mercredi 9 décembre 2015

Coup de rétro : les fictions jeunesse en 1955 (1)

Coup de rétro sur les fictions offertes à la jeunesse en 1955 (1)

Il est intéressant de remonter soixante ans en arrière, en 1955, parce que les enfants du baby-boum commencent à devenir à cette date une force économique importante. Ils vivent au cœur des « trente glorieuses », ne connaissent plus les restrictions. Nés après la Deuxième Guerre Mondiale, ils connaissent encore une France qui possède un immense empire colonial, exposé dans tous les manuels scolaires sans le moindre regard critique. La guerre d’Indochine vient de finir pour les Français mais les « événements » d’Algérie ont plus que commencé. Ces réalités sont généralement occultées et pas seulement pour la jeunesse.   


Contrairement aux idées reçues, alors qu’on se plaît aujourd’hui à répéter que les livres pour la jeunesse se réduisent à quelques collections, ce qui est faux, les lectures qu’on leur propose en 1955 aussi bien dans la presse que dans les livres pour la jeunesse sont variées et multiples. Si l’on a refusé de s’en apercevoir, c’est surtout parce que la guerre froide et les conflits idéologiques de l’époque ont conduit chaque camp à ne voir que ce que son idéologie ou sa religion autorisait. Les clivages sont tellement puissants qu’aucune étude à l’époque ne les dépasse pour rendre compte objectivement des diverses tendances et productions. Heureusement les jeunes lecteurs et lectrices, assoiffés de lectures, se moquent en général de ces questions et prennent leur bien partout où ils le peuvent. Chacun, chacune peut ainsi lire 7 à 8 « illustrés » par semaine, tant les échanges se font  naturellement.    


Hachette (où Pierre Probst commence à dessiner depuis 1953, la série Caroline), demeure l’éditeur principal avec les collections « La Bibliothèque verte » et « Idéal Bibliothèque » et s’impose à tous les lectorats. La « Bibliothèque verte », déjà trentenaire, publie aussi bien des oeuvres classiques françaises (Hugo, Verne, Toudouze) ou anglo-saxonnes (Curwood, London) que des adaptations récentes de personnalités en vogue (Bombard, Rozanoff). Dès 1955, le puissant éditeur qui dispose alors du meilleur réseau de distribution diffuse des séries de romans anglo-saxons en « Bibliothèque Verte », « Rose » et « Collection Ségur ». (Le Club des cinq d’Enid Blyton, Alice détective de Caroline Quine…).  Le processus va s'amplifier.


La collection « Idéal-Bibliothèque », reliée et illustrée, a déjà cinq ans puisqu’elle est née en 1950. Elle publie des traductions et adaptations d’auteurs anglo-saxons comme Fenimore Cooper, Lewis Wallace, Frank Crisp, Eilis Dillon, Rudyard Kipling… mais aussi les auteurs français, Lucie Rauzier-Fontaine, Denis-François, Suzanne Pairault, P.J. StahL ou Paul Jacques Bonzon (Les Orphelins de Simitra)… Elle traduit aussi Émile et les détectives d’Erich Kästner.


La collection « Idéal-Bibliothèque » s’inspire largement dans sa présentation et ses couleurs de la « Bibliothèque Rouge et Or » des éditions G.P., une rivale qui dispose de moins de moyens financiers.



La « Bibliothèque Rouge et Or » des éditions G.P. publie pourtant d’excellents auteurs français comme Paul Berna (Le Cheval sans tête, Grand Prix du Salon de l’Enfance 1955, Le Continent du ciel) et son épouse Saint-Marcoux (Le Voleur de lumière, Fanchette). On y rencontre aussi André Lichtenberger, Jean Duché, Paluel-Marmont, P.J. Stahl (Maroussia), René Aurembou à côté de peu d’auteurs traduits comme Martha Sandwall-Bergström (pour la série Gulla).  Les éditions G.P. publie aussi des albums illustrés dans la collection « Bibliothèque Rouge et Bleue », souvent illustrés par Guy Sabran. 




