François Balsan dans l'hebdomadaire "Pilote" n° 66 en janvier 1961
Déjà 25 années d'exploration
C'est George Fronval, auteur populaire, surtout connu dans le monde du western,
qui est l'auteur du texte et de l'interview fort intéressante.
Note : Pour des raisons de format et de lisibilité (!?), la mise en page originale a été modifiée et certaines photos sont absentes.
mercredi 4 avril 2018
mardi 3 avril 2018
François Balsan (1902-1972), grand voyageur et écrivain
François
Balsan (1902-1972), grand voyageur et écrivain
Fils
du l’industriel Robert Balsan et de Thérèse Chabaud-La Tour, François Balsan,
né à Châteauroux en 1902, mort à Paris en 1972, après une solide formation
intellectuelle qui lui ouvrira les portes de l’Ecole Centrale des arts et
manufactures en 1920, va multiplier ses activités professionnelles et
intellectuelles tout au long de son existence. Homme d’affaires avisé, issu
d’une industrie lainière, c’est aussi un homme de contact au carnet d’adresses
bien fourni. Les personnes qui disposaient d’un téléviseur dans les années 50-60 ont pu le voir dans les émissions « Lectures pour tous » en 1957 et surtout « Le Magazine des explorateurs » animé par Pierre Sabbagh en 1955
(pour l’Arabie), en 1957 (pour le Balouchistan), en 1959 (Le Kalahari), et 1963 (L'Angola), en 1966 (Le Nord-Somalie) et en 1967 (L'or du Monomotapa). Il a en outre publié des
reportages dans de nombreuses revues.
Aventurier,
explorateur et président de la Société des explorateurs, administrateur de
plusieurs sociétés de construction, vice-président des Sociétés de géographie
et d’ethnographie, François Balsan a su préparer sur tous les plans toutes ses
expéditions. Véritable "coureur de pistes", il allie le goût des voyages et de l’aventure à une profonde
connaissance intellectuelle et à une constitution physique et sportive
constamment entretenue, ce qui lui permettra de mener à bien une vie réfléchie
et résolue d’explorateur doté de vastes connaissances linguistiques et d’une
curiosité infinie.
Dès
1935, il parcourt le Wallega éthiopien, puis le Baloutchistan. En 1939, il part
en Arménie et au Kurdistan. Depuis la Finlande il a fait des missions en
Estonie et en Suède avant de s’illustrer militairement en 1940, en Scandinavie.
En
1948 et en 1951, il explore le Kalahari et y découvre des gravures rupestres.
C’est
aussi en 1951 qu’il participe à l’expédition Panhard-Capricorne. De 1953 à
1957, les pays parcourus se nomment Arabie du Sud, Beihan, Baloutchistan
occidental (1955) et Yémen pour un séjour de plusieurs mois au pays de l’Imam
Ahmed (1957).
Après un retour au
Kalahari en 1958, désert diffici1ement pénétrable, pays des Pygmées et des
Bushmen, il descend les marais de l’Okanvango inexplorés, epuplés
d’hippopotames et de crocodiles et il rejoint le nord du Mozambique (1959). A
travers le Barotséland et L’Angola méridional, il recherche une ancienne route
de l’or. Puis ce sera la traversée de la Corne de l’Afrique saharienne (1962),
le Hinterland du Cap Gardafui (1964), le royaume du Monomotapa en Rhodésie et
en Mozambique (1966). Il faudrait encore citer, le Sud éthiopien, le désert du
Régistan, dans l’Afghanistan méridional, l’Hindou Kouch et le Badakhchan
(Afghanistan septentrional), des pays souvent inaccessibles aujourd’hui pour un
occidental.
Soucieux
de faire partager ses découvertes au cours de ses expéditions (on ne dénombre
17, le plus souvent effectuées à pied), dans des pays peu ou mal connus, voire jusqu’alors inexplorés, François
Balsan a écrit une trentaine d’ouvrages essentiellement pour les adultes car
leur lecture est rendue difficile par l’emploi de termes propres aux
civilisations rencontrées. Néanmoins une douzaine de titres, souvent publiés
dans les collections pour la jeunesse,
semblent accessibles aux adolescents bons lecteurs.
Romans et
récits accessibles aux adolescents bons lecteurs :
Poursuites vers le Nil Blanc « Collection
Voyages et Aventures » Éditions J. Susse, 1947.
Dans le secret du Baloutchistan
« Marabout Junior », Éditions Gérard, 1954. Couverture de Pierre
Joubert, dessins de Dino Attanasio. (1ère éd. Grasset, 1946).
Les Contrebandiers du Baloutchistan
Éditions de l’Amitié-G.T. Rageot, 1957. Illustrations de Michel Gourlier.
Réédition dans la « Bibliothèque de l’amitié », 1967.
Arabie du Sud, pays du vide (avec l’aide
de Geneviève Rouch) « Terres et hommes », Nathan, 1957. 66 p. 20 cm
sur 14. Photos en noir et blanc.
Poursuite au Wallega Éditions du temps, « Aujourd’hui
l’aventure », 142 p. 6 ill. hors-texte, 1962.
Nouvelles aventures au Kalahari « Belle
humeur », Desclée de Bouwer (DDBj), 1959. Ill. Jean-Jacques Vayssières.
155 p. (Réédition en 1963). Autre édition
chez Plon en 1959.
