparé des Éditions de l’Amitié, qu’apparaît "Cascade", une collection dirigée par Caroline Westberg qui privilégie les auteurs de langue française et qui est diffusée par Hatier. Ses premiers titres font craindre qu’elle se nourrisse simplement, sous un nouveau look, d’œuvres sempiternellement reprises, comme Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, L’Appel de la forêt de Jack London et La Guerre du feu de J.H. Rosny et de rééditions des collections antérieures.
Or, bien vite, elle prend de l'extension et propose trois niveaux d'âge : 7-8 ans, 9-10 ans, 11-12 ans (plus tard élargi au 11-13 ans), même s’il faut souvent, dans la réalité, ajouter quelques années pour trouver le lecteur adéquat. Surtout, grâce à son succès, elle va se diversifier et élargir son lectorat potentiel en rassemblant et absorbant peu à peu les collections précédentes comme "La Bibliothèque de l’Amitié" et "Les Maîtres de l’Aventure", cette dernière restant très active quelques années.
Le pari engagé « après la grande vague du poche » (survenue dix ans plus tôt) n’était pas sans risque puisque l'on propose un nouveau « concept-livre » qui bénéficie « de tous les procédés techniques modernes » mais remet en cause l’allure physique du livre au format de poche, familier à tous. C’est sous une couverture colorée et plastifiée, au début du moins, avec des rabats donnant l’illusion d’une jaquette, que la collection propose nouveautés et rééditions,  agrémentées d’un complément documentaire : des mini-dossiers en fin de volume qui se révèleront éphémères.



Les auteurs vétérans sont encore là, comme Michel-Aimé Baudouy s'essayant au roman historique avec La Capture de César, Yvon Mauffret, Monique Ponty et L’Inconnu de la Proiselière, Évelyne Brisou-Pellen, déjà familière du fantastique et des loups-garous dans Le Mystère de la Nuit des pierres. On retrouve aussi Christian Grenier, Michel Grimaud, Susie Morgenstern (Les Deux Moitiés de l’amitié), Jean-Paul Nozière (Elsa et Antonio pour toujours), Pierre Pelot (dont on réédite Les Etoiles ensevelies), Yves Pinguilly et François Sautereau qui entretient sa familiarité avec le fantastique dans Classe de lune et s’amuse beaucoup en décrivant les vœux exaucés pour Les Indiens de la Rue Jules Ferry.  



Toute une nouvelle génération apparaît, constituée par Catherine Missonnier qui fait un tabac dans les écoles avec Superman contre CE 2 et Vacances sorcières, Marie Dufeutrel introduisant un handicapé dans L’Été Jonathan (primé en 1990), Paul Thiès dont on découvre l’humour grâce au personnage préhistorique de Petit Féroce et qui s’essaie à l’Histoire avec Les Braconniers du roi. On semble seulement remarquer le roman de Sandrine Pernusch, Le Journal secret de Marine (1991), déjà paru en 1988, dans la "Bibliothèque de l’Amitié". Alors qu’il est lu à la dérobée, un journal donne lieu à la réconciliation inattendue de deux sœurs. On y rencontre encore Alain Surget dont Le Fils des loups, illustré par Thierry Desailly, se perd dans la forêt vosgienne de La Bresse (Vosges), et Roger Judenne mêle Histoire antique et thème animalier dans Le Lévrier du pharaon.



Hélène Montardre cache bien le secret de La Maison aux quatre étoiles et, si Marie-Noëlle Blin envoie de Bons baisers de Californie, le rêve américain réserve des surprises. Les romans sportifs sont trop rares pour qu’on ne mentionne pas Le Jour du match de Gilberte Niquet. Bientôt l’équipe s’enrichit de la présence de Jacques Asklund, de Yves-Marie Clément, de Malika Ferdjoukh, de Thierry Lenain, de Michel Honaker... Plus tard viendront Jean Molla et Pierre Bottero.
Parmi les oeuvres traduites, retenons Le Royaume de la rivière (devenu au cinéma Le Secret de Terabithia), L’Eté de tous les secrets de Katherine Patterson, Un poney blanc neige de Anne E. Crompton et on réédite Le Secret de l’oiseau blessé de Betsy Byars.