Certains récits « jeunesse » remarqués en 1955 sont parfois publiés par des éditeurs moins riches en publications du genre. Par exemple, Nic et Nick (Prix Jeunesse 1955) de Claire Audrix (Charlotte Absalon & Christian Fontugne paraît dans la collection « Marjolaine », chez Bourrelier, comme La Porte ouverte de Colette Vivier. Chez Larousse paraissent les deux volumes des Contes de la Table Ronde d’A. Deflassieux-Fitreman. 


mercredi 28 octobre 2015

IMA l'ami des jeunes, journal publicitaire des années 50

Ima l’ami des jeunes, journal publicitaire des années 50
Liste des principaux auteurs (scénaristes, illustrateurs, romanciers…)
         (Liste alphabétique non exhaustive)


Jean Ache (Jean-Baptiste Huet, 1923-1985)
G. Bernard Baray, alias Bernard Baray, alias Baber
André H. Beckers (dessinateur)
Rémi Bourlès (1905-1997)
Frédéric-Antonin Breysse (1907-2001)
Raymond Cazanave (1893-1961)
Jacques Chabar (romancier, scénariste)
Fernand Cheneval (1918-1991)
Yves Dermèze, Paul Mystère, Francis Hope (Paul Berato, 1915-1989)
Jacques Devaux (1921-1980)
Erik (André René Jolly) (1912-1974)
George Fronval (1904-1975)
André Galland (1886-1965)
Roger Garel (1930-2015)
Robert Gigi (1926-2007)
Eugène Gire (Eugène Giroud, 1906-1972)
Christian Godard (né en 1932)
Michel Greg (Michel Regnier, 1931-1999)
Louis Haché (né en 1924)


Jan-Loup (dessinateur)
Jean Jacques, Jacques Arbeau (ou Jacarbo) (1926-2013)
Jijé (Joseph Gillain, 1914-1980)
Jol (Jacques Jolly)
Roger Lécureux (1925-1999)
Maurice Limat (1914-2002)
Auguste Liquois (1902-1969)
Raffaele Carlo Marcello (1929-2007)
Raymond Maric (1927-2005)
Mat (Marcel Turlin) (1895-1982)
Henry de Monfreid (1879-1974)
Robert Moreau (1928-2006)
Claude Pascal (1931-1993)
Pellos (René Pellarin) (1900-1998)
Jean Pradeau (ou Prado) (scénariste et romancier dans L’Intrépide)
Rol. (récits complets)
Alain Saint-Ogan (Alain Lefèvre Saint-Ogan, 1895-1974)

Maurice Tillieux (1921-1978)


Seront les bienvenus les commentaires et les renseignements complémentaires. 

lundi 26 octobre 2015

IMA, l'ami des jeunes, journal publicitaire des années 50

Ima, l’ami des jeunes, un journal publicitaire intéressant mais mal connu (2ème partie)

Un magazine ou un illustré ?
D’abord mensuel de 12 pages puis de 16 pages jusqu’en octobre 1955, le journal devient ensuite bimensuel jusqu’au 6 juin 1956, date à laquelle il devient définitivement hebdomadaire. Les dessins de couverture pleine page cessent après le n° 62 et cèdent la place à une planche de B.D. Le 3 octobre 1957, dès le numéro 91, l’illustré adopte une nouvelle présentation de la page de titre et passe à 20 pages (les deux dernières proposant des images à découper : bateaux, avions, monuments et événements historiques…).