L’Étreinte du Kalahari (1ère
édition en 1948) Réédition dans la collection « Marabout junior »,
Éditions Gérard & Cie, 1960. Couverture de Pierre Joubert, ill. Louis
Haché.
Yambo, enfant de la brousse « Bibliothèque
de l’amitié » Éditions de l’Amitié-G.T. Rageot, 1964. Photographies de
l’auteur. Illustrations de Romain Simon.
Issa le Somali « Fantasia »,
Éditions Magnard, 1969. Illustrations de Edmond François. Hors-texte en
couleurs. Jaquette mobile illustrée.
Aventure au Yémen « Bibliothèque de
l’amitié » Éditions de l’Amitié-G.T. Rageot, 1970. Photographies de
l’auteur. Illustrations de Françoise Boudignon.
Embuscades en Éthiopie « Bibliothèque
de l’amitié » Éditions de l’Amitié-G.T. Rageot, 1971. Photographies de
l’auteur. Illustrations de Françoise Boudignon.
La Fiancée rouge « Bibliothèque de
l’amitié » Éditions de l’Amitié-G.T. Rageot, 1972. Photographies de
l’auteur. Illustrations de Françoise Boudignon.
jeudi 22 mars 2018
Jany Saint-Marcoux (1920-2002) : Bibliographie
Jany Saint-Marcoux, romancière appréciée des jeunes
filles : Bibliographie
1952 : La Duchesse en pantoufles Ill.
Guy Sabran G. P.,
Bibliothèque Rouge et Or. Rééd. 1958
1952 : Le Secret de Pierres-Noires :
Domino, Ill. Pierre Rousseau G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Prix Montyon
de l’Académie française 1953.
1953 : Les
Sept Filles du roi Xavier : Murièle, Ill. Marcel Bloch G. P.,
Bibliothèque Rouge et Or
1954 : L’Oubliée
de Venise : Carina Ill. Guy
Sabran G. P., Bibliothèque Rouge et Or.
Autre édition G.P. : coll. Super 1000
1954 : Princesse Cactus : Janylène,
Ill. Félix Lacroix G. P., Bibliothèque Rouge et Or. (Prix du Salon de l'Enfance,
1954)
1955 : Le Voleur de lumière : Mirentchou,
Ill. Guy Valdès G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Nouvelle édition :
Hachette Coll. Idéal Bibliothèque, Ill. François Batet, 1970.
1955 : Fanchette : le Jardin de l'Espérance,
Ill. Guy Valdès G. P., Bibliothèque Rouge et Or.
1956 : Aélys et la Cabre d'Or, G.P., Ill.
Gaston de Sainte-Croix Bibliothèque Rouge et Or. (Prix Montyon)
1956 : Les Chaussons verts : (Michèle
des îles), Ill. Gaston de Sainte-Croix G. P., Bibliothèque Rouge et Or.
Rééd. 1966, G.P.
1957 : Le Château d'algues, Ill. Paul
Durand G. P., Bibliothèque Rouge et Or. Autre édition G.P. : coll. Super
1000. Nouvelle édition : Hachette, Hachette Coll. Idéal Bibliothèque, Ill.
Michel Jouin, 1969.
1958 : Le Diable doux, Ill. Gilles Valdès
G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1959 : La Guitare andalouse, Ill. Jean
Sidobre G. P., coll. Rouge et Or Souveraine. Nouvelle édition : Hachette,
1968. Coll. Idéal Bibliothèque et Bibliothèque Verte
1959 : La Caravelle, Ill. Daniel Dupuy G.P.,
coll. Rouge et Or Souveraine.
1961 : Cet été-là..., Ill. Daniel Dupuy G.
P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1961 : Espoir en 33 tours, Ill. Daniel
Dupuy G. P., coll. Rouge et Or Souveraine. Deux 1ère de couv
différentes. 1 : Joël et sa trompette 2 : La chanteuse Sylvie
1961 : Un si joli petit théâtre, Ill.
Michel Gourlier G. P., coll.Rouge et Or Souveraine. Rééd. G.P. 1970.
1962 : Aniella, Ill. Gilles Valdès G. P.,
coll. Rouge et Or Souveraine.
1963 : Le Jardin sous la mer, Ill. Daniel
Dupuy Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1964 : Criss ou J'étais une idole, Ill.
Daniel Dupuy Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
Diplôme Loisirs jeunes, 1965.
1965 : Mon village au bord du ciel, Ill.
Gilles Valdès Société nouvelle des éditions G. P., coll. Rouge et Or
Souveraine.
1966 : La Princesse endormie : ce
Mexique dont je rêvais, Ill. Michel Gourlier Société nouvelle des éditions
G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1967 : Ma tendre panthère, Ill.
Maurice Paulin coll. Souveraine Presses de la Cité Département G.P. .
1968 : Mon Château des Baléares, Ill.
Michel Gourlier G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1969 : Pour qu'un cœur batte encore, Ill.
Gil Pascal G. P., coll. Olympic.
1970 : Corinne qui voulait danser, Ill.
Jean Reschofsky G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1971 : Corinne et son prince, Ill. Jean
Reschofsky G. P., coll. Rouge et Or Souveraine.
1973 : Le Temps d'une chanson, Ill.