Première démultiplication de la collection "Cascade"
        
C'est en 1991 que G.T.- Rageot crée deux sous-collections, la première, éphémère, la seconde si développée qu’elle est capable de supplanter la collection-mère dans le cœur de bien des lecteurs.
"Cascade Aventure" semble réunir des atouts susceptibles de faire l’unanimité, en proposant « des héros, des grands espaces, des découvertes… », autour d’un thème porteur et toujours exploité en littérature jeunesse. Peut-être aurait-il fallu éviter les rééditions des récits présents dans les mémoires ou sur les rayons des bibliothèques : ceux de  Paul Thiès, d’Évelyne Brisou-Pellen, de Michel Grimaud, venus de l’ancienne collection "Les Maîtres de l’Aventure" (et même des "Chemins de l’Amitié", comme Miguel de la faim de Nicole Vidal qui évoquait le quotidien d’une famille pauvre du Brésil). Les nouveautés peuvent en pâtir, tels le superbe récit Le Prince d’ébène de Michel Honaker, tutoyant le meilleur fantastique sur le thème de la musique cher à l’auteur, Les Larmes de la jungle de Pierre Pelot, constamment dans l’ombre fidèle de Chico Mendès, au cœur de la forêt amazonienne, Le Pas des fantômes, récit étrange et de bon aloi de Valérie Dayre (dont C’est la vie Lili de 1991 est primé à Annemasse en 1992), ou l’excellent récit ressortissant à la science-fiction : Date limite (1991), de Jean Alessandrini. Notons le plongeon du vétéran Michel-Aimé Baudouy, au cœur de ce que Yves Coppens aime nommer « paléo-fiction », dans Le Maître du salon noir, et les exotiques récits de Jean Guilloré, Peur bleue en Mer Rouge et Le fétiche de jade. La collection publie encore Le Buveur d’écume de Yves Pinguilly et réédite Ali de Bassora, voleur de génie de Paul Thiès. 



Les thèmes de la collection vont se diversifier au fil des ans évoquant aussi bien les histoires d’amour et d’amitié des enfants et ados du monde entier, le monde animalier, les récits humoristiques, les romans historiques, l’imaginaire et le mystère et même le sport et le monde maritime...
La collection "Cascade Policier" est si riche qu’elle mérite d’être développée dans un autre chapitre qui évoquera également la collection "Cascade Pluriel" et sa sous-collection ouverte au fantastique.

(Version revue du texte paru dans Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle, L'Harmattan Edition 2014)   

dimanche 22 mars 2015

"Les Maîtres de l'Aventure" et le genre policier, chez Rageot (2)

« Les Maîtres de l’Aventure », chez Rageot et le genre policier

Dans la collection « Les Maîtres de l’Aventure » édite par Rageot dès 1982, Boileau et Narcejac prolongent les enquêtes du jeune Sans Atout, alias François Robion, nées dans la collection « Jeunesse poche » avec trois épisodes parus.
En 1984, paraît Dans la gueule du loup, illustré par Daniel Ceppi. En Auvergne, entre Cantal et Lozère, dans les souterrains qui s’enfoncent au cœur du massif, on croit déceler une menace semblable à celle de la légendaire Bête du Gévaudan. Sans Atout et son ami Paul, tombent dans un tel piège qu’ils ne peuvent rien raconter « ni à la police, ni aux journaux, ni même à [leurs] parents ». En fait, l’affaire cache un réel trafic de voitures.


Une étrange disparition constitue un véritable casse-tête pour Sans Atout. Il est sûr d’avoir vu un cadavre chez son amie Sylviane. Or, ce cadavre a disparu et le mort présumé téléphone le lendemain de Londres... Sans Atout a-t-il eu raison d’accompagner son père Maître Robion dans cette petite station thermale où risque de s’exercer La Vengeance de la mouche ?
L’intrigue de L’Invisible agresseur (1984) se situe au cœur de l’île d’Oléron, dans un château transformé en hôtel. Quelques années plus tôt, un vieux châtelain a été tué par un criminel qui semble avoir joué au passe-muraille. Sans Atout aura bien besoin de son père pour clarifier tant de mystères.
Sans Atout préfère participer à la mise en place d’un plan ORSEC plutôt que de réviser ses leçons quand Un cadavre fait le mort (1987). Un vrai cadavre, puis deux, puis trois sèment la panique dans le village de Saint-Vincent-la-Rivière. Des messages menaçants sont signés Le Hibou. S’agit-il d’un complice de l’assassin ou d’une fausse piste ? En fait, une sombre histoire d’héritage est à l’origine des meurtres. Plus simplement, M. Lagabrielle imagine dans Les Deux vies de Jérémie (1985) une intrigue qui n’est pas vraiment nouvelle puisque le malheureux garçon Jérémie est enlevé à la sortie de l’école et il est contraint de partager l’existence de son kidnappeur. Avec Un cri dans les roseaux, l’Allemand Jo Pestum conçoit une enquête difficile pour le commissaire Lucas qui vient pourtant de prendre sa retraite. Dans le village de son enfance, un mystère troublant inquiète les habitants et oblige Lucas à se remettre à l’ouvrage. 
On a  traduit de l’américain plusieurs ouvrages de Jay Bennett. Dans Allo ! ici le tueur (Say Hello to the Hit man) (1986), une voix inconnue menace de mort un étudiant tranquille, Fred Morgan. Qui peut vouloir transformer ainsi sa vie en cauchemar ? Est-il une victime choisie au hasard ou Fred est-il l’enjeu d’un terrible complot ? Crime posthume (The long Black Coat datant de 1973), traduit en 1989 par Caroline Westberg, évoque deux frères. Vinnie Brant, l’aîné, est mort pendant la guerre au Vietnam. Phil, son cadet, songe souvent à lui car il l’adorait. Or, deux individus qui se prétendent des amis de Vinnie, s’introduisent dans la vie de Phil qui va bientôt se rendre compte qu’il est loin de tout savoir sur l’existence de son frère.
 Bernard Barokas sonde un Mystère dans la vallée des rois (1983) quand un trésor archéologique récemment découvert en Égypte suscite les convoitises et les intrigues que le jeune journaliste Romain Caire va tenter d’éclaircir.
Sylvie Corgiat est coauteur avec Bruno Lecigne, du récit policier Une ombre en cavale (1988). Quand il se réveille dans un train, Léo Météni ne sait plus qui il est ni où il va. Il retrouve son identité grâce à son portefeuille. En outre, une coupure de journal assure qu’il est un truand et un meurtrier évadé ! Le malfaiteur amnésique se retrouve embarqué dans un cambriolage alors qu’il semble avoir tout oublié de son « métier ». Serait-il quelqu’un d’autre puisqu’il ne connaît rien aux coffres-forts ? (Le roman sera réédité dans la collection « Cascade Policier » en 2003).