Le journal, même s’il privilégie toujours la bande dessinée, a d’abord l’aspect d’un magazine dont on essaie de varier les rubriques. Des nouvelles d’une ou deux pages ont parfois pour auteurs les romanciers populaires Maurice Limat et Yves Dermèze (alias Paul Berato qui utilise encore les pseudos : Paul Mystère et Francis Hope), Roger Lécureux mais aussi Charles Deulin ou Henry de Monfreid. Apparaissent quelques présentations de films récents (Don Camillo, Davy Crockett, Moby Dick, Emile et les détectives…), photos et courrier des lecteurs et lectrices, philatélie, jeux et reportages sur des pays lointains, sur l’aventure maritime, sur l’actualité automobile ou sur les innovations techniques françaises : fusée téléguidée, naissance de l’avion Caravelle, paquebot France, pont de Tancarville... Le sport (Tour de France, football…) n’est pas oublié. Des allusions religieuses aux miracles de Fatima et aux apparitions de Lourdes surprennent davantage.
De nombreux récits complets en bande dessinée, en général de 4 planches (en particulier du genre western) sont publiés sans être crédités de leurs auteurs. Aux amateurs éclairés d’y retrouver des œuvres de O. Lancelin, Rol., P. Alamasse, P. Dalmas, Duteurtre ou Claude-Henri… C’est aussi parfois le cas d’autres bandes qui restent anonymes.


Grâce aux historiens de la BD et à Jean Fourié, on sait que l’auteur le plus fréquent qui signe Jol n’est autre Jacques Jolly (le frère d’Erik, alias André René Jolly). Jol est le scénariste et dessinateur de la bande animalière Rudi, le renard souvent accompagné de Piko le chevreau et de Paillasson le hérisson. En plus de nombreuses histoires courtes, Jol publie des récits complets de 12 à 30 planches tels que Rudi le renard, Le Cigare volant, L’Antre du sorcier, A la poursuite de l’ombre, Sur le chemin de Prenton Creek, Le Roi de la publicité, Les deux mousquetaires + un, Les Etranges machines du professeur Ratinos, Ça s’agite au mirador… Jacques Jolly, auteur le plus présent, pilier incontournable du journal, sera le seul à bénéficier de l’édition d’un album en 1957 sous le titre Album Rudi.       


Un souffle nouveau mais un parcours inachevé
A mi-parcours environ, le journal, tout en restant fidèle à certains auteurs,  trouve un nouveau souffle grâce à des recrues de qualité comme Raymond Cazanave, Raffaele Marcello (La Croisière du Pacific), Robert Gigi (Casey James), Christian Godard, Greg, Maurice Tillieux, François Cheneval (Alerte au bébé lune), Roger Garel ou Jean Pradeau (ou Prado).


Le jeune Christian Godard (il n’a que 25 ans quand il intervient la 1ère fois) apporte un vent de fraîcheur, un humour et une qualité de dessin remarquables à travers les aventures désopilantes de ses enquêteurs en herbe Tim et Anthime : Le Baigneur baladeur, Le Génie de Verteboue, Le Royaume des sans-visage, L’Hippocampe noir, Chauve qui peut, Poison à foison…


   Quelle chance pour le journal que les participations de Maurice Tillieux (Une aventure d’Ange Signe : Le Démon vert, repris et revu d’un Félix d’Héroic-albums), du scénariste Michel Greg (Bob Francval : Terreur sur le Pacific dessiné par Louis Haché et Roger Rafale, dessiné par André Beckers), 
      Sans crier gare, le journal disparaît brutalement après avoir souhaité une Heureuse année 1959 dans son numéro 156, laissant six histoires inachevées.      
   
Quelle est la revue indispensable pour en savoir plus ? C’est le numéro 81 du Collectionneur de Bandes Dessinées paru à l’automne 1996.

