mercredi 23 mai 2012

ERIK aux éditions Fleurus (III) Pat'Rac Reporter dans "Coeurs Vaillants"

ERIK, SCENARISTE-DESSINATEUR-COLORISTE AUX EDITIONS FLEURUS (III)

        André-René Jolly, alias le scénariste-dessinateur et coloriste Erik (07/07/1912-13/08/1974) est injustement oublié aujourd’hui. La meilleure preuve, c’est l’absence d’une bibliographie sérieuse concernant une œuvre prolifique, des années 30 aux débuts des années soixante-dix. Il est vrai que bon nombre de ses œuvres publiées dans les journaux pour la jeunesse n’ont pas bénéficié d’albums qui auraient assuré la pérennité de son immense travail (1). En outre, ses travaux ont été dispensé et dispersé dans une multitude de journaux tels que : Benjamin, Oscar Bill. Le Roi des Détective, Gavroche, Grandes Aventures, Simbad le marin, Le Téméraire, Aventures Humoristiques, Coq Hardi, OK, Paris-Jeunes, Jeudi-Matin, Comique Magazine, Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1, Zorro, Pierrot, Spirou, Tintin, Millat Frères Magazine, Lisette, Sylvie, Jocko et Poustiquet, L'Intrépide, Dicky le Fantastic, Ima, l’ami des jeunes et Record. (2)
         
       Né à Verdun, fils d’un militaire de carrière, André-René Jolly choisit d’abord le pseudonyme de Jérome-Erik, puis d’Erik. Sans aucune formation ni école particulière, il se lance très tôt dans la bande dessinée. Il ne dédaigne pas de travailler pour la publicité ou pour le dessin animé publicitaire. Auteur, dessinateur et coloriste, il travaille en solitaire et réalise sans aucune aide toutes ses bandes, toujours avec talent, même si on peut regretter parfois que l’histoire se développe exagérément. On peut le comprendre quand on sait que les auteurs de cette époque étaient souvent très mal payés et n’avaient ni statut, ni sécurité sociale. Beaucoup savaient qu’il leur faudrait travailler jusqu’à leur mort. Parmi les thèmes de prédilection, retenons les savants fous et les professeurs loufoques, les personnages d’un autre temps, comtes ou nobles divers et leurs domestiques, les détectives amateurs, masculins (Vrac reporter, Papou détective, Pat’Rac) ou féminins (Finette, Madie, Nique et leurs compagnons canins), les policiers professionnels. Erik manifeste une prédilection pour l’Histoire du Moyen Âge (celle des chevaliers cocasses) et pour la Préhistoire (qui permet la « reconstitution » d’improbables machines, tantôt antiques et étranges, tantôt futuristes. Le bestiaire est aussi d’une grande richesse puisqu’il va des animaux familiers aux animaux de la jungle ou aux espèces préhistoriques. Puisque l’on focalise souvent et uniquement son œuvre sur sa malheureuse collaboration au journal Le Téméraire (1943-44), il nous a paru utile de présenter (sans être exhaustif), ses travaux pour le groupe Fleurus, en particulier au cours des années 50. Il est en effet un auteur très fréquent dans les journaux Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1. Sans faire appel ni à un scénariste, ni a des coloristes, il réalise entièrement, en plus d’illustrations souvent désopilantes et de publicités, des bandes dessinées humoristique et caricaturales, dans le style hergéen de la ligne claire, usant à la fois du trait rond et pointu qui le caractérise et le fait reconnaître d’un seul coup d’oeil.

Participations à Coeurs Vaillants : Notons pour la petite histoire, qu’Erik, âgé de 17 ans, envoie au journal, en 1929, la bande animalière « Un trop bon déjeuner », republiée dans le n° 12 de C.V. le 21 mars 1954).

Episodes avec Pat’Rac Reporter parus dans « Cœurs Vaillants » : Série policière animée par le reporter Pat’Rac, jeune homme blond portant souvent un imperméable jaune et toujours un nœud papillon. Ami de l’inspecteur Bouffarde aux abondantes moustaches noires, il traque espions, malfaiteurs et malandrins. Caricaturale et humoristique, cette bande au trait efficace se lit toujours avec plaisir, même si les intrigues policières ne surprennent guère.

1952, n° 15 : Pat’Rac reporter (pl. 1, 13/4/52) (80 pl. fin : n° 52 en 1953)

1954, n° 5 : Pat’Rac : La Folle poursuite (2 pl. 31/1/54)

1954, n° 11 : Pat’Rac contre l’Anguille (pl. 1, 14/3/54) (66 pl. fin : n° 24, 12/6/55)

1955, n° 25 : Pat’Rac : Sus aux pirates (pl. 1, 19/6/55) (24 pl. fin : n° 48, 27/11/55)

1955, n° 49 : Pat’Rac : Echec au dragon (pl. 1, 4/12/55) (fin : n° 41, 7/10/56)

1956, n° 48 : Pat’Rac : Les Sursauts du dragon (pl. 1, 2511/56) (fin : n° 40, 6/10/57)

1958-1959 : Pat’Rac : Expérience 2 A  (60 planches)

D’autres épisodes sont parus dans Fripounet et Marisette Par exemple : Parole de cheval en 1964

Merci à ceux qui pourraient fournir les titres de autres épisodes parus dans Fripounet jusqu’en juin 1967. 2 albums parus : Expérience 2 A (Nouvelle collection Fleurus) 62 p. 1959.
Pat’Rac Reporter (Editions Horus, 1980) (l’album réédite les 80 planches parues dans Cœurs Vaillants, d’avril 1952 à décembre 1953).

Pat’Rac et Bouffarde sont présents sur les couvertures des almanachs Fleurus « Bonne humeur » et « Vive la vie ». Toutes les histoires courtes ne sont pas répertoriées.

En 1954, Monsieur Bobèche apparaît dans les numéros 20 et 21.
C’est au n° 42 que démarre la série épisodique, L’Equipe des « vont d’l’avant ».
La bande publicitaire Grignotin paraît en 1953, dans les numéros 42, 43, 46, 48, 50… (Elle paraît en couleur dans Spirou la même année).
Il est regrettable que le personnage du Commissaire Picablo soit surtout utilisé à des fins publicitaires. Retenons, en 1954, n° 27 au n° 38, Les Vacances agitées du Commissaire Picablo et, à partir du n° 48 de 1954 au n° 8 du 20 février 1955: Commissaire Picablo contre X. Ajoutons encore L’Affaire Picablo qui fait l’objet d’un concours, bande publiée à partir du n° 46 du 11 novembre 1956. La bande est aussi publiée aux mêmes dates dans Ames Vaillantes et dans Fripounet et Marisette. (1) Signalons toutefois l’immense travail de la Revue d’études de la bande dessinée HOP ! qui a publié en noir et blanc de nombreux extraits de bandes. (2) Il est possible de trouver sur Internet des illustrations et des planches provenant des œuvres d’Erik.

ERIK scénariste-dessinateur-coloriste aux éditions Fleurus (2)

ERIK, SCENARISTE-DESSINATEUR-COLORISTE AUX EDITIONS FLEURUS (II) 
 
 André-René Jolly, alias le scénariste-dessinateur et coloriste Erik (07/07/1912-13/08/1974) est injustement oublié aujourd’hui. La meilleure preuve, c’est l’absence d’une bibliographie sérieuse concernant une œuvre prolifique, des années 30 aux débuts des années soixante-dix. Il est vrai que bon nombre de ses œuvres publiées dans les journaux pour la jeunesse n’ont pas bénéficié d’albums qui auraient assuré la pérennité de son immense travail (1). En outre, ses travaux ont été dispensé et dispersé dans une multitude de journaux tels que : Benjamin, Oscar Bill. Le Roi des Détective, Gavroche, Grandes Aventures, Simbad le marin, Le Téméraire, Aventures Humoristiques, Coq Hardi, OK, Paris-Jeunes, Jeudi-Matin, Comique Magazine, Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1, Zorro, Pierrot, Spirou, Tintin, Millat Frères Magazine, Lisette, Sylvie, Jocko et Poustiquet, L'Intrépide, Dicky le Fantastic, Ima, l’ami des jeunes et Record. (2) Né à Verdun, fils d’un militaire de carrière, André-René Jolly choisit d’abord le pseudonyme de Jérome-Erik, puis d’Erik. Sans aucune formation ni école particulière, il se lance très tôt dans la bande dessinée. Il ne dédaigne pas de travailler pour la publicité ou pour le dessin animé publicitaire. Auteur, dessinateur et coloriste, il travaille en solitaire et réalise sans aucune aide toutes ses bandes, toujours avec talent, même si on peut regretter parfois que l’histoire se développe exagérément. On peut le comprendre quand on sait que les auteurs de cette époque étaient souvent très mal payés et n’avaient ni statut, ni sécurité sociale. Beaucoup savaient qu’il leur faudrait travailler jusqu’à leur mort. Parmi les thèmes de prédilection, retenons les savants fous et les professeurs loufoques, les personnages d’un autre temps, comtes ou nobles divers et leurs domestiques, les détectives amateurs, masculins (Oscar Bill, Vrac reporter, Papou détective, Pat’Rac, Babiol) ou féminins (Finette, Madie, Nique et leurs compagnons canins), les policiers professionnels.
 Erik manifeste une prédilection pour l’Histoire du Moyen Âge (celle des chevaliers cocasses) et pour la Préhistoire (qui permet la « reconstitution » d’improbables machines, tantôt antiques et étranges, tantôt futuristes. Le bestiaire est aussi d’une grande richesse puisqu’il va des animaux familiers aux animaux de la jungle ou aux espèces préhistoriques. Puisque l’on focalise souvent et uniquement son œuvre sur sa malheureuse collaboration au journal Le Téméraire(1943-44), il nous a paru utile de présenter (sans être exhaustif), ses travaux pour le groupe Fleurus, en particulier au cours des années 50. Il est en effet un auteur très fréquent dans les journaux Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1.
Sans faire appel ni à un scénariste, ni a des coloristes, il réalise entièrement, en plus d’illustrations souvent désopilantes et de publicités, des bandes dessinées humoristique et caricaturales, dans le style hergéen de la ligne claire, usant à la fois du trait rond et pointu qui le caractérise et le fait reconnaître d’un seul coup d’oeil.

Participations à Coeurs Vaillants : N° 41, 9/10/49 : 1ère apparition du professeur Cataral dans la grande vignette : A l’occasion du cinquantenaire de la natation. (Mais son acolyte, Sandal est déjà apparu dans un album des éditions Théophraste Renaudot, sous le titre Sandal, le vieux mousse)

 Episodes avec le Professeur Cataral et le Capitaine Sandal : 
L’Île extraordinaire : 9 planches dans Régates, n° spécial de C.V. en décembre 1950.

1951, n° 6 : Cataral et son plésiosaure (pl. 1) (jusqu’au n° 34)

1952, n° 15 : Cataral sur la planète Humérus (36 pl. fin : n° 50, 15/12/52)

1952, n° 52 : Le Trésor du pirate (pl. 1, 21/12/52) (50 pl. fin : n° 48, 29/11/53)
(Réédition avec une autre mise en page dans Formule 1 Cœurs Vaillants en 1979)

1953, n° 49 : Le Cavalier au masque noir (pl. 1, 6/12/53) (36 pl. fin : n° 32, 8/8/54)

1954, n° 33 : Le Maître des profondeurs (pl. 1, 15 août) (67 pl. fin : n° 48, 27/11/55)

1956, n° 32 : Un voyage imprévu (4 pl.) (aucun album paru)

(1) Signalons toutefois l’immense travail de la Revue d’études de la bande dessinée HOP ! qui a publié en noir et blanc de nombreux extraits de bandes.
(2) Il est possible de trouver sur Internet des illustrations et des planches provenant des œuvres d’Erik.

ERIK scénariste-dessinateur-coloriste aux éditions Fleurus (1)

ERIK, SCENARISTE-DESSINATEUR-COLORISTE AUX EDITIONS FLEURUS (I)


       André-René Jolly, alias le scénariste-dessinateur et coloriste Erik (07/07/1912-13/08/1974) est injustement oublié aujourd’hui. La meilleure preuve, c’est l’absence d’une bibliographie sérieuse concernant une œuvre prolifique, des années 30 aux débuts des années soixante-dix.
       Il est vrai que bon nombre de ses œuvres publiées dans les journaux pour la jeunesse n’ont pas bénéficié d’albums qui auraient assuré la pérennité de son immense travail (1). En outre, ses travaux ont été dispensé et dispersé dans une multitude de journaux tels que : Benjamin, Oscar Bill. Le Roi des Détective, Gavroche, Grandes Aventures, Simbad le marin, Le Téméraire, Aventures Humoristiques, Coq Hardi, OK, Paris-Jeunes, Jeudi-Matin, Comique Magazine, Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1, Zorro, Pierrot, Spirou, Tintin, Millat Frères Magazine, Lisette, Sylvie, Jocko et Poustiquet, L'Intrépide, Dicky le Fantastic, Ima, l’ami des jeunes et Record. (2)

       Né à Verdun, fils d’un militaire de carrière, André-René Jolly choisit d’abord le pseudonyme de Jérome-Erik, puis d’Erik. Sans aucune formation ni école particulière, il se lance très tôt dans la bande dessinée. Il ne dédaigne pas de travailler pour la publicité ou pour le dessin animé publicitaire. Auteur, dessinateur et coloriste, il travaille en solitaire et réalise sans aucune aide toutes ses bandes, toujours avec talent, même si on peut regretter parfois que l’histoire se développe exagérément. On peut le comprendre quand on sait que les auteurs de cette époque étaient souvent très mal payés et n’avaient ni statut, ni sécurité sociale. Beaucoup savaient qu’il leur faudrait travailler jusqu’à leur mort.
       Parmi les thèmes de prédilection, retenons les savants fous et les professeurs loufoques, les personnages d’un autre temps, comtes ou nobles divers et leurs domestiques, les détectives amateurs, masculins (Vrac reporter, Papou détective, Pat’Rac) ou féminins (Finette, Madie, Nique et leurs compagnons canins), les policiers professionnels. Erik manifeste une prédilection pour l’Histoire du Moyen Âge (celle des chevaliers cocasses) et pour la Préhistoire (qui permet la « reconstitution » d’improbables machines, tantôt antiques et étranges, tantôt futuristes.
         Le bestiaire est aussi d’une grande richesse puisqu’il va des animaux familiers aux animaux de la jungle ou aux espèces préhistoriques. Puisque l’on focalise souvent et uniquement son œuvre sur sa malheureuse collaboration au journal Le Téméraire(1943-44), il nous a paru utile de présenter (sans être exhaustif), ses travaux pour le groupe Fleurus, en particulier au cours des années 50. Il est en effet un auteur très fréquent dans les journaux Coeurs Vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette, J2 Magazine, Formule 1.

