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vendredi 1 décembre 2017

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

Si les albums de bande dessinée parus en 1957 ne sont pas très nombreux, c’est en raison de la frilosité des éditeurs français. Heureusement que les éditeurs belges : Dupuis, Lombard & Dargaud et Casterman montrent la voie. En France, en dehors des éditeurs catholiques Bonne Presse et Fleurus, on ne publie guère que des albums brochés et populaires et surtout à la S.P.E.



Références des albums représentés :
-          Les Aventures de Marc Jaguar Le Lac de l’homme mort de Maurice Tillieux Dupuis
-          Bob et Bobette La Clé de bronze de Willy Vandersteen Lombard & Dargaud    
-          Chlorophylle Pas de salami pour Célimène de Raymond Macherot Lombard & Dargaud (+ Le Bosquet hanté)
-          Monsieur Vincent L’ami des pauvres de Raymond Reding Lombard & Dargaud
-          Johan et Pirlouit La Source des dieux de Peyo Dupuis
-          Jo, Zette et Jocko La vallée des cobras de Hergé Casterman 
-          Alix L’Île maudite de Jacques Martin Collection du Lombard
-          Les Av. de Buck Danny Menace au Nord de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Dan Cooper Le Triangle bleu (1er épisode) d’Albert Weinberg Lombard & Dargaud


-          Blake et Mortimer L’Énigme de l’Atlantide d’Edgar P. Jacobs Coll. du Lombard  
-          Lucky Luke IX Des rails sur la prairie de Morris et Goscinny Dupuis
-          Cricri Souris d’appartement contre Matou de Calvo Sté Nlle des éd. Mireille
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill La Tête de pipe de Tibet Lombard & Dargaud  
-          Bill Jourdan Le Carnet noir de Jean Acquaviva (Sc.) et Loys Pétillot Bonne Presse
-          La Patrouille des Castors Le Mystère de Grosbois de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Images de l’Histoire du monde Timour Le Captif de Carthage de Sirius Dupuis
-          Fripounet et Marisette La Troisième soucoupe de R. Bonnet Fleurus
-          Ivanhoé d’après Walter Scott de S. Laudigeois Hemma


-          Les Aventures de Spirou et Fantasio Le Repaire de la murène de Franquin Dupuis
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill Ko-Klox-Klan de Tibet Lombard & Dargaud
-          Tif et Tondu Le Retour de Choc de Maurice Rosy (sc.) et Will (dessin) Dupuis   
-          La Patrouille des Castors Le Disparu de Ker-Aven de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Johan et Pirlouit Le Serment des Vikings de Peyo Dupuis
-          Les Aventures de Buck Danny « NC-22654 » ne répond plus de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Zéphir Messathi Le Prince des Sables de Pierre Brochard Album « Fleurdor » Fleurus
-          La Jeunesse de Robin des Bois d’après A. Dumas Mondial aventures n° 21
-          Chantal au Katanga de Robert Rigot Editions Hemma


Parmi les albums brochés, on remarquera les personnages suivants : Aggie, Charlot (par Jean-Claude Forest), Davy Crockett (un personnage de l’année 1957, célébré par une chanson interprétée en particulier par Annie Cordy), L’Espiègle Lili, Bibi Fricotin (celui se Pierre Lacroix), Bouclette, Les Pieds Nickelés (ceux de Pellos), Mimile et Minouche, Moustache et Trottinette de Calvo...    

Note : Evidemment, cette liste n'a rien d'exhaustif. Aux lecteurs d'ajouter les titres de leur choix dans les commentaires.

Il eût été impardonnable d'oublier Jerry Spring de Jijé...


-          Les Aventures de Bob et Bobette Les Chevaliers de la rue Willy Vandersteen Éd. Érasme
-           Les Aventures de Bob et Bobette La Frégate fracassante Vandersteen Éd. Érasme
-           Tarzan et le lion Hachette (d’ap. E.R. Burroughs, dessins Foster) é. o. 1937
-          Ça, c’est du sport 7 histoires complètes Jean Graton Dupuis  
-          Jerry Spring N° 4 Le Trafic d’armes Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Jerry Spring N°5 La passe des Indiens Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Croc Blanc d’après Jack London dessin collectif Classiques illustrés Pub. Class. Int.
-          Une Aventure de Kim Devil Le Monde disparu Charlier (sc) G. Forton Dupuis
-          Perlin et Pinpin les Joyeux Nains chez les lutins M. Cuvillier Alb. Fleurette Fleurus