François Carage Hachette coll. Idéal Bibliothèque
(Nouvelle édition de Criss ou J'étais une idole)
mercredi 21 mars 2018
Saint-Marcoux (1920-2002), romancière appréciée des jeunes filles des années 50-60
Jany Saint-Marcoux (1920-2002), romancière appréciée
des jeunes filles
Jany Saint-Marcoux
(1920-2002) est une romancière dont les principales œuvres destinées aux jeunes
filles sont parues aux Editions G.P. de Paris entre 1952 et 1973.
Après
avoir été journaliste dans un grand quotidien de province, Jany Saint-Marcoux
publie dans la « Bibliothèque Rouge et Or » un premier roman, La Duchesse en pantoufles dont l’action se
situe dans la baie du Mont Saint-Michel où l’auteur a vécu sa petite enfance.
Encouragée
par un premier succès, elle va pendant une vingtaine d’années gratifier les « Bibliothèque
Rouge et Or » puis « Souveraine » (à partir de 1957) de 26
récits qui font d’elle la locomotive et le solide pilier des Editions G.P. Le récit Pour
qu’un cœur batte encore qui traite en 1969 du grave problème des dons
d’organe et de la transplantation cardiaque est publié dans la collection
« Olympic », toujours chez G.P.
Elle
épouse en 1958, le romancier Jean Sabran qui, sous le pseudonyme de Paul
Berna, est depuis longtemps un autre
pilier des mêmes éditions. Toutefois, tandis que Paul Berna introduit les
milieux populaires et ouvriers dans ses récits, Saint-Marcoux choisit plutôt
ses héroïnes dans les classes moyennes, voire bourgeoises ou d’origine
aristocratique. Elle évoque tout de même des activités agricoles ou d’élevage
et l’exploitation des algues.
Les
lieux de l’action sont variés et permettent parfois de valoriser plus ou moins
un site ou une région : La baie du Mont Saint-Michel (La Duchesse en pantoufles), L’Alsace et les environs du
Haut-Koenigsbourg (Les Sept filles du roi
Xavier), le Périgord, la Dordogne et la ville de Brantôme (Domino Le Secret de Pierres-Noires), le
pays basque (Le Voleur de lumière),
la Provence (Aélys et la cabre d’or),
Toulouse (La Caravelle).
Toutefois,
Paris et ses environs sont des lieux privilégiés : Montmartre (Fanchette), l’île Saint-Louis (Les Chaussons verts), la Place des
Vosges (Le Diable doux), Paris et l’île de la Grande-Jatte (Espoir en 33 tours), le quartier parisien
du Marais (Criss ou j’étais une idole),
Paris et la Provence (Un si joli petit
théâtre), Paris, sa banlieue et ses grands ensembles (Mon village au bord du ciel). Paris est encore choisi pour les deux
épisodes de Corinne.
Les
îles offrent aussi un cadre de choix. Outre
les îles parisiennes de Saint-Louis et de la Grande-Jatte, on découvre en
Bretagne, l’île de Sein (Le Château
d’algues), l’île de Ré (Cet été-là…)
et au bord de la Méditerranée, l’île de Porquerolles (Le Jardin sous la mer) sans oublier les îles Baléares (Le Château des Baléares).
On
sort de l’Hexagone pour la Tunisie (Princesse
Cactus), Venise et l’Italie (L’Oubliée
de Venise), l’Espagne et L’Alhambra de Grenade (La Guitare andalouse), L’Espagne et l’Italie, Séville, Rome et
Milan (Aniella), (Le Mexique et la
civilisation maya du Yucatan (La
Princesse endormie).
Le
pittoresque de certains lieux ne doit
pas cacher le fait que Saint-Marcoux ancre ses récits dans un cadre réaliste et
qu’elle aborde des sujets d’actualité parfois graves : rééducation des
grands handicapés (Le Voleur de lumière),
création des villages d’enfants (L’Oubliée
de Venise), l’alcoolisme du père et la possible guérison (Aniella), l’emprisonnement du père (Cet été-là), la vie dans les grands
ensembles (Mon village au bord du ciel).
Cette entrée dans la modernité se confirme avec le récit très documenté sur la
construction de La Caravelle par
Sud-Aviation. La recherche sous-marine sous-tend l’intérêt du roman Un jardin sous la mer.
En
1972, Jany Saint-Marcoux passe de l’écriture de romans à la direction de
collections, d’abord chez Hachette (ce qui facilite la nouvelle édition de
trois de ses récits dans la collection « Idéal Bibliothèque », rivale
de la « Bibliothèque Rouge &t Or », puis chez Tallandier en 1976.
On
oublié aujourd’hui l’immense succès de ces romans solidement construits, à la
fois dramatiques, sentimentaux et communiquant un amour de la vie. Ils sont écrits
lors de la meilleure période de ce que Jean Fourastié a appelé « Les Trente
Glorieuses », une période où l’on salue d’autant mieux les progrès
économiques, techniques et scientifiques que les guerres (en Indochine ou en
Algérie) sont occultées ou franchement
ignorées par l’ensemble de la population.
Certes,
Saint-Marcoux utilise ses talents de journaliste soucieuse d’une documentation
irréprochable au service de sa création, mais la France et la société qu’elle
décrit est globalement conservatrice surtout dans la représentation de l’épouse
et de la mère de famille (quand elle est encore en vie…).
