Johnny Hallyday dans la
presse des jeunes au début des années 60
Tant
pis si l’actualité tonitruante sur le sujet ne s’y prête pas, voici quelques images
du chanteur apparues surtout dans le journal « Pilote » en 1962 et
1963.
Marcel Bisiaux, est nommé rédacteur en
chef du journal « Pilote » en janvier 1962. Sous-titré « Grand
magazine des jeunes » puis « Magazine des jeunes de l’an 2000 »,
l’hebdomadaire cible maintenant un public adolescent et parle bientôt des
« copains », avec l’assentiment de Georges Dargaud et la
désapprobation de Goscinny, de tout temps réfractaire à toutes les modes.
A la
fin de l’année, quelques couvertures sont vouées aux « vedettes » de
la chanson. (Le magazine Salut les
copains, né en 1962, qui tire alors à plus d’un million d’exemplaires suscite
des envies de copier une formule qui réussit et Marcel Bisiaux veut adapter Pilote à la nouvelle mode en faisant
intervenir vedettes de la chanson et animateurs proches de ce courant.
C’est
une lourde erreur car les lecteurs, dont on a sous-estimé le goût et
l’intelligence, ne suivent absolument pas.
En
1963, Marcel Bisiaux cède de plus en plus à la mode yé-yé. Anne-Marie Peisson,
speakerine télévisuelle, et François Janin interviennent dans le journal, tout
comme Jacqueline Caurat pour la philatélie. On recrute Roger Couderc et son
fils Laurent pour parler des sports.
Outre Johnny Halliday, les chanteuses
Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan accaparent la Une du magazine. Tout
cela provoque une chute vertigineuse des
ventes. Un événement annexe a pu jouer en introduisant une mauvaise image de la
génération « yé-yé ». C’est la fameuse fête organisée le 22-23 juin
1963, place de la Nation par Daniel Filipacchi, créateur du journal et de
l’émission de radio correspondante sur Europe n° 1 : Salut les copains. (On fête le 1er anniversaire du
mensuel). Des journalistes comme Philippe Bouvard et Pierre Charpy (« Salut
les voyous ») se déchaînent alors contre cette jeunesse turbulente.
Heureusement à contre-courant, Edgar Morin, en juillet 1963, fait part de ses
réflexions plus positives dans Le Monde.
Fin 1963, c’est la naissance d’un
vrai journal de bandes dessinées quand Dargaud renvoie Bisiaux, menace de
saborder « Pilote » et appelle Goscinny et Charlier pour sauver le
journal. Ils deviennent corédacteurs en chef en septembre (Charlier jusqu’en
octobre 1972).
Johnny Hallyday devenu « L’idole des jeunes » (expression vient d’une chanson de Ricky Nelson, on l’oublie souvent), a déjà imposé sa musique rock et « yé-yé » (selon Edgar Morin dans le journal « Le Monde »).
Johnny Hallyday s’est déjà produit auparavant au Palais des Sports en 1961, à
l’Olympia en 1962. Il est apparu seul ou avec Sylvie Vartan sur des couvertures
du mensuel « Salut les copains », en 1962, sous la houlette de
Frank Ténot et Daniel Filipacchi, animateurs de l’émission éponyme sur Europe
N° 1 depuis 1959. (Le titre est inspiré par une chanson de Pierre Delanoë
chantée par Gilbert Bécaud depuis 1958).
En
1969-70, paraissent sept numéros de l’hebdomadaire « Johnny le journal de
l’âge d’or ». Cet illustré mêlant des bandes dessinées actuelles de
qualité médiocre et des classiques de l’âge d’or américain avait peu de chances
de durer, surtout que le nombre de pages se réduit au fur et à mesure des
parutions.
Profitant
dans doute de la sortie du western spaghetti de Sergio Corbucci et Gastone
Moschin, « Le Spécialiste » avec Johnny Hallyday en vedette, Dans ce
western assez conventionnel, Hud le cow-boy se rend à Blackstone pour venger
son frère. Jean Tosan et Alain Schwartz ont lancé leur journal grand format
mais en oubliant de consacrer au moins un article au chanteur-acteur. Toutefois,
la sortie du film s’est accompagnée d’une adaptation (inachevée) en bande
dessinée par le grand Jijé (alias Joseph Gillain), avec la collaboration de son
fils Philipp, sous le titre Hud, le
spécialiste (8 planches seulement sont parues).
Les couvertures de "Salut les copains" concernant Johnny Hallyday sont bien connues. C'est pourquoi je n'en reproduis qu'une, celle du numéro 10. J'ajouterai celle d'un numéro de "TOP Réalités Jeunesse", un bimensuel moins connu. Cette photo de Johnny Hallyday à cheval évoque probablement le western camarguais de Noël Howard "D'où viens-tu Johnny ?" tourné en Provence en 1963 et dans lequel Johnny Hallyday chante : "Pour moi la vie va commencer" sur des paroles de Jean-Jacques Debout.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire