jeudi 18 août 2011

Yvon Mauffret, chantre de la Bretagne et de la mer




Yvon Mauffret, chantre de la mer et de la Bretagne

Né dans le Morbihan, à Lorient, le 24 décembre 1927, Yvon Mauffret est décédé le 15 mars 2011 à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans sa chère presqu’île où il résidait depuis 1968-69. Il est né dans une famille de marins, son père dont il appréciait les récits étant capitaine dans la marine marchande et pilote du port de Lorient.
Après des études classiques perturbées par la guerre, ce qui ne l’empêche pas d’obtenir son bac philo le 6 juin 1944, la maison familiale étant détruite et le père se retrouvant sans emploi, le futur romancier, pour gagner sa vie, fait un passage d’un an et demi aux P.T.T. avant de faire son service militaire comme matelot et de naviguer comme « écrivain », c’est-à-dire secrétaire de bord dans la marine marchande.
L’adolescence vécue pendant la guerre donnera ainsi des accents de vérité aux trois récits : Le Jardin des enfants perdus (Milan, 1989), Mon journal de guerre (Rageot, 1988) et Un été entre deux feux (Rageot, 2003).
Sa vie maritime est pour lui l’occasion de sillonner les mers du monde, des ports de l’Afrique du Nord à ceux du canal de Suez, avant Aden, Djibouti et Madagascar. En Europe du Nord, il accoste à Brême, Anvers et Hambourg avant d’aborder aux ports de la côte est des Etats-Unis, comme Boston, New-York, Philadelphie et Baltimore... Il naviguera encore sur un « liberty-ship » (tel l’Adonis dans Un homme à la mer), entre le Brésil et l'Argentine. Ces voyages lui permettent de satisfaire sa boulimie de lecture, présente depuis l’enfance quand il se passionnait pour Tom Sawyer, David Copperfield, L’Île au trésor, Michel Strogoff ou Michaël chien de cirque, et de se consacrer à l’écriture.
Quand il quitte la marine marchande, il va vivre une vingtaine d'années en région parisienne en vivant de divers petits métiers peu lucratifs. Il écrit, sous le pseudonyme d’Yvan Rhuys, des scénarios de bandes dessinées et des petits romans à suivre pour les journaux de jeunesse : Lisette, Pierrot et Champion.

Une longue carrière de romancier

Tout en appréciant la vie intellectuelle parisienne des années 50, grâce à Marianne Monestier, directrice de la collection pour les adolescentes, « Les Sentiers de l'aube », il publie son premier roman : Capitaine Juliette, en 1957. Deux autres récits suivront dans la même collection. Désormais, il va vivre de sa plume et publie plus d’une centaine de livres, la plupart dans les collections pour la jeunesse. Mais les adultes lui doivent aussi des guides touristiques (en particulier sur la presqu’île de Rhuys, des livrets d’opéra, un oratorio, des commentaires pour des spectacles son et lumière et divers romans (dont quelques récits policiers construits autour du personnage de Tréphine de Baghenhir, parus chez Liv'Editions, un éditeur du Morbihan qui réédite aussi des romans jeunesse d'Yvon Mauffret)
La plupart des romans qui vont suivre ont pour cadre la Bretagne. La mer, les bateaux, les histoires de mousses et de vieux marins hantent des récits bien menés, solidement construits. Les fictions richement documentées d’Yvon Mauffret font naître l’émotion tant les qualités humaines animent ces romans d’aventures et aussi parce que, en plus de l'exercice d’une imagination fertile, l’auteur est resté fidèle à l’esprit d’enfance. Yvon Mauffret n’a pas son pareil pour décrire les rapports entre un grand-père et son petit-fils, dans Pépé la boulange, entre un vieil homme et un jeune garçon ou un adolescent, par exemple dans Goulven, l’ami mystérieux de Jean-René, Le Trésor du menhir (avec le petit Parisien Simon et Tonton Apostol)
Tant dans la presse des jeunes que dans les fictions romanesques, Yvon Mauffret introduit des personnages féminins dynamiques ou attendrissants, comme Nanou et Domi (dans Lisette), Caroline dans Le Manoir en péril, Valentine Clément dans Pépé la boulange. Il crée le personnage amusant et très juvénile de Virginie pour la collection Rouge et bleu chez G.P. et Mélusine, chez Rageot.
Le romancier développe dans plusieurs récits l’attachement à un animal. Si le chien est clairement présent, dans Pour un petit chien gris et Le Rescapé, les chats sont surtout évoqués dans Trois chatons pour Zélie. La surprise est plus grande quand on découvre la défense d’une vieille laie dans Prunelle (Casterman, 2000), la création de La Vache bleue qui parle à certains ou du vieux cheval Pistou, avec Le Cheval dans la maison
On doit aussi à Yvon Mauffret des ouvrages biographiques comme ceux qui sont consacrés à Chateaubriand, Kerguélen, Magellan et Lafayette.
En dépit de sa longue carrière romanesque et des prix littéraires obtenus, Yvon Mauffret n’a guère suscité d’études et de commentaires approfondis sur ses livres. Il a pourtant été présent dans de nombreuses collections pour la jeunesse. Il y eut d’abord, de 1957 à 1960, pour trois titres, la collection « Les Sentiers de l’aube », chez Plon, une collection destinée aux jeunes filles, tout comme la collection « Monique », chez Fleurus (où paraît Bouli et le barbu en 1959).
Aux éditions G.P, les romans d’Yvon Mauffret apparaissent dans six collections. D’abord « Spirale » pour Souviens-toi Jonathan (1960) et La Belle Amarante (1961).
La collection « Dauphine » destine à des lecteurs plus jeunes publie cinq récits depuis Le Secret du grand mur (1964) jusqu’à Agathe au bois dormant (1975).
Pour les lectrices plus jeunes encore paraissent, de 1972 à 1977, dix ouvrages dans la collection « Rouge et bleue ». Huit sont consacrés aux aventures de Virginie, depuis Virginie déménage (1975) jusqu’à Virginie marmitonne (1978).
Chez G.P., la trop peu connue collection « Olympic » (publiant des livres de prix) permet à Yvon Mauffret de publier cinq romans bien illustrés en noir et blanc : Marina ou le temps d’un été (1968), Le Manoir en péril (1970), Pilotin du cap Horn (1970, une dure expérience au début du XXe siècle pour l’adolescent Etienne), La Maison dans l’île (1972, l’adolescent Jobic Le Hen vit sur l’île de Penru) et Goulven (1976, quand Jean-René, fils d’ostréiculteurs rencontre Adrien Grosbois).
Un seul titre paraît dans la collection pour adolescents « Grand Angle » : Le Chemin du large (1975).
La collection « Souveraine Rouge et Or », toujours chez G.P., republie Goulven (1978) et édite Deux frères dans la tempête.
De 1967 à 1983, des récits importants paraissent dans la collection « Bibliothèque de l’Amitié », aux éditions de l’Amitié-G.T. Rageot. En particulier, Le Trésor du menhir (1967), Le Mousse du bateau perdu (1973) et Gildas de la mer (1983).
Chez le même éditeur, la collection « Ma première amitié », pour les premiers lecteurs, publie trois titres de 1979 à 1984, dont La Nuit des korrigans.