C’est
dans les récits présentant les vocations artistiques que les jeunes filles
semblent disposer de plus de liberté et d’invention créatrice, même si
Saint-Marcoux assurait qu’elle voulait démythifier les milieux séduisants et
prestigieux de la danse, du chant et du spectacle. On ne sait si, à l’égard de
ce monde, elle cède à la fascination ou à une certaine réserve prudente.
Espoir en 33 tours raconte à la fois
l’ascension artistique de Sylvie Duriel, élève du conservatoire, pianiste
virtuose des « Préludes » de Liszt, ce qui lui vaudra
l’enregistrement d’un microsillon 33 tours et celle de son ami, l’adolescent
Joël, un as de la trompette de jazz. ((D’où la parution deux jaquettes pour ce
roman, l’une avec Sylvie, l’autre avec Joël).
Mais
peut-être en raison d’une sorte de puritanisme chrétien et d’une époque encore
pudibonde et timorée (nous sommes en 1960), l’élan des cœurs ne se concrétise
pas dans l’élan des corps et c’est sans doute ce qui surprendrait le plus les
lectrices d’aujourd’hui. Le plus petit contact physique semble exclu.
Dès
1993, Nic Diament ajoute une autre raison au vieillissement de ces
récits : « Leur ancrage dans la
réalité des années soixante, qui a été une raison de leur succès, les date
inexorablement, et leur sentimentalité appuyée en plaît plus aux lecteurs
actuels. » écrit-elle dans son « Dictionnaire des écrivains
français pour la jeunesse, 1914-1991 »
Criss ou j’étais une idole (réédité en
1973, chez Hachette sous le titre Le
Temps d’une chanson) décrit admirablement et techniquement la
« fabrication accélérée dune idole des jeunes. Heureusement, la chanteuse
Christelle, au-delà du tourbillon de « triomphes mouvementés » saura
raison garder et comprendre qu’une carrière se construit lentement et
difficilement.
Corinne qui voulait aller danser
s’engage effectivement dans une carrière de danseuse et Corinne et son prince doivent apprendre que le bonheur ne se
confond pas avec la gloire. Marie-Bé réussit des débuts convaincants dans Un si joli petit théâtre et déjà dans Les Chaussons verts, Michèle commence
une ascension de future étoile de la danse, de ballerine… mais elle renonce à
sa carrière. Dans Le
Diable doux, c’est à un studio de cinéma qu’accède la pétulante Tichou qui
tourne un film « sous la direction
du célèbre metteur en scène Bartruc ».
Les
romans de Saint-Marcoux ont été traduits en de nombreuses langues.
samedi 3 mars 2018
La romancière L.N. Lavolle (Hélène Chaulet, 1914-1994) et ses nombreux ouvrages
La
romancière L.N. Lavolle (Hélène Chaulet, 1914-1994), alias Claude Bailly, alias
Denise Glize
Petite fille de Paschal Grousset, alias André Laurie,
collaborateur de Jules Verne, la romancière Hélène Chaulet , fille de médecin,
cadette de sept enfants, a grandi en Inde avant de rentrer en France (à Paris et dans les Landes) où elle épouse
un ingénieur français. Grande voyageuse, polyglotte, passionnée d’histoire,
d’archéologie et d’ethnologie, celle qui utilisera surtout le pseudonyme de
L.N. Lavolle introduira dans ses nombreux romans sa connaissance du monde, en
particulier de l’Asie et de l’Orient, et son esprit de tolérance. Le cadre
historique et géographique de ses romans s’inspirera directement de ce qu’elle
a vu et vécu dans des pays aussi divers que l’Italie, l’Espagne, la Turquie, la
Grèce, l’Egypte, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, le Soudan ou la Chine,
D’abord, des éditeurs
catholiques
Elle publie d’abord ses récits chez des éditeurs catholiques
(ce qui lui vaudra peut-être l’ignorance voulue ou la sous-estimation de son
œuvre par les critiques strictement laïques, bien que leur contenu seulement
humaniste et antiraciste n’ait rien à voir avec un quelconque prosélytisme).
Chez
Desclée de Brouwer, dans la collection « Belle humeur », L.N. Lavolle publie 4 de ses
récits. D’abord Le Conquérant de Golconde
(1957) dont l’action se situe en Inde. Puis Habib
Oullah et les quarante voleurs (1958), Le
Monde de l’or noir (1960) évoquant l’Iran, avant L’Ombre
du pharaon paru en 1963, un voyage dans l’Egypte ancienne, au temps
d’Aménophis IV qui deviendra Akhénaton.
Chez l’éditeur Fleurus, L.N.
Lavolle est présente dans trois collections.
La collection « Jean-François »
(Fleurus/Gautier-Languereau), plutôt destinée au garçons édite quatre de ses
romans. En 1956, L’Emeraude du
Grand Mogol,
première évocation de l’Inde ancienne, un récit republié en feuilleton en 1961 dans l’hebdomadaire Lisette, illustré par Marcello. Un tailleur de pierres
précieuses pour un prince hindou cherche à sauver d’un grave danger les parents
du prince et les emmène dans la jungle… On prépublie L’Onagre
[à la robe] d'argent dans Âmes Vaillantes, début 1957, un récit
publié en volume en 1958, contant les aventures en Iran d’une petite bergère et
d’un fauconnier.