On y trouve un long article illustré et excellemment documenté de Jean Fourié, pages 34 à 39.  


dimanche 25 octobre 2015

IMA, L'AMI DES JEUNES, journal publicitaire des années 50

Ima, l’ami des jeunesun journal publicitaire intéressant mais mal connu (1ère partie)


L’attrait initial des « points IMA » et la naissance d’un journal
Les « points IMA » sont des bons-primes imprimés sur les emballages de produits alimentaires de grandes marques. Les jeunes consommateurs les découpent et les échangent contre des cadeaux ou des albums comme Les Belles histoires de l’Union française, L’Ami chez les bêtes d’André Demaison, L’Ami sur sa péniche… illustrés de grandes vignettes (10 sont obtenues contre 100 points Ima). Le succès obtenu auprès des enfants du « baby-boom » de 8 à 14 ans incite les responsables à lancer un journal dont le contenu étonne vite par sa richesse et sa variété.
Le siège de la publication dirigée par A.Y. Lopin est parisien, 15 boulevard des Italiens. Le périodique de format 21 cm sur 26,5 paraît du mois de mars 1955 jusqu’à fin décembre 1958 (ou début janvier 1959). La collection est constituée de 156 numéros essentiellement constitués de bandes dessinées faisant appel à des scénaristes et à des dessinateurs parfois renommés. Les auteurs appartiennent à plusieurs générations et viennent d’horizons fort différents. La qualité des récits est toutefois variable. Par exemple, certains dessins de Liquois semblent bâclés et le scénario est parfois bancal, les bandes d’André Galland (Les Torches du chevalier de Malte, La Duchesse Anne et son page), sont médiocres tandis que certaines planches réalisées par Raymond Cazanave pour Le Prestigieux destin de Walter Reinhart sont absolument superbes. La plupart des histoires sont inédites et plusieurs genres sont représentés : western, policier ou espionnage, science-fiction, aventure sportive ou maritime ou de jungle, récits humoristique ou animalier… 


  Des auteurs, collaborateurs des éditions Fleurus 
Il semble qu’au départ on a fait appel à des auteurs venus de chez Fleurus. D’où la présence, par exemple de G. Bernard Baray dès le n° 1 avec La Vallée aux coyotes (un western). En plus de deux aventures policières, Le dossier 718 et Le Mystère de Keselgor, l’auteur, pilier du journal, déjà connu pour ses hagiographies religieuses va aussi produire des B.D. sous le pseudonyme de Baber (Tam-Tam sur l’Amazone, Le Secret des cavernes, Une aventure de Bob, Pat et Léo : Le Visiteur de minuit). On remarque aussi la brève collaboration de Frédéric-Antonin Breysse, au moment de sa peu élégante éjection de Cœurs vaillants où il n’a même pas le temps d’achever un épisode d’Oscar et Isidore. Notons encore la présence de Robert Moreau, Alain Saint-Ogan, Erik, Jan-Loup, Jean Ache et même Pellos qui ne dédaignent pas la presse catholique Fleurus. En plus de ses séries puériles très épisodiques, Coquinet et Coquinette, Toufou le petit chat, Robert Moreau dont on connaît surtout les histoires animalières, innove avec l’aventure réaliste Mystère dans la jungle avant de retrouver son style humoristique dans Les aventures de Nestor Tapotour.  


Alain Saint-Ogan introduit sans surprise une sorte de condensé des aventures de Zig et Puce  jusqu’au n° 28. Erik (André René Jolly) satisfait d’abord les lectrices en  publiant dès le n° 3 une histoire « désopilante » de Madie et de son chien  Truf. Madie est de retour ! au n° 23. Érik qui avait déjà publié dans l’illustré Grandes Aventures, Martin Gale, Détective amateur reprend le personnage dont la représentation graphique a beaucoup évolué pour Ima, L’Ami des jeunes. D’abord dans le récit intitulé Furag 3.  En juin 1957 débute le deuxième épisode des aventures du détective amateur : Martin Gale contre « Le Caméléon ». Cette bande cède la place en novembre 1957 à Mission secrète en Pélurie. Le journal ne lui laissera pas le temps d’achever Alerte du Squale.