   

Nouveaux Héros et nouvelles héroïnes apparu(e)s en 1956 et 1957

1956
Alain Cardan, cosmonaute de Gérald FORTON dans Risque-Tout
Alex et Euréka (ou Tambour), de Guy HEMPAY et P. BROCHARD, dans Cœurs Vaillants, 1er alb. 1959.
Bobosse, le petit chien de Marcel REMACLE, dans Risque-Tout puis Spirou
Bill Jourdan, western de Loys PETILLOT et Jean ACQUAVIVA, dans « Bayard », 1er album en 1957.
Cha’pa et Group-Group, le jeune Indien et l’animal aux grandes oreilles de Ramon MONZON, dans Vaillant
Davy Crockett de LE RALLIC, dans L’Intrépide. Albums vaillant en 1963-64.
Gil Jourdan, détective, et son ami Libellule, de M. TILLIEUX, dans Spirou, 1956,  1er album en 1959.
Harald le Viking de Liliane & Fred FUNCKEN, dans Tintin, 1956, 1er album en 1958.
Hercule Malabar de Jean SYLVERE et Alexandre GERARD, dans Joyeuses lectures et en albums S.P.E.
Jacques Flash de Jean OLLIVIER et Pierre LEGUEN, dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Jean Mermoz de V. HUBINON et J.-M . CHARLIER, en album Dupuis.
Jordi de François BEL, dans Cœurs vaillants de 1956 à 1961, Albums Fleurus en 1962.
Line de Nicolas GOUJON et Françoise BERTIER (et GREG et P. CUVELIER), pour le journal homonyme
Martine et Zozo de TIKY (dessin) et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1 album en 1957. 
Phil et Jordi, (Pompon rouge) de François BEL, dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1961.
Richard et Charlie de Jean TABARY, dans « Vaillant », un album Glénat N. & B. en 1977.

1957       
Blason d’argent de Guy HEMPAY et F. HIDALGO, (Yves ROY), dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1959.
Bob Flapi, athlète complet, (mais freluquet créé par André HARVEC, dans Pschitt Junior, en album SPE en 58.
César et Ernestine, de Maurice TILLIEUX, dans Spirou,  1957, 1er album « Gag de Poche » en 1966
Coco Bill de Benito JACOVITTI, parodie de western dans le Giorno dei Raggazi
Davy Crockett de Jean OLLIVIER, Edouardo COELHO puis KLINE dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Gaston Lagaffe de André FRANQUIN, dans Spirou, en février 1957, 1er album petit format en 1960.
Jari, le joueur de tennis de Raymond REDING, dans Tintin, 1957, 1er album en 1960.
Jim et Heppy, héros de western, de Guy HEMPAY et Pierre CHERY, Cœurs vaillants en 57, Alb. 61-62
Michel Vaillant, le coureur automobile de Jean GRATON, dans Tintin, 1957, 1er album en 1959.
Moky et Poupy de Roger BUSSEMEY, dans les journaux Fleurus en 57, 1er album Fleurus en 1960.
Monsieur Vincent, l’ami des pauvres de REDING, en album du Lombard.
Priscille et Olivier de Jeannine LAY et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1er album en 1958.
Prudence Petitpas de Maurice MARECHAL, dans Tintin, 1957, albums Le Lombard dès 1962.
Signor Spaghetti, le bavard, et Prosciutto de R. GOSCINNY et D. ATTANASIO, dans Tintin, 1957, alb en 61.
Thierry le Chevalier de J.-M. CHARLIER et Carlos LAFFOND, dans Spirou en mai 57
Tony Sextant, S-F de J. RIBERA et J. ACQUAVIVA dans « Bayard », 1er album en 1958.
Zorro d’Alex TOTH (E-U) (après celui de Bob Dan, Gire et Oulié et J. Pape en France)



lundi 13 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD auteur et illustrateur dans Âmes Vaillantes


1957 Jean GIRAUD, auteur et illustrateur dans ÂMES VAILLANTES

Puisque le nom de Jean Giraud semble susciter un vif intérêt (mais pas encore de commentaires !), donnons quelques exemples de sa participation à l’hebdomadaire Âmes Vaillantes en 1957. 