          Sans faire appel ni à un scénariste, ni a des coloristes, il réalise entièrement, en plus d’illustrations souvent désopilantes et de publicités, des bandes dessinées humoristique et caricaturales, dans le style hergéen de la ligne claire, usant à la fois du trait rond et pointu qui le caractérise et le fait reconnaître d’un seul coup d’oeil.

  Participations à Coeurs Vaillants :
 Notons pour la petite histoire, qu’Erik, âgé de 17 ans, envoie au journal, en 1929, la bande animalière « Un trop bon déjeuner », republiée dans le n° 12 de C.V. le 21 mars 1954). N° 41, 9/10/49 : 1ère apparition du professeur Cataral dans la grande vignette : A l’occasion du cinquantenaire de la natation. (Mais son acolyte, Sandal est déjà apparu dans un album des éditions Théophraste Renaudot, sous le titre Sandal, le vieux mousse)

 N° 1 1/1/50 : 1ère apparition, dans « La Flûte à deux trous », du perroquet et de la tortue, héros de la série Les Aventures drolatiques de Jean et ses amis, titre adopté dès le n° 2 du 8/1/50 (Cette bande sera reprise dans le journal Kisito, destiné à l’Afrique francophone) 1950 : nos 1, 5, 7, 10, 12, 18, 21 :

Inventions et machines extravagantes (mais les premières sont nées dans Jeudi-Matin en 1949). Dans le N° 28 du 8 juillet 1950, paraît une superbe couverture sur Le « Tour » sous Vercingétorix On y remarque un personnage nommé ASTURIX !

 (1) Signalons toutefois l’immense travail de la revue d’études de la bande dessinée HOP ! qui a publié en Noir et blanc de nombreuses planches


 2) Il est possible de trouver sur Internet des illustrations et des planches provenant des œuvres d’Erik.

mercredi 11 avril 2012

Sous le vent du monde, saga de l'Homme de Pierre Pelot




Sous le vent du monde, Pierre Pelot et Yves Coppens
Volume regroupant les 5 romans épiques de la saga de l’Homme.
- 1247 p. Editions Omnibus, janvier 2012. Préface de Pierre Pelot : p. I à XIII.

« Voici restituée l’évolution de l’Homme dans ses grandes étapes : il prend conscience de lui-même, de ses émotions, il invente le langage, il maîtrise le feu et façonne des outils de plus en plus sophistiqués » (extrait de la 4e de couverture).

Sous le vent du monde : 1. Qui regarde la montagne au loin - (pp. 7-246) 1ère édition : Denoël, 1996. (D.L. : janvier 97)
Chassée de son groupe pour avoir livré à la panthère noire son bébé conçu à la suite d'un viol filial, Ni-éi, déjà différente des autres femmes, marche sur une terre inconnue. Elle rencontre Moh'hr, celui qui regarde au loin, lequel a aussi quitté son clan. Sa curiosité est insatiable et il cherche la source de toutes les pluies, vers la montagne qui crache les nuages. Ensemble, ils vont gravir et dévaler, affrontant fauves, feu du ciel et clans hostiles, et, avant que la jalousie les rattrape, ils partagent des émotions nouvelles. Et les sons différents qui sortent de leur bouche vont finir par forger des vocables communs.

« J'ai l'impression d'écrire pour la première fois un livre où il est question des hommes. » confie Pelot à Claude Ecken, en 1996.
Six ans après Le Rêve de Lucy, Pelot toujours conseillé et soutenu par Yves Coppens, effectue un plongeon d'un million sept cent mille ans vers un grand lac de l'Est africain. A une langue métaphorique et poétique chargée de dire le monde comme s'il était perçu pour la première fois, il ajoute un langage limité de mots, différents selon les groupes en présence. Un récit vigoureux et original d'une grande force imaginative. Jean-Louis Ezine et Gérard Œstreicher n'ont pas hésité à qualifier de « chef d’œuvre », ce « triller des hominidés », cette fabuleuse épopée !


Sous le vent du monde : 2. Le Nom perdu du soleil
pp. 249-513), - 1ère édition : Denoël, 1997.

Le deuxième tome de cette passionnante saga évoque la rencontre dramatique, mais émouvante et porteuse d'espoir, des Xuah venus d'Afrique, et des clans autochtones de Loh. En Extrême-Orient, (dans l'actuelle Birmanie), il y a 700 000 ans, les Xuah savent capturer le feu. Ils sont en quête du soleil pour le nommer, l'apprivoiser, afin de lutter contre les froids mortels. Les Loh, réunis en aval d'un fleuve, avant les pluies de mousson, n'ignoreront plus longtemps les bienfaits de la flamme. Le curieux et entreprenant Aknah et le jeune et fougueux Ni'Ata veulent progresser dans la connaissance.

Ce qui anime surtout cette « paléofiction exotique », c'est la volonté d'échanger des connaissances, en dépit des résistances violentes de ceux qui ne sont pas prêts à accepter cette marche en avant.

Sous le vent du monde : 3. Debout dans le ventre blanc du silence pp. 512-759), - 1ère édition Denoël, 1999.

Dans le Caucase, il y a 380 000 ans.
Aux limites des steppes de l'Asie centrale et des premières forêts de la péninsule européenne orientale vivent les Oourham, ceux de la grande eau et ceux de la rivière. Ils savent faire monter la flamme « du bâton creusé et noirci » et utiliser le percuteur tendre qui fournit des outils efficaces pour « couper, éplucher, percer, racler ... ». « Ils cueillent de quoi manger au pelage de la terre » et tuent les animaux « dont ils prennent la peau la viande et les os ». Dans chaque clan, « Oka'a » la force du rêve est interprété par un membre, souvent une femme, qui leur dit s'il faut chercher un autre abri, un autre territoire pour éviter les rigueurs excessives du froid ou des tempêtes, « les eaux durcies en épaisseur » qui rendent la nourriture plus rare.

Alors que le fougueux et inconséquent Ough-uaq prend le souffle de plusieurs des siens, menace le clan en tuant son allié et s’arroge le pouvoir des femmes, le courageux Booh Oorram aux bras forts et au regard clair, peut-il renouer l’alliance avec les ours, considérés comme les ancêtres ?

Sous le vent du monde : 4. Avant la fin du ciel
pp. 761-1060)- 1ère édition : Denoël, 2000.

65 000 ans avant notre ère, sur le territoire aujourd’hui appelé France, vivent les Wurehwé, ces hommes de Neandertal contraints par le froid d’aller vers le Sud, loin de la bouche froide du ciel. Parce que sa tribu s’éteint et que sa mémoire se perd, Eheni brave l’interdit et croit sauver son groupe de la famine, renouer les liens d’autrefois, en donnant sa force à la biche, meneuse de harde. Rejeté par les siens, malgré le soutien de son frère Urhn’qé, Eheni va rencontrer le groupe plus vivace et doté de la mémoire du passé des Wuohoun. Mais, parti vers le bord des eaux sans rives, il est capable de mener sa folie jusqu’à la fin du ciel.

Dans l’Histoire de l’humanité, n’est-ce pas le rebelle, l’esprit curieux et inventif, celui qui transgresse les interdits, qui accomplit le vrai pas en avant ?