Le dessinateur Jan-Loup qui illustre souvent des récits de Jacques Chabar (par exemple dans la collection « Jean-François ») introduit la science-fiction grâce au récit Evitez Copernic (du n° 46 au n° 70). On le retrouve du n°135 au n° 148 quand il illustre Une Aventure d’Okahanam et d’Eva : Spécimens pour collections de musées du scénariste Jacques Chabar. Pellos, auteur très prolifique, dès le n° 52 raconte les exploits sportifs de Rock Gérard  dans son style inimitable.
Du n° 32 au n° 43, Jean Ache propose Hector et Dina. C’est sa seule participation.    


Dessinateurs et scénaristes venues d’horizons divers 
Dès le n° 81 apparaissent des auteurs qui participent au journal Vaillant, proche du parti communiste : le scénariste Roger Lécureux, les dessinateurs Eugène Gire (auteur de superbes récits maritimes : Le Trésor du galion, Révolte à bord), Rémi Bourlès (Course contre la mort, La Route du pôle)… D’autres auteurs participent à toutes sortes de journaux commerciaux français ou belges, comme André Galland, Mat (Kid Poiplum super champion), Raymond Maric (Une aventure de Tony : L’Or noir des océans, Perdrix rouge, Le Prince des ruines), Claude Pascal (Le Ranch aux fantômes, Le Bouddha de jade
Le caméléonesque Auguste Liquois ne signe pas ses bandes Canard et la vallée perdue et les aventures policières de Ric Limar, peut-être en raison de son passé peu glorieux dans Le Téméraire…  Il est néanmoins un des piliers du journal puisqu’il y publie cinq aventures de son policier des airs : Vautour 13 ne répond plus, A la recherche des ondes Aleph, Ric Lamar et les hommes-oiseaux,  Opération Borak et Direction Nord


Si autant d’auteurs participent à ce journal, c’est sans doute à la fois grâce à l’éclectisme d’A.Y. Lopin et surtout en raison de l’absence d’un statut qui les protège avant 1974, ce qui les oblige à produire beaucoup. C’est d’ailleurs un de ces auteurs, Roger Garel (1930-2015), l’auteur de Papoulet et Riton, qui les défendra farouchement au sein du syndicat des journalistes français.    



lundi 8 juin 2015

Gudule : éditeurs et collections pour la jeunesse (3)

Gudule et les diverses collections et maisons d’édition


Grâce à ses si nombreux éditeurs, Gudule a réussi à toucher un lectorat d’autant plus multiple qu’il touche des lecteurs et lectrices de 3 à 16 ans.
Voici 23 de ses éditeurs en ce qui concerne seulement le rayon jeunesse :
    
-         Editions Syros, « Croche patte », « Souris noire », « Souris poche », « Tempo », 
-         Hachette Jeunesse, « Verte Aventure »,, « Le Livre de Poche jeunesse »,
« Vertige Cauchemar», « Vertige fantastique », « Bibliothèque Verte », Bibliothèque Rose », « Eclipse », « Côté court »,
-         Bayard Jeunesse, « Bayard Poche », « Passion de lire », « Cœur grenadine »
-         Nathan, « Pleine lune »,  « Lune Noire Fantastique », « Drôles de filles », « Contes et légendes », « Nathan poche » Humour », « Mes petites histoires », « Nathanpoche Aventure »
-         Milan, « Milan poche cadet »,  
-         Éditions MiC_MaC, « Même pas peur »,
-         Magnard, « Les  Fantastiques », « Les  Petits Fantastiques », « Romans-BD »
-         Grasset jeunesse, « Lampe de poche », « Lecteurs en herbe « ,
-         Editions Thierry Magnier 


-         Editions Flammarion « Tribal », Faim de loup » « Père Castor Flammarion », « Castor Poche »,
-         Editions Pocket, « Pocket Junior », Kid Pocket Junior »,  “Toi+Moi=Coeur”
-         Degliame, « Le Cadran bleu Fantastique »,
-         Mango Jeunesse. « Zygomatiques Mango Poche Cadet », « Les Visages de l'humain »,
-         Lito, « Moi, j’aime les romans », « La Collec’ des filles », « Autour du monde »
-         Editions Plon Jeunesse
-         Editions Averbode
-         Glénat, « P’tit Glénat »,     
-         Albin Michel Jeunesse, « Sagesses et Malices »,  
-         Editions Epigones
-         Editions Mijade (Namur)
-         Lire, c’est partir
-         Editions M.D.I.

-         Editions Armada Jeunesse


vendredi 5 juin 2015

Hommage à Gudule (2)

En hommage à Gudule (2)



Et si l’une des meilleures façons de rendre hommage à Gudule (alias Anne Dugüel) était de rendre compte de ses ouvrages parus sur le rayon jeunesse ?
Bien entendu, il n’est pas question d’atteindre une exhaustivité quasi impossible mais de proposer au total (en comptant celles de la 1ère partie) les couvertures de plus d’une centaine de livres.
Bien sûr, des esprits taquins s’amuseront à trouver parmi eux les éléments (ou les aliments) d’une littérature alimentaire. Peu importe.


C’est le moment de rappeler que Gudule n’a pas craint d’associer son nom à des séries juvéniles. Il y eut d’abord la série « Mickette » créée à partir du récit L’Ecole qui n’existait pas datant de 1994. Cette série est parue d’abord chez Nathan puis chez pocket Jeunesse.
Dès 1995, Gudule écrit pour Hachette Jeunesse la série « Les Frousses de Zoé » qui comptera une quinzaine d’épisodes. La série d’abord parue dasn « La Bibliothèque rose » renaîtra dans « Le livre de Poche Jeunesse » sous le titre générique : « Zoé la trouille ». Toujours chez Hachette et encore depuis 1995, Gudule participe plus d’une vingtaine de fois à la novélisation des épisodes télévisés de la série « L’Instit », des novélisations parues dans « La Bibliothèque Verte ». Au cours de l’année 2002 paraissent chez Magnard quatre épisodes de la série Ma petite sœur a des super pouvoirs  illustrés par Fañch,. Ajoutons, à partir de 2007, les novélisations de certains épisodes (comme La Fée Courgette, Le Baron vert, Le Lit sauvage, Le Sorcier, Le Cirque, La Grotte des horreurs, Les Pirates de l’herbe…) de la série télévisée « L’Île à Lili ».. Les albums paraissent dans la série « Nathanpoche Aventure », chez Nathan.       
Gudule a aussi novélisé plusieurs films comme Minuscule La Vallée des Fourmis Perdues avec Cécile Jugla (Album Nathan), La Véritable Histoire du Chat Botté (Bayard Jeunesse),  Elle a écrit en 2008 le texte de L’Album du film Magique.


Rendons hommage à l’occasion aux illustrateurs et illustratrices (mais la liste est très incomplète) qui ont donné leurs talents aux oeuvres de Gudule : Yann Autret, Jacques Azam, Elodie Balandras, Aline Bureau, Julia Chausson, Xavier Collette, Claude K. Dubois, Jean-François Dumont, Christophe Durual, Fañch, Alain Fretet, Roland Garrigue, Stéphane Girel, Mayalen Goust, Quentin Gréban, Jacques Guillet, Emmanuelle Houdart, Frédéric Joos, Daniel Kerleroux, Karen Laborie, Marie Lafrance, Florence Langlois, Mathieu Laville, Claire Le Grand, Magali Lefebvre, Dominique Maes, Jean-François Martin, Anaïs Massini, Annick Masson, Frédéric Mathieu, Marianne Maury-Kaufmann, Eric Meurice, Christophe Merlin, Didier Millotte, Simon Moreau, Sébastien Mourrain, Philippe Munch, Joëlle Passeron, Pef, Dylan Pelot, Nancy Peña, Bruno Pilorget, Frédéric Pillot, Princesse Camcam, Frédéric Rébéna,  Sandrine Revel, Patricia Reznikov, Cali Rézo, Samuel Ribeyron, François Roca, Bruno Salamone, Ludovic Sallé, Irène Schoch, Elisabeth Schlossberg, Alain Schwarzstein, Sylvie Serprix, Siro, Etienne Souppart, Franck Stephan, Yann Tisseron, Nadine Van der Straeten, Olivier Vatine, Valérie Videau...



