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jeudi 11 octobre 2018

Jacques Martin, l'album La Grande Menace et le tunnel d'Urbès (et non de Bussang)


Jacques Martin, l’album La Grande Menace et le tunnel d’Urbès (et non de Bussang)

Le fait que les éditions Hachette viennent de rééditer (pour un prix dérisoire) la bande dessinée La Grande Menace (parue dans le journal de  Tintin en 1952, devenue un album du Lombard en 1954) donne l’occasion de rectifier une erreur réitérée à propos du lieu qui est à l’origine de l’histoire conçue et dessinée par Jacques Martin.



Jacques Martin persiste et signe

Dans Les Cahiers de la bande dessinée n° 20, Spécial jacques Martin d’avril 1973, Jacques Martin raconte les origines du héros Lefranc : « C'était en 1950. J'étais avec un ami d'enfance en vacances dans les Vosges. II m'emmena voir le tunnel de Bussang transformé par les Allemands en 1944 pour lancer des V 1 sur Paris. Heureusement, l'avance rapide des troupes françaises empêcha ce crime d'être accompli. Le tunnel, très profond, était invulnérable aux bombardements, et à la moindre alerte, il suffisait de rentrer les rampes de lancement à l'intérieur, grâce à des rails. En visitant, je me suis rendu compte que tout était intact, et il m'est apparu que n'importe quel fou pouvait remettre tout cela en état de marche ! (…) De retour en Belgique, j'ai imaginé l'histoire de La Grande Menace.»     
Sur le site internet Araucan.com en 2002 (50 ans après la naissance de Lefranc), Jacques Martin persiste dans cette version en faisant cette confidence : « Lorsque j'ai acheté ma première voiture en 1951, je me suis rendu dans les Vosges pour retrouver un ami d'enfance qui m'a fait découvrir le Col de Bussang. Pendant la Seconde Guerre, ce n'était pas encore un col mais un tunnel où les Allemands avaient installé des V.1 braqués sur Paris. Rendez-vous compte que lors de ma visite, en 1951, ils étaient toujours en place, juste désarmés. Le site était gardé par un malheureux soldat. J'ai trouvé cela tout à fait effarant ! Sur le chemin du retour, j'ai imaginé le scénario de La Grande Menace.  (Ce texte est encore en partie repris en 2018 dans la nouvelle édition Hachette de la B.D., dans le cahier additionnel, page 5).
        

Jacques Martin s’est trompé de tunnel

Or, il faut bien admettre que Jacques Martin a été trahi par sa mémoire. Le tunnel visité n’est pas celui qui a été construit au col de Bussang au début des années 1840. Le souterrain long de 250 mètres a été frontalier après l’annexion de l’Alsace jusqu’en 1918. En 1944, les Allemands font exploser une partie de la voûte de ce tunnel routier pour retarder les Américains. On ne voit plus guère aujourd’hui que l’entrée alsacienne, l’entrée vosgienne étant masquée par la végétation. 
En fait, Jacques Martin (né à Strasbourg en 1921, disparu en 2010), a visité la partie terminale du tunnel ferroviaire qui devait relier Saint-Maurice-sur-Moselle dans les Vosges et Urbès en Alsace (un tunnel bien connu aujourd’hui grâce aux travaux du Bussenet Raphaël Parmentier). Envisagé en 1927, il est interrompu en 1935 alors que 4000 mètres ont été creusés côté alsacien sur les 8300 m. prévus. A la fin de 1943, les Allemands investissent le tunnel pour y enterrer une usine d‘armement. Devenu un camp de travail dépendant des camps de concentration de Natzwiller-Struthof, le tunnel soumet les déportés à des conditions de travail insupportables dans les gaz et l’humidité. L’usine produit des pièces pour les V1/V2 et pour les réacteurs du Messerschmitt ME 262. C’est donc bien ce tunnel de l’horreur d’Urbès que Jacques Martin a visité soit en 1950, soit en 1951. Dans le climat de guerre froide des années 50, où la perspective d’une Troisième Guerre Mondiale n’est pas écartée, il imagine une puissance criminelle (dirigée par la maléfique Axel Borg) menaçant l’Etat français de détruire Paris avec une bombe nucléaire. La tâche du journaliste Lefranc est donc gigantesque pour empêcher ce projet diabolique !          

 
La prépublication dans le journal de Tintin des 60 planches (une par semaine) commence le 21 mai 1952 dans l’édition belge et le 3 juillet 1952 dans l’édition française. Seule, l’édition belge consacrera une couverture à La Grande menace. La première édition de l’album aux éditions du Lombard date de 1954. 

dimanche 25 mars 2012

1952 : Des films pour la jeunesse ?




1952 : Quels films pour la jeunesse ?

Les films considérés comme visibles par la jeunesse seraient peu nombreux en 1952 en raison des cotes en usage, en particulier dans les milieux catholiques. On serait sans doute un peu plus larges et tolérants aujourd'hui.

Parmi une soixantaine de films de l’année 1952, peut-on sélectionner une vingtaine de films suscepticles d’intéresser un public jeune ?

Voici une tentative de sélection :

Les Aventures de Robinson Crusoé 1952 Luis BUNUEL (95 mn)
Barbe-Noire le pirate (USA) (Robert Newton, Linda Darnell)1952 Raoul WALSCH
Le Corsaire rouge (Burt LANCASTER, Eva BARTOK)) 1951-52 Robert SIUDMAK (105 mn)
L’Expédition du Kon-Tiki (Préambule : P.-E. Victor) 1952 Thor HEYERDAHL (70 mn) (Norv-France)
Fanfan la Tulipe (Gérard Philipe) 1951-52 CHRISTIAN-JAQUE
Heidi (film suisse en noir et blanc) 1952 Luigi COMENCINI (95 mn)
L'Homme tranquille (John WAYNE, Maureen O'HARA) 1952 John FORD (124 mn)
Horizons sans fin (vie d'H. Parmelin= H. BOUCHER, aviatrice) 1952 Jean DREVILLE (102 mn)
Il est minuit, Docteur Schweitzer d'ap. CESBRON. (P. FRESNAY) 1952 André HAGUET. (90 mn)
Ivanhoé (Robert Taylor, Elizabeth Taylor) 1952-53 Richard THORPE (106 mn)
Jeux interdits (Brigitte FOSSEY, G. POUJOULY) 1952 René CLEMENT
Le Jour où la Terre s’arrêta 1952 Robert WISE (avril 52 en France)
Manon des sources 1952 Marcel PAGNOL (110 mn)
Moineaux de Paris (Pts Chanteurs à la croix de bois) 1952 Maurice CLOCHE
Monsieur Leguignon Lampiste (Yves Deniaud, de Funès) 1951-52 Maurice LABRO
Le Petit monde de Don Camillo (ou : Le Retour…) 1952 Julien DUVIVIER
Le Prisonnier de Zenda (Stewart Granger, Deborah Kerr) 1952 Richard THORPE
Robin des bois et ses joyeux compagnons. (G-B.) (Pr. DISNEY) 1951-52 Ken ANNAKIN. Scaramouche (Stewart Granger, Eleanor Parker) 1952 George SIDNEY (déc. 52)
Les Vacances de Mr Hulot 1952 Jacques TATI

Autres Films de 1952 :
A l’abordage (Errol Flynn, Maureen O’Hara) George SHERMAN
L’Affaire Cicéron 1952 Joseph L. MANKIEWICZ
L’Appel du destin (Roberto Benzi, Jean Marais) Georges LACOMBE
Capitaine Ardant (Renée Saint-Cyr, Yves Vincent) André ZWOBODA
Capitaine sans loi (le voilier Mayflower) (Spencer Tracy)Clarence BROWN
Capitaine Téméraire (Le Monde lui appartient) Gregory Peck Raoul WALSH
Casque d’or (Simone Signoret, Serge Reggiani) Jacques Becker
Cent francs par seconde (jeu radio) (Henri Genès, J.-J. Vital)Jean BOYER
Chantons sous la pluie (Gene Kelly,Debbie Reynolds)Stanley DONEN,G.KELLY
La Cité sous la mer Albert J. COHEN
Des hommes qu’on appelle sauvages (Exp. Orénoque-Amazone)
Alain GHEERBRANDT
Deux de l’escadrille (Jean Richard, Roger Pierre) Maurice LABRO
L’Epée de Monte-Cristo (John Derek, Anthony Quinn) Phil KARLSON
Les Feux de la rampe (Limelight) Charlie CHAPLIN (oct. 52 en France)
Le Fils d'Ali-Baba (Tony Curtis, Piper laurie) Kurt NEUMANN
Les Fils des Mousquetaires (Cornel Wilde, Maureen O’Hara)Lewis ALLEN
La Flibustère des Antilles Jacques TOURNEUR (sept 52 en France)
Francis aux courses (Donald O’Connor, Piper Laurie) Arthur LUBIN
L’Inconnu du Nord-Express 1951-52 Alfred HITCHCOCK
Jean Valjean Les Misérables Lewis MILESTONE
Sous le plus grand chapiteau du monde Cecil B. DE MILLE
Monsieur Taxi (Michel Simon) André HUNEBELLE
Le Mur du son David LEAN
L’Odyssée de l’African Queen (H. Bogart, Katherine Hepburn) Robert MORLEY
Parachutiste malgré lui (Dean Martin, Jerry Lewis) Norman TAUROG
Piédalu fait des miracles (Ded Rysel) Jean LOUBIGNAC
Poil de Carotte (Raymond Souplex, Germaine Bermoz) Paul MESNIER
La Poule aux œufs d’or (Abbott et Costello) Jean YARBROUGH
Rayés des vivants (Daniel Yvernel, Marthe Mercadier) Maurice CLOCHE
Seuls… au monde (Madeleine Robinson,René Lefèvre)René LEFEVRE, René CHANAS
Six filles cherchent un mari (d’après Gilbreth) Henry LEVIN (U.S.A.)
Le Soldat récalcitrant (Dean Martin, Jerry Lewis) 1950
(France en 1952) Hal WALKER
Son dernier Noël (Marie-France, Tino Rossi) Jacques Daniel NORMAN
Sous le plus grand chapiteau du monde Cecil B. DE MILLE
Teresa (Pier Angeli) U.S.A. : 1951, (France en 1952) Fred ZINNEMANN
Tonnerre sur le Pacifique 1951-52 Allan DWAN
Un Américain à Paris (Gene KELLY, Leslie CARON) Vincente MINELLI
Violettes impériales (Luis Mariano, Carmen Sevilla) Richard POTTIER
Viva Zapatta Elia KAZAN
Vivre Akira KUROSAWA