Nuno de Nazaré (au Portugal) paraît en 1959 et Aventures
sur le Nil en 1962. Nuno, le fils de pêcheur répare une barque et
s’embarque avec ses amis pour la pêche mais gare au raz de marée ! Dans
l’hebdomadaire catholique Bernadette
édité par la Bonne Presse, L.N. Lavolle publie à la même époque L’Enfant du fleuve, inspiré par le fleuve Nil et illustré par
Pierdec (alias Pierre Decomble).
Dans
la collection « Monique » destinée aux filles, L.-N. Lavolle, propose
plusieurs récits parfois prépubliés dans les journaux du groupe Fleurus. Les
Sorcières de la mer (1959), illustré par Alain d’Orange, est centré sur le
sort de la petite Cinghalaise Nola, capable de plonger dans un lagon à la
recherche des perles, de capturer et d’apprivoiser des dulongs, dans
un milieu marin souvent dangereux. Un an plus tard, la romancière publie L’Indien aux
yeux clairs,
illustré par Jean Le Moing. La petite française Nelly, fille du consul de France à Bombay, découvre la misère de l'Inde, la situation tragique des "hors-castes", la rivalité religieuse des Hindous et des musulmans.
L’éphémère
collection « Caravelles » (1957-1958) présente l’exotique Mango..
Chez
Gautier-Languereau, paraissent plusieurs romans dans la « Bibliothèque bleue » ou Nouvelle Bibliothèque de
Suzette » qui réédite Nuno de Nazaré. dans la "Bibliothèque bleue" en 1964. Après avoir publié Le Magicien d’Istanbul (1961) L.N. Lavolle, toujours attachée à la véracité du
cadre historique ou géographique de ses récits, crée le personnage récurrent de
Nathie, dont les aventures
internationales débutent avec Nathie en Chine en 1962, Deux enfants chinois
ont perdu leurs parents lors d’une migration à Hong Kong. Après bien des
péripéties, ils sont accueillis dans la famille du consul de France grâce à la générosité
de Nathie. Lors d’un voyage à Formose, ils retrouvent leurs parents.
Nathie réapparaît en Crète, pays du roi Minos et de sa capitale
Cnossos, avec Nathie et le Minotaure (1963), avant Nathie en Iran (1965).
Les trois volumes sont illustrés par Georges
Pichard, tout comme Le Magicien d'Istanbul publié en 1961.
Toujours
chez Gautier-Languereau, la série « 3 romans » publie encore, en 1974, Nuno de
Nazaré, Le Génie des forêts (1976) et Les Nouveaux esclaves (1978).
Dans la « Bibliothèque de l’Amitié »
Avant
même la naissance de la collection « Bibliothèque de l’Amitié », les
éditions de l‘Amitié-G.T Rageot publient, dans la collection "Heures joyeuses", Nothi,
fils de l’Inde (1958) en quête de son ami, le grand éléphant
Chaudru qu’il ne retrouvera qu’en se faisant coolie et après avoir traversé le
Bengale avec des baladins.
Auteur-clé de la collection, la grande voyageuse polyglotte
L. N. Lavolle accorde généreusement une quinzaine de titres à la collection, entre 1959,
quand elle publie L'Etang perdu (quand deux enfants de l’immense forêt landaise défendent
la faune et la flore de leur pays, 105 000 exemplaires auront été vendus en 1981) et 1974,
pour Énigme à Madère,
quand Norman se mêle à la vie des jeunes pêcheurs portugais. L’auteur remporte
le Grand Prix du Salon de l’enfance en 1960 pour Les Clés du désert, un beau roman qui ressuscite la civilisation
sumérienne de Mésopotamie à travers l’histoire fabuleuse de Nina, la petite
chanteuse. (L’ouvrage reparaîtra dans la collection "Bibliothèque de
l'Amitié-Histoire").
Les publications s’enchaînent : La Porte de jade (1961), ouverte
sur « la route de la soie »,
avec Nane et Nourman joints aux Kasaks nomades pour retrouver leur pays, Les Secrets de la lande (1963) (quand Bertrand est subitement
transplanté dans les Landes). Ce sont aussi les Landes qui servent de cadre à L’Etang perdu en 1964 (deux enfants
landais veulent sauver la faune et la flore de leur région) et la collection
« Les Maîtres de l’aventure » publie plus tard Le Prince des Landes.
L’Île née de la mer (1964) commence en Inde en 1947 quand des bandes
d’enfants livrés à eux-mêmes vont pouvoir se réfugier dans les îles Maldives,
grâce à la bonté du capitaine d’un boutre, Le Lis
de la mousson (1965, quand la pauvre Indienne Naurouzi aimerait bien faire pousser
des lis sur les rivages du lac Dal, au Cachemire). Paraît Le Boléro d’or (1971, quand le jeune Landais
Niceto veut être toréro et conquérir le trophée pour conquérir l’estime des
autres... Il faut ajouter un volume signé Claude Bailly en 1963 : Nicolo et le lézard bleu.
Le
blog vient de présenter un autre livre de Claude Bailly : Passage Saint-Ange paru dans la collection
« Le Livre TV » Cette collection« Le Livre TV » permet à
Hélène Chaulet d’être doublement présente grâce à L’Otage de Rome signé L.N. Lavolle (quand Constantin, le futur
empereur de Rome séjourne en Sicile) et à Passage
Saint-Ange, signé Claude Bailly.