La revue Je bouquine a publié trois récits de Gudule : La Lettre, récit illustré par Bruno Pilorget en septembre 2002, Une tribu d'enfer, récit illustré par Marianne Maury-Kaufmann en novembre 2004 et Les Dentelles du diable, récit illustré par Yann Tisseron en mars 2007.



A chacun à chacune d’élire la trentaine ou la cinquantaine d’ouvrages incontournables de cette écrivaine qui donne à elle seule un aperçu très éclectique de la littérature de jeunesse actuelle même si elle n’est pas présente chez certains éditeurs.      

  

vendredi 29 mai 2015

Au revoir Anne Dugüel, adieu Gudule

Au revoir, Anne Dugüel, adieu Gudule


Nous aimions la voir et l’écouter quand elle défendait ses livres et ses idées avec cette âme d’adolescente souvent révoltée par l’injustice mais avec cette gentillesse et cette vraie simplicité que  l’on rencontre souvent en Belgique. Dans les Vosges, nous la connaissions depuis qu’elle avait remporté le Prix du jury littéraire Fantastica de Gérardmer en 1995 avec le recueil de nouvelles, Le Chien qui rit. C’est avec un immense plaisir qu’on la retrouvait, soit au FIG de Saint-Dié, soit aux Imaginales d’Épinal. 


Née Anne Liger-Belair à Ixelles, près de Bruxelles, Anne Dugüel (l’un des ses noms de plume pour les ouvrages destinés aux adultes) adopte pseudonyme de Gudule pour ses contes, journaux intimes, romans et récits édités en « jeunesse ».
Cette boulimique de lecture et d’écriture a tant écrit depuis près de 30 ans que chacun n’aura qu’une vision partielle (et peut-être partiale) de son œuvre même dans le rayon jeunesse, le seul évoqué ici.
   Passionné de poésie, de bande dessinée, comme toute sa famille, et de littérature, cette « monomaniaque » de la plume a gratifié la jeunesse de 3 à 15 ans d’une multitude de récits courts ou denses  en privilégiant le fantastique, l’humour et les sentiments.
Si ses éditeurs sont multiples, entre autres Syros, Thierry Magnier, Flammarion, Grasset Jeunesse, Lito, Mango, Magnard, Mijade, Degliame, Albin Michel Jeunesse, Milan, Pocket…, il faut privilégier Hachette et Nathan. Elle a en effet publié chez le premier quinze récits dans « Le Livre de poche Jeunesse », une vingtaine de novélisations de la série télévisée « L’Instit », et la série juvénile « Les Frousses de Zoé » (depuis 1975) devenue « Zoé la trouille » (toujours chez Hachette Jeunesse). "Vertige Cauchemar" publie Ne vous disputez jamais avec un spectre,  quand la petite sœur se mue en « créature de cauchemar » et La Forêt des hurlements transforme un paradis du monde parallèle en enfer. Dans la collection « Vertige », La Fille au chien noir est un récit très émouvant. Dans « Le Livre de poche Jeunesse », Gudule introduit le fantastique en 1995 avec La Bibliothécaire, un ouvrage recommandé par l’Education nationale. En 2002, Barbès Blues met en scène l’adolescente Véra et des marginaux à la recherche d’un auteur pour lui rendre son polar inachevé et Impasse du Nord est un  récit construit autour d’un cinéma menacé de disparition...