vendredi 23 mars 2012

1952 : Une forte présence du western





1952 : Une forte présence du western

Comme il est très difficile de distinguer ce qu’on pouvait laisser voir aux jeunes comme westerns, à cette époque (à moins de rendre compte des présentations, d’ailleurs décalées dans le temps, dans la presse jeunesse contemporaine), on présentera ici tous les films retrouvés de l’année (sans prétendre à l’exhaustivité).
Autre problème celui des dates. Elles sont nécessairement toutes relatives puisqu’il faudrait distinguer date du tournage, date de la sortie en Amérique, date de la sortie à Paris et en province (ce qui représente parfois des écarts de 1 à 5 ans !).
Le genre « western » a déjà une longue histoire derrière lui en 1952. Il demeure un type de film qui associe la légende et l’histoire (en privilégiant plutôt la légende) pour évoquer souvent un épisode de la conquête de l’Ouest (entre 1860 et 1890) mais en élargissant parfois le cadre géographique traditionnel.
La période de la « série B » appartient au passé et le genre atteint son apogée lors de cette période classique des années 50. Le manichéisme qui pousse à voir l’Indien comme un ennemi de la civilisation s’atténue lentement depuis le film La Flèche brisée en 1950.
Si les westerns de l’année 1952 sont plutôt nombreux, ils sont loin d’être tous de qualité même si l’on peut isoler quelques œuvres remarquables.
Parmi les incontournables, citons d’abord Le Train sifflera trois fois de Fred Zinneman, avec Gary Cooper et Grace Kelly. En 1870, un shérif qui se marie et s’apprête à prendre sa retraite doit affronter seul quatre hommes dont un assassin qu »il a fait condamner. La chanson de Dimitri Tiomkin : Si toi aussi tu m’abandonnes, a fortement contribué au succès de cette parabole contre la maccarthisme (quand la peur a provoqué le pourrissement de l’ordre social).
Citons ensuite La Captive aux yeux clairs de Howard Hawks, avec Kirk Douglas, Dewey Martin et Elisabeth Threatt. Ce film sans poursuites ni chevauchées, au déroulement aussi lent que la remontée du fleuve est d’une surprenant beauté. Il évoque l’expédition de Lewis et Clark sur le fleuve Mississipi jusqu’aux montagnes du Montana. Ce western se montre respectueux et amical vis-à-vis du peuple indien.
Nommons aussi L'Homme des vallées perdues de George Stevens, avec Alan Ladd, même si ce western, tourné en 1951, est une sorte d’ovni, connu surtout à partir de 1953. Ce film ne montre pas seulement la traditionnelle opposition entre éleveurs et cultivateurs. Cavalier solitaire au passé trouble surgi de nulle part, Alan Ladd secourt des fermiers terrorisés par un Jack Palance impressionnant de méchanceté et se lie d’amitié avec un enfant avant de disparaître, sa tâche terminée.
Il est aisé de retrouver dans l’ensemble des westerns de l’année 1952, les éléments traditionnels du western classique. L’armée américaine qui joue à l’espion est présente dans La Mission du commandant Lex où l’on retrouve Gary Cooper contraint de jouer les rénégats. Elle intervient aussi, par exemple, dans The Maverick et dans Les Clairons sonnent la charge.
Quelques titres évoquent des lieux plus ou moins précis, comme Californie en flammes, L’Expédition de Fort-King, Fort Osage ou Les Conquérants de Carson-City.
Les cow-boys sont particulièrement présents dans Fargo, Le Gaucho de Jacques Tourneur, Les Rois du rodéo et Vaquero (avec Robert Taylor, Ava Gardner et Anthony Quinn).
Les Indiens apparaissent encore souvent comme des êtres menaçants, ne serait-ce qu’à travers les titres et les images des affiches dans La Levée des tomahawks, Au mépris des lois, Le Signal de l’attaque, Les Affameurs, Les Flèches brûlées et La Peur du scalp
Plusieurs chefs indiens sont évoqués dans quelques films : le chef Apache Géronimo dans Les Derniers jours de la nation apache (Indian Uprising) de Ray Nazzarro, Cochise (Apaches Chiricahuas) dans Au mépris des lois de George Sherman, et Vittorio (Apaches Mescaleros) dans Quand les tambours s’arrêteront (en 1951). Citons aussi Le Fils de Geronimo avec Charlton Heston.
Remarquons que les « exploits » (omniprésents habituellement) de Buffalo Bill n’apparaissent en 1952 qu’à travers le film peu connu, Tomahawk Territory.
La femme, jeune fille innocente, femme fatale, ou entraîneuse de saloon) apparaît dans L’Ange des maudits (avec Marlène Dietrich), Les Indomptables, Convoi de femmes, La Femme aux révolvers et L’Etoile du destin.
L’épopée du chemin de fer n’échappe au film A feu et à sang et au western Les Rivaux du rail.
Si les armes typiques du western (comme le colt ou la winchester) n’apparaissent pas dans les titres, en revanche elles sont très visibles sur les affiches.
Les hors-la loi ne manquent pas. Par exemple, ils assiègent une diligence du Nevada dans Le Relais de l’or maudit de Roy Huggins, à la fin de la guerre de Sécession.
Parmi les acteurs masculins, si cette année-là, John Wayne est absent, en revanche on note la présence de Gary Cooper, Kirk Douglas, Stewart Granger, Robert Ryan, Randolf Scott, Tyrone Power, James Stewart, Alan Ladd, Anthony Quinn, Robert Taylor, Rock Hudson, Bob Hope, George Montgomery, Audie Murphy, etc.
Parmi les actrices, retenons surtout Grace Kelly, Ava Gardner, Jane Russell, Marlene Dietrich, Julia Adams…
Notons la présence des cinéastes Budd Boetticher, Anthony Mann, André de Toth, Howard Hawks, Richard Thorpe, Fred Zinneman, William Dieterle et Nicholas Ray.
Le cinémascope n’est pas encore là mais le technicolor triomphe, avec ses couleurs vives.
La parodie et le pastiche ne sont pas encore de mise (du moins, de façon consciente).

1952 : Films Westerns : Un éventail varié mais inégal

Les Affameurs (James Stewart, Julia Adams, Rock Hudson) 1952 Anthony MANN
Au pays de la peur (Stewart Granger) 1952 Andrew MARTON
Les Cavaliers sans gloire (Le Traître du Texas) (Robert Ryan) 1952 Budd BOETTICHER
La Captive aux yeux clairs (Kirk Douglas, Elsabeth Threatt) 1952 Howard HAWKS (120 mn)
Les Clairons sonnent la charge (Ray Milland, Helena Carter) 1952 Roy ROWLAND
Les Conquérants de Carson-City (Randolf Scott) 1952 André de TOTH
Convoi de femmes (Robert Taylor) (USA : 1951, France : 52) 1951-52 WilliaM A. WELLMAN (118 mn) Les
La Dernière flèche (Pony Soldier) (Tyrone Power) 1952 Joseph M. NEWMAN (80 mn)
Le Fils de Géronimo (Charlton Heston) 1952 George MARSHALL (95 mn)
Le Fils du Visage Pâle (Bob Hope, Roy Rogers) 1952 Frank TASHLIN
Hiawatha (Vincent Edwards, Yvette Dugay) 1952 Kurt NEUMANN
L’Homme à la carabine (James Stewart) 1952 Richard THORPE (88 mn)
L'Homme des vallées perdues (Shane) (Alan LADD) 1952-53 George STEVENS (105 mn)
La Maîtresse de fer (Alan Ladd, Virginia Mayo) 1952 Gordon DOUGLAS (110 mn)
La Mission du Commandant Lex (Gary Cooper) 1952 André de TOTH
Le Relais de l’or maudit (Randolf Scott) 1952 Roy HUGGINS
Le Train sifflera trois fois Gary Cooper 1952 Fred ZINNEMAN (85 mn)
La Vallée des géants (Kirk Douglas, Eve Miller) 1952 Felix E.FEST
Vaquero (Robert Taylor, Ava Gardner) 1952 John FARROW

Autres westerns :
A feu et à sang (The Cimarron Kid) 1952 Budd BOETTICHER
L’Ange des maudits (Marlène Dietrich, Mel Ferrer) 1952 Fritz LANG
Au mépris des lois 1952 George SHERMAN
Les Bannis de la Sierra (Anne Baxter) 1952 Joseph M. NEWMAN
Californie en flammes 1951-52 Lew LANDERS
Les Derniers jours de la nation apache (Indian Uprising) 1952 Ray NAZARRO
Duel sans merci (The duel at Silver Creek) 1952 Don SIEGEL
L’Etoile du matin (Lone Star) 1952 Vincent SHERMAN
Fargo (Wild Bill Elliott) 1952 Lewis D. COLLINS
La Femme aux revolvers (Montana Belle) 1952 Allan DWAN
Femmes hors-la-loi 1952 Sam NEWFIELD
Les Flèches brûlées 1951-52 Ray ENRIGHT
La Folie de l’or 1952 Ray NAZARRO
Fort Osage (Vallée ardente) 1952 Lesley SELANDER
Le Gaucho (Rory Calhoun, Gene Tierney) 1952 Jacques TOURNEUR
L’Heure de la vengeance (The Raiders) 1952 Lesley SELANDER
Les Indomptables 1952 Nicholas RAY
La Levée des tomahawks 1952 Spencer Gordon BENNETT
The Maverick (Wild Bill Elliott) 1952 Thomas CARR
Les Mémoires d’un condamné (Victime du destin) 1952 Raoul WALSH
Montagne rouge (Alan Ladd, Elisabeth Scott) 1951-52 William DIETERLE
Passage interdit (La Révolte gronde) 1952 Hugo FREGONESE
La Peur du scalp (The Half Breed) Robert Young) 1952 Stuart GILMORE
Plus fort que la loi (Robert Ryan, Claire Trevor) 1952 William D. RUSSELL
Le Quatrième homme (John Payne, Coleen Gray) 1952 Phil KARLSON
Les Rois du rodéo (John Lund, Scott Brady) 1952 Budd BOETTICHER
Le Signal de l’attaque 1952 Harold F. KRESS
La Taverne des révoltés (Randolph Scott) 1952 Felix FEIST
La Vallée de la vengeance 1951-52 Richard THORPE


Films racontés dans "Mon film" en 1952

Fort invincible La Vallée de la vengeance
Terre damnée Marqué au fer
Les Aventures du Capitaine Wyatt Les Clairons sonnent la charge
La Vallée des géants Les Conquérants de Carson-City
La Mission du Commandant Lex

samedi 10 mars 2012

1952 : Vaillant, "le journal le plus captivant"