Quelle postérité pour un romancier prolifique ?

Est-ce la trop discrète présence d’Yvon Mauffret chez de grands éditeurs comme Hachette et Gallimard qui explique son absence de nombreuses études consacrées à la littérature jeunesse ? Chez Gallimard, on le rencontre seulement dans « Folio Cadet », pour Au revoir Fénimore (1984) et dans « Folio Cadet-Biographies » grâce à Kerguelen, amiral et corsaire (1986).
Si « Le livre de poche Jeunesse » n’avait pas réédité Un homme à la mer, d’abord paru dans la revue Je bouquine, Yvon Mauffret ne serait pas présent chez Hachette.
Notons aussi une présence très discrète à l’Ecole des Loisirs, pour Pépé la boulange, dans la collection « Neuf », un roman passionnant contant le retour de Julien Granger à Belle-Île son île natale et le lieu de ses premières amours.
Des ouvrages ont paru dans des collections aujourd’hui disparues. Par exemple, Chateaubriand dans la collection « Biographie/Travelling », chez Duculot, Au vent de la flibuste (Collection « Histoires d’Histoire », chez Hatier en 1992), Une audacieuse expédition, dans « Les Maîtres de l’Aventure », chez Rageot, ou Le jardin des enfants perdus (1989) chez Milan (Collection « Zanzibar »).
Disparue aussi, la collection « Moi, Mémoires », chez Casterman quia vu paraître Moi, Magellan, chevalier portugais, capitaine de sa majesté le roi d’Espagne, qui voulus faire un tour du monde (1988) et Moi, Lafayette ci-devant marquis, qui, sur les rives atlantiques, combattis pour la liberté (1989). Notons encore, dans les années 90, chez Casterman, La Clé et Le Cheval dans la maison (Collection « Huit et plus ») et Prunelle (Collection « Dix et plus »).
Alors, pour la survie des livres juvéniles d’Yvon Mauffret, peut-être faut-il compter, en Bretagne même, sur Liv'Editions, et au plan national, sur les éditions Rageot. La collection « Cascade », née en 1989, a successivement édité ou réédité : Le Mousse du bateau perdu (1990), Une amitié bleue outremer (1991), Le Trésor du Menhir (1992), Au secours Mélusine !(1994), Pour un petit chien gris(1994), Au royaume des nains et autres contes de gnomes, lutins et gobelins(1995), Mon Journal de guerre (1996), L’Ogre des mers et Bien joué Mélusine ! Trois chatons pour Zélie, Un été entre deux feux et Les Oignons de la fortune (Nouvelle édition de Une audacieuse expédition), quand les Bretons, de Roscoff à Saint-Léon, devaient partir pour vendre leurs oignons dans le Pays de Galles.
L'oeuvre est si vaste que l'on n'a pu évoquer les livres édités chez Epigones, La Martinière, Galic, S.P.E.S,Urtebise,etc.

Souhaitons que demeurent longtemps les œuvres majeures d’un romancier sincère et authentique dont la carrière littéraire s’est construite sur près d’un demi-siècle.
En relisant certains de ses romans, je me dis souvent : « J’aurais bien aimé rencontrer cet homme-là ! »


Références :
Claude BRON : Romanciers choisis pour l’enfance et l’adolescence Editions H. Messeillier, Neuchatel, 1972.
Nic DIAMENT : Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse : 1914-1991 L'Ecole des loisirs, 1993.
Didier-Jacques DUCHE : La Bibliothèque idéale des enfants Editions universitaires, 1967.
Jacqueline et Bernard LE NAIL : Dictionnaire des auteurs de jeunesse de Bretagne Préface de François CARADEC Keltia Graphic Editions des montagnes Noires, 2001.
Raymond PERRIN : Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle Nouvelle édition 2009, remaniée, revue et augmentée de Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans L’Harmattan, 2009.


Yvon Mauffret et la presse des jeunes



Yvon Mauffret (1927-2011) et la presse des jeunes

Le romancier breton Yvon Mauffret, sous le pseudonyme d’Yvon Rhuys, a participé aux journaux pour filles Lisette et Lisette Magazine. Pour Lisette, il compose d’abord pour de courts récits (en 1959*1960), par exemple Le Trésor du baron Pierre et Nadette et le vase grec. Il intervient ensuite en tant que scénariste de bande dessinée, il propose un épisode de la série « Nanou », illustré par La Selve : Nanou et l’inconnu de Florineige (1960).
Plus tard, on retrouve sa signature dans la série « Domi », illustrée par Pierre Lacroix (par exemple en 1965, dans Domi et le cirque Minestrone). On retrouve le scénariste Yvon Rhuys, dans Lisette Magazine, de 1969 à 171, pour la bande dessinée humoristique, Les Caboches (les aventures de trois cousins français et de deux jeunes Anglais), une bande dessinée par Jip, alias Jean-Paul Dethorey.
Dès les débuts de la revue Je bouquine, publiée par Bayard Presse, Yvon Mauffret apparaît. Il écrit d’abord Un homme à la mer, un court récit illustré par Romain Slocombe paru dans le n° 2, en avril 1984 et le récit sera réédité dans « Le Livre de poche jeunesse–Je bouquine ». Suivront deux autres récits maritimes : Le Rescapé, en décembre 1985 et S.O.S. dans la tempête, paru en juillet 1988.