Sous le vent du monde : 5. Ceux qui parlent au bord de la pierre (pp. 1063-1247) - 1ère édition : Denoël, 2001.

Pendant le Paléolithique supérieur, 32 0000 ans avant J.-C., se rencontrent les hommes dits « modernes » de Cro-magnon, les « homo sapiens sapiens », et les Neandertal, installés bien avant eux en Europe. Les premiers sont incarnés par les Doah, installés au bord de ce qu’on nommera un jour la Méditerranée et qui ne cesse de monter sous une pluie incessante. Le chamane Dohuka se demande si la tribu doit rester au bord de ce rivage menaçant comme le conseille sa dernière vision dans la faille donnant accès au « monde du dessous ». Devrait-elle partir vers l’autre côté de la montagne, comme le frère du chamane et sa compagne en quête d’un nouvel espace ? Le couple de Naobah et Aruaeh attend un enfant, il a quitté la tribu et réussi à traverser les montagnes escarpées et enneigées avant de rencontrer les Wéréré, des Néandertaliens aux autres coutumes. Or, des événements tragiques se multiplient. Ils empêchent à jamais leur retour au bord de la grande eau, un retour demandé par « celui qui parle au bord de la pierre »…

Le chamane Dohuka, personnage important qui célèbre l’inhumation des morts, sculpte les formes et projette sur les parois des grottes les images inspirées par les « forces du dessous » impose moins son image que celle de Aruaeh, image centrale du récit ? Cette femme, désirée par Dohuka, choisie par son frère Naobah, infléchit elle-même sa destinée au contact des hommes qui vivent dans les huttes au cœur des terres. Malgré les épreuves douloureuses subies, elle fait face avec énergie et lucidité, jusqu’au terme d’une histoire d’amour et de haine, aussi fragile qu’inattendue dans son dénouement.

Non, il ne s'agit en rien de littérature jeunesse mais comme je suis une des rares personnes à avoir rendu compte des cinq volumes de la saga, il m'a paru utile d'en republier une synthèse.
Je voudrais profiter de l'occasion pour remercier Gérard Noël, rédacteur en chef de "La Liberté de l'Est" qui a permis la publication des articles correspondants dans son journal. Devenu rédacteur en chef de "Vosges Matin", utilisant la clause de cession, comme une dizaine de ses collègues, depuis que le groupe Ebra est dirigé par Michel Lucas, président du Groupe Crédit Mutuel, Gérard Noël a quitté ses fonctions début 2012.

mardi 3 avril 2012

Histoire du polar jeunesse : dernier tirage revu




Histoire du polar jeunesse : Romans et bandes dessinées / Raymond Perrin. - L’Harmattan, dernier tirage revu : octobre 2011.
Illustration de couverture et maquette : Renaud Perrin

Enfin une histoire du roman policier pour la jeunesse, rendant compte avec précision de l’évolution, de la grande richesse et de la variété d’un genre finalement admis dans sa diversité et sa légitimité !
Non seulement le polar jeunesse existe, mais il manifeste aujourd’hui une belle vitalité, tant par sa présence dans des collections « noires » et spécifiques que dans les collections généralistes où figure souvent l’étiquette policière. Certes l’histoire du genre dans le domaine juvénile, d’abord clandestine, différée par rapport à celle du polar adulte, a dû d’abord ruser avec les censeurs de tous bords qui voulaient soit l’exclure, soit la réduire à des récits d’aventures jugés puérils ou purement distractifs. Vint le temps des séries d’abord anglo-saxonnes puis françaises, mettant en scène des enfants enquêteurs, le plus souvent en petites bandes, sous le contrôle strict de la loi du 16 juillet 1949.

La mutation capitale se produit lors de la naissance, chez Syros, de la collection « Souris noire » faisant appel aux meilleurs auteurs pour adultes. Elle démontre que le polar peut s’ouvrir au monde actuel et à la réalité quotidienne, au prix de quelques précautions, ellipses ou métaphores.
Depuis 1986, les collections du genre, les séries mettant en évidence héros et héroïnes du polar et les oeuvres autonomes se sont multipliées, s’ouvrant à toutes les variantes du polar, y compris le pastiche et la parodie.
Peu à peu, le policier jeunesse s’est affranchi des frontières de l’âge et du genre en flirtant ouvertement avec le roman historique, fantastique ou même de science-fiction, tout en prenant parfois comme support l’album illustré ou de bande dessinée, le manga ou le livre interactif et ludique.
L’intégration d’œuvres policières dans les listes de lecture de l’Éducation nationale, au collège puis à l’école primaire, a favorisé la légitimation d’un genre dont le rôle éducatif et pédagogique est aujourd’hui reconnu. (4e de couverture rédigée par l’auteur)

Table des matières
Un premier aperçu rapide
I Le long purgatoire d’un « mauvais genre »

Les publications du groupe Offenstadt, Quelques trop rares récits avant la Deuxième Guerre mondiale, Sir Jerry. un détective bon chic, bon genre, pour petites filles de « bonne famille », L’énigme policière davantage présente dans la bande dessinée, Captain W.E. Johns et le commandant Biggles, « Junior police », une collection qui affiche le genre policier.

II Les énigmes policières des années 50
Chez Fleurus-Gautier-Languereau et Fleurus-Mame, Yvonne Escoula et « . La Bibliothèque blanche », Bob Morane, un aventurier volontiers espion, Cinq Jeunes filles, première série française juvénile à connotation policière, L’agent typiquement français Nick Jordan.

III Les « séries » à « mystères », traduites ou françaises
Alice, jeune fille indépendante et détective de charme, Les Soeurs Parker, alias The Dana Girls, La prolifique Enid Blyton : Club des cinq, Mystère et Clan des sept..., D’autres récits policiers isolés, dans d’autres collections, Trois énigmes policières mémorables, parues en 1955, « Signe de piste » et Les Enquêtes du Chat-Tigre, Les Éditions G.P. et les récits policiers de Paul Berna, Enquêtes et mystères des illustrés et albums des années 50.

IV Années 60 et multiplication des personnages de série
Georges Chaulet, des Quatre As à Mademoiselle Etincelle, « Mille pompons ! » C’est Fantômette !, Quelques récits policiers autonomes, Pierre Véry et Marc Soriano, dans la « Bibliothèque verte », Michel ou le jeune enquêteur à la française, Paul-Jacques Bonzon, des Six compagnons à la Famille HLM, Langelot, l’agent secret au service de la patrie, Bennett, le sympathique collégien, parfois enquêteur, Dans l’ombre de Hitchcock, Les Trois jeunes détectives, Le Carré d’As : les quatre Parisiennes d’Odette Sorensen, Les Éditions G.P., les collections « Spirale » et « Dauphine » et leur contribution au genre, Jacques Rogy, journaliste et détective intrépide, Les bandes dessinées policières des années 60.

V Années 70 et timides collections policières
Policier et espionnage dans la collection « Jeunesse poche », Boileau-Narcejac et les premières enquêtes de Sans-Atout, Du nouveau dans la « Bibliothèque rose » : le poney Poly, Tony, entre poésie, énigme policière et fantastique, Gilles, le reporter-photographe parisien, Chez Gallimard Jeunesse, « Mille Soleils » abrite le policier, La « Bibliothèque verte » sous « la loi des séries », Dans la collection « Arc-en-poche », chez Nathan, Les bandes dessinées policières des années 70, Chez Nathan, la prudente et éphémère collection « P.J. ».