Petit aperçu sur l’hebdomadaire en 1957 

Après les temps troublés de la guerre, Âmes Vaillantes ne reparaît que le 29 septembre 1946. Le journal attend 1957 pour consacrer des « pages pour les grandes », dans « Farandole, le magazine des grandes ». Pieuses hagiographies, récits illustrés et romans moraux réapparaissent et l’hebdomadaire semble moins attrayant que son homologue masculin Cœurs Vaillants.
Pat et Moune de François Bel, proche de la ligne claire de Hergé, déjà présent en 1947 revient dès le 1er numéro de l’année 1957 avec la bande dessinée Le Centaure de Mykonos, avant Le Roc de la Morisque. Des  illustrateurs de talent sont toujours là. Signalons le trait malicieux mais valorisant d’Erik (André René Jolly), très présent au cours des années 50 puisqu’il y développe les aventures du détective féminin Finette et de son chien Teuf-teuf (en 1950). Il occupe généralement la dernière page en couleurs avec ses joyeuses bandes dessinées. Le chien Teuf-Teuf devient volontiers détective et enchaîne les enquêtes.
Robert Rigot n’est pas présent cette année avec sa série Chantal et préfère créer en 1958 Anaïs du Far-West. Notons les participations de Marie-Madeleine Bourdin signant Marie-Mad sa bande enfantine, Titounet et Titounette (1957), du scénariste Guy Hempay, des dessinateurs Pierre Brochard, Bussemey, Pierre Chéry, Hidalgo, Manon Iessel, Giannini, Jean-François Guindeau, Janine Lay, Monzon, Pierdec… Noël Gloesner (1917-1995, très actif chez Fleurus de 1945 à 1985) ), illustre en 1ère page L’Urganda, yacht fantôme de Georges Travelier (Georges Bayard), avant d’illustrer S.O.S Pikkolo, sur scénario du même Georges Travelier en 1958.
Robert Moreau (futur créateur de l’éléphant Trompette et de bandes humoristiques, souvent animalières) crée joyeusement l’Indien Porte-Plume et le chat Mistigri

              Illustration : Alain D'ORANGE

Si peu d’illustrateurs savent à l’époque mettre en valeur la beauté féminine, signalons le graphisme, empreint de fraîcheur et de gaieté d’Alain d’Orange (né en 1923 et entré à l’Union des Œuvres en 1950). Il est l’auteur de nombreuses couvertures. Tout en animant fort longtemps, dans les pages centrales, Viviane et sa bande, l’omniprésent Alain d’Orange illustre aussi de nombreux récits, comme Kakemono, Le Chevalier d’argent ou, écrit par Henriette Robitaillie, Marjolaine et Andrée, le singe et l’espion (1957). Comme il s’intéressait à la mode, il représente avec goût les toilettes, les coiffures des jeunes filles, en minimisant la caricature.
Le journal est l’instrument de prépublications pour les romans généralement édités dans la collection "Monique" (coéditée avec Gautier-Languereau, comme L’Onagre d’argent et Les Sorcières de la mer de L.N Lavolle (Hélène Chaulet).   
En 1957, Âmes Vaillantes, comme les autres journaux Fleurus, perd son grand format 28 sur 38 cm et augmente son nombre de pages.

            Jean Giraud,  illustrateur dans Âmes Vaillantes

Jean Giraud qui a déjà publié deux récits complets en 1956 dans l’hebdomadaire fournit 9 illustrations de style et de qualité variable en 1957.




Dans le n° 21, il fournit deux dessins pour La Tombola des poupées de P.E. Abrioux.
Dans le n° 22, c’est encore deux dessins qui agrémentent Le Sacrifice du trappeur de Marie-Madeleine Dubreuil, laquelle bénéficie encore, dans le n° 24 de cinq dessins pour Le Modèle inconnu, deux pour Deux peintres (Hals et Van Dyck) et une page d’illustrations pour Le Jeu des petits indiens.
Deux dessins illustrent Peuple du vent et de la route, signé Marylen, dans le n° 27.
Sur la route du berger, dans le n° 38, bénéficie de trois dessins, Jeux d’automne (n° 44), d’un dessin. En revanche, les Etrennes de jadis d’Albert Joannis, dans le n° 52, est agrémenté de cinq dessins superposés et muets non signés.
      