1952 : Vaillant innove et publie de nouvelles séries

Après les difficultés financières qui ont conduit l’hebdomadaire à ouvrir une souscription (les frères Alain et Hubert Krivine participent d'ailleurs à la souscription, comme le signale le courrier du 20 avril 1952), le journal Vaillant connaît une période plus faste.
Ses 16 pages grand format (depuis 1950) font une grande part à la bande dessinée. Certaines séries sont déjà là depuis plusieurs années, telles Les Pionniers de l’Espérance (1945), bande de science-fiction dessinée par Raymond Poïvet et scénarisée par Roger Lecureux, la bande comique Placid et Muzo (1945) de José Cabrero Arnal, Lynx blanc (1947) de Rob Sim, Capitaine Cormoran (1947) de Lucien Nortier et Jean Ollivier, Hourrah Freddi (1948), bande policière de Claude-Henri Juillard, reprise par Pierre Leguen, Sam Billie Bill (1949), un western de Lucien Nortier (dessin) et Jean Ollivier (scénario).
Depuis 1950 et toujours présents en 1952, sont apparus Jean et Jeannette de Jacques Souriau et Jean Ollivier, Fils de Chine de Paul Gillon et Roger Lecureux, Les Compagnons de la section noire (1951) de Jean Cézard.
En 1952 apparaissent de nouvelles bandes de qualité : P’tit Joc « le jockey aux yeux bleus » qui ressemble à James Dean, d’André Joy (alias Gaudelette) et Jean Ollivier, Pour la horde, bande préhistorique (où les humains se battent contre les dinosaures !) de Jean-Claude Forest, lequel Forest dessine aussi Charlot. Notons encore une création : Le Fils du Cormoran de Claude-Henri Juillard. Dès le mois d’octobre , Jean-Claude Forest crée Copyright, animal fabuleux et c’est en décembre que Pif le chien d’Arnal et de Pierre Ollivier (créé en 1948) fait sa première apparition dans Vaillant. Jean Cézard commence alors la série réaliste, Lagardère.
On peut remarquer la très forte participation du scénariste et écrivain Jean Ollivier. Notons aussi la forte présence de Jean-Claude Forest, qui, en plus de Charlot et Pour la horde, illustre le roman sportif de Frank Moreau : Champion malgré lui.

vendredi 2 mars 2012

1952 : ERIK, scénariste-dessinateur prolifique, très présent (2)




1952 : ERIK (alias André René Jolly, 1912-1974), auteur-illustrateur prolifique

Après la Deuxième Guerre Mondiale, le dessinateur-scénariste Erik a-t-il payé trop cher sa participation à l’illustré pro-nazi Le Téméraire ? En tout cas, il serait temps de le sortir d’un injuste oubli (qui s’explique aussi par la rareté de ses albums) car il a égayé de ses créations joyeuses et originales la presse des jeunes, en particulier au cours des années 50 et 60. Heureusement quelques sites et blogs, bien documentés, mettent en valeur aujourd’hui une partie de son œuvre.
Ce dessinateur prolifique, spécialisé dans la caricature humoristique, est particulièrement présent au cours de l’année 1952 (mais aussi au cours des suivantes !) dans la presse catholique des éditions Fleurus
Après un détour par la publicité, c’est en 1946 qu’il est revenu à la bande dessinée avec les nouvelles séries, Tribacil contre Docteur Klorax, Tartol de la Clanche ou Papou Détective dans Coq Hardi, le journal créé et dirigé par Marijac. Dès lors, il est omniprésent. Retenons Trancheroc (Youmbo Magazine, 1948-1950), poursuivi dans Zorro Jeudi Magazine de 1947 à 1952.
Chez Fleurus dont il est l'un des principaux dessinateurs, à partir de 1950, il va donner à Coeurs Vaillants : Grignoton et Monsieur Bobêche. Les Aventures drôlatiques de Jean et ses amis (avec Perroquet…le perroquet !) y seront présents de 1952 à 1956, puis ce sera la naissance d'un de ses récits les plus célèbres : Pat'Rac reporter (excellente bande policière humoristique seulement en album en 1959) et qui apparaît dans le même Cœurs Vaillants de 1952 à 1959.
On trouve aussi, à cette époque, dans les magazines Fleurus, ses fameuses machines extravagantes, aussi complexes qu’inutiles qui confirment l’humour parfois délirant d’Erik.
Pendant plus de vingt ans, il sera dans les pages d'Ames Vaillantes avec Commissaire Picablo et Finette Détective (1951-74). Finette et le chien Teuf-Teuf sont au coeur des épisodes : Le Trésor englouti et Le Coup d'Etat de Volubilie en 1952. Erik continuera à dispenser ses œuvres aux autres titres du groupe : Fripounet, J2 Magazine ou Formule 1.
Il illustre également des almanachs Fleurus, par exemple, en 1952, Grand galop (qui publie en outre la courte bande de sept pages : Cataral shériff). Coeurs vaillants, en 1952, publie la bande Cataral sur la planète Humérus (le professeur est accompagné du capitaine Sandal)
De 1953 à 1960, l’hebdomadaire Lisette des éditions de Montsouris publie Nique et Prune. (Nique est le diminutif de Véronique et Prune est une pie).
Erik a beaucoup travaillé pour la publicité. Pour le chocolat Meunier, il crée en 1951 et 1952, deux albums avec vignettes à coller sur le thème des Fables de La Fontaine. Ses caricatures joyeuses du lion et du renard sont particulièrement réussies.

1952 : ERIK, scénariste-dessinateur prolifique, très présent





1952 : ERIK (alias André René Jolly, 1912-1974), auteur-illustrateur prolifique

Après la Deuxième Guerre Mondiale, le dessinateur-scénariste Erik a-t-il payé trop cher sa participation à l’illustré pro-nazi Le Téméraire ? En tout cas, il serait temps de le sortir d’un injuste oubli (qui s’explique aussi par la rareté de ses albums) car il a égayé de ses créations joyeuses et originales la presse des jeunes, en particulier au cours des années 50 et 60. Heureusement quelques sites et blogs, bien documentés, mettent en valeur aujourd’hui une partie de son œuvre.
Ce dessinateur prolifique, spécialisé dans la caricature humoristique, est particulièrement présent au cours de l’année 1952 (mais aussi au cours des suivantes !) dans la presse catholique des éditions Fleurus
Après un détour par la publicité, c’est en 1946 qu’il est revenu à la bande dessinée avec les nouvelles séries, Tribacil contre Docteur Klorax, Tartol de la Clanche ou Papou Détective dans Coq Hardi, le journal créé et dirigé par Marijac. Dès lors, il est omniprésent. Retenons Trancheroc (Youmbo Magazine, 1948-1950), poursuivi dans Zorro Jeudi Magazine de 1947 à 1952.
Chez Fleurus dont il est l'un des principaux dessinateurs, à partir de 1950, il va donner à Coeurs Vaillants : Grignoton et Monsieur Bobêche. Les Aventures drôlatiques de Jean et ses amis (avec Perroquet…le perroquet !) y seront présents de 1952 à 1956, puis ce sera la naissance d'un de ses récits les plus célèbres : Pat'Rac reporter (excellente bande policière humoristique seulement en album en 1959) et qui apparaît dans le même Cœurs Vaillants de 1952 à 1959.
On trouve aussi, à cette époque, dans les magazines Fleurus, ses fameuses machines extravagantes, aussi complexes qu’inutiles qui confirment l’humour parfois délirant d’Erik.
Pendant plus de vingt ans, il sera dans les pages d'Ames Vaillantes avec Commissaire Picablo et Finette Détective (1951-74). Finette et le chien Teuf-Teuf sont au coeur des épisodes : Le Trésor englouti et Le Coup d'Etat de Volubilie en 1952. Erik continuera à dispenser ses œuvres aux autres titres du groupe : Fripounet, J2 Magazine ou Formule 1.
Il illustre également des almanachs Fleurus, par exemple, en 1952, Grand galop (qui publie en outre la courte bande de sept pages : Cataral shériff). Coeurs vaillants, en 1952, publie la bande Cataral sur la planète Humérus (le professeur est accompagné du capitaine Sandal)
De 1953 à 1960, l’hebdomadaire Lisette des éditions de Montsouris publie Nique et Prune. (Nique est le diminutif de Véronique et Prune est une pie).
Erik a beaucoup travaillé pour la publicité. Pour le chocolat Meunier, il crée en 1951 et 1952, deux albums avec vignettes à coller sur le thème des Fables de La Fontaine. Ses caricatures joyeuses du lion et du renard sont particulièrement réussies.

vendredi 24 février 2012

1952 Les albums de BD de l'année (2)



1952 : Les albums de bande dessinée de l’année

ARNAL Placid et Muzo en Perse Ed. Vaillant
R. BONNET (HERBONNE) : Fripounet et Marisette, Le Repaire des grenouilles (Fleurus).
Robert RIGOT : Chantal au Katanga (Edipat).
BRANTONNE, DEC : Praline au Tour de France Editions des Remparts (+ Praline aux sports d’hiver…)
F. A. BREYSSE : Oscar et Isidore : Le Mystère de Ker-Polik (Fleurus).
F. A. BREYSSE : Oscar et Isidore : L'Oncle du Tchad (Fleurus).
F. A. BREYSSE : Oscar et Isidore : S.O. S 23-75 (Fleurus).
Wilhelm BUSCH, trad. A. THERIVE : Max et Maurice ou les Sept mauvais tours de deux petits garçons. Flammarion
Paul CUVELIER : Le Lombard
Walt DISNEY : Mickey et Jeudi Ed. Hachette
Walt DISNEY : Mickey et les robots Ed. Hachette
DURST : Nounouche cordon bleu, Nounouche blanchisseuse Ed. Enfants de France
FRANCHI : Zozo inventeur (réédition de 1952)
FRANCHI : Zozo en avion (réédition de 1952)
FRANCHI : Zozo en Amérique (réédition de 1952)
FRANQUIN : Spirou et Fantasio : Spirou et les héritiers Editions Dupuis
Fred HARMAN : Red Rider 4 Editions Dupuis
HERGE : Jo et Zette et Jocko : Le Manitoba ne répond plus Casterman.
HERGE : Jo et Zette et Jocko : L'Eruption du Karamako Casterman.
HERGE : Popol et Virginie au pays des Lapinos Casterman
HERGE : Les Exploits de Quick et Flupke 5e série Casterman
HERGE : Rééditions de plusieurs épisodes de Tintin : Le Secret de la licorne, Le Trésor de Rackham le Rouge...
B. HIERIS, Dessin : Al G. (Alexandre Gérard) : L’Espiègle Lili travaille S.P.E.
B. HIERIS, Dessin : Al G. (Alexandre Gérard) : L’Espiègle Lili au pays des lions S.P.E. 1952 ?
B. HIERIS, Dessin : Al G. (Alexandre Gérard) : L’Espiègle Lili aux Indes S.P.E. (prépublié dans Fillette en 1952)
J.-M. CHARLIER et V. HUBINON : Buck Danny : Attaque en Birmanie Editions Dupuis
Jean-Michel CHARLIER et Victor HUBINON : Buck Danny : Les Pirates du désert Editions Dupuis
Jean-Michel CHARLIER et Victor HUBINON : Buck Danny : Les Trafiquants de la Mer Rouge Editions Dupuis
Jean-Michel CHARLIER, Victor HUBINON, Albert WEINBERG : Tarawa atoll sanglant 1951 et 52 Editions Dupuis
HOGARTH : Tarzan le justicier Hachette
Victor HUBINON : Surcouf, Corsaire de France Editions Dupuis
JIJE : Baden-Powell Editions Dupuis
JIJE : Don Bosco (réédition) Editions Dupuis
JIJE et FRANQUIN : Les Chapeaux noirs et 3 autres aventures de Spirou et Fantasio Dupuis
JIJE : Les Aventures de Blondin et Cirage : Blondin et Cirage au Mexique Editions Dupuis
JIJE : Les Aventures de Blondin et Cirage : Le Nègre Blanc Editions Dupuis
Bob KAY et A. GERARD : Miki journaliste S.P.E.
Bob KAY et A. GERARD : Miki devient célèbre S.P.E.
Pierre LACROIX : Bibi Fricotin policier S.P.E.
Pierre LACROIX : Bibi Fricotin et l’invention du professeur Buldoflorin S.P.E.
Pierre LACROIX : Bibi Fricotin jockey S.P.E. 1952 ?
Pierre LACROIX : Bibi Fricotin policier S.P.E. 1952 ?
MAT : Les Aventures de Bouclette (Rouff).
MAT : Oscar le petit canard au Pôle S.P.E
MORRIS : Lucky Luke : Sous le ciel de l’Ouest Editions Dupuis E.O.
MORRIS : Lucky Luke : Rodéo Editions Dupuis Rééd.
MORRIS : Lucky Luke : La Mine d’or de Dick Digger Editions Dupuis Rééd.
PELLOS : Les Pieds Nickelés chercheurs d’or S.P.E.
PELLOS : Les Pieds Nickelés sur les bords de la Riviera S.P.E.
A. PERRE : La Famille Bigorno dans le désert Ed. Rouff
A. PERRE : La Famille Bigorno en canoé Ed. Rouff
A. PERRE : La Famille Bigorno fait du camping Ed. Rouff
A. PERRE : La Famille Bigorno dans le désert Ed. Rouff
A. PERRE : Poucette (Trottin) chez les fantômes Ed. Rouff
A. PERRE : Poucette (Trottin) au pensionnat Ed. Rouff
POLEON, J. NOHAIN : Les Aventures de Totorix ("Albums Jaboune", Calmann-Lévy).
POLEON, J. NOHAIN : La Famille Fanfare. ("Albums Jaboune", Calmann-Lévy).
H. RASMUSSON : Aggie en plein mystère S.P.E H. RASMUSSON : Aggie fonde un club S.P.E.
H. RASMUSSON : Aggie reine du rodéo S.P.E.
H. RASMUSSON : Aggie travaille S.P.E.
Alain SAINT-OGAN : Zig et Puce en Ethiopie.
SIRIUS : L’Epervier bleu. L’Ennemi sous la mer Editions Dupuis
Willy VANDERSTEEN : Les Aventures de Bob et Bobette : Le Fantôme espagnol Le Lombard
Jacques BONDALLAZ : Histoire Sainte Tome II Les Luttes du peuple de Dieu « Belles histoires et belles vie » Fleurus
Gaston COURTOIS : Saint Jean Bosco « Belles histoires et belles vie » Fleurus
Jean PIHAN : Saint François d’Assise « Belles histoires et belles vie » Fleurus
Agnès RICHOMME : Saint Catherine Labouré « Belles histoires et belles vie » Fleurus
Jean VIGNON : Le Père Champagnat 1789-1840 « Belles histoires et belles vie » Fleurus
(Les 5 derniers album sont davantage des histoires illustrées que des BD).

P.S : on s'est permis de coloriser la couverture de Placid et Muzo en Perse d'Arnal (la couverture en noir et blanc ayant été trouvée dans le n° 397 de Vaillant, page 21)

1952 Les albums de bande dessinée parus au cours de l'année (1)



1952 : Les albums de bande dessinée de l’année

Heureux temps où il paraît encore facile et en tout cas possible de faire l’inventaire des albums de bande dessinée parus au cours de l’année 1952. Fichu temps aussi puisque personne à l’époque ne remarque les quelques albums exceptionnels et surtout les auteurs-dessinateurs remarquables qui publient quelques-uns de ces albums.
Au lieu de pester d’une manière caricaturale et fort globale sur la bande dessinée (on prend d’ailleurs essentiellement pour cibles des récits complets imprimés sur du mauvais papier, sans même vérifier s’ils existent encore…) ne pouvait-on pas remarquer les oeuvres Franquin, Jijé, Morris, Hergé, Hubinon, Jean-Michel Charlier, Cuvelier, Arnal, Herbonné, Breysse ou Pellos ?
Comment ne pas distinguer au moins, à l’époque, Le Mystère de Ker-Polik de F.A Breysse, Les Nouvelles aventures de Corentin de Paul Cuvelier, Spirou et les héritiers de Franquin, Les Exploits de Quick et Flupke 5e série et la réédition au médaillon bleu du Trésor de Rackham le Rouge de Hergé, Surcouf, Corsaire de France de Victor Hubinon, Baden-Powell, Les Chapeaux noirs et 3 autres aventures de Spirou et Fantasio et Blondin et Cirage au Mexique, trois autres œuvres incontournables de Franquin, Sous le ciel de l’Ouest, Rodéo et La Mine d’or de Dick Digger, trois épisodes de Lucky Luke signés Morris et surtout, Le Fantôme espagnol de Willy Vandersteen ?
En fait, on le voit, c’est grâce aux journaux nés en Belgique comme Spirou et Tintin et aux éditeurs belges comme Dupuis et Casterman (après Gordinne) que la bande dessinée apparaît dans des œuvres majeures et unanimement reconnues aujourd’hui. J’imagine la sidération du lecteur actuel découvrant l’existence du film On tue à chaque page (qui ignore tout de la totalité de ces albums)et les écrits de l’époque diabolisant la BD.
Comment pouvait-on à l’époque être à ce point frappé de cécité ? Par quelle aberration les « prescripteurs » étaient-ils affectés pour se montrer à ce point ignorants d’un tel apport culturel ? Il faut sans doute chercher une partie de la réponse dans les clivages idéologiques nés de la guerre froide. Non seulement les divers camps idéologiques s'ignorent mais le plus souvent, ils ne sont même pas capables de reconnaître et de promouvoir les albums de leur communauté.
Il est vrai que nous assistons aux balbutiements de la production et de la commercialisation d’albums de « bande dessinée » (l’expression n’existe pas encore, je crois. Elle n’entre dans le Petit Larousse qu’en 1981 !). La Bonne Presse (Bayard, Bernadette) est en retard par rapport aux éditions Fleurus qui publient des histoires parues dans leurs trois journaux : Fripounet et Marisette, Cœurs vaillants et Ames Vaillantes. Les albums de Pat’apouf de Gervy seront un jour soldés au kilo et Georges Dargaud, en 1961, ne publie qu’au compte-gouttes les premiers albums issus des BD de Pilote.
Les éditions Vaillant ne savent pas encore tirer parti des excellentes bandes publiées dans leur journal Vaillant.
Les albums brochés bon marché, en particulier ceux de la S.P.E. et des éditions Rouff (au total, presque le tiers des parutions) connaissent un vrai succès populaire en raison de leur prix peu élevé.

jeudi 23 février 2012

1952 LA PRESSE DES JEUNES (2)




Les effets de la loi de juillet 1949 : censure, sabordage et autocensure

L’année 1952 est intéressante à étudier du point de vue de la moralisation et de la surveillance exercée sur le journal pour jeunes.
La loi de postcensure, voulue depuis longtemps par les ligues de moralité, les éducateurs de tendances religieuses et politiques souvent antagonistes, voire par les dessinateurs redoutant la concurrence des bandes dessinées étrangères, date certes de juillet 1949. Elle a nécessité la lente mise en place d’une commission de contrôle et de surveillance dont l’un des rares et premiers rapports connus, sur la mise en œuvre de la loi et les remontrances adressées aux éditeurs, date de 1951.
Contrairement à une idée admise, la censure s’est exercée sur la presse juvénile au cours de ces années. Le livre, lui n’est pas inquiété sans doute parce que le texte bénéficie d’un préjugé favorable. C’est si vrai que la commission « oublie » les récits racistes contemporains, au point qu’un ajout antiraciste à la loi de 1949 ne voit le jour qu’en 1954. Comment a-t-on pu tolérer à l’époque que paraissent des albums affublant un Noir du nom de Bamboula ? (Ce nom apparaît aussi, hélas, dans un récit des éditions Flammarion « pour les jeunes »). Combien de personnes de couleur pourraient témoigner des souffrances infligées durant des décennies par ce surnom imbécile ?
Heureusement, le récit de l’anticolonialiste Andrée Clair, MoudaÏna ou deux enfants au cœur de l’Afrique, Prix jeunesse 1952, offre un nécessaire contrepoids. Faisons le point sur les faits réels de censure exercés sur la presse juvénile, d’autant surveillée qu’elle est le loisir majeur de la jeunesse.
La traduction de cette surveillance tatillonne, c’est la disparition de publications qui préfèrent souvent se saborder plutôt que de subir des sanctions… aux effets mortels.
La Librairie Moderne/S.A.G.E, sans doute affaiblie par la mort de son dirigeant, le magnat de la presse, Ettore Carozzo, (en novembre 1951) abandonne la "Collection Appel de la jungle" (1949-1952 où apparaissaient Raoul et Gaston et Jim la Jungle et la "Collection Aventures et mystères" (1947-nov. 1952) « coupable » de publier les histoires, jugées « invraisemblables » par les éducateurs, des super-héros Mandrake (le Magicien) et Le Fantôme (du Bengale). Petits Moineaux, pourtant bien inoffensif mais atteint par une mise en demeure en 1952, s’interrompt en décembre de la même année. La S.A.G.E. n’a pas fini de se faire du souci car Raoul Dubois ne ménagera pas ses critiques assassines pour Le Petit Shériff, Nat le petit mousse et Pecos Bill. Aux Editions Ray-Flo, publiées sur la Côte d’Azur, disparaissent en 1952, Jean Lynx et Jim Cartouche. Les mensuels Casse-Cou et Dynamic, il est vrai très médiocres, malgré des B.D. des frères Giordan, mal édités par les Editions de la Foux, de Draguignan, cessent aussi de paraître en 1952. Il faut y ajouter la mort des illustrés des Editions familiales et féminines de Montrouge : Le Corsaire et Cow-Boy, des « illustrés » peu regrettés. Les éditions Pierre Chott sont désormais une cible privilégiée. Elles ne devront pas se contenter de l’arrêt en 53 de la parution de P’tit Gars. Si Big Bill le casseur disparaît en 1954, la justice le condamne … en 1961. Ne sont pas les seules cibles les récits complets ou petits formats, subissant les foudres et l'ostracisme des éducateurs de tout bord, prêts à dresser les listes des coupables « à déconseiller », listes distribuées sous le porche des églises. Nombreuses sont les personnes disposées à détecter dans les cours de récréation, les présences suspectes de ces illustrés, (interdites jusqu’en 1976), coupables de « distraire » sans « éduquer », pour les confisquer.
Le journal illustré Tarzan, sans cesse harcelé en 1952 et 1953 par la commission de contrôle abdique devant le tollé des éducateurs et de certains lettrés outragés, comme Armand Lanoux, par cet « homme singe » « suspect ». L’acharnement entêté de l’instituteur communiste Raoul Dubois, membre (suppléant mais zélé), de la commission de contrôle pour les Francs et franches camarades et continuel rapporteur de Tarzan, finit par payer. Pour donner l’estocade finale, il menace de quitter la commission et reçoit le soutien des autres membres, hormis du dessinateur André Galland. Après ces campagnes de dénigrement et l’hostilité des éducateurs, Del Duca arrête son journal qu’il ne peut maintenir sous sa forme.
Donald, né en 1947, vilipendé pour le maintien des B.D. Mandrake et Luc Bradefer, personnages doublement coupables de disposer de pouvoirs surhumains et de venir d’Amérique, publie aussi en feuilleton Le Vagabond des mers d’Howard Pease mais ces jours sont comptés en 1952. En fait, on ne comprend rien aux travaux de cette commission si l’on oublie son hostilité générale à toute bande dessinée, (seulement tolérée dans les journaux à dose homéopathique quand elle est noyée au milieu d’autres rubriques jugées à priori plus éducatives quel que soit leur contenu, même si le journal publie des textes insipides et à l’eau de rose, l’écrit, quel qu’il soit, bénéficiant d’un préjugé favorable). L’incompréhension et le dénigrement systématique dont est victime la bande dessinée est manifeste, lorsque, successivement, à de périodes très différentes mais avec la même obstination (et qu'on ne m'accuse pas bêtement d'amalgame, comme l'a fait jadis une bibliothécaire télécommandée, je décris une chaîne chronologique), on voit Gaston Courtois, Mathilde Leriche et Simone Lamblin conseiller aux auteurs d’expliciter le contenu des ballons par des textes additionnels placés sous l’image ! Thierry Crépin, (dont l’ouvrage Haro sur le gangster a largement favorisé cette analyse), rappelle l’insistance de Simone Lamblin « sur le danger de l’absence de texte, remplacé par le procédé des ballons » (sic) ! La même détestation qui atteint la B.D. touche aussi la science-fiction, accusée de détourner l’enfant du sens des réalités, surtout si elle n’a pas l’aspect pseudo-scientifique des anticipations à la Jules Verne.
L’indulgence n’est pas de mise, même pour les auteurs et dessinateurs qui travaillent dans les journaux bien considérés. Par exemple, le talentueux Jean Cézard qui dessine Monsieur Toudou dans Francs-Jeux est l’objet de tracasseries pour sa série exotique et fantastique Yak, retirée de Brik-Yak dès 1952. Le romancier Albert Bonneau, auteur d’un pieux scénario dans Cœurs vaillants, est rappelé à l’ordre pour ses histoires policières dans Petit Riquet détective.
En revanche, il faut sans doute attribuer à ses qualités de syndicaliste de la presse, (plus efficace qu’Alain Saint-Ogan), la mansuétude dont tout le monde fera preuve à l’égard du caméléonesque Auguste Liquois, passé des écrits fascisants du Téméraire à une participation remarquée au journal Vaillant… et membre de la commission de contrôle jusqu’en 1954.

Rappelons que les membres de la commission, outrepassant leur rôle de censeurs, sont intervenus dans le processus de création des auteurs et des éditeurs. Dès 1951, ils transmettent aux éditeurs des consignes précises sur la représentation souhaitable des personnages, les limites de « l’affabulation » tolérable et des instructions détaillées recommandant la variété des rubriques, une sorte de nouveau « catéchisme » de la presse juvénile !

Les journaux juvéniles sont pourtant prudents en ce qui concerne des thèmes qui prévalaient avant la guerre 39-45. Le culte du héros, en particulier militaire, est toujours d’actualité. L’anti-héros n’existe pas en 1952, sauf pour les lecteurs des Pieds Nickelés ou de Bibi Fricotin, lectures méprisées ou condamnées par les éducateurs de tout bord. Dès 1952, ce ne sont pas seulement les effets des remarques, voire des menaces de sanctions affectant une certaine presse juvénile qui sont significatifs. Il faut soupeser les phénomènes d’autocensure et surtout les innovations à caractère éducatif que les éditeurs se sentent obligés d’apporter. Rien d’étonnant à ce que Georges Pérec évoque les rubriques : « Vrai ou faux ? », « Le saviez-vous », « Incroyable mais vrai », dans son livre Je me souviens en 1978. Elles résultent souvent de la loi de 1949 et veulent donner au journal une apparence éducative, destinée à amadouer les censeurs. Le journal de Spirou, et bientôt Tintin, publient des bandes dessinées s’attachant au vécu. Si elles privilégient davantage la geste exemplaire, souvent mythique, de héros passés ou contemporains plutôt que la vérité historique, elles ont marqué les lecteurs de l’époque, comme « Les Belles histoires de l’Oncle Paul ».
L’évocation de l’actualité est soumise à une autocensure consensuelle pour tous les journaux juvéniles de l’époque. Pas question d’évoquer des affaires criminelles comme l’affaire Dominici. Même l’affaire Finally, concernant des enfants réclamés par leur famille israélite, reste ignorée. Le journal Vaillant qui ne consacrera pas une ligne à la mort de Staline en mars 53 accepte le courrier des enfants solidaires d’Henri Martin, emprisonné pour son opposition à la guerre en Indochine. On préfère s’en tenir aux grands événements mondains ou spectaculaires et aux exploits sportifs. La pseudo prise en compte de l’actualité n’a donc rien à voir avec ce que montrent, avec les précautions d’usage, les journaux juvéniles actuels.

P.S. : Dans les thèmes proposés par le journal Vaillant à la fin de l'année 1952, n'apparaît pas le récit policier, même si le genre est bien présent dans le journal avec "Hourra Freddi". En revanche, l'anticipation est bien là (alors qu'on évite soigneusement l'expression "science-fiction)". Le roman historique paraît le plus représenté : bande préhistorique "Pour la horde" de Jean-Claude Forest (hélas pas du tout crédible du fait de la cohabitation d'humains et d'animaux préhistoriques), "Fils de Chine" de Paul Gillon", "Yves le Loup", bande médiévale Bastard, "Les Compagnons de la section noire" et "Jean et Jeannette" à l'époque de la Résistance...

1952 LA PRESSE DES JEUNES




LA PRESSE DES JEUNES EN 1952

1 Presse commerciale et distractive accordant une grande place à la bande dessinée, des journaux en plein développement
a) pour les garçons
- COQ HARDI (H) (20/11/44, Clermont-Ferrand- 1ère série (Paris) : avril-mai 1946- 1950, 2ème série : 1950-26/8/54 ; 3e série : sept. 1954-mai 1955) (éd. de Montsouris).Fondé par Marijac (Jacques Dumas), ce journal publie surtout des bandes dessinées françaises et quelques séries américaines.
- PIERROT (H) (1925-1942). mai 1947-déc. 1957, Editions de Montsouris (devient BELLES HISTOIRES DE PIERROT en 1952). Dans un format réduit en 1952, (22*28), devenu mensuel, il ne publie que des bandes françaises dont celles de Calvo et de Trubert- DONALD (Hardi présente) (H) (23/03/47-22/03/53, Edi-Monde, Paul Winkler et Hachette depuis 1947)
Paul Winkler, pour publier son journal grand format Donald, rachète le titre Hardi, inutilisé, est accorde une grande place aux bandes dessinées, surtout américaines. Malgré les remontrances des censeurs, s’il supprime Guy l’Eclair, il conserve jusqu’au bout Mandrake et Luc Bradefer.
- Le Journal de MICKEY (H) renaît le 1/6/1952 (Edi-Monde, Paul Winkler)
L’hebdomadaire reparaît deux ans après Mickey Magazine créé en Belgique en
octobre 1950. Malgré son format réduit par rapport à celui d’avant-guerre, le journal progresse vite dans ses tirages et atteint déjà 372 000 exemplaires, à la fin de 1952.
- TARZAN (H) (19/09/46-03/05/52, mars-24 oct. 1953) (Ed. mondiales, Del Duca)
Ce journal grand format est entièrement consacré à des bandes dessinées de genres très variés mais Tarzan n’est plus dessiné que par des tâcherons. Après une campagne de presse tenace et brutale, l’hebdomadaire se voit retirer son certificat d’inscription à la commission paritaire des papiers de presse. Il cesse de paraître début mai 1952 pour renaître durant sept mois en 1953 avant sa mort définitive.
- L'INTREPIDE (H) (1910-1937 ; reparaît de 1948 à 1962.) (Nous Deux Edition)
Ce journal de Cino Del Duca remplace L’Astucieux mais publie, en 1952, des bandes
dessinées françaises dues à Le Rallic, Giffey, Galland… On y remarque surtout l’adaptation en B.D. du film de Christian-Jaque : Fanfan la Tulipe et une vie du maréchal De Lattre de Tassigny décédé au début de 1952.
- HURRAH (1935-42 ; 1951-1953 ; 1953-1959, puis, "Hurrah Magazine", (Société Universelle d’Edition, Del Duca) et SUPER AVENTURE EN 1952
En dehors des bandes dessinées de Souriau et Le Rallic, le journal publie des bandes italiennes plus ou moins médiocres.
- BENJAMIN (de 1929 à 1939, Après-guerre : décembre 1952-nov. 1958)
Le titre créé par Jean Nohain reparaît sans lui mais avec un intérêt pour l’actualité. Il est soutenu par des personnalités comme Maurice Herzog, Paul-Emile Victor et par des écrivains.
- L’EQUIPE JUNIOR (H., mai 1951-avril 1952) (SOPUSI) Pellos, excellent caricaturiste sportif, lui apporte son talent
- ZORRO-JEUDI MAGAZINE (1947-1952) (devient ZIG-ZAG en 1952-53)
puis Nelle formule, Nelle série, L’Invincible, 0ct.1953
Cet hebdomadaire de Jean Chapelle qui change (trop) souvent de titre publie les dessinateurs Oulié (Zorro), Pellos (Chouchou) et Erik.
- VAILLANT (succède au "Jeune Patriote" en 1945) (Hebdo depuis juin 46) Editions Vaillant. Outre les B.D d'Arnal (Placid et Muzo), il publie Fils de Chine de Paul Gillon, Les Pionniers de l'Espérance, excellente série de SF de Poïvet et Lecureux, Sam Billie Bill, western de Lucien Nortier, Yves le Loup de Bastard. André Gaudelette dessine magnifiquement P'tit Joc sous le pseudonyme d'André Joy (en redoutant ques ses voisins découvrent qu'il travaille dans un journal communiste !). Jean-Claude Forest crée l'être imaginaire Copyright et dessine Charlot. Eugène Gire poursuit La Pension Radicelle et la bande policière Hurrah Freddi n'est pas signée (le dessin est de Pierre Le Guen).