P.S. : Contrairement à ce qu’on a pu lire parfois, Yvon Rhys est apparemment le seul pseudonyme d’Yvon Mauffret et il n’a rien à voir avec celui de François Drall.

dimanche 14 août 2011

Henri Thomas et Boris Simon : une amitié peu connue



Henri Thomas (1912-1993) et Boris Simon (1913-1972) : une amitié peu connue

Si la Nouvelle Revue Française n’avait pas publié en octobre 1994, dans son numéro 501, sur une quinzaine de pages (pages 158-173), les Lettres à Boris Simon (1932-1943) du poète, écrivain et traducteur Henri Thomas, il est probable qu’on aurait oublié que ces deux hommes s’étaient liés d’une amitié durable.
En effet, les ouvrages consacrés à l’écrivain d’origine vosgienne sont plus que discrets sur les rencontres et les échanges des deux Lorrains (Boris Simon étant né à Malzéville, près de Nancy). On chercherait vainement la moindre allusion dans le numéro 100 des Cahiers vosgiens paru en avril 1993 ou dans le n° 2 de la revue L’Erckmann Chatrian, parue la même année, deux ensembles pourtant entièrement consacrés, l’un au « voyageur du rêve », l’autre au « solitaire vosgien ». Aucune allusion au cœur du Henri Thomas (Editions du Félin) de Salim Jay en 1990. Dans Henri Thomas ou les feux du solitaire (1992), le regretté François Jodin est aussi très sobre. Il cite Boris Simon comme participant en 1932 à la revue Les Cahiers de l’humanisme dans laquelle « on ne trouve pas de numéro où ait écrit Henri Thomas » ! Dans la même page 49, il ajoute seulement : « A noter que Thomas est venu, plus tard, aux obsèques de Boris Simon, en compagnie de l’abbé Pierre ». (C’était en 1972 à Saint-Cloud). C’est tout (1). Les biographes actuels ne sont guère plus diserts (2).
Il est donc utile, voire urgent d’esquisser le sujet.
Après ses études au Lycée de Saint-Dié (Saint-Romont dans Le Seau à Charbon) et un premier prix de philosophie au Concours général, Henri Thomas, natif d’Anglemont, dans une famille vosgienne de paysans et d’instituteurs, après sa scolarité à Saint-Dié, fait sa khâgne au lycée Poincaré de Nancy en 1931-1932. C’est là qu’il fait la connaissance de Boris Simon, son aîné d’un an, né à Malzéville en 1913, d’un père français, chef de travaux de mathématiques à Nancy et passionné d’art, et d’une mère russe, Elisabeth Gontcharov, petite nièce de l’écrivain Ivan Gontcharov (il serait donc temps d’en finir avec la mention de la seule « origine russe »).

Une correspondance connue partiellement et unilatéralement

Les deux amis qui se séparent quand Thomas part préparer Normale Sup au lycée parisien Henri-IV (un projet bientôt abandonné), vont entretenir une correspondance dont nous ne connaissons guère pour l’instant que des bribes, la parution de l’ensemble des lettres annoncée pour 1995, sous le titre Serment de jeunesse, n’étant pas encore effective.
Que nous apprennent les extraits parus dans la NRF ? Surtout des échanges d’impressions de lectures et de rencontres littéraires ou sentimentales. Henri apprend à Boris qu’il aura comme professeur de philosophie au Lycée Henri-IV, Alain (alias Emile Chartier, peu apprécié par celui qui lui préfère ce "vieil immoraliste" de Gide). Il lui parle de leurs projets poétiques respectifs en espérant une édition commune de leurs deux livres à Paris (en fait, Henri Thomas ne publiera ses propres poésies qu’en 1939 dans la revue Mesures). Il évoque un déjeuner avec Gide, ses relations à la NRF avec Paulhan... En 1941, Thomas parle d’un recueil de poésie de Boris (mais on en ignore le titre, même s’il nomme trois poèmes). Comme les réponses de Boris Simon sont absentes, la correspondance unilatérale de Thomas ainsi publiée, reste sibylline et difficile à décoder.
Notons que les Carnets 1934-1948 d’Henri Thomas (3), publiés chez Claire Paulhan, citent cinq fois Boris Simon et évoquent en outre leur condisciple à Nancy, René Wauquier, membre actif des Cahiers de l’Humanisme et qui préparait l’agrégation d’allemand.
Peut-être vaut-il mieux s’interroger sur ce qui a pu rapprocher ces deux hommes. Tous deux ont perdu très tôt leur père. Celui d’Henri Thomas décède des suites directes de la guerre en janvier 1919. Celui de Boris Simon disparaît en février 1922, à l’âge de 42 ans. Or, des quatre fils de Pol Simon (dont le journaliste et écrivain Sacha et l’illustrateur Romain), deux d’entre eux, Sacha et Boris, en raison de la guerre et de la Révolution russe, vécurent en Russie de 1914 à 1921, chez la grand-mère maternelle.
Boris, devenu comme ses frères et comme Henri Thomas, pupille de la nation, a donc très peu connu son père et cette situation d’enfant de la guerre et d’orphelin de père a dû rapprocher les deux amis qui vont, l’un et l’autre, se chercher des pères de substitution fort différents.
Tous deux ont des aptitudes prononcées pour les langues étrangères. Boris parle couramment le russe et sera professeur d’allemand (et d’Histoire de l’art) et traduira Thomas Bernhard et Harry Kessler. On connaît le considérable travail d’Henri Thomas en temps que traducteur. N’a-t-il pas traduit du russe, de l’allemand, de l’anglais, les plus grands auteurs comme Pouchkine, Shakespeare, Melville, Adalbert Stifter, Goethe, Ernst Jünger, etc ? Peut-être leur correspondance complète évoque-t-elle des échanges sur les langues, leur goût de la traduction et leurs aptitudes respectives.

Des chemins sans doute divergents

Mais chaque personnalité, au fil des ans, va prendre des directions qui les éloignent l’un et l’autre de leurs goûts partagés de grands adolescents sensibles et imaginatifs. On connaît, chez Thomas, éternel migrateur au point de devenir un « méconnu capital » (selon Maxime Caron) (4), la propension au refus de « rouler dans la bonne ornière », comme disait Rimbaud. On sait son indifférence à l’air du temps et sa capacité au renoncement, son goût du rêve et de la solitude (« Récris-moi quand tu es gai » demande-t-il à Boris).
Boris Simon, après des ambitions poétiques qui paraissent assez vite abandonnées, semble davantage, comme ses trois frères d’ailleurs, entrer dans la vie adulte avec optimisme et sans grands états d’âme. Il s’oriente vers l’enseignement et la peinture (comme le rappellent les Carnets 1934-1948, il a fait partie du groupe des Annonciades de Pontarlier). Outre des poèmes et des pièces de théâtre, cet ancien scout de France, comme ses frères Romain et Louis (rédacteur en chef de la revue Scouts de France), choisit d’écrire des ouvrages probablement fort éloignés de la sensibilité de Thomas puisqu’il s’agit de romans scouts (publiés entre 1946 et 1959) et de jeux dramatiques !
Plus tard encore, l’écart risque de se creuser quand Boris Simon convalescent de la tuberculose, fait la connaissance de l’Abbé Pierre dans sa première résidence de Neuilly-Plaisance. Ils se lient d’amitié et Boris passe plusieurs années à promouvoir l’œuvre de son ami en devenant son principal collaborateur. A partir de 1952, Boris fait le récit-témoignage, vécu de l’intérieur, de l’aventure des Compagnons d’Emmaüs. Il en résulte l’ouvrage Les Chiffonniers d’Emmaüs,écrit dès 1952 et paru au Seuil en 1954, après « l’Appel de l’Abbé Pierre » sur le sort des sans-logis (un ouvrage réédité à l’initiative de Madame Isabelle Simon, fille de l’écrivain, chez Michalon, en 2004). Le livre est adapté en un film qui sort en 1955, avec un scénario de René Barjavel, l’année où Boris publie Le Poids des autres, Les Chiffonniers d’Emmaüs 2.
Espérons qu’un jour paraîtra enfin la correspondance croisée d’Henri Thomas et de Boris Simon pour qu’on apprécie davantage les liens affectifs et intellectuels de deux êtres attachants qui se sont sans doute autant nourris de leurs points communs que de leurs différences.