L’éditeur classe encore parmi les récits policiers, Rendez-vous à Hong-Kong (une cargaison d’uranium a disparu en Mer de Chine) d’Huguette Pérol, Eté brûlant à Mexico de Paul Thiès et Le Voleur du Tokaïdo de Katherine Paterson. On y traduit aussi Harlem Blues (1992) de Walter Dean Myers, un récit sans concession traduit par Caroline Westberg. Deux adolescents, Didi et Motown, tentent avec courage d’améliorer leur condition sociale, dans le ghetto noir de Harlem où sévit la drogue et où les trafiquants font la loi. Une jeune fille qui ne supporte plus que son frère devienne toxicomane veut faire la guerre aux dealers mais elle est très vite menacée par le « fournisseur » de son frère... 
Choisissons plutôt de nous attarder sur Jean-Paul Nozière qui publie d’abord chez Rageot, Dossier top secret (1988). Autour d’une centrale atomique se produisent des enlèvements inexpliqués. Dans l’espoir de retrouver son amie Jessica, Arnaud enquête et découvre bientôt une histoire d’espionnage si redoutable que personne n’ose parler. 
Le récit de Jean-Paul Nozière,  Souviens-toi de Titus (1989), est récompensé par le Prix Polar jeunesse et le Prix Gavroche. Dans une petite ville banale de Bourgogne où rien ne se passe d’habitude, des notables sont assassinés et l’auteur des crimes signe ses forfaits de citations littéraires. Le lycée semble au cœur de l’affaire et un certain Titus fait resurgir un passé qui empoisonne l’atmosphère …

Jean Alessandrini et Le Capitaine Nox, justicier nocturne

Jean Alessandrini inaugure les enquêtes du capitaine Nox avec Le Détective de minuit dans la collection dénommée cette fois « Les Maîtres de l'aventure Policier»). Le rubis fabuleux « L’Œil de Mars », extraordinaire cristal rouge que l’on dit venu de l’Espace, a de quoi susciter les convoitises. Or, l’organisation terroriste, le Couloir 38, a trouvé peut-être le moyen de compromettre l’ordre mondial par sa capture, doublée de l’enlèvement du Président de la République. Le Capitaine Nox (Harmmakis Nox !), puits de sciences et justicier de la nuit qui doit autant à Sherlock Holmes qu’à Fantômas, pourra-t-il dénouer un puissant réseau d’intrigues ?
Toujours dans la même collection, on retrouve le Capitaine Nox au cœur de La Malédiction de Chéops (1989). Peut-il y avoir une relation entre le mystérieux message hiéroglyphique, trouvé en 1996 au cœur de la grande pyramide égyptienne de Chéops et la série de meurtres extravagants commis dans la ville de Paris ? Qui est l’assassin ? Comment et pourquoi agit-il ainsi ? Quand le Capitaine Nox se décidera-t-il à résoudre de multiples énigmes, manifestant enfin ses qualités de détective hors pair ?


(Version revue, parfois écourtée, du texte paru dans Histoire du polar jeunesse Romans et bandes dessinées L’Harmattan, 2011.