     
Giraud illustre trois récits complets cette année-là :
-          Mitoha la petite indienne (n° 29, scénario : Gir)
-          Aventure au pays des trappeurs (n° 43, scénario : Gir)
-          L’Intrépide Mamita (n° 46, scénario : Marie-Madeleine Dubreuil)


(Renseignements fournis par la revue HOP ! n° 100 de décembre 2003)

Jean Giraud poursuivra sa collaboration avec les trois journaux Fleurus en 1958.  


vendredi 3 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD et Guy HEMPAY (Jean-Marie PELAPRAT) dans l'hebdomadaire COEURS VAILLANTS

1957 Jean GIRAUD et Guy HEMPAY (Jean-Marie PELAPRAT) dans CŒURS VAILLANTS

Chez Fleurus, l’hebdomadaire catholique pour les garçons Cœurs vaillants, absent des kiosques, connaît une année de changements pas toujours positifs. On rencontre toujours le personnages « vedette », Frédéri le gardian scénarisé par Huy Hempay et dessiné par Robert Rigot (Le Mystère de Briamoz), mais Yann Levaillant dessiné par Noël Gloesner est absent et le journal souffre encore de la disparition soudaine et définitive d’Oscar et Isidore de F.-A. Breysse, un pilier du journal, le 17 avril 1955. La rédaction a fait croire que l’auteur est malade et a poussé l’hypocrisie en lui souhaitant « un prompt rétablissement ».
Après le départ pour Rome de l’abbé Gaston Courtois, l’abbé Jean Pihan (alias Jean Vaillant) a désormais le champ libre. Les trois journaux Fleurus, Cœurs vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette abandonnent leur grand format 27 sur 37 cm pour le format 21 sur 29, dès leur numéro 43 le 27 octobre 1957.
On voit intervenir les dessinateurs Roger Bussemey (créateur de Moky et Poupy), Pierdec, Pierre Brochard et même Pellos. Alors que Robert Moreau, très sollicité, essaie de faire oublier l’absence de Calvo dont le décès survenu en 1957 n’est  annoncé nulle part, Erik (André René jolly), égal à lui-même, intervient souvent, en particulier avec les enquêtes policières de Pat’Rac. François Bel, toujours dans le style « ligne claire », envoie le personnage de Jordi dans L’Idole de Manaïki.
Cœurs Vaillants prépublie des romans qui vont alimenter, soit la collection « Jean-François » (Les Chevaliers du stade de Paul Cogan, alias Claude Appell), soit la nouvelle collection « Caravelles (Une Étoile au fond des mers de Jacques Chabar).


Le scénariste Guy Hempay



Mais les auteurs les plus remarquables en cette année 1957 sont le scénariste, journaliste (et futur auteur dramatique) Guy Hempay, (alias Jean-Marie Pélaprat, 1927-1995), très sollicité et Jean Giraud (qui est déjà Gir mais pas encore Moebius).  Guy Hempay, qui cumule aussi chez Fleurus les fonctions de secrétaire de rédaction et d’assistant littéraire pour les trois journaux Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes et Fripounet et Marisette, dès 1954, remplace Raymond Labois pour le scénario de Frédéri le gardian dessiné par Robert Rigot. En 1957, il scénarise Signé Makoba, Frédéri dans le Trans-Nord et Le Mystère de Briamoz
Alex et Euréka, les personnages créés par  Guy Hempay et Pierre Brochard, en 1956, sont les héros de Opération Furet et de Appel à X.Y.Z. Brochard a donné à l’inspecteur Lestaque des traits physiques de son scénariste. (Notons que Pierre Brochard anime aussi la série Zéphir dans Fripounet et Marisette).
Parmi les nouvelles bandes dessinées, il faut citer Blason d’argent (continué dans Mission royale) de Guy Hempay et Georges Brient (bientôt remplacé par Francisco Hidalgo, alias Yves Roy). Dans un Moyen Âge réaliste et mythique, le chevalier Amaury tente de combattre l’injustice. Hempay crée Jim et Heppy, un western comique dessiné par Pierre Chéry dont les héros sont le courageux et astucieux Jim Aydumien et son compagnon Heppy, petit, râleur et plutôt trouillard. Le premier épisode s’intitule Clarté sur Hoppa City et sera suivi par beaucoup d’autres pas toujours réunis en albums.