Dans la "Bibliothèque
de l’Amitié-Histoire" qui publie 6 titres par an, l’Antiquité est bien
représentée grâce aux récits de L.-N. Lavolle. Par exemple, L'Acrobate de
Minos publié en 1966 ou Les Perles de Cléopâtre, en 1968 (quand
l’enfant Ptolémée, souverain légitime d’Egypte, souffre des ambitions et des
manœuvres de César et de Cléopâtre)., par exemple,
Après
la publication de L’Acrobate de Minos
(réédité dans deux autres collections), Il faut ajouter deux récits inspirés
par l’Inde ancienne : L’Ami du Grand
Mogol (1970) et A l’ombre du Grand
Mogol (1970). Terminons par Les Fils
du soleil publié en 1973.
La
collection Jeunesse Poche » redonne une chance au récit Afghanistan (DDB, 1958) grâce à Émeutes à Kaboul (1971)
Chez G.P. Rouge et Or, Hachette et Duculot
Chez G.P., Rouge et Or, dans
la collection « Souveraine », en 1968 et 1969, L.-N. Lavolle propose L’Évadé
de Carthage (1968) et Le Cheval des ténèbres (1969), avant L'Affaire du Miqueou. Dans la
collection « Spirale » paraissent Les
Baladins d’Anatolie (1971) et Menaces
sur l’inventeur.
Toujours chez G.P., la collection
« Olympic » attend 1974 pour publier L’Expédition de l’Intrépide, un récit maritime.
Les éditions Hachette ont ouvert leur
« Bibliothèque rose » dès 1952 puisqu’elle y publie Sous le ciel de l’Inde, réédité en 1958.
Il faut faire un saut jusqu’en 1966 pour
rencontrer Le Bois des Quatre-Vents,
publié dans la collection « Idéal Bibliothèque » .
Dans
la collection « Travelling » des éditions Duculot, les pays du Tiers Monde sont
présents, comme l'Inde, vue autant à travers ses mythes et ses réalités, dans
le roman de L.N. Lavolle (comme Le Paria). Deux autres volumes paraissent :
en 1974 : Le Feu des mages et,
en 1977, Le Village des enfants perdus.
Les ouvrages de L.N. Lavolle
ont reçu de nombreux prix et ils ont été traduits dans de nombreux pays,
notamment l’Afrique du Sud, Le Danemark, La Grande-Bretagne, Les Pays Bas, La
Norvège, La Suède, Les Etats-Unis, L’Espagne, L’Italie…
Libellés :
Claude Bailly,
collection jeunesse,
Denise Glize,
Hélène Chaulet,
L.N. Lavolle
mercredi 28 février 2018
Passage Saint-Ange, un roman de Claude Bailly (Hélène Chaulet, 1914-1994), alias L.N. Lavolle
« Le Livre tv » : Passage Saint-Ange de Claude Bailly (Hélène Chaulet, 1914-1994),
alias L.N. Lavolle, alias Denise Glize
Passage Saint-Ange, un récit de Claude
Bailly, publié en 1964 dans la collection « Le Livre tv » sous le n°
11, aux éditions de l'Amitié, illustré par J. Daynié, a des aspects qui devraient interpeller les
lecteurs d’aujourd’hui.
Précisons
d’abord que Claude Bailly est un des pseudonymes d’Hélène Chaulet (née au
Vietnam en 1914, décédée à Biarritz en 1994), passionnée d’archéologie et
d’ethnologie, grande voyageuse. Elle est surtout connue sous pseudonyme de L.N.
Lavolle (L.N. pour Hélène) et sous celui, plus rare, de D. Glize (pour Émeutes à Kaboul en 1971).
L’action
de Passage Saint-Ange, dans le 17e
arrondissement de Paris, se situe dans un quartier populaire aujourd’hui
disparu (ou plutôt complètement transformé en une impasse bordée de hauts
immeubles modernes et d’arbres, entre l’Avenue de Saint-Ouen et la Rue Jean
Leclaire).
Comme
toujours dans ses romans, avec un grand souci documentaire, Claude Bailly
écrit, p. 8 : « Les lampadaires éclairaient les 3 blocs rouges des
H.L.M., les trottoirs jonchés de poubelles et de détritus, et, plus loin, les
masures du passage Saint-Ange, qui venaient buter contre le haut mur que les
enfants nommaient entre eux la Citadelle ».
Ces
enfants d’origines ethniques très diverses (Maghrébins, Arméniens, Chinois,
Iraniens, Polonais, Hongrois, Italiens, Portugais) se nomment Jacinto, Dominik,
Berjouk, Bela, Satvi, Reza, Nam et Clara. Ces enfants du Clan des chats (parce
que l’eau à l’hôtel est coupée très tôt), formait « une jeunesse
grouillante, mal lavée, mal peignée, qui devait se coucher sans se donner la
peine de se déshabiller » et qui ne mangeait pas à sa faim. Elle s’oppose
parfois aux enfants des H.L.M. rouges, habitants légaux et bien nourris. Le Clan des Chats récupère des bouteilles dans
les poubelles pour les vendre à un marchand du quartier.
Parce
que la cage d’Akbar, un mainate apprivoisé et une radio transistor portative ont
disparu, la police soupçonne les enfants du quartier qui redoutent qu’elle
découvre que les habitants vivent « dix ou douze par chambre ».