Notes et références :
1) François Jodin : Henri Thomas ou les feux du solitaire
Epinal : La Licorne, 1992 (204 p.)
2) Paul Marin : Henri Thomas Le Temps qu’il fait, 1998.
On peut y lire, page 17 : En 1938, alors qu’il est étudiant à Strasbourg, Thomas écrit à Boris Simon : « J’ai des soirées toutes illuminées par cet seule pensée : PROGRESSER, muer mes velléités en volontés, mes volontés en réalités ».
3) Dans les Carnets (1934-1948), édition établie par Nathalie Thomas, fille de l’écrivain, pour les éditions Claire Paulhan, Boris Simon est cité 5 fois, en particulier page 33, pour une photo qui montre, à la droite de Thomas, « fumant la pipe, son ami Boris Simon ».
4) Maxime Caron : Henri Thomas Ed. La Part commune, 2006.

Raymond Perrin

Merci à Damien Didier-Laurent pour son aide précieuse.

P.S. : Une version réduite du sujet avait, en vain, a été proposée à un quotidien lorrain.
Comme le blog s'appelle "Eclectisme" et que j'évoque en outre Boris Simon, le frère de Romain Simon, largement évoqué ici, je n'ai pas de scrupule à publier ce texte dans ce blog !
On peut consulter désormais sur Wikipédia la page consacrée à Boris Simon-Gontcharov, page revue et corrigée en 2010.

vendredi 5 août 2011

Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse) : une double disparition


Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse) : une double disparition

J’étais loin d’imaginer en écrivant un hommage pour les « Grimaud », après la mort de Marcelle le 22 janvier 2011, que son compagnon Jean-Louis allait la rejoindre le 27 juillet de cette même année 2011.
Je ne vais pas reproduire cet hommage que j’ai légèrement revu. Il suffit de cliquer sur « Michel Grimaud » à droite pour le lire.
Outre cette double disparition, ce qui m’émeut aujourd’hui, c’est que, fort discrètement comme à son habitude, à la date du 11 février 2011, dans la partie commentaires, Jean-Louis a écrit : « Le coucou a dit : Merci (JLF) ». Je n’ai pas voulu ajouter quoi que ce soit à ce message laconique.
Ce qui me sidère, c’est que beaucoup d’internautes semblent encore ignorer l’œuvre des Grimaud même ceux qui connaissaient son blog. Il y a même des internautes qui confondent parfois leurs livres avec ceux d’autres auteurs !
Alors, pour éviter cet état de fait, je me fais un devoir de publier 36 couvertures concernant leur œuvre. Cela n’a rien d’exhaustif mais j’espère que cette publication donnera une idée de la richesse et de la variété de leur œuvre car la meilleure façon de leur rendre hommage, c’est encore de chercher à connaître ce qu’ils ont écrit et de sauver leurs livres d’un injuste oubli.
J'espère qu'après le temps de l'été et des vacances, des plumes plus compétentes se pencheront sur les livres des Grimaud pour en rappeler l'originalité et la force.

vendredi 22 juillet 2011



Romain Simon (1916, Malzéville-2007, Salon-de-Provence), illustrateur chez divers éditeurs