VI Années 80 : vers une légitimité irréversible du polar
« Folio junior énigmes » et « les classiques du genre », Les nouvelles enquêtes de Sans-Atout, Jean Alessandrini et Le Capitaine Nox, justicier nocturne, La vie brève de « Masque Jeunesse », La revue Je bouquine et ses énigmes policières, Un changement capital en 1986 : « Souris noire » et la naissance du polar jeunesse moderne (es policiers de la collection « Zanzibar », chez Milan, « Polar Nathan » et Jonathan Cap, Claudius Lapoigne, l’ancien professeur devenu clochard, Les rares policiers de « Page blanche », Casterman et la collection « Mystères », P. P. Cul-Vert, détective très amateur, de Jean-Philippe Arrou-Vignod, Les policiers de la « Verte aventure », chez Hachette, Les frères Nick et Tim Diamant d’Anthony Horowitz, De la « Bibliothèque verte » à « La Verte série », « Souris noire plus », plus de texte pour de plus grands lecteurs, Wiggins, apprenti détective au service de Sherlock Holmes, Les bandes dessinées des années 80.

VII Années 90 : Classiques et nouveautés entrent dans les collections policières
Chez Rageot, « Cascade Policier » décline tous les styles, Dan Martin, lycéen et détective privé, « Cascade Policier Junior » et les « détectives en herbe », D’éphémères « Nuits noires », « Lecture junior », collection innovante mais peu ouverte au polar, « Pickpocket » et la série animalière policière de Lecaye et Krings, « Pleine lune », une collection généraliste ouverte au policier, « Mot de passe » privilégie les classiques du polar, Des nouvelles bien illustrées dans « Les Classiques du polar », Deux nouvelles collections, toujours ouvertes aux « Mystères », chez Casterman, Hubert, détective hors normes, amateur et rural,Ebenezer Craymes, Commandeur des abîmes, « Vertige Policier » se distingue chez Hachette, Des « Policiers » aux « P’tits Policiers », chez Magnard Jeunesse.

VIII Un polar jeunesse désormais sans frontières
Bayard Poche multiplie collections et genres (1997-2000), Quand « Lune noire » s’éclipse de « Pleine lune », Les récits policiers de « Castor Poche », chez Flammarion, Les multiples facettes de « Souris noire », Chez Albin Michel jeunesse, « Le Furet enquête », Chez Actes Sud Junior, « Jamais deux sans trois », « Les Petits Polars » d’Actes Sud Junior, Emma et Thomas ou Les Aventures de la Caramote, « Page noire », le policier et le roman noir, Johnny Flanagan, l’adolescent détective d’Andreu Martin et Jaume Ribera, D’« Internet Détective » à « Internet Aventures », Le domaine policier de « Pocket junior », alimenté à peu de, frais, Les quelques polars de la collection « Tribal », Des policiers discrets, dans « Médium », à L’École des loisirs..., Nils Hazard, professeur détective étruscologue, Les bandes dessinées policières des années 90, Le polar peu à peu reconnu par l’institution scolaire.

IX Le polar juvénile, au début du XXIe siècle
Des collections plus rares et le recours aux « généralistes », « Castor Poche Flammarion » et ses personnages récurrents, Des histoires à épisodes dispersées chez divers éditeurs, Des fictions policières sans frontières, chez Bayard, De la collection « doAdo » à celle de « doAdo noir », au Rouergue, Chez Milan, des polars pour petits et grands, Des séries d’espionnage, chez les éditeurs Le Rocher, Pocket Jeunesse, Casterman, Milan et ailleurs..., Les collections policières sans descendance, L’apport du « Livre de poche jeunesse » au genre policier, De Sarah Kay à Alex Rider, Des collections policières changent seulement de costumes, De « Lune noire » à « Comète » et « Nathan poche », Les livres d’enquêtes interactifs d’Actes Sud Junior, Les romans policiers chez Gallimard Jeunesse, Les enquêtes de l’inspecteur Yann Gray, Rocambole ressuscité par Michel Honaker, Yves Hughes et Millefeuille au Moyen Âge, Les autres récits policiers de la collection « Hors-piste » et de Gallimard Jeunesse, Garin Troussebœuf, scribe enquêteur au Moyen Âge,Callaghan, livreur de pizzas et détective amateur, « Rat noir », chez Syros, la nouvelle collection pour adolescents, Des albums, des mangas et des bandes dessinées enrichissent le genre policier.

Petit retour sur "Histoire du polar jeunesse" pour signaler un nouveau tirage (octobre 2011), largement revu et corrigé. En revanche, la version numérique est encore fautive. Je signalerai ici la version enfin corrigée quand elle le sera !

dimanche 25 mars 2012

1952 : Des films pour la jeunesse ?




1952 : Quels films pour la jeunesse ?

Les films considérés comme visibles par la jeunesse seraient peu nombreux en 1952 en raison des cotes en usage, en particulier dans les milieux catholiques. On serait sans doute un peu plus larges et tolérants aujourd'hui.

Parmi une soixantaine de films de l’année 1952, peut-on sélectionner une vingtaine de films suscepticles d’intéresser un public jeune ?

Voici une tentative de sélection :

Les Aventures de Robinson Crusoé 1952 Luis BUNUEL (95 mn)
Barbe-Noire le pirate (USA) (Robert Newton, Linda Darnell)1952 Raoul WALSCH
Le Corsaire rouge (Burt LANCASTER, Eva BARTOK)) 1951-52 Robert SIUDMAK (105 mn)
L’Expédition du Kon-Tiki (Préambule : P.-E. Victor) 1952 Thor HEYERDAHL (70 mn) (Norv-France)
Fanfan la Tulipe (Gérard Philipe) 1951-52 CHRISTIAN-JAQUE
Heidi (film suisse en noir et blanc) 1952 Luigi COMENCINI (95 mn)
L'Homme tranquille (John WAYNE, Maureen O'HARA) 1952 John FORD (124 mn)
Horizons sans fin (vie d'H. Parmelin= H. BOUCHER, aviatrice) 1952 Jean DREVILLE (102 mn)
Il est minuit, Docteur Schweitzer d'ap. CESBRON. (P. FRESNAY) 1952 André HAGUET. (90 mn)
Ivanhoé (Robert Taylor, Elizabeth Taylor) 1952-53 Richard THORPE (106 mn)
Jeux interdits (Brigitte FOSSEY, G. POUJOULY) 1952 René CLEMENT
Le Jour où la Terre s’arrêta 1952 Robert WISE (avril 52 en France)
Manon des sources 1952 Marcel PAGNOL (110 mn)
Moineaux de Paris (Pts Chanteurs à la croix de bois) 1952 Maurice CLOCHE
Monsieur Leguignon Lampiste (Yves Deniaud, de Funès) 1951-52 Maurice LABRO
Le Petit monde de Don Camillo (ou : Le Retour…) 1952 Julien DUVIVIER
Le Prisonnier de Zenda (Stewart Granger, Deborah Kerr) 1952 Richard THORPE
Robin des bois et ses joyeux compagnons. (G-B.) (Pr. DISNEY) 1951-52 Ken ANNAKIN. Scaramouche (Stewart Granger, Eleanor Parker) 1952 George SIDNEY (déc. 52)
Les Vacances de Mr Hulot 1952 Jacques TATI

Autres Films de 1952 :
A l’abordage (Errol Flynn, Maureen O’Hara) George SHERMAN
L’Affaire Cicéron 1952 Joseph L. MANKIEWICZ
L’Appel du destin (Roberto Benzi, Jean Marais) Georges LACOMBE
Capitaine Ardant (Renée Saint-Cyr, Yves Vincent) André ZWOBODA
Capitaine sans loi (le voilier Mayflower) (Spencer Tracy)Clarence BROWN
Capitaine Téméraire (Le Monde lui appartient) Gregory Peck Raoul WALSH
Casque d’or (Simone Signoret, Serge Reggiani) Jacques Becker
Cent francs par seconde (jeu radio) (Henri Genès, J.-J. Vital)Jean BOYER
Chantons sous la pluie (Gene Kelly,Debbie Reynolds)Stanley DONEN,G.KELLY
La Cité sous la mer Albert J. COHEN
Des hommes qu’on appelle sauvages (Exp. Orénoque-Amazone)
Alain GHEERBRANDT
Deux de l’escadrille (Jean Richard, Roger Pierre) Maurice LABRO
L’Epée de Monte-Cristo (John Derek, Anthony Quinn) Phil KARLSON
Les Feux de la rampe (Limelight) Charlie CHAPLIN (oct. 52 en France)
Le Fils d'Ali-Baba (Tony Curtis, Piper laurie) Kurt NEUMANN
Les Fils des Mousquetaires (Cornel Wilde, Maureen O’Hara)Lewis ALLEN
La Flibustère des Antilles Jacques TOURNEUR (sept 52 en France)
Francis aux courses (Donald O’Connor, Piper Laurie) Arthur LUBIN
L’Inconnu du Nord-Express 1951-52 Alfred HITCHCOCK
Jean Valjean Les Misérables Lewis MILESTONE
Sous le plus grand chapiteau du monde Cecil B. DE MILLE
Monsieur Taxi (Michel Simon) André HUNEBELLE
Le Mur du son David LEAN
L’Odyssée de l’African Queen (H. Bogart, Katherine Hepburn) Robert MORLEY
Parachutiste malgré lui (Dean Martin, Jerry Lewis) Norman TAUROG
Piédalu fait des miracles (Ded Rysel) Jean LOUBIGNAC
Poil de Carotte (Raymond Souplex, Germaine Bermoz) Paul MESNIER
La Poule aux œufs d’or (Abbott et Costello) Jean YARBROUGH
Rayés des vivants (Daniel Yvernel, Marthe Mercadier) Maurice CLOCHE
Seuls… au monde (Madeleine Robinson,René Lefèvre)René LEFEVRE, René CHANAS
Six filles cherchent un mari (d’après Gilbreth) Henry LEVIN (U.S.A.)
Le Soldat récalcitrant (Dean Martin, Jerry Lewis) 1950
(France en 1952) Hal WALKER
Son dernier Noël (Marie-France, Tino Rossi) Jacques Daniel NORMAN
Sous le plus grand chapiteau du monde Cecil B. DE MILLE
Teresa (Pier Angeli) U.S.A. : 1951, (France en 1952) Fred ZINNEMANN
Tonnerre sur le Pacifique 1951-52 Allan DWAN
Un Américain à Paris (Gene KELLY, Leslie CARON) Vincente MINELLI
Violettes impériales (Luis Mariano, Carmen Sevilla) Richard POTTIER
Viva Zapatta Elia KAZAN
Vivre Akira KUROSAWA

vendredi 23 mars 2012

1952 : Une forte présence du western





1952 : Une forte présence du western

Comme il est très difficile de distinguer ce qu’on pouvait laisser voir aux jeunes comme westerns, à cette époque (à moins de rendre compte des présentations, d’ailleurs décalées dans le temps, dans la presse jeunesse contemporaine), on présentera ici tous les films retrouvés de l’année (sans prétendre à l’exhaustivité).
Autre problème celui des dates. Elles sont nécessairement toutes relatives puisqu’il faudrait distinguer date du tournage, date de la sortie en Amérique, date de la sortie à Paris et en province (ce qui représente parfois des écarts de 1 à 5 ans !).
Le genre « western » a déjà une longue histoire derrière lui en 1952. Il demeure un type de film qui associe la légende et l’histoire (en privilégiant plutôt la légende) pour évoquer souvent un épisode de la conquête de l’Ouest (entre 1860 et 1890) mais en élargissant parfois le cadre géographique traditionnel.
La période de la « série B » appartient au passé et le genre atteint son apogée lors de cette période classique des années 50. Le manichéisme qui pousse à voir l’Indien comme un ennemi de la civilisation s’atténue lentement depuis le film La Flèche brisée en 1950.
Si les westerns de l’année 1952 sont plutôt nombreux, ils sont loin d’être tous de qualité même si l’on peut isoler quelques œuvres remarquables.
Parmi les incontournables, citons d’abord Le Train sifflera trois fois de Fred Zinneman, avec Gary Cooper et Grace Kelly. En 1870, un shérif qui se marie et s’apprête à prendre sa retraite doit affronter seul quatre hommes dont un assassin qu »il a fait condamner. La chanson de Dimitri Tiomkin : Si toi aussi tu m’abandonnes, a fortement contribué au succès de cette parabole contre la maccarthisme (quand la peur a provoqué le pourrissement de l’ordre social).
Citons ensuite La Captive aux yeux clairs de Howard Hawks, avec Kirk Douglas, Dewey Martin et Elisabeth Threatt. Ce film sans poursuites ni chevauchées, au déroulement aussi lent que la remontée du fleuve est d’une surprenant beauté. Il évoque l’expédition de Lewis et Clark sur le fleuve Mississipi jusqu’aux montagnes du Montana. Ce western se montre respectueux et amical vis-à-vis du peuple indien.
Nommons aussi L'Homme des vallées perdues de George Stevens, avec Alan Ladd, même si ce western, tourné en 1951, est une sorte d’ovni, connu surtout à partir de 1953. Ce film ne montre pas seulement la traditionnelle opposition entre éleveurs et cultivateurs. Cavalier solitaire au passé trouble surgi de nulle part, Alan Ladd secourt des fermiers terrorisés par un Jack Palance impressionnant de méchanceté et se lie d’amitié avec un enfant avant de disparaître, sa tâche terminée.
Il est aisé de retrouver dans l’ensemble des westerns de l’année 1952, les éléments traditionnels du western classique. L’armée américaine qui joue à l’espion est présente dans La Mission du commandant Lex où l’on retrouve Gary Cooper contraint de jouer les rénégats. Elle intervient aussi, par exemple, dans The Maverick et dans Les Clairons sonnent la charge.
Quelques titres évoquent des lieux plus ou moins précis, comme Californie en flammes, L’Expédition de Fort-King, Fort Osage ou Les Conquérants de Carson-City.
Les cow-boys sont particulièrement présents dans Fargo, Le Gaucho de Jacques Tourneur, Les Rois du rodéo et Vaquero (avec Robert Taylor, Ava Gardner et Anthony Quinn).
Les Indiens apparaissent encore souvent comme des êtres menaçants, ne serait-ce qu’à travers les titres et les images des affiches dans La Levée des tomahawks, Au mépris des lois, Le Signal de l’attaque, Les Affameurs, Les Flèches brûlées et La Peur du scalp
Plusieurs chefs indiens sont évoqués dans quelques films : le chef Apache Géronimo dans Les Derniers jours de la nation apache (Indian Uprising) de Ray Nazzarro, Cochise (Apaches Chiricahuas) dans Au mépris des lois de George Sherman, et Vittorio (Apaches Mescaleros) dans Quand les tambours s’arrêteront (en 1951). Citons aussi Le Fils de Geronimo avec Charlton Heston.
Remarquons que les « exploits » (omniprésents habituellement) de Buffalo Bill n’apparaissent en 1952 qu’à travers le film peu connu, Tomahawk Territory.
La femme, jeune fille innocente, femme fatale, ou entraîneuse de saloon) apparaît dans L’Ange des maudits (avec Marlène Dietrich), Les Indomptables, Convoi de femmes, La Femme aux révolvers et L’Etoile du destin.
L’épopée du chemin de fer n’échappe au film A feu et à sang et au western Les Rivaux du rail.
Si les armes typiques du western (comme le colt ou la winchester) n’apparaissent pas dans les titres, en revanche elles sont très visibles sur les affiches.
Les hors-la loi ne manquent pas. Par exemple, ils assiègent une diligence du Nevada dans Le Relais de l’or maudit de Roy Huggins, à la fin de la guerre de Sécession.
Parmi les acteurs masculins, si cette année-là, John Wayne est absent, en revanche on note la présence de Gary Cooper, Kirk Douglas, Stewart Granger, Robert Ryan, Randolf Scott, Tyrone Power, James Stewart, Alan Ladd, Anthony Quinn, Robert Taylor, Rock Hudson, Bob Hope, George Montgomery, Audie Murphy, etc.
Parmi les actrices, retenons surtout Grace Kelly, Ava Gardner, Jane Russell, Marlene Dietrich, Julia Adams…
Notons la présence des cinéastes Budd Boetticher, Anthony Mann, André de Toth, Howard Hawks, Richard Thorpe, Fred Zinneman, William Dieterle et Nicholas Ray.
Le cinémascope n’est pas encore là mais le technicolor triomphe, avec ses couleurs vives.
La parodie et le pastiche ne sont pas encore de mise (du moins, de façon consciente).