Presse d'origine belge (Ecole de Bruxelles et Ecole de Charleroi)- HÉROÏC-ALBUMS (de 1945 à 1956 ; puis de 1969 à 1970) (en Belgique).
- PAT (en Belgique) (1946-1959). (Reprises de la presse catholique française).
- SPIROU Magazine (H) (1938 ; à partir de 1945 pour la France, Dupuis)
- TINTIN (H) (né en 1946 en Belgique, n° 1 en France, le 28 octobre 1948)
- BENJAMIN (H) (1952-1958) ou BENJAMIN ACTUALITE DE LA JEUNESSE. Renaissant décembre 1952
- L’EQUIPE JUNIOR (H., mai 1951-avril 1952) (SOPUSI)
b) pour les filles (en dehors de la presse catholique):
- LISETTE (H) (Montsouris, de 1921 à 1942 ; de 1946 à 1964
- FILLETTE (H) (S.P.E., de 1909 à 1942, puis de 1946 à 1964
- LA SEMAINE DE SUZETTE (H) (Gautier-Languereau, de 1905 à 1940 puis de 1946 à 1960)
2 Presse appartenant à des groupes de presse d'inspiration religieuse : Des titres qui existaient souvent avant la guerre. (U.O.C.F/Fleurus, Bonne Presse)
Journaux catholiques :

- FRIPOUNET ET MARISETTE (H) (nov. 1945-1969) devient "Fripounet"
- CŒURS VAILLANTS (H) (1929-1944) (1946-oct. 1963) futur "J2 Jeunes"
- AMES VAILLANTES (H) (1937-44 ; 1946-63) deviendra "J2 magazine.
- BAYARD (H) (1936-1940 ; 1946-1962) (remplacé par "Record") (G)
- BERNADETTE (H) (1923-1940; 1946-1963, deviendra "Nade") (F)
- LOUVETEAU (M) Scouts de France (8-12 ans)
- SCOUT (M) Scouts de France (12-16 ans)
Mouvement scout protestant :- MOWGLI (M) Eclaireurs Unionistes(6-14 ans)
Mouvement israélite :- L’ECLAIREUR ISRAÉLITE (M) (8-16 ans)
3 Presse fondée par la Ligue de l'Enseignement (laïque)- FRANCS-JEUX (1946-1979) (BM) (éd. SUDEL, Ligue de l'enseignement. En 1951, 2 éditions : 1 pour filles, une pour garçons)
- TERRE DES JEUNES (1948) Rageot, Publications enfantines
- JEUNES ANNÉES
Scoutisme laïc :
- TOUT DROIT (M)) Eclaireurs de France(10-16 ans)
4 Presse pour les petits :
- RIQUIQUI (M) (5-7 ans) Editions Vaillant
- ROUDOUDOU (M) (5-7 ans) Editions Vaillant
5 Presse publicitaire :
- KIM (1952-1968) ("distribué gracieusement aux petits amis de Shell")
- DOMINIQUE (M) (1951-1981) (Editions de l'Epargne)
6) Récits complets et petits formats :
Editions des Remparts, Lyon
- JUNIOR AVENTURES (Mensuel, 1950-1957) ;
- JUNIOR-ESPIONNAGE (Mensuel, déc. 1950-sept. 1957)
- JUNIOR, LES GRANDS HEROS (10 nos en 1952)

Librairie Moderne/Editions SAGE (Ettore CARAZZO, décédé en nov. 1951, Vittorio BROUSSARD)
Collection APPEL DE LA JUNGLE (1949-1952) (Raoul et Gaston, Jim la Jungle)
Collection AVENTURES ET MYSTERES (1947-nov. 1952) (Mandrake, Le Fantôme)
Collection FANTÔME (M., mai 1949-avril 1953) (Le Fantôme du Bengale de Ray Moore)
(après des avertissements répétés de 1950 à 1952, il va être sacrifié en avril 53)
- Coll Grand Nord – KING, LE ROI DE LA POLICE MONTEE (SAGE) (M., 1949-1953)
- HEROÏC (Bi-mensuel, mars 1950-mars 1957)
- NAT (Le Petit Mousse) (avril 1952-juin 1954)
- PECOS BILL (Aventures de …, Bi-mensuel, nov. 1950-sept. 1957)
- SCIUSCIA (Hebdo. Juin 1949-déc. 1952 ; déc. 52-avril 1955)
- PETIT SHERIFF (Bi-mensuel, absorbe Sciuscia, 2 séries, 1950-1957, 1957-1958)
- PETITS MOINEAUX (Hebdo. Juin 1950-déc. 1952) (mise en demeure en 1952, s’interrompt)
- ROY ROGERS (BM. puis M., déc. 1950-mai 1953)

Société d’Edition du Diadème, Jean Chapelle, Paris
Collection A TRAVERS LE MONDE (1ère série : 1945-déc. 1952, disparaît en 1957)
Editons S.E.G., Chapelle :- SANS PEUR (M., 1949-1961, plusieurs séries)
Editions S.N.P.I., Chapelle :
- ZORRO MAGAZINE (BM., juin 1950-mars 1953)
Editions RAY-FLO (Côte d’Azur)
- JEAN LYNX (1948-1952)
- JIM CARTOUCHE (Les Nouvelles aventures de …, 1e série : 1948-oct. 1952).
- JIM TOMAHOWK (1952-1954)

Editions L. B., Paris :
- PETIT RIQUET REPORTER (depuis 1948, 259 numéros) Niezab et A. Bonneau

Editions Pierre Mouchot, S.E.R. (Société d’Editions Rhodaniennes), Lyon :
(sous surveillance seulement depuis février 1952)

- BIG BILL LE CASSEUR (mars 1947-août 1954) (sera condamné… en 1961)
- GUS ET GAETAN (jusqu’en 1954)
- P’TIT GARS (Mensuel, octobre 1952-avril 1953) (Chott)

Editions du Siècle fondées par Robert BAGAGE, puis Impéria, Lyon, à partir de 1951 :
- GARRY (M., fév. 1948-fév. 1964) (revue militaire et guerrière)
- HOPALONG CASSIDY (M. puis BM. 1951-1957) (western)
- PRAIRIE (1951-1957) (western)
- SUPER BOY (depuis oct. 1949, mensuel, un des plus anciens formats de poche,
origine italiennne)
- SUPER BOY SPORT (janv. 1951-déc. 1952)
Editions Lug à Lyon (rédacteur en chef : Marcel NAVARRO) :
- PLUTOS (Mensuel, septembre 1950-déc. 1954) (bandes italiennes) ;
- Supplément à PLUTOS (déc. 1951, Tex Willer)
- TEX (« Plutos présente… »), Mensuel, avril 1952-fév. 1955)
- RODEO (« Plutos présente », Mensuel, sept. 1951-fév. 1955) (western) ;
- PIPO (sept. 1952-nov. 1961) (Bandes italiennes, 1er pocket comique)

Editions Aventures et Voyages, à Lyon :
- BRIK-YAK (avril 1950-oct. 1954) (résulte de la fusion de BRIK et YAK en 1950)

Récits complets du groupe ARTIMA (à Tourcoing) : (Gérant : Emile KEIRSBILK)
- ARDAN, Tim l’Audace (Mensuel, fév. 52-août 61)
- AUDAX (1ère série , à l’italienne, H. puis M. ; 1950-nov. 1953)
- AUDAX (Mensuel, 2e série : 1952-1961) Bill Tornade, Tom Tempest, Tex Bill
- AVENTURES FILM (Mensuel, 1952-1960)
- DYNAMIC Toni-Cyclone (Mensuel, 2e série : 1952-1962) (Aviation)
- Collection DYNAMIC (1950-1954) (format à l’italienne)

Editions de la Foux, Draguignan (Félix et Maurice ROCCOBONO)
- CASSE-COU (Mensuel, Janvier 1950-oct. 1952) (avec B.D. des frères Giordan)
- DYNAMIC (Mensuel, janvier 1950-septembre 1952) (Raoul et Robert Giordan)
- LE CANARD AUX OLIVES (oct. 1952-mai 1953)
- MYSTER (LES GAIS JEUDIS présentent…) (M. 4e trim. 1952- fév. 1955)

Editions familiales et féminines, Montrouge :
- LE CORSAIRE (mars 1852, 3 numéros env.-mai 1952)
- COW-BOY (BM, année 1952) Niezab et Chott

Editions Vaillant : (Petit format)
- 34 et 34 CAMERA (avril 1949-mars 1955)

Les albums souples bon marché :a)de la S.P.E. :
AGGIE, BIBI FRICOTIN, CHARLOT, L'ESPIÈGLE LILI, HERCULE MALABAR, MIKI, LES PIEDS NICKELÉS.
b) Editions Rouff :
BAMBOULA, BISCOTTO, MARMITON, BOUCLETTE (52-60), KADÉPUCE, LAMALICE ET GOURDIFLO, PIP ET JOC, POUCETTE (1933-59), ZIGOTO (1950-1958).