Né le 5 janvier 1916 à Malzéville, dans la région nancéenne, le Lorrain est à la fois d’origine française par son père et russe par sa mère. Son père, Pol Simon, né à Commercy en 1880, était chef de travaux de mathématiques à la Faculté des sciences de Nancy et professeur à l’institut électrotechnique. Sa mère Elisabeth Gontcharov était la petite nièce d’Ivan Gontcharov, l’auteur d’Oblomov.
Quatre fils artistes, journalistes ou écrivains naissent de ce mariage: l’écrivain et journaliste Sacha, né en 1908 en Russie, l’acteur, romancier et chansonnier Louis, né en 1911 à Nancy, l’écrivain et traducteur Boris, né en 1913 à Malzéville, comme son frère Romain.
Pol Simon n’a pas le temps d’assurer l’éducation de ses enfants puisqu’il meurt en 1922, à l’âge de 42 ans et les enfants sont, dès cette date, adoptés par La Nation. Elisabeth Gontcharov (Smolensk, 1883-Nancy, 1947) élève seule ses enfants puisque sa mère Douchka, dépossédée de ses biens en Russie et venue en France, est tuée par un express sur le quai d’une gare, près de Nancy.
Romain Simon a fait partie d’un groupe créé par le père jésuite nancéen Brandicourt, connu pour ses spectacles de marionnettes mais après la guerre de 39-45. Elève du grand maître cartonnier et tapissier Jean Picart le Doux (1902-1982) et du peintre figuratif Maurice Mazo (1901-1989), très attaché à la perfection technique et formelle et à la représentation, Romain Simon apprend auprès d’eux son sens de la composition, son goût très sûr pour les couleurs tout en développant son sens naturel de la fantaisie et du bonheur de vivre.
On connaît sa participation, avec son frère Louis, à la troupe des Comédiens routiers transformés en acteurs accomplis par l’homme de théâtre et pionnier Léon Chancerel (1886-1965), disciple de Copeau. De 1929 à 1939, ces comédiens aguerris animent le Théâtre de l’enfance, théâtre itinérant populaire quand Radio-Luxembourg diffuse en 1937 les 27 épisodes des Aventures de Ludulu. Les éditions Bouasse Jeune publient dès 1936 des albums illustrés par trois dessinateurs dont Romain Simon, seul auteur et illustrateur de Ludulu Messager. Romain réalise aussi les décors de ce théâtre et sculpte des masques.
En 1938-39, il quitte l’équipe théâtrale pour le service militaire. Il est canonnier du 155e régiment d’artillerie à pied sur un important ouvrage d’artillerie de la ligne Maginot, le Simserhof, installé sur la commune de Sierstahl en Moselle. En utilisant de la poudre de peinture et de la colle, Romain Simon a le temps de réaliser une peinture murale représentant Blanche Neige et les sept nains d’après le dessin animé de Walt Disney. Cette peinture est toujours visible comme à l’origine dans le foyer-bar du soldat de l’ouvrage. Invaincus mais contraints de rendre les armes par l’état-major français, les militaires sont se rendent aux Allemands. Romain est fait prisonnier comme son conscrit lorrain Hubert Gignoux (1915-2008), ancien Comédien Routier lui aussi. Après les années de guerre et de captivité, Romain Simon aurait dessiné pour des journaux. Il s’est marié en 1943 à Florac, en Lozère.
Après la rencontre décisive avec Léon Chancerel, une deuxième personne va infléchir plus tard la carrière de Romain Simon. C’est Paul Faucher (1898-1967), alias Paul François, "Le Père Castor", inventeur de l’album moderne au début des années 30, très attaché à l’éducation moderne et rencontré vers 1947-1948. Ces contacts fructueux débouchent sur la publication, dès 1949, de plusieurs "Albums du Père Castor".
Au début des années 50, Romain Simon travaille d’abord et surtout pour les éditions Hachette. Il participe surtout aux collections "Albums roses", dès 1953 avec Les Fables imagées de La Fontaine et à la collection "Gentil coquelicot". Il y développe avec beaucoup d’humour et de fantaisie les histoires de l’âne Picotin, celles de Nénuphar le chimpanzé (de 1956 à 1960), du chien basset Mirabelle, bien avant les aventures du chien Ploum, parfois sur des textes d’Axelle Porm. On connaît bien ses mises en images des adaptations d’Odette Larrieu, dans "Idéal Bibliothèque", pour les Fables de La Fontaine et Le Roman de Renard.
Mais Romain Simon multiplie déjà ses participations chez plusieurs éditeurs fort différents.
On le rencontre aussi bien chez Mame (pour Les Trappeurs de l’Alaska de Gustave Aimard en 1953 et En panne sur Mars de J. Carey Rockwell, en 1955), chez G.P. et chez Gédalge. Sa participation aux éditions Bias est fournie : Les Contes du fraisier sauvage de Henri Pourrat, Fables de mon jardin de Georges Duhamel... Au cours des années 60 et 70 s’ajouteront en 1965, les illustrations des Contes de l’hiver et Contes de mon chalet de Paul-Jacques Bonzon, de La Rencontre de Poucet et Petit-Bec de Jaap Ter Harr et de Mon ami l’écureuil de Maurice Genevoix. Les éditions Bourrelier font appel à l’illustrateur pour deux rééditions de Charles Vildrac : L’Île rose en 1956 et La Colonie en 1957.
Il va longtemps illustrer les ouvrages de la conteuse et romancière Marcelle Vérité Avec Le Monde des plantes paru chez Hachette en 1957, débute un long compagnonnage créatif entre le Lorrain et la Béarnaise d’origine.
Au début des années 60, dans la série "Il était une fois …", l’illustrateur livre des images très documentées pour La Forêt et ses bêtes et Il était une fois...Une rivière. Il est davantage présent dans la série des "Animaux". Toujours au cours des années 60, Romain Simon participe aux collections "Les albums puzzles" et "Les albums merveilleux"
De la fin des années 60 à la fin des années 80, Marcelle Vérité et Romain Simon vont alimenter la collection "Premiers livres" de nombreux albums évoquant quelques animaux familiers mais surtout des animaux sauvages.
Il se charge aussi d’illustrer les Fables de La Fontaine, Croc-Blanc de Jack London, Le Livre de la jungle et Histoires comme ça de Rudyard Kipling (des ouvrages malheureusement abrégés, ce qui n’enlève rien à la qualité des illustrations).
Chez l’éditeur G.P., on retiendra surtout, au cours des années 70, ses illustrations pour une réédition d’Amadou le bouquillon (1973) de Charles Vildrac, pour quatre romans de la série "Suzy" de Gretha Stevns, dans la collection "Dauphine". La collaboration avec l’éditeur s’arrête après qu’il a illustré L’Etrange petit poney de Rumer Godden (1980).
Chez Delagrave, de 1961 à la fin des années 70, Romain Simon met en images des textes d’auteurs connus, voire "classiques", comme Histoires de bêtes et Nouvelles histoires de bêtes de Louis Pergaud. En 1967, quand paraît Ratapla, renard de Camargue, (avant Salicorne et Saladelle) (des textes de Marcelle Vérité), les images de Romain Simon accompagnent aussi Un roman de Renart et La Princesse, la biche et le chevalier de René Guillot. Du même auteur, il met en images Monsieur le cheval (1969) et, en 1969, une nouvelle édition de Sama, prince des éléphants.
De Pompon, le petit âne des tropiques au Cirque Zigoto, au moins cinq livres de lectures écrits par Paul-Jacques Bonzon sont agrémentés d’images gaies et colorées.
La participation de Romain Simon aux éditions Casterman s’effectue surtout de 1959 à 1968, certains ouvrages étant réédités plus tard. De Marcelle vérité, il illustre de courts récits comme Le Voyage des éléphants (1962). Pour la collection "Plaisir des contes", illustrée en couleurs et dirigée par Marcelle Vérité, il met en images Bras-de-fer (1959) d’Henri Bosco et quatre recueils de Louise Bellocq, de Contes de mes bêtes au vent (1962) à Contes de mes bêtes à l’aventure (1968).
Romain Simon, après une participation en 1958, retrouve les éditions Nathan, au cours des années 70 et 80, pour de nombreux "albums Coccinelle". Ces livres privilégient les jeunes animaux Aux animaux familiers ou domestiques : chat, chèvre, âne ou chien…, s’ajoutent des petits animaux plus rares, comme le fennec, la gazelle, le panda, le renne ou l’hippopotame... De 1971 à 1983, on compte plus de 25 albums animaliers illustrés par Romain Simon.
Signalons encore, outre sa présence aux éditions Bonne, de l’Amitié, du Bois-Joli, du Sorbier, du Pélican, EDDL…, l’association aux Deux coqs d’or, de textes de Brigitte Delpech et des images de Romain Simon, en 2000, pour des albums très joyeux.
Romain Simon a renouvelé son style, plus léger, plus souple mais toujours aussi tendre et malicieux. Retiré dans le Sud de la France, en Provence, au pays du renard Ratapla, du taureau Salicorne et du cheval Saladelle, au cours des années 1990, Romain Simon est décédé à l’âge de 91 ans à Salon-de-Provence, le 4 avril 2007 sans que le fait soit signalé par ses nombreux éditeurs.