1952 : Films Westerns : Un éventail varié mais inégal

Les Affameurs (James Stewart, Julia Adams, Rock Hudson) 1952 Anthony MANN
Au pays de la peur (Stewart Granger) 1952 Andrew MARTON
Les Cavaliers sans gloire (Le Traître du Texas) (Robert Ryan) 1952 Budd BOETTICHER
La Captive aux yeux clairs (Kirk Douglas, Elsabeth Threatt) 1952 Howard HAWKS (120 mn)
Les Clairons sonnent la charge (Ray Milland, Helena Carter) 1952 Roy ROWLAND
Les Conquérants de Carson-City (Randolf Scott) 1952 André de TOTH
Convoi de femmes (Robert Taylor) (USA : 1951, France : 52) 1951-52 WilliaM A. WELLMAN (118 mn) Les
La Dernière flèche (Pony Soldier) (Tyrone Power) 1952 Joseph M. NEWMAN (80 mn)
Le Fils de Géronimo (Charlton Heston) 1952 George MARSHALL (95 mn)
Le Fils du Visage Pâle (Bob Hope, Roy Rogers) 1952 Frank TASHLIN
Hiawatha (Vincent Edwards, Yvette Dugay) 1952 Kurt NEUMANN
L’Homme à la carabine (James Stewart) 1952 Richard THORPE (88 mn)
L'Homme des vallées perdues (Shane) (Alan LADD) 1952-53 George STEVENS (105 mn)
La Maîtresse de fer (Alan Ladd, Virginia Mayo) 1952 Gordon DOUGLAS (110 mn)
La Mission du Commandant Lex (Gary Cooper) 1952 André de TOTH
Le Relais de l’or maudit (Randolf Scott) 1952 Roy HUGGINS
Le Train sifflera trois fois Gary Cooper 1952 Fred ZINNEMAN (85 mn)
La Vallée des géants (Kirk Douglas, Eve Miller) 1952 Felix E.FEST
Vaquero (Robert Taylor, Ava Gardner) 1952 John FARROW

Autres westerns :
A feu et à sang (The Cimarron Kid) 1952 Budd BOETTICHER
L’Ange des maudits (Marlène Dietrich, Mel Ferrer) 1952 Fritz LANG
Au mépris des lois 1952 George SHERMAN
Les Bannis de la Sierra (Anne Baxter) 1952 Joseph M. NEWMAN
Californie en flammes 1951-52 Lew LANDERS
Les Derniers jours de la nation apache (Indian Uprising) 1952 Ray NAZARRO
Duel sans merci (The duel at Silver Creek) 1952 Don SIEGEL
L’Etoile du matin (Lone Star) 1952 Vincent SHERMAN
Fargo (Wild Bill Elliott) 1952 Lewis D. COLLINS
La Femme aux revolvers (Montana Belle) 1952 Allan DWAN
Femmes hors-la-loi 1952 Sam NEWFIELD
Les Flèches brûlées 1951-52 Ray ENRIGHT
La Folie de l’or 1952 Ray NAZARRO
Fort Osage (Vallée ardente) 1952 Lesley SELANDER
Le Gaucho (Rory Calhoun, Gene Tierney) 1952 Jacques TOURNEUR
L’Heure de la vengeance (The Raiders) 1952 Lesley SELANDER
Les Indomptables 1952 Nicholas RAY
La Levée des tomahawks 1952 Spencer Gordon BENNETT
The Maverick (Wild Bill Elliott) 1952 Thomas CARR
Les Mémoires d’un condamné (Victime du destin) 1952 Raoul WALSH
Montagne rouge (Alan Ladd, Elisabeth Scott) 1951-52 William DIETERLE
Passage interdit (La Révolte gronde) 1952 Hugo FREGONESE
La Peur du scalp (The Half Breed) Robert Young) 1952 Stuart GILMORE
Plus fort que la loi (Robert Ryan, Claire Trevor) 1952 William D. RUSSELL
Le Quatrième homme (John Payne, Coleen Gray) 1952 Phil KARLSON
Les Rois du rodéo (John Lund, Scott Brady) 1952 Budd BOETTICHER
Le Signal de l’attaque 1952 Harold F. KRESS
La Taverne des révoltés (Randolph Scott) 1952 Felix FEIST
La Vallée de la vengeance 1951-52 Richard THORPE


Films racontés dans "Mon film" en 1952

Fort invincible La Vallée de la vengeance
Terre damnée Marqué au fer
Les Aventures du Capitaine Wyatt Les Clairons sonnent la charge
La Vallée des géants Les Conquérants de Carson-City
La Mission du Commandant Lex

samedi 10 mars 2012

1952 : Vaillant, "le journal le plus captivant"