« Les chambres d’hôtel changeaient sans cesse d’occupants. Passage
Saint-Ange, les gens achetaient trois ou quatre heures de sommeil, comme
d’autres achètent un morceau de pain » (p. 26). Nicole, une fille des
H.L.M., déclare à Jacinto, chef du Clan des Chats, le plus apte à comprendre
les nombreuses langues du quartier, que
« la citadelle sera bientôt démolie puisqu’on va raser les taudis du
passage, avec leurs puces et leurs punaises (…) pour y bâtir d’autres
H.L.M. ». Il est vrai que le
passage est une « ruelle putride aux rigoles stagnantes d’eau de lessive,
aux tas de légumes pourris, lancés par des mains négligentes du haut des
fenêtres. »
Quand
la police visite les hôtels, les occupants en situation irrégulière ont eu le
temps de fuir mais Jacinto, l’adolescent portugais de 13 ans, est emmené au
poste … où. il joue bientôt aux cartes avec les agents ! En fait, seuls le
chat de gouttière Nakib et le chien Nabi qui sert de guide à l’aveugle Clara ont
aperçu le voleur.
Dirigé
cette fois par le jeune Chinois Nam, le Clan des Chats décide de faire des
recherches au marché aux puces de Saint-Ouen pourtant très éloigné. Il faut
traverser le boulevard périphérique avant d’arriver aux roulottes de tziganes
où la jeune aveugle Clara chante accompagnée par le guitariste tzigane Matéo,
l’oncle de Bela, qui reconnaît en elle une grande artiste. Un journaliste de la
télévision assiste à la scène... Les enfants se dispersent pour visiter les
brocanteurs de la Porte de Clignancourt, d’autres, le coin de la cité
Jules-Vallès ou le marché Paul Bert.
En
revenant vers une fête foraine, les enfants entendent des cris. C’est le chat
Nakib et son ami le chien Nabi qui provoquent le singe dressé Joko et mettent
son dompteur en fureur. En fait, Joko a fait une fugue la nuit dernière et
c’est lui qui a pris la cage d’Akbar et le poste de radio. Le Clan des Chats
est soulagé.
Mais
Clara a disparu. Le Clan des Chats se rend au poste de police, récupère Jacinto
et demande que l’on retrouve Clara. Les recherches sont vaines jusqu’au moment
où les enfants et les adultes du quartier se tenant devant trois appareils de
télévision d’un bazar du passage regardent un reportage intitulé « Une heure au
marché aux puces ». Soudain, le documentaire se termine sur le chant d’une
enfant à la voix inoubliable et merveilleuse : c’était Clara accompagnée
par le guitariste Matéo.
Ce
roman, sans être pesant, prône la tolérance et la solidarité, des qualités aussi mises à mal aujourd’hui que parfois les droits des enfants et ceux des migrants. Certes, le récit n’est pas sans défaut. Qui
peut croire qu’un chat et un chien puissent se conduite en détectives ? Le
marché aux puces paraît bien éloigné du Passage Saint-Ange. Sur 8 pages,
l’auteur intègre un conte indien, Les
deux frères, qui brise le rythme du récit.
Néanmoins,
ce roman mérite d’être redécouvert car il n'a rien perdu de son actualité.
Libellés :
Claude Bailly,
collection jeunesse,
Hélène Chaulet,
L.N. Lavolle
dimanche 25 février 2018
Collection "Le livre tv" aux éditions de l'Amitié G.T. Rageot (1963-19*64)
La collection « Le livre tv » aux Éditions
de l’Amitié G.T. Rageot
Les Éditions de l’Amitié créent l’éphémère
collection illustrée au format de poche : "Le Livre TV" qui ne fournira que 13 titres de 1963 à
1964. Pourquoi
ce titre ? Parce que la couverture cartonnée et quelques hors-texte
présentent des illustrations photographiques inscrites dans un écran de
téléviseur aux bords arrondis ! On est passé en France de moins de 4000
récepteurs en 1950 à plus d’un 1 400 000 en 1959 et la 2e chaîne va
apparaître en 1964. C’est le type de collection qui ne change que d’enveloppe.
Cet astuce de
l’image inscrite dans un écran de l’époque n’est même pas original puisque le
procédé est déjà utilisé depuis 1961 et jusqu’en 1963 par les édition O.D.E.J. pour
leur collection « Junior ».
À l’heure où
l’on diffuse les feuilletons : Thierry La Fronde, héros médiéval
créé par Jean-Claude Deret, superbement incarné par Jean-Claude Drouot, Le
Chevalier de Maison-Rouge (d’après Dumas) avec le virevoltant Michel Le
Royer, et Au nom de la loi, inséparable de l’image de Steve Mac Queen (Josh Randall) et de sa carabine au canon
scié, la collection ne publie aucun récit lié à la télévision, à une exception
près.
En effet, dans un
récit situé dans le XVIIe arrondissement de Paris, intitulé Passage Saint-Ange, l’auteur Claude Bailly (c'est un des pseudonymes d'Hélène Chaulet) fait apparaître, pour la plus grande joie de ses jeunes amis du quartier
populaire, la jeune fille aveugle Clara, « à la voix d’une pureté
merveilleuse », sur un écran de télévision. (Nous reviendrons bientôt sur
ce roman).
Chaque volumes est illustré de deux photographies en couleur et d'illustrations en noir et blanc assez nombreuses.