Synthèse bio-bibliographique

Merci à ceux qui se serviraient des textes et des images concernant Romain Simon sur le blog Eclectisme de signaler en toute franchise que ces documents proviennent de ce blog.

Compléments bibliographiques (non exhaustifs) :

George Cory Franklin, Ill. Romain Simon : Au pays des cinq rivières « Bibliothèque de la jeunesse », Hachette
Marguerite Geestelink, Ill. Romain Simon : La Légende des sept fontaines « Coll. Frégate », Bonne Presse, années 50.
Roger Landy et Alain Miraumont, Ill. de Romain Simon : Opération Double Six « Sim Agent double », Rouge et Or, 1971 (deux couvertures différentes).
Romain Simon : L’Âne n’est pas content (conte) (12 p.], Ed. du Bois-Joli, 1980.
Jacqueline Buisson, Ill. R. Simon : La Clé des Champs 1ères lectures C.P. A. Colin, 1982.

Editions du Bois-joli
André Lefèvre : Le Chat noir et la mésange bleue, Ill. Romain Simon, « Gai rossignol », Ed. du Bois-Joli, 32 p., 1980.
André Lefèvre : Le Moulin de l’oncle Oscar, Ill. Romain Simon, « Gai rossignol », Ed. du Bois-Joli, 1980.

Editions EDDL
Nicolas Cauchy, Ill. Romain Simon : Poivre le petit âne Ed. L’amuse-Temps, « Petite histoire naturelle » EDDL, 1997.
Nicolas Cauchy, Ill. Romain Simon : Caramel le cocker Ed. L’amuse-Temps, « Petite histoire naturelle » EDDL, 1997.
Nicolas Cauchy, Ill. Romain Simon : Mamouchka l’ourse 21 p., Ed. L’amuse-Temps, « Petite histoire naturelle » EDDL, 1997.

Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Les Petits amis de la forêt “Histoires pour bien s’endormir”, Gautier-Languereau, 1997.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Alyette l’alouette Hachette, 1998.

Editions du Sorbier
Romain Simon : Des fleurs ! Editions du Sorbier, 1990.
Romain Simon : L’Ours a faim Ed. du Sorbier, 1990.
Romain Simon : La Boule de neige Ed. du Sorbier, 1990.
Romain Simon : On échange Ed. du Sorbier, 1990.

Editions du Pélican
Grimm, Ill. Romain Simon : Les Animaux musiciens série « Pirouette », Ed. du Pélican, 1988.
(1ère édition, édition BIAS, 1975).
Romain Simon : Le Grand chien série « Pirouette », Ed. du Pélican
Romain Simon : Marmotte-Confiture série « Pirouette », Ed. du Pélican
Romain Simon : Cache-Cache ! série « Pirouette », Ed. du Pélican

André Bonne
Aksakov, (Sergei Timofeevitch) traduit par Jean Chuzeville, ill. Romain Simon : Un enfant de l’Oural André Bonne, 1950, rééd. 1961. Coll. « France Club »
Arthur Hansin Eide : La Lampe de l’igloo André Bonne, Coll. « France Club »

Editions de l’amitié
François Balsan, Ill. Romain Simon : Yambo, enfant de la brousse « Bibliothèque de l’Amitié », série Nature, 1964

Bourrelier
Charles Vildrac : L’Île rose, illustrée en couleur par Romain Simon « L’Alouette », Bourrelier, 1956.
Charles Vildrac : La Colonie, illustrée en couleur par Romain Simon, « L’Alouette », Bourrelier, 1957

Mame
Gustave Aimard, Ill. Romain Simon : Les Trappeurs de l’Alaska, « Succès de la jeunesse », 236 p., Mame, 1953.
J. Carey Rockwell, Ill. Romain Simon, trad. Madeleine Chavanon : En panne sur Mars « Succès anticipation », Mame, 1955.

mercredi 20 juillet 2011

Romain Simon, illustrateur aux éditions des Deux Coqs d'Or


Romain Simon, illustrateur aux Deux Coqs d’Or

C’est surtout dans les deux collections « Un petit livre d’argent » et « Les Petits copains » que Romain Simon illustre aux Deux coqs d’or, des textes de Brigitte Delpech. Il renouvelle son style en proposant, autour de l’année 2000, des images plutôt badines pour des albums très joyeux, comme Pas de blague, Quelle journée ! et Que d’eau ! Que d’eau ! Romain Simon se montre alors plus léger, plus souple mais il n’en reste pas moins toujours aussi tendre et malicieux. L'ours débonnaire Michka apparaît dans plusieurs albums.

Bibliographie :
Olivier Renaudin, ill. Romain Simon : Les Animaux et le chasseur, Ed. Deux Coqs d’or, 1978.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : La Carie de Croc “Un petit livre d’argent”, Deux Coqs d’or, 2000 et 2003 (deux couvertures différentes).
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Pas de blague ! “Un petit livre d’argent”, Deux Coqs d’or, 2000 et 2003. (l’ours Michka et les sacripans Totor et Titou).
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Quelle journée ! “Un petit livre d’argent”, Deux Coqs d’or, 2000 et 2003.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Que d’eau ! Que d’eau ! Deux Coqs d’or, 2005.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Un ami pour Solange “Un petit livre d’argent”, Deux Coqs d’or, 2005 (deux couvertures différentes).
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Sa Majesté Perlin Pin Pin “Un petit livre d’argent”, Deux Coqs d’or, 2005. 14 pages
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Michka l’ours “Les Petits copains”, Deux Coqs d’or.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Totor le castor “Les Petits copains”, Deux Coqs d’or.
Brigitte Delpech, ill. Romain Simon : Léon le paon “Les Petits copains”, Deux Coqs d’or.

mardi 19 juillet 2011

Romain Simon, Illustrateur chez Casterman


Romain Simon, illustrateur aux éditions Casterman

La participation de Romain Simon aux éditions Casterman s’effectue surtout de 1959 à 1968, même si certains ouvrages seront réédités plus tard. Une fois de plus, pour Marcelle vérité, il illustre de courts récits comme Le Voyage des éléphants (1962) ou Mamou Marmot (1963).
Pour la collection « Plaisir des contes », illustrée en couleurs, justement dirigée par Marcelle Vérité, il met en images Bras-de-fer (1959) d’Henri Bosco et quatre recueils de contes de Louise Bellocq, de Contes de mes bêtes au vent (1962) à Contes de mes bêtes à l’aventure (1968).