Nathan est l’éditeur de romans parus dans les collections « Pleine lune »et  « Lune noire Fantastique ». C’est là qu’est créée Mickette, une écolière aux aventures fantastiques. Dans "nathanpoche", on réédite la série évoquant les aventures de la fillette enfermée, par exemple, dans L’Ecole qui n’existait pas, école caserne et enfer métallique. Mickette découvre que les autres élèves ne sont que des cerveaux électroniques dans des enveloppes plastiques ! Plus tard, à partir de l'an 2000 et jusqu’en 2012, la célèbre "Contes et Légendes" accueille plusieurs recueils de Gudule (Contes et Légendes de la peur, Contes et légendes de l’amour …).




Gudule, « la squatteuse de toutes les collections », se devait d’être présente dans « Les Fantastiques », chez Magnard avec Qui hante la tour morte ? et  Le Métro, c'est l'enfer. Après avoir publié, outre Horrible baby-sitting, le nouveau petit récit Ma petite sœur a de super pouvoirs dans la collection « Les P’tits Fantastiques », donne naissance à une série homonyme dès 2001.  

Dès ses débuts en 1987, Gudule n’a jamais craint de traiter de sujets graves dans des récits parfois réalistes mais en les dédramatisant. Aussi a-t-elle évoqué l’histoire de Julien quand ses parents se séparent dans Bye bye maman, l’épreuve subjective de la laideur quand on a pour modèle Marylin Monroe dans Rosaloche la moche. Plus tard, sans jamais céder vers une fin désespérante, elle aborde la xénophobie (Mort d’un chien ou L’Immigré), le sida (La Vie à reculons), le sexe et l’usage du préservatif (L’Amour en chaussettes), les peines sentimentales (L’Adolescent de minuit), la misère et les sans-abris (L’Envers du décor), l’homosexualité (Étrangère au paradis), le handicap (Cœur de guimauve), le suicide (Mordre le ciel)…  


Chez Grasset Jeunesse, dans la collection "Lampe de Poche" sensible aux  relations des adolescents avec leurs semblables ou avec leur environnement, paraissent des romans pour adolescents. Gudule a d’ailleurs obtenu le Prix des incorruptibles en 2000 pour J’irai dormir au fond du puits, se déroulant dans une campagne où les esprits mauvais semblent aussi nombreux que les mauvais esprits. Paraissent encore des récits plus intimistes et plus autobiographiques, après Notre secret à nous et  Villa des dunes. La Vie en rose revient sur les années 60 en Belgique, pays d’origine de l’écrivaine. Rose, éprise d’amour et de liberté ne quittera pas sans douleur son milieu « petit bourgeois ». Soleil Rose, (un soleil concrétisé par un bébé), et La Rose et l’Olivier, (quand Rose est au Liban dans la famille de son mari), nous en dit plus sur l’itinéraire mouvementé de la même héroïne dont les aventures sont très autobiographiques.
La collection « Tribal », chez Flammarion, publie aussi des romans pour adolescents. Gudule publie au moins six romans dans cette collection. On y rencontre dès l'an 2000, J’ai 14 ans et je suis détestable, un roman-miroir. En 2002, Mordre le ciel évoque le suicide d’un adolescent de 16 ans.
Gudule est l'auteur de plusieurs novélisations de films et elle a publié deux titres dans la collection "P'tit Glénat".


Divers prix littéraires ont reconnu ses talents et si les romans pour adultes sont absents de cette présentation, précisons que plusieurs de ses romans peuvent être lus avec profit par les adolescents.
En ces temps réactionnaires de droitisation massive de la pensée, il serait bon de se souvenir d’une œuvre diverse, courageuse et généreuse, tolérante, toujours imaginative et qui suppose pas mal de combats énergiques avec certains directeurs de collections.     
Repose en paix Gudule. Nous t’aimons.


Références :
- Josée Lartet-Geffard : Le Roman pour ados, Editions du Sorbier, 2005
- François Manson dans le  Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d’enfance et de jeunesse en France
(Direction, Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot), Cercle de la Librairie, 2013.
 - Raymond Perrin : - Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle , L’Harmattan, édition 2014.