Guy Hempay scénarise une histoire policière dessinée par Georges Brient. Il s’agit de Blanc partout. Un virtuose du faux utilise un petit désintégrateur atomique pour capter des toiles du Louvre qu’il parvient ensuite à fixer. Le journaliste Ray enquête et prend tous les risques. Pélaprat multiple les pseudonymes pour masquer son omniprésence talentueuse dans toutes sortes de rubriques et de textes.    

 Jean Giraud, présent lui aussi dans les trois journaux  

Vers la fin de deux années aux Arts Appliqués et avant son service militaire, Jean Giraud, est présent chez Fleurus depuis 1956, (sur les conseils de son ami Jean-Claude Mézières, engagé avant lui). Il multiplie les travaux divers, entrecoupés par un séjour au Mexique, dans les trois journaux du groupe.  
Il intervient aussi dans Ames Vaillantes dont il réalise la couverture le 17 novembre 1957 et pour trois récits courts (deux sont scénarisés par lui sous le pseudo de Gir).
  

Sur des scénarios de Guy Hempay ou de J.-C. Martinez, il réalise cinq courts récits qui sont des commandes : Le Shériff de Dowell-City, Hervé de Primoquet (ce qui lui permet de dessiner des bateaux à voile crédibles), Une vrille dans l’eau, Les Voleurs de bétails et Le Retour de Spider Web (qui met pour la première fois en scène le personnage de Art Lowell). A la fin de l’année 1957, il réalise une couverture pour le film La Loi du seigneur raconté dans l’illustré.


Il crée surtout, scénarisées par Noël Carré, les bandes dessinées Un géant chez les Hurons et, en 1958, Le Roi des bisons, deux westerns qui correspondent à son goût pour l’Ouest américain (plus tard confirmé et affirmé dans Blueberry).



Il serait fastidieux de citer la dizaine d’illustrations diverses présentes en 1957 dans Fripounet et Marisette. Tous ses nombreux travaux chez Fleurus ont permis à Giraud, étonnamment docile, de développer des techniques différentes et de perfectionner son métier.       


dimanche 13 août 2017

1957 Romans et récits pour la jeunesse d'éditeurs catholiques ou proches

1957 : Les romans et récits pour la jeunesse d’éditeurs catholiques ou sympathisants

Les maisons d’éditions catholiques qui diffusent d’ailleurs des journaux pour la jeunesse sont essentiellement Fleurus et La Bonne Presse. Tandis que la première maison a étoffé ses collections en 1957, la seconde ne diffuse pas de romans nouveaux pour les jeunes (la collection « La Frégate » s’adresse aux adultes et les « romans cinématiques » sont devenus bien désuets). La Bonne Presse préfère diffuser quelques albums de B.D. comme les Pat’Apouf de Gervy ou des B.D. prépubliées dans l’hebdomadaire Bayard. Parmi les éditeurs proches de la même mouvance religieuse, parfois sous-jacente, en plus des éditions Alsatia, des éditions Desclée de Brouwer (à capitaux belges), de Mame et de Spes (éditions fondées dès 1923 par un groupe de catholiques aux idées sociales), on trouve aussi Gautier-Languereau et même Casterman et Flammarion pour certaines collections.  

Les éditions catholiques Fleurus associées parfois à Gautier-Languereau ou à Mame 




Les éditions Fleurus se sont associées à Gautier-Languereau, en 1950 pour créer la  collection "Jean-François". En 1957, la plupart des titres sont déjà parus de sorte que seuls quatre titres vont paraître cette année-là. André Delor, de son vrai nom André Losay (1913-1984) publie Le Révolté de Bethléem  (prépublié dans Cœurs Vaillants en 1954). De Louis Saurel, on publie Mont joie ! Saint Denis, avec des illustrations de Pierre Joubert et Paul Cogan (alias Claude Appell) illustré par Alain d’Orange, célèbre les sportifs dans  Les Chevaliers du stade. Marcelle Vérité, illustrée par Cyril Arnstam, raconte Tempête sur Hong-Kong
En 1957, les éditions catholiques Fleurus associée à Gautier-Languerau, créent la collection "Caravelles" qui ne vivra que deux ans (1957-1958), en publiant quelque quatorze titres.
Georges Bayard, alias Georges Travelier, un an avant la série des Michel, propose La Chanson du Cabestan en 1957. L.-N. Lavolle (Hélène Chaulet) écrit pour la collection l’exotique Mango. Rémi Mayan (Au grand pays blanc) et Jean-Marie Audibert (Le Tour du monde en quatre jours) sont moins connus. Jacques Chabar propose des récits sur les grands aviateurs avec Des aventures dans le ciel, Mais la collection accorde une place à ce que l'on n'ose encore nommer la science-fiction. Jean de Trigon en écrivant L'Homme qui vivra mille ans donne un titre explicite. Dans ce récit illustré par Robert Rigot, le Breton Hervé Keridec ne vieillit que d’un an tous les dix ans. Ch.-L. Souvelier touche au genre avec La Fantastique expédition Star quand les explorateurs rencontrent des animaux et des êtres préhistoriques.