Bibliographie :
Marcelle Vérité : Poulette des champs ill. Romain Simon, 19 p., Coll. « Farandole », Casterman, 1962 et 1973.
Marcelle Vérité : Le Voyage des éléphants ill. Romain Simon, Coll. « Farandole », Casterman, 1962. Nouvelle édition : coll. « Ballon rouge », Casterman.
Marcelle Vérité : Mamou marmot ill. Romain Simon, 19 p., 25*20 cm., Coll. « Farandole », Casterman, 1963 et 1972.
Henri Bosco : Bras-de-fer, Ill. Romain Simon, « Plaisirs des contes », Casterman, 1959, R. 1977.
Louise Bellocq : Contes de mes bêtes au vent, illustrations de Romain Simon « Plaisir des contes », Casterman, 59 p., 1ère éd. 1962, R. 1968
Louise Bellocq : Contes de mes bêtes sous la lune (1962), illustrations de Romain Simon « Plaisir des contes », 59 p., Casterman, R. 1964
Louise Bellocq : Contes de mes bêtes à l’aventure (1968), illustrations de Romain Simon « Plaisir des contes », Casterman.
Louise Bellocq : Contes de mes bêtes, illustrations de Romain Simon « Plaisir des contes », Casterman.

Romain Simon, illustrateur aux éditions G.P. Paris


Romain Simon, illustrateur aux éditions G.P. Paris

Parce que l’éditeur G.P. a disparu, on risque d’oublier que Romain Simon, dès 1955, a illustré Bel-Œil, Histoire d’un petit âne qui avait les oreilles trop courtes de Marguerite Clément, dans la collection « Rouge et bleue ». Il revient en 1972 pour mettre en images Les Mahuzier et les oiseaux migrateurs, un récit des grands voyageurs Jacqueline et Philippe Mahuzier, dans la collection « Bibliothèque Rouge et Or Souveraine ». C’est d’ailleurs surtout au cours des années 70 que l’on remarque ses illustrations pour une réédition d’Amadou le bouquillon (1973) de Charles Vildrac, pour Picky printemps (1971) de Jean-Côme Noguès et quatre romans de la série « Suzy » de Gretha Stevns, de Suzy en pleine forme à Suzy et la petite inconnue, pour la collection « Dauphine ». Notons que Romain Simon a illustré deux textes d'Eve Dessarre. La collaboration avec l’éditeur s’arrête après les illustrations de L’Etrange petit poney de Rumer Godden, paru en 1980.


Bibliographie :
Marguerite Clément : Bel-Œil Histoire d’un petit âne qui avait les oreilles trop courtes, Ill. Romain Simon, « Rouge et bleue », G.P., 1955.
Charles Vildrac : Amadou le bouquillon, illustré par Romain Simon, « Dauphine », G.P. Rouge et Or, 187 p., 1973.
Janine Chardonnet, Ill. Romain Simon : Pioupic et l’oie blanche « Dauphine », G.P., 1972.
Jean-Côme Noguès : Picky printemps, Ill. Romain Simon, 35 p., « Rouge et bleue », 1971.
Jacqueline et Philippe Mahuzier Les Mahuzier et les oiseaux migrateurs Ill. Romain Simon, « Bibliothèque Rouge et Or Souveraine », G.P. Paris, 1972.
Eve Dessarre, Ill. Romain Simon : Pfutt, le petit lama « Rouge et bleue », G.P., 1974.
Gretha Stevns, Ill. Romain Simon : Suzy en pleine forme « Dauphine », G.P. 1974.
Gretha Stevns, Ill. Romain Simon : Suzy et le mystère de la chaumière G.P. 1975.
Gretha Stevns, Ill. Romain Simon : Suzy et la fille du pêcheur G.P. 1976.
Gretha Stevns, Ill. Romain Simon : Suzy et la petite inconnue G.P. 1977.
Eve Dessarre, Ill. Romain Simon : Zéphirine la petite gazelle G.P. Rouge et Or, 28 p., 1975.
Rumer Godden, Ill. Romain Simon : L’Etrange petit poney « R. et Or Dauphine », 1980

lundi 18 juillet 2011

Romain Simon, illustrateur aux éditions BIAS



Romain Simon, illustrateur aux éditions BIAS

Après Les Contes du fraisier sauvage de Henri Pourrat et Les Contes du lutin de Jehanne Roche (une réédition s’intitule Histoires du gentil lutin), Romain Simon met en images deux aventures de La Poulette blanche de Marguerite Soleillant en 1958, un an avant l’illustrer quelques Fables de mon jardin de Georges Duhamel (recueil réédité sous le titre Contes de mon jardin). Au cours des années 60 et 70 s’ajouteront en 1965, les illustrations des Contes de l’hiver et Contes de mon chalet de Paul-Jacques Bonzon, de La Rencontre de Poucet et Petit-Bec du Néerlandais Jaap Ter Harr et de Mon ami l’écureuil de Maurice Genevoix. Notons trois couvertures différentes pour Trois contes (anciens et nouveaux). Plusieurs ouvrages apparaissent dans la collection « Jeunes années », tel Gentils animaux à la superbe couverture. Ses dernières collaborations avec les éditions Bias, après un retour sur La Fontaine en 1977, avec Trois fables racontées par Ghislaine Laramée, se concrétisent par les albums La Vie des bois et Gentils animaux.