On rencontre des rééditions d’auteurs connus comme Michel-Aimé Baudouy : Bruno, roi de la montagne, un récit datant de 1953, raconte la vie de l’ourson orphelin Bruno, recueilli par une fermière des hauts plateaux des Pyrénées. Echappé, brutalisé par des bandits, rendu brutal par les mauvais traitements, victime d’un truand déguisé en « faux-ours », Bruno est finalement recueilli par son ancienne maîtresse qui adoucit son comportement. Plusieurs romans ont déjà été publiés dans la collection « Heures joyeuses », chez Rageot.
On rencontre des rééditions d’auteurs connus comme Michel-Aimé Baudouy : Bruno, roi de la montagne, un récit datant de 1953, raconte la vie de l’ourson orphelin Bruno, recueilli par une fermière des hauts plateaux des Pyrénées. Echappé, brutalisé par des bandits, rendu brutal par les mauvais traitements, victime d’un truand déguisé en « faux-ours », Bruno est finalement recueilli par son ancienne maîtresse qui adoucit son comportement. Plusieurs romans ont déjà été publiés dans la collection « Heures joyeuses », chez Rageot.
De Geneviève
Dardel, Sur les traces du
« Pourquoi-Pas ? » qui ressuscite le Commandant Charcot
connaît une nouvelle vie, bien après son
édition originale en 1945. De L.N. Lavolle (Hélène Chaulet), on publie en 1963 une nouveauté : L’Otage de Rome. C'est l’histoire d’un
esclave libéré, au IIIe siècle après J.C., en Sicile, à l’époque où Constantin, le futur empereur, est encore adolescent. Le récit donne des aperçus intéressant sur la civilisation romaine.
Robert Brassy
publie aussi une nouveauté en 1963, Johan des fjords. L’orphelin Johan, héritier de ses ancêtres vikings a une passion
pour la mer. Recueilli avec son amie Jouetta par une famille de pêcheurs
pauvres, après une année de mauvaise pêche, le garçon et son amie doivent
aider, à l’intérieur des terres, un riche fermier pour la moisson. Conquis par
la gentillesse des deux enfants, l’homme leur lègue ses biens.
Sont aussi des
rééditions, les traductions d’ouvrages de E.T.A. Hoffmann (Histoire d’un casse-noisette) de l’Allemand Fritz Steuben, alias
Erhard Wittek (1898-1981). Steuben était très présent, très tôt, chez Rageot, dans la
collection "Heures joyeuses" pour le cycle de
l’Indien Tecumseh (9 volumes en tout) dont on réédite seulement deux
titres Pieds-agiles et Filles à
l’arc et Flèche volante. Le récit de H. Queling, En route pour l'Himalaya, déjà édité dans la collection "Heures joyeuses"en 1947, est aussi une traduction de l'allemand.
Trois traductions d’Édith Vincent apparaissent
: Un garçon manqué de A. Sétala, Le
Trésor de Quarocuya de K. Mast (1963) et Une année merveilleuse de
N. Barnes.
Le Trésor de
Quarocuya situe son action dans la
montagne, à la frontière entre Haïti et Saint-Domingue. Les garçons Ramon et
Delio poursuivent le meurtrier qui a blessé et dévalisé le père de Delio. Ils
sont aidés par le Blanc Don Carlo qui les protège et dirige une expédition en montagne. Après l’arrestation
du meurtrie repéré par Ramon, les deux garçons pourront réaliser leur
rêve : être chauffeurs de camions en ville.
Une
année merveilleuse se passe en Amérique chez des gentlemen-farmers. La jeune fille Ellen
(12 ans) quitte le Kansas pour le Colorado où son père, ancien avocat, devient planteur de pommiers. Ellen s’adapte
d‘autant mieux à sa nouvelle vie qu’elle se lie d’amitié avec le jeune Anglais
Ronnie. Randonnées à bicyclette, amitié partagée et vie familiale harmonieuse
justifient amplement le titre du récit.
Traduit de l’italien
Cent lires à l’aventure de G. Anguissola raconte les péripéties d’une pièce
de cent lires depuis son acquisition par une jeune écolière pour acheter son journal,
jusqu’au jour où elle s’enfonce dans le sable du désert, après l’accident
d’avion dont est victime le dernier propriétaire de la pièce, un jeune soldat.
Malgré l’artifice du
procédé, le récit conserve un certain intérêt.
Les illustrateurs de la collection n’ont guère laissé de traces, sauf Pierre Rousseau (L’Otage de Rome) et Bernard Ducourant (Sur les traces du « Pourquoi-Pas ? »).
Voici 4 exemples tirés de la collection "Junior" éditée par O.D.E.J. à Paris. Elle publie des romasn classiques ou populaires pour garçons et filles à partir de 12 ans.
Si l'illustration de couverture s'inscrit dans un espace évoquant un écran de télévision, aucune allusion n'est faite sur ce moyen de communication en pleine expansion.
Voici 4 exemples tirés de la collection "Junior" éditée par O.D.E.J. à Paris. Elle publie des romasn classiques ou populaires pour garçons et filles à partir de 12 ans.
Si l'illustration de couverture s'inscrit dans un espace évoquant un écran de télévision, aucune allusion n'est faite sur ce moyen de communication en pleine expansion.
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G.T.-Rageot,
Le livre tv
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