dimanche 19 février 2012

1952 : Ouvrages documentaires (adultes et jeunesse) (8)



1952 : Ouvrages documentaires (adultes et jeunesse) (8)

Pierre ALBARRAN : Alain Gerbault, mon ami Librairie Arthème Fayard
Jacques AUGARDE : Tabor Editions France-Empire
Robert BASTIN : Lord Robert Baden-Powell Citoyen du monde Editions SPES, Paris
Gabrielle BERTRAND : Le Peuple de la jungle Editions « Je sers », Paris
Norbert CASTERET : Ténèbres Librairie Académique Perrin
Louis CHAIGNE : Jean De Lattre Maréchal de France Ed. Fernand Lanore
André CHASSAIGNON et André POIRIER : Le Tour de France, ce passionnant fait divers Ed. la Grande Ourse
Pierre CLOSTERMANN : Feux du ciel (Flammarion, Ed. pour adultes).
Jacques-Yves COUSTEAU, Frédéric DUMAS : Le Monde du silence Editions de Paris (52-53)
André DEMAISON : La Vie des Noirs d’Afrique (« La Joie de connaître », Bourrelier, 1951
André DEMAISON : Le Grand Livre des bêtes dites sauvages Flammarion (Rééd. 1951, plusieurs couvertures)
Philippe DIOLE : Promenades d’archéologie sous-marine Editions Albin Michel
Auguste DUPOUY, Henry DUPUY-MAZUEL : Ceux de Bouvines « Bibliothèque des romans d’Histoire de France » Albin Michel 246 p.
Jacqueline et Claude DUBOIS, Ill. JAN-LOUP : A l’assaut de l’Himalaya (Ctes et Gestes historiques, Larousse)
G. DUVIC, Ill. G. BRAUN : René Caillé et Tombouctou la mystérieuse (Contes et Gestes historiques, Larousse)
G. O. DUVIC : Suffren et la campagne des Indes (Ctes et G. héroïques, Larousse)
Roger FRISON-ROCHE : La Montagne aux écritures Arthaud
Roger FRISON-ROCHE, Georges TAIRRAZ : Sur les traces de Premier de cordée Arthaud
Alain GERBAULT (1893-1944) : O.Z.Y.U Dernier journal Grasset
Alain GHEERBRANT : Des hommes qu’on appelle sauvages (album photo)
Alain GHEERBRANT : L’Expédition Orénoque-Amazone NRF Gallimard
David JAMES : Terre de froid « La Croix du Sud », Juillard
Dana et GINGER LAMB : A la recherche de la cité perdue 1 : Au pays de Pancho Villa « La Croix du Sud »
Dana et GINGER LAMB : A la recherche de la cité perdue 2 : Dans la jungle maya « La Croix du Sud » Julliard
G. GUILLEMOT-MAGITOT, Ill. P. PROBST : Une lignée de musiciens Jean-Sébastien Bach et ses fils Gedalge
Henri LAUGA et coll. : De la banquise à la jungle. Les Français, la terre et les hommes. Textes et documents Plon
Commandant LHERMINIER : Entre ciel et mer France-Empire
Raymond MAUFRAIS : Aventures en Guyane « La Croix du Sud », Julliard
Marcel MIGEO : La Vie de Maryse Bastié Editions du Seuil.
Micheline MORIN : Everest. Du premier assaut à la victoire Arthaud
Ugo NEBBIA : Léonard de Vinci Artiste et ingénieur Ed. de Varenne
H. OBERJOHANN : Mes éléphants du Tchad Arthaud
PALUEL-MARMONT : Au centre de l’Afrique avec Livingstone, Stanley et Brazza (Ctes et G. héroïques, Larousse)
Alexis PEARY, Photos : Suzy PILET L’Opinel Desclée de Brouwer (1951 et 1952)
Alexis PEARY, Photos : Suzy PILET Le Radeau Desclée de Brouwer (1951 et 1952)
Edouard PEISSON : Pôles L’Etonnante aventure de Roald Amudnsen
André ROCH, Préface E.F. NORTOU : Everest 1952 (expédition suisse Wyss-Dunant) Ed. Jehéber
Georges SADOUL : Vie de Charlot Editeurs Français Réunis
SAMIVEL : Cimes et Merveilles Arthaud
SAUVAGE : La Soif de l’air Ed. André Martel
Albert SCHWEITZER : A l’orée de la forêt vierge. Récits et réflexions d’un médecin en Afrique Equatoriale Française Edition Albin Michel
Alain SERGENT : Le Roi des prestidigitateurs Robert Houdin « Les 400 coups » Editions du Seuil
Haroun TAZIEFF : Cratères en feu Arthaud
Haroun TAZIEFF : Le Gouffre de la Pierre Saint-Martin Arthaud
Renée TRAMOND : Au pays des éléphants « Voyages et découvertes », Fernand Lanore
Serge VACULIK : Béret rouge Arthaud
Paul-Emile VICTOR : Aventure esquimau « La Croix du Sud », Juillard

Les ouvrages documentaires sont encore si peu nombreux que la jeunesse trouve d’autant mieux sa pitance dans les ouvrages destinés aux adultes que la presse des jeunes évoque les mêmes personnages ou les mêmes auteurs.

Les histoires s'inspirant de l'actualité sont rares. Les guerres coloniales sont ignorées ou tolérées, sauf par le magazine Vaillant, le seul à émettre des réflexions critiques sur les guerres où la France est impliquée.
Aux récits ancrés dans un réel parfois douloureux, (et bien que Le Journal d’Anne Frank soit traduit depuis 1950, aucun journal juvénile, aucune collection de fiction n’évoque le sujet avant la fin de la décennie), on préfère des fictions biographiques soit historiques, soit mythiques comme l'archétypale histoire du massacreur de bisons, Buffalo Bill, très légendaire et omniprésente dans le roman et surtout la bande dessinée. Qui dira la part de légende dans les multiples évocations de Don Bosco, saint et acrobate, du Docteur Schweitzer, « sorcier blanc », joué au cinéma par Pierre Fresnay et Prix Nobel de la paix en 1952, de Mermoz ou de Saint-Exupéry, Le Seigneur de Juby imagé pour Cœurs Vaillants ? De telles « illusions biographiques » ont bien leur place dans la fiction. Après « l’année 1952 des 3 maréchaux », (De Lattre, Juin, Leclerc), les héros militaires reviennent en force, Jean d'Agraives et Jean d'Esme, après Paluel-Marmont, s'en sont souvent fait leurs biographes, de Foch à Leclerc, revu aussi par Pierre Nord dans Leclerc et ses hommes (1952), en passant par De Lattre de Tassigny (décédé en 1952), raconté en images par le journal Bayard avant d’accéder à "La Bibliothèque Verte" et à l’"Idéal Bibliothèque". Les explorateurs, surtout africains, vantés depuis des décennies, sont encore là. Qu'il s'agisse de René Caillé, découvreur de la cité interdite de Tombouctou, de Stanley et Livingstone, revus en B.D. dans le journal Spirou. Ou bien de Bournazel, « l'homme rouge », et surtout de Charles de Foucauld. L'Histoire de France de Lavisse, toujours rééditée, montre encore l'image de Brazza délivrant les esclaves de leurs colliers, (quelques pages auparavant, les « petits Français » et « les petits Arabes » occupent des rangées de tables bien distinctes d'une école maghrébine).
En ce qui concerne l'Afrique, il faut insister sur la parution du livre "Tabor" de Jacques Augarde. Plus de 50 ans avant le film "Indigènes", cet ouvrage retrace l'épopée des Tabors marocains au cours de la Deuxième Guerre Mondiale. On les suit de la Tunisie à Stuttgart, en passant par l'Italie, la Corse, Marseille et les Vosges où ils ont combattu avec un courage et une fidélité exemplaires. (Je voudrais citer le monument de la Croix de Moinats au-dessus de La Bresse (Vosges), qui indique leur parcours héroïque et leur rend hommage).

A l'époque, la guerre d'Indochine est présentée comme la défense de la chrétienté, dans la bande dessinée : Parachutés au Laos, publiée par Bayard. Si les éditeurs belges, comme Dupuis, s’avisent de toucher au sujet, ils sont censurés dans leurs albums par l’application de l’article 13 de la loi de juillet 1949, qui menace les publications étrangères à l’importation. Aucun manuel, journal ou revue n'aide à la prise de conscience d'une décolonisation possible. On ne peut qu’être surpris par cette « littérature » militariste, colonialiste. Elle va sans doute davantage toucher les « enfants de la guerre » que la génération des « baby-boomers » lesquels ne peuvent se douter, bien sûr, qu’ils seront (heureusement) peu concernés directement par ces thèmes.