1952 : Vaillant innove et publie de nouvelles séries

Après les difficultés financières qui ont conduit l’hebdomadaire à ouvrir une souscription (les frères Alain et Hubert Krivine participent d'ailleurs à la souscription, comme le signale le courrier du 20 avril 1952), le journal Vaillant connaît une période plus faste.
Ses 16 pages grand format (depuis 1950) font une grande part à la bande dessinée. Certaines séries sont déjà là depuis plusieurs années, telles Les Pionniers de l’Espérance (1945), bande de science-fiction dessinée par Raymond Poïvet et scénarisée par Roger Lecureux, la bande comique Placid et Muzo (1945) de José Cabrero Arnal, Lynx blanc (1947) de Rob Sim, Capitaine Cormoran (1947) de Lucien Nortier et Jean Ollivier, Hourrah Freddi (1948), bande policière de Claude-Henri Juillard, reprise par Pierre Leguen, Sam Billie Bill (1949), un western de Lucien Nortier (dessin) et Jean Ollivier (scénario).
Depuis 1950 et toujours présents en 1952, sont apparus Jean et Jeannette de Jacques Souriau et Jean Ollivier, Fils de Chine de Paul Gillon et Roger Lecureux, Les Compagnons de la section noire (1951) de Jean Cézard.
En 1952 apparaissent de nouvelles bandes de qualité : P’tit Joc « le jockey aux yeux bleus » qui ressemble à James Dean, d’André Joy (alias Gaudelette) et Jean Ollivier, Pour la horde, bande préhistorique (où les humains se battent contre les dinosaures !) de Jean-Claude Forest, lequel Forest dessine aussi Charlot. Notons encore une création : Le Fils du Cormoran de Claude-Henri Juillard. Dès le mois d’octobre , Jean-Claude Forest crée Copyright, animal fabuleux et c’est en décembre que Pif le chien d’Arnal et de Pierre Ollivier (créé en 1948) fait sa première apparition dans Vaillant. Jean Cézard commence alors la série réaliste, Lagardère.
On peut remarquer la très forte participation du scénariste et écrivain Jean Ollivier. Notons aussi la forte présence de Jean-Claude Forest, qui, en plus de Charlot et Pour la horde, illustre le roman sportif de Frank Moreau : Champion malgré lui.

vendredi 9 mars 2012

1952 : Vaillant et l'Affaire Henri Martin


1952 : Le Journal Vaillant et l’Affaire Henri Martin

En 1952, il est très rare que la presse des jeunes évoque les faits politiques en particulier les conflits internationaux. Quand ils le font, c’est plutôt pour approuver les actions guerrières engagées et la défense de la civilisation colonialiste occidentale, jugée supérieure à toutes les autres civilisations.
Pourtant, c’est par l’intermédiaire du courrier des lecteurs que le journal Vaillant n° 355 va, le 2 mars 1952, évoquer Henri Martin emprisonné dans « le bagne de Melun ». Le journal cite une lettre « émouvante » des jeunes lecteurs de Gentilly au président de la République Vincent Auriol : « Nous vous demandons la libération d’Henri Martin, grand héros de la Paix, qui a lutté pour que cesse la guerre injuste du Viet-Nam. »
Quelle est donc cette affaire qui va constituer en France un véritable scandale politico-militaire, une affaire qui va perdurer lors d’une partie de la Guerre d'Indochine, de 1950 à 1953.
Henri Martin, engagé dans la marine, est envoyé en Indochine française en 1945. Il est scandalisé par ce qu’il voit du bombardement d'Haïphong par les Français en 23 novembre 1946. Sa démission lui étant refusée, il retourne à Toulon.
Militant du Parti communiste français, il commence un travail de propagande à l'arsenal de Toulon et distribue des tracts contre la guerre en Indochine. Arrêté en mars 1950 pour une fausse accusation, il est pourtant condamné par le tribunal maritime de Brest, le 20 octobre, à 5 ans de réclusion pour propagande hostile à la Guerre d'Indochine.
C’est ainsi qu’éclate L’affaire d’Henri Martin, née de la disproportion entre une simple activité politique, contraire au règlement militaire et la condamnation à cinq années de réclusion.
Henri Martin devient le symbole de la « lutte du peuple français contre la sale Guerre d'Indochine ».
Des comités de défense se forment, à l'initiative du PCF et de personnalités du monde politique ou intellectuel. Jean-Paul Sartre publie, fin 1953, chez Gallimard, le livre L'Affaire Henri Martin. On y trouve les appuis et témoignages de Jean-Marie Domenach et de la revue personnaliste Esprit, de Jean Cocteau et de personnalités aussi diverses que Hervé Bazin, Francis Jeanson, Michel Leiris, Jacques Madaule, Jacques Prévert ou Vercors…
Malgré une longue campagne d'une grande ampleur : meetings, débrayages, brochures à grand tirage, Henri Martin n'est libéré que le 2 août 1953.
(Pour davantage d’information, consulter l’encyclopédie Wikipédia)

vendredi 2 mars 2012

1952 : ERIK, scénariste-dessinateur prolifique, très présent (2)




1952 : ERIK (alias André René Jolly, 1912-1974), auteur-illustrateur prolifique

Après la Deuxième Guerre Mondiale, le dessinateur-scénariste Erik a-t-il payé trop cher sa participation à l’illustré pro-nazi Le Téméraire ? En tout cas, il serait temps de le sortir d’un injuste oubli (qui s’explique aussi par la rareté de ses albums) car il a égayé de ses créations joyeuses et originales la presse des jeunes, en particulier au cours des années 50 et 60. Heureusement quelques sites et blogs, bien documentés, mettent en valeur aujourd’hui une partie de son œuvre.
Ce dessinateur prolifique, spécialisé dans la caricature humoristique, est particulièrement présent au cours de l’année 1952 (mais aussi au cours des suivantes !) dans la presse catholique des éditions Fleurus
Après un détour par la publicité, c’est en 1946 qu’il est revenu à la bande dessinée avec les nouvelles séries, Tribacil contre Docteur Klorax, Tartol de la Clanche ou Papou Détective dans Coq Hardi, le journal créé et dirigé par Marijac. Dès lors, il est omniprésent. Retenons Trancheroc (Youmbo Magazine, 1948-1950), poursuivi dans Zorro Jeudi Magazine de 1947 à 1952.
Chez Fleurus dont il est l'un des principaux dessinateurs, à partir de 1950, il va donner à Coeurs Vaillants : Grignoton et Monsieur Bobêche. Les Aventures drôlatiques de Jean et ses amis (avec Perroquet…le perroquet !) y seront présents de 1952 à 1956, puis ce sera la naissance d'un de ses récits les plus célèbres : Pat'Rac reporter (excellente bande policière humoristique seulement en album en 1959) et qui apparaît dans le même Cœurs Vaillants de 1952 à 1959.
On trouve aussi, à cette époque, dans les magazines Fleurus, ses fameuses machines extravagantes, aussi complexes qu’inutiles qui confirment l’humour parfois délirant d’Erik.
Pendant plus de vingt ans, il sera dans les pages d'Ames Vaillantes avec Commissaire Picablo et Finette Détective (1951-74). Finette et le chien Teuf-Teuf sont au coeur des épisodes : Le Trésor englouti et Le Coup d'Etat de Volubilie en 1952. Erik continuera à dispenser ses œuvres aux autres titres du groupe : Fripounet, J2 Magazine ou Formule 1.
Il illustre également des almanachs Fleurus, par exemple, en 1952, Grand galop (qui publie en outre la courte bande de sept pages : Cataral shériff). Coeurs vaillants, en 1952, publie la bande Cataral sur la planète Humérus (le professeur est accompagné du capitaine Sandal)
De 1953 à 1960, l’hebdomadaire Lisette des éditions de Montsouris publie Nique et Prune. (Nique est le diminutif de Véronique et Prune est une pie).
Erik a beaucoup travaillé pour la publicité. Pour le chocolat Meunier, il crée en 1951 et 1952, deux albums avec vignettes à coller sur le thème des Fables de La Fontaine. Ses caricatures joyeuses du lion et du renard sont particulièrement réussies.