Bibliographie :
Jehanne Roche, Ill. Romain Simon : Contes du Lutin Editions BIAS, 1955.
Réédition sous le titre : Histoires du gentil lutin, « Jeunes années ».
Guylaisne, Ill. Romain Simon : L’Ami des animaux, « Surprise », [28 p.], BIAS, 1955.
Marguerite Soleillant, Ill. Romain Simon : Les Aventures de La Poulette blanche. 1. Le Marché d’Ambert Coll. « Belles lectures », [48 p.], BIAS, 1958.
Marguerite Soleillant, Ill. Romain Simon : Catherine et la Poulette blanche. 2. Au bois de Chanabert Coll. « Belles lectures », [43 p.], BIAS, 1959.
Georges Duhamel : Fables de mon jardin « Jeunes années », B.I.A.S., 24 p., 1959. (ouvrage réédité sous le titre Contes de mon jardin).
André Louis Blanc, Ill. Romain Simon : Narcisse le chaton orgueilleux BIAS, 1959.
Autres éditions : [André Louis Blanc], Romain Simon : Le Chaton orgueilleux 20 p. BIAS 1969, 1975. Collection « Gamin, gamine », 1985.
Romain Simon : Narcisse le chaton courageux « Papillons », 25 p., BIAS, 1960. R. 1975 et 1985.
Romain Simon : Sidoux, l’aimable chevreau BIAS, 1960 ? (Cité par Marc Soriano en 1960).
D’après Grimm : Les Animaux musiciens Illustrations de Romain Simon « Jeunes années », BIAS, 1982.
Henri Pourrat : Contes du fraisier sauvage, ill. Romain Simon, « Pilote », 45 p., B.I.A.S., 1957.
Louise Mercier, Ill. Romain Simon : Pitouk le petit lapin, n. p., Coll. « Papillons », BIAS, 1964 et Coll. « Gamin, gamine », G.P., 1975.
Paul-Jacques Bonzon : Contes de l’hiver, illustrés par Romain Simon, « Anémones », Editions B.I.A.S., 93 p., 1ère éd. 1960, R. 1965.
Paul-Jacques Bonzon (1908-1978) : Contes de mon chalet, illustrés par Romain Simon, 92 p., 20 cm sur 14, « Anémones », Editions B.I.A.S., 1965
Jaap Ter Haar, Ill. Romain Simon : La Rencontre de Poucet et Petit-Bec (trad. du néerlandais et adapté par Jacqueline Michel), 92 p., « Anémones », BIAS, 1962. R. 1965. « Bias poche »
Maurice Genevoix, Ill. Romain Simon : Mon ami l’écureuil BIAS, 1973.
J.-P. Bayard, Ill. Romain Simon : Les Trois petits cochons, « Jeunes années », BIAS, 1971 et 1973.
Romain Simon : Trois contes, Illustrations de Romain Simon, 96 p., BIAS, 1976
Romain Simon : 3 contes, Illustrations de Romain Simon, BIAS
Romain Simon : Trois contes anciens et nouveaux illustrés par Romain Simon, BIAS
La Fontaine : Trois fables racontées par Ghislaine Laramée, Ill. Romain Simon, B.I.A.S., 1977 et 1978.
Romain Simon : Gentils animaux, [30 p.], « Jeunes années », BIAS, 1979.
Romain Simon : En Camargue Coll. « Papillons II », BIAS.

Romain Simon, illustrateur chez Delagrave



Romain Simon, illustrateur chez Delagrave

Chez Delagrave, de 1961 à la fin des années 70, Romain Simon va mettre en images des textes et des auteurs connus, voire « classiques ».
C’est d’ailleurs dans la luxueuse « Bibliothèque des belles œuvres » que paraissent Histoires de bêtes et Nouvelles histoires de bêtes de Louis Pergaud bénéficiant d’illustrations en noir et blanc et en deux tons et couleurs. D’Alexéi Tolstoï, il illustre La Jeunesse d’Igor (1962). En 1967, quand paraît Ratapla, renard de Camargue, (avant Salicorne), les images de Romain Simon accompagnent aussi Un roman de Renart et La Princesse, la biche et le chevalier de René Guillot. Plus tard, l’auteur recourt encore au même artiste pour Monsieur le cheval (1969) et, en 1969, pour une nouvelle édition de Sama, prince des éléphants aux images très soignées De Pompon, le petit âne des tropiques au Cirque Zigoto, cinq ou six livres de lectures écrits par Paul-Jacques Bonzon sont agrémentés d’images gaies et colorées de l’artiste d’origine lorraine qui donne en particulier vie à l’âne Pompon, un animal qu’il a toujours aimé dessiner depuis 1949 (mais il apprécie tout autant de mettre en scène le renard rusé, libre et malicieux).

Alexéi Tolstoï : La Jeunesse d’Igor Delagrave, 1962.
Louis Pergaud : Histoires de bêtes, ouvrage illustré par Romain Simon, "Bibliothèque des belles œuvres", Librairie Delagrave, 1961, 159 p. Rééd. en 1966. Ill. en deux tons et couleurs (plusieurs couvertures).
Louis Pergaud : Nouvelles histoires de bêtes, ouvrage illustré par Romain Simon, "Bibliothèque des belles œuvres", Librairie Delagrave, 1966, 159 p.
Paul Berret : Contes des brûleurs de loups, Ill. Romain Simon, « Bouton d’or », Delagrave, 116 p. 1963.
Anne Freeling, texte français d’Alain Valière, Ill. Romain Simon : La Cage aux singes 121 p., Coll. « Bouton d’or », Delagrave, 1965.
Marcelle Vérité : Ratapla, renard de Camargue, suivi de La Bataille d’Alabrun ill. : Romain Simon, 133 p., Delagrave, 1967.
René Guillot, Ill. Romain Simon : Un roman de Renart, Ill. R. Simon, 157 p., « Oriflamme », Delagrave, 1967.
René Guillot, Ill. Romain Simon : La Princesse, la biche et le chevalier, Ill. Romain Simon, 123 p., 22 cm sur 16, « Bouton d’or », Delagrave, 1967.
René Guillot : Monsieur le cheval, Ill. Romain Simon, « Gentiane », 104 p., Delagrave, 1969.Réédition en 1977.
René Guillot : Sama, prince des éléphants, Ill. Romain Simon, Delagrave, 1974.
Mad H Giraud, Ill. Romain Simon : Le Roman de Renart Delagrave, 1969, 127 p.
Paule Billon, Ill. Romain Simon : Le Jugement des bêtes « Gentiane », Delagrave, 1970.
Paule Billon, Ill. Romain Simon : Petit Emeraude Delagrave.
Grimm : Blanche-Neige et autres contes, Ill. Romain Simon, 97 p., « Gentiane », Delagrave, 1973.
Paul-Jacques Bonzon, Marcel Péjola : Pompon le petit âne des tropiques ill. Romain Simon, Delagrave, 1967. (Alain Millerand, illustrateur en 1980)
Paul-Jacques Bonzon : Le Château de Pompon, premier livre de lecture courante ill. Romain Simon, Delagrave, 1968. R. 1982 et 1986.
Paul-Jacques Bonzon : Pompon à la ville : 1er livre de lectures courantes, ill. : Romain Simon, Delagrave, 1975. R. 1990
Paul-Jacques Bonzon : Yani : livre de lectures suivies, ill. : Romain Simon, Delagrave, 1976.
Paul-Jacques Bonzon : Le Cirque Zigoto : Livre de lectures suivies, illustrations de Romain Simon, Delagrave rééditions 1977, 1979 et 1982. (1ère éd. 1975)
Marcelle Vérité, Ill. Romain Simon : Saladelle Delagrave 118 p. 1968 (cheval de Camargue)
Marcelle Vérité, Ill. Romain Simon : Salicorne Delagrave 118 p. 1970 (taureau de Camargue)