Place aux Mahuzier, arpentant la brousse de l'Afrique à l'Australie, à Bertrand Flornoy à la recherche de la source de l'Amazone, à Raymond Mauffray disparu là-bas (et dont on publie Aventures en Guyane). Surtout, il y a Alain Gheerbrant dirigeant l’équipe de L’Expédition Orénoque-Amazone, revenue avec un film au titre maladroit : Des hommes qu’on dit sauvages ! Plusieurs ouvrages sont consacrés aux éléphants mais on continue à les massacrer allègrement et à entretenir le commerce légal ou illégal de l’ivoire !
Après les tardifs Secrets de la Mer rouge de Henry de Monfreid (on contesterait aujourd'hui qu'il s'git d'un ouvrage pour la jeunesse !), Thor Heyerdahl et son expédition sur le radeau Kon-Tiki, Alain Bombard, Naufragé volontaire sur son esquif L’Hérétique, adaptent leurs aventures maritimes pour les jeunes qui les lisent avec quelques années de retard par rapport aux faits. L’Expédition du Kon Tiki, effectuée en 1947, traduite en français pour les adultes en 1951, envahit les journaux juvéniles en 1952avant de paraître en "Bibliothèque verte". L’exploit de Bombard ne paraît dans la même collection qu’en 1956. Bientôt, Cousteau, déjà auteur d’une version du Monde du silence, (bien avant la sortie du film homonyme) et qui vient de lancer la « Calypso » et le bathyscaphe de Houot et Wilm et les sous-marins suscitent des récits passionnants.
Philippe Diolé rend compte de ses Promenades d’archéologie sous-marine. Haroun Tazieff, qui présente dès 1952 Le Gouffre de la Pierre Saint-Martin, (fatal à Marcel Loubens cette année-là), n’est pas encore le roi des volcans, de l'Etna à l'Erebus mais on connaît déjà Cratères en feu. Les exploits des conquérants de la montagne succèdent aux fictions de Frison-Roche (qui revient avec Georges Tairraz Sur les traces de Premier de cordée) avec des récits pris sur le vif.
Les exploits sportifs sont parfois fictifs, comme ceux de Chouchou, le roi de la petite reine du mémorable dessinateur sportif Pellos mais tous se passionnent pour Fausto Coppi et Louison Bobet et Le Tour de France, ce fait divers passionnant, s'introduit désormais dans plusiers fictions . Norbert Casteret, vulgarisateur de la spéléologie, entrouvre le monde souterrain et publie Ténèbres en 1952, tandis que Paul-Emile Victor, connu pour Aventure esquimau et caution morale du journal Benjamin, renaissant depuis fin 1952, explore les contrées froides de Boréal. Le monde aérien qui rugissait, il y a peu, des exploits guerriers des Spitfire ou des Lancaster, « briseurs de barrages », s'ouvre aux exploits techniques toujours périlleux. Après Le Grand cirque, adapté en bandes dessinées dans Tintin en 1952, Pierre Clostermann publie encore Feux du ciel. Bien que l’astronautique soit évoquée partout, on en est encore à la conquête du « mur du son ». Il est vrai que l’on croit beaucoup aux soucoupes volantes, à la Une de Tintin et de bien des magazines. Maryse Bastié (décédée en 1952 et racontée par Marcel Migéo), Hélène Boucher, Jacqueline Auriol, Colette Duval ont ouvert aux femmes l'aviation et le parachutisme. En 10 ans, on est passé brutalement de la fabrication du poste à galènes, encore exposée dans Cœurs Vaillants en 1952, et objet introduit la même année dans une aventure de Yann le Vaillant de Noël Gloesner, aux explications techniques sur le transistor, la télévision dont on se contente souvent de montrer la technique car les relais de télévision sont rares, et la conquête de l'espace qui reste une fiction à travers Objectif Lune et On a marché sur la Lune de Hergé, des B.D. lentement prépubliées dans Tintin dès 1952.

1952 : Autres éditeurs, autres collections pour la jeunesse (7)



1952 : Autres éditeurs, autres collections (7)

Vera BARCLAY, Ill. Agnès HOFFET, couv. Paul WÜST : Jane et jack (Coll. « Jeunesse ») Delachaux et Niestlé
Enid BLYTON : L'Ile de la nuit (coll. verte, prépub. dans Spirou en 1951) « Spirou-Sélection », Dupuis
Léonce BOURLIAGUET (1895-1965), Ill. A. CHAZELLE : La Maison qui chante (Bib. Vte, décembre 1952).
Noré BRUNEL et Jacques MORLINS : L’Enfance turbulente et sage de Henri le Béarnais «Juventa », Delagrave
Joseph CANTELOUBE, Ill. Elisabeth IVANOVSKY : Il était un petit homme. Chansons harmonisées par… Mame
Pernette CHAPONNIERE (Dunant) : Le Trésor de Pierrefeu (La Baconnière, Suisse)
J. CHUZEVILLE : Légende de la montagne et de la steppe Editions de l’Ecureuil (Nouv. édition)
Francine COCKENPOT, Ill. Simone OHL : Chansons de Francine Cockenpot : Alphabet chantant Mame
Francine COCKENPOT : La Route aux oiseaux. Chansons inédites de Francine Cockenpot Ed. du Seuil
COLLECTIF, Ill. Alex BILLETER : Nabandji la fille aux crapauds et autres contes Ed. SUDEL
Fenimore COOPER : L’Espion « Le Rameau vert », Casterman
Henri DIMPRE : Fanfan-la-Tulipe Edition Vedette Coll. « Fanfan » n° 1
GAB : A travers champs A.B.C. (abécédaire) Editions Vedette Monte-Carlo
Arkadi GAÏDAR : Tchouk et Ghek Les Editeurs Français Réunis
René GUILLOT : Luc la Baleine, corsaire du roi (Delagrave)
J. GIRARDIN : Bonnes bêtes et bonnes gens Hachette
Albert LAMORISSE : Bim le petit âne (6-9 ans) (Rééd. Hachette) Photos du film. Sera rééd. : Ec. Loisirs
Pierre MAC-ORLAN : L’Ancre de miséricorde (Coll. « Nelson »), Ed. Nelson, 280 p.
Capitaine MAYNE-REID, Ill. Henri DIMPRE : Les Fils du chasseur d’ours Ed. « Vedette » Monte-Carlo (« Bleuet »)
Edouard OLLIVRO (1921-1982) : Picou, fils de son père (R. en 54 : "Les Sentiers de l'aube", Plon), R. 72, 75.
Suzanne PAIRAULT : Le Livre du zoo La Table ronde
PALUEL-MARMONT : Francisca (Coll. Lisette, Montsouris).
Charles PEGUY, Nathalie PARAIN : Jeanne d’Arc Cinq poèmes de Charles Péguy
et 53 images de Nathalie Parain NRF
René POIRIER : Les Fleurs de la verte espérance 250 Poèmes de France de Villon à Valéry Gründ
Henri POURRAT : Contes du pré carré Fernand Lanore
Henriette ROBITAILLIE : Voyage au bout de la mer (Nouv. Ed. latines, Le Monde catholique)
André ROCH, Préface E.F. NORTOU : Everest 1952 (expédition suisse Wyss-Dunant) Ed. Jehéber
George SAND : La Petite Fadette Ed. « Vedette » Monte-Carlo (« Bleuet »)
SAUVAGE : La Soif de l’air Ed. André Martel
Jean SAUVESTRE : Boucles d’or et Pomme d’Ami Fernand Nathan
Comtesse de SEGUR : Les Petites filles modèles Touret
James THURBER, traduction d’Albert CAMUS : La Dernière fleur (parabole en images) NRF Gallimard
Raymonde TRICOIRE : La Main d’Urka (récit préhistorique) Ed. SUDEL
Peguy USHER : Petite goutte de pluie Whitman Publications
VERCORS : Les Animaux dénaturés. (Editions de Minuit).
J. VERLY : Bernadette (éditions Xavier Mappus)

Pour tenter de donner un peu de clarté à un ensemble aussi touffu (et qui démontre que les livres pour la jeunesse constituent un continent toujours à explorer), voici un essai de classement des thèmes et des genres.

Thèmes et genres dominants de l’édition juvénile en 1952
(Deux exemples seulement illustrent chaque thème ou genre)

1) Mer, marins, flibustiers et corsaires, robinsonnades et exotisme… :
Alain GERBAULT : Seul à travers l’Atlantique (B.V.)
Pierre MAC ORLAN, Ill. Pierre ROUSSEAU : L’Ancre de miséricorde (coll Nelson)

2) Histoires animalières et nature :
Reginald CAMPBELL : Poo-lorn l’éléphant (Idéal Bib.)
André DEMAISON, Ill. Henri DIMPRE : Poupah l’éléphant(Bib. Verte)

3)Héros de fiction et personnages traditionnels du patrimoine, rééditions d’œuvres classiques :
Henri ALAIN-FOURNIER ; Le Grand Meaulnes Bibl. Rouge et Or)
Jules VERNE, Ill. H. DIMPRE : Le Tour du monde en quatre-vingts jours (Idéal Bibliothèque)

4) Héros militaires et épopées guerrières et coloniales:
Pierre CLOSTERMAN : Feux du ciel (Flammarion)
Pierre NORD, Ill. Raoul AUGER : Leclerc et ses hommes (Bib. Rouge et Or G.P., 55e vol.) juillet 52

5) Vie en montagne, alpinisme, spéléologie, expéditions lointaines ou sur les cimes
Jacqueline et Claude DUBOIS : A l’assaut de l’Himalaya (Larousse)
Jan ÖSTBY, Ill. Jean RESCHOVSKY : Roald Amundsen (Bibliothèque verte)

6) Romans scouts
Jean-Claude ALAIN : Mikhaïl, Prince d’Hallmark (Coll. « Jamboree ») Editions SPES
Bruno SAINT-HILL : La Plaine rouge « Signe de piste » Alsatia

7) Fictions et adaptations cinématographiques (présentes ou futures)
Henry Ridder HAGGARD : Les Mines du Roi Salomon (Idéal Bibliothèque)
Anthony HOPE, Ill. J. RESCHOVSKY : Le Roman d'un roi (Bib. Verte) ("The Prisoner of Zenda")

8) Fictions documentaires ou biographiques
Noré BRUNEL et Jacques MORLINS : L’Enfance turbulente et sage de Henri le Béarnais (« Bib. Juventa »), Delagrave
M. DOUMERC : Lulli Gedalge

9) Anticipation
Robert HEINLEIN, trad. Pierre MARTIN : La Planète rouge („Jeunesse du monde“) Hachette 256 p.
H.-G. VIOT, Pierre DEVAUX, Ill. Jean NAVARRE : La Minute dérobée (Science et Aventure, Magnard)

10) Merveilleux, fantasy et fantastique
Lewis CARROLL, adapt. M.-Mad. FAYET, Ill. Michel GERARD : Alice au pays des merveilles (Idéal bib.)
C.S. LEWIS, Ill. Romain SIMON : Le Lion et la Sorcière blanche (Idéal Bibliothèque) 289 p

11) Fictions policières
CAPTAIN W.E. JOHNS : Château-fort et faux billets (Coll. Captain W.E. Johns, Presses de la Cité)
Max NICET (Maurice CHAVARDES, 1924, Ill. Pierre JOUBERT : Le Mystère de la tour ("Jean-François").

12) Contes et fables
Nathaniel HAWTHORNE, trad. Pierre LEYRIS : Le Livre des merveilles (Mame)
Christian PINEAU, Ill. Marianne CLOUZOT : Contes de je ne sais quand (Idéal Bib.) (1er livre jeun.)

13) Poésie
Robert DESNOS : Chantefables et Chantefleurs (Gründ).
Pierre GAMARRA : Les Mots enchantés (E.F.R.)

14) Chanson
Francine COCKENPOT : La Route au oiseaux Editions du Seuil
Joseph CANTELOUBE : Il était un petit homme Mame

15) Préhistoire
J.-H. ROSNY Aîné : La Guerre du feu "Les Loisirs de la jeunesse",Gedalge
Raymonde TRICOIRE : La Main d’Urka (récit préhistorique) Ed. SUDEL

16) Hagiographies religieuses
Jacqueline VERLY : Bernadette Editions Mappus
Gaston COURTOIS : Saint Jean Bosco « Belles histoires, belles vies » (Fleurus)