Gautier-Languereau et sa collection « La Bibliothèque de Suzette »
L’éditeur bon teint Gautier-Languereau poursuit sa collection « La Bibliothèque de Suzette ». Par exemple, Marcelle Vérité y publie Clairette détective et l’incontournable Henriette Robitaillie (La Maison des sourires, Luciole chez les pirates). Tandis que Claude Voilier pénètre dans Le Manoir des cinq preux. Jacqueline Duché (Capucine et son Ecossais) et Geneviève Duhamelet (Do Ré MI Fa) sont aussi présentes. Les plus grandes lectrices aborde la série des Brigitte de Berthe Bernage.   


   Associées à l’éditeur catholique Mame, les Éditions Fleurus ont attendu 1953 pour  lancer, en direction des filles, la collection de récits "Monique".  On n’est pas surpris d’y rencontrer Henriette Robitaillie avec Pascale et la tempête (au large de la Charente Maritime, trois fillettes sont transformées en robinsonnes après une violente tempête). Denyse Renaud donne une tonalité historique à son Messager de la liberté, quand Roger de Chérizay doit de défendre d’une accusation de complot contre Mazarin. Dans Le Secret du diamant (déjà publié en 1954), il conte comment des Anglais, découvreurs d’un gisement diamantifère, tentent d’échapper à des gangsters cupides (ces deux derniers titres sont des rééditions). En revanche les récits de Yves Gohanne (L’Écueil aux diamants), André Mac Cormick (Un château si calme), Marguerite Robert qui écrit le roman fantastique Le Prince aux yeux verts et Yvette Léonard imaginant Trois billes dans le soleil, sont bien des créations de 1957.

Alsatia et « Signe de Piste » et la rivale « Jamboree » des éditions Spes
Les éditions Alsatia connaissent le succès grâce à  leur désormais célèbre collection d’esprit scout "Signe de piste", lancée en 1937, aisément identifiable grâce aux couvertures de Pierre Joubert. Les auteurs clés demeurent Serge Dalens et Jean-Louis Foncine, qui reprennent la direction en 1954. Comme on est jamais si bien servi que par soi même, ils rééditent leurs titres (La Bande des Ayacks de Foncine et la série du Prince Eric de Dalens) et les deux auteurs associent en 1956, leurs deux noms en Mik Fondal, pour proposer des récits policiers sous le nom générique : Les Enquêtes du Chat-Tigre. La série qui a pour personnage principal, Michel Mercadier, dit Mik le Chat-tigre, surnommé « le Maigret du Signe de piste ». Elle est constituée de douze tomes. En 1957 paraissent les épisodes 3 et 4 : L’Assassinat du duc de guise et Pas de chewing-gum pour Pataugas.
Après l’épisode de L’Assassinat du Duc de Guise où serait révélé le nom du « véritable » assassin du duc, Mik, de retour de Blois, doit retrouver Nicolas, le fils de l’officier de police Fortier, enlevé en plein Quartier latin. C’est la quatrième enquête intitulée Pas de chewing-gum pour Pataugas. Toute une équipe se démène, de Paris jusqu’aux rives du lac Léman, pour mener à bien cette entreprise périlleuse.





Claude Appell raconte avec fantaisie Chambard à Pontaudru tandis que Bruno Saint-Hill décrypte Le Triptyque d’ivoire. Puisque les présences féminines sont rares, signalons la parution de Norr le mystérieux d’Henriette Robitaillie. 
La collection élitiste, voire aristocratique, célèbre toujours les amitiés masculines, sentiment renforcé par les couvertures et dessins de Pierre Joubert et de Michel Gourlier.
En 1957, alors que les tirages dépassent les 300 000 exemplaires, la collection, conçue pour « Les Garçons de France », se subdivise en "Signe de piste junior", destinée aux 8-12 ans et "Signe de piste", proprement dite, pour les 12-16 ans.
Les Éditions catholiques Spes, à Paris, avaient lancé "Jamboree" (1952-1963),  une des dernières collections de romans scouts, tellement proche de "Signe de piste", sa principale rivale, qu’elle publie souvent les mêmes auteurs. Cette « collection des garçons de notre temps » se subdivise bientôt en une série « pour les jeunes » où paraissent, entre autres, des récits de J-M. Dooz (Lionel Léopold), de Pierre Delsuc comme Gaël des Glénans, en 1956, très bien illustré par Pierre Forget, et une série « pour les aînés » avec Bruno Saint-Hill et Alain Tersen (Lionel Léopold). Sont communs aux deux tranches d'âge, Alain Arvel (Terre des ombres en 1957) et Jean-Claude Alain (c’est encore Lionel Léopold !) qui publie La Marque de sang.  Parmi les illustrateurs, notons la présence de Pierre Forget (en 1957, pour Le Prince Milou d’André Jouly et pour Les Chevaliers de Lindenhagen de Friedrich Luddecke.



  L’éditeur belge Desclée de Brouwer a donné des couleurs à sa collection « Belle Humeur » 
L’éditeur catholique Desclée de Brouwer poursuit la collection "Belle humeur" (créée en 1934), désormais brochée et en couleur mais avec un grand format, de 19 sur 15 cm. Sous sa couverture illustrée en trois couleurs, elle connaît le succès puisque certains titres atteignent 800 000 exemplaires (la 2e édition de Bel amour, de Jacqueline Vincent). Au début des années 50, les auteurs les plus édités sont le père jésuite Albert-M. Hublet, Norman Dale et Jacqueline Vincent. Hugues Varnac (en plus d’un récit évoquant la vie de la forêt de Tronçais dans Le Rocher du Pas de la mule, en 1956), livre des romans maritimes comme Passage Nord Ouest (de 1957), une odyssée dans le Grand Nord. L.N. Lavolle (Hélène Chaulet) trouve un éditeur Le Conquérant de Golconde (1957). François Bérisal raconte « la vie d’Herman Geiger, pilote des glaciers » (son ami), dans L’Avion des neiges (1957) et François Balsan développera de Nouvelles aventures au Kalahari. La Petite fille d’en face de Geneviève Duhamelet raconte l'histoire d'une orpheline de guerre heureuse de rencontrer l'affection de ceux de la maison "d'en face". Oemarque encore en 1957 Les Choucas de Marie Derc et Le Rendez-vous du châtaignier d’Hélène Weilen. 
 





Chez Casterman et chez Flammarion 
  La maison d’édition belge Casterman fondée à Tournai en 1776, d’abord spécialisée dans le livre religieux, éditrice des albums de Tintin depuis les années 30 et des albums de Martine depuis les années 50 publie aussi des romans pour la jeunesse très divers.
Les principaux illustrateurs qui vont bientôt briller dans la bande dessinée sont Fred Funcken et François Craenhals. Romans classiques (comme La Fille du capitaine de Pouchkine, Les Aventures d’A.G. Pym d’Edgar Poe, La Belle Nivernaise d’Alphonse Daudet) voisine avec des récits d’aventures plus ou moins exotiques (Jusqu’au Grand Nord de W. H. G. Kingston, Au péril de la jungle de R. B. Ballantyne). La collection "Le Rameau vert" donne sa chance au premier roman de Georges Chaulet, Le Fantôme de Campaville en 1957 et publiera ses premières aventures romancées des Quatre As, illustrées par François Craenhals, avant leur adaptation en bande dessinée.


  Flammarion réédite les romans de Thérèse Trilby, illustrés par Manon Iessel, dans sa collection reliée "Pour les jeunes", munie d'une jaquette illustrée en couleur. Parmi les nombreux titres ressuscités, citons Riki, Demoiselle de la Légion d’honneur, Coco de France, Madame Carabosse. Les romans étant surtout lus par les filles, nommons Caty de Johnny. Flammarion ayant cessé de rééditer pour l’instant les Winnetou de Charles May (l’Allemand Karl May), il semble difficile de trouver des ouvrages pour les garçons en 1957 dans la collection "Pour les jeunes".