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dimanche 12 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD, illustrateur chez Fleurus

1957 Jean GIRAUD, illustrateur chez Fleurus

Le génie protéiforme de Jean Giraud ne se contente pas de se manifester (dès 1956), dans les trois journaux des éditions Fleurus : Cœurs Vaillants, Ames Vaillantes et Fripounet et Marisette.
En 1957, aux Editions Fleurus, Giraud participe à l’illustration d’un ouvrage documentaire de la nouvelle collection « Euréka » : Hommes et cavernes de François Desprez. Le nom de l’auteur du texte ne figure pas sur la couverture et le nom de jean Giraud n’apparaît que sur deux pages de dessins, même si le dessinateur en a illustré au moins quatre, sans compter d’autres dessins additionnels non signés.
Le livre est en outre abondamment illustré de photographies en noir et blanc, variées et bien choisies, souvent fournies par le Musée de l’Homme.


Intitulé Hommes et cavernes Nos ancêtres il y a 20 000 ans, le documentaire tente de faire le point, dans un langage accessible à la jeunesse, sur les « extraordinaires découvertes » dans le domaine de la Préhistoire, survenues de 1833 (découverte de la Grotte aux ossements « bois de daim » à Veyrier en Haute Savoie) à 1950 (découverte de la grotte du renne ou  du mammouth à Arcy-sur-Cure dans l’Yonne).

    
Selon François Desprez, « Les savants ont assemblé des ossements, des objets bizarres, des milliers de pierre taillée… Et, à force de travail, ils sont arrivés à reconstituer la vie de nos ancêtres d’il y a vingt mille ans : des hommes qui, en fait, sont plus proches de nous qu’on ne l’imaginait tout d’abord. »


Évidemment, ce livre fait le point des connaissances dans les années 50. Il ; décrit la vie quotidienne de l’Homme d’il y a 20 000 ans, tente une histoire de la préhistoire, évoque la « religion » de l’époque et les travaux de ses grands artistes. Le livre de complète d’un Petit Index de la Préhistoire avec cartes, sites et mots-clés.


Durant les six dernières décennies, les progrès effectués dans le domaine de la Préhistoires ont été gigantesque. La science progressant généralement par destruction de certaines connaissances antérieures, je me garderai bien de dire si l’ouvrage garde encore aujourd’hui une valeur historique. Ce qui m’intéressait, c’était de voir que Jean Giraud, que l’on cantonne souvent dans les domaines du western ou de la science-fiction, ne dédaignait pas l’approche d’autres domaines.

Toujours chez Fleurus, associé à d’autres éditeurs, mais plus tard, Jean Giraud illustre deux romans :
Sept  filles dans la brousse de Phyllis P. Power, collection « Monique », chez Fleurus-Mame en 1958. (Couverture et 11 illustrations)


Amérique An Mille de Georges Travelier (alias Georges Bayard), collection « Jean-François, Fleurus-Gautier-Languereau, en 1959. (Couverture et 7 illustrations. 4 autres illustrations sont de Guy Mouminoux).             



mercredi 9 décembre 2015

Coup de rétro : les fictions "jeunesse" de 1955 (2)

Coup de rétro sur les fictions offertes à la jeunesse en 1955 (2)

L’atmosphère de guerre froide favorise l’existence de camps antagonistes même parmi les personnes chargées de la jeunesse.
Les catholiques qui ont pris l’habitude depuis longtemps, en héritiers de l’abbé Bethléem et de ses successeurs, de surveiller les lectures juvéniles et de faire la liste des journaux recommandés et des revues à proscrire n’évoquent guère eux aussi que les productions qui leur conviennent. Ils sont aussi ceux qui disposent du plus grand nombre de publications  et de collections de livres. Leurs livres sont en outre très présents dans les « Bibliothèques pour tous », une appellation abusive puisqu’elles ont été crées pour suivre les conseils et consignes des disciples et successeurs de l’abbé Bethléem.


Dans le camp catholique, depuis 1950, Fleurus et Gautier-Languereau  publie la collection « Jean-François » plutôt destinée aux garçons. A partir de 1953, Fleurus et Mame s’associent pour lancer la collection "Monique" (pour les filles). Gautier-Languereau poursuit « La Bibliothèque de Suzette » et depuis 1955, les éditions belges Gérard de Verviers ajoutent à la collection « Marabout », la série « Marabout Mademoiselle » où René Philippe a lancé la série « Sylvie ». T. Trilby, illustrée par Manon Iessel, s’adresse aussi aux filles dans la collection « Pour les jeunes » chez Flammarion (Cordon, s’il vous plaît, Coco de France). L’éditeur belge Desclée de Brouwer  destine sa collection « Belle humeur » aux milieux catholiques.    
Depuis 1954, les filles peuvent encore trouver des bonheurs de lecture dans la collection « Les Sentiers de l'aube » éditée chez Plon.


Notons au passage que Mame, dans la collection « Succès de la jeunesse », publie depuis 1953 quelques romans de S-F. Gautier-Languereau  poursuit « La Bibliothèque de Suzette » (pour les fillettes de 8-10 ans et plus).
La Maison de la Bonne Presse dispose alors de moins de moyens que Fleurus.
(La collection « Bayard », pour les garçons est née en 1954 et l’ancienne collection des « romans cinématiques » est devenue bien vieillotte).    

  
Les éditions Alsatia, bien vues par les catholiques, distinguent « Signe de piste junior », « Signe de piste » et « Rubans noirs »  mais les éditions Spes qui ont lancé en 1952 la collection « Jamboree » diffuse aussi des romans scouts, tandis que Brépols lance « Junior Club ». Desclée de Brouwer poursuit la collection « Belle humeur ».


Les communistes encore très importants électoralement (le parti communiste est toujours le 1er parti de France), disposent de critiques connus et compétents qui s’intéressent aux lectures de la jeunesse et en parlent fort bien. Malgré la force qu’ils représentent, ils éditent encore peu de livres pour la jeunesse. Le problème, c’est non seulement qu’ils s’avancent masqués, cachent leurs sympathies ou leurs adhésions au Parti Communiste mais qu’ils privilégient certaines œuvres et en ignorent d’autres. C’est chez Pierre Horay que paraît d’abord Le Pays où l'on n'arrive jamais d’André Dhôtel.
Les éditions L.I.R.E., rares éditions orientées à gauche,  ont créé la collection « Le Roman pour la jeunesse » vers 1954-1955. 


En 1955, la fondation des Éditions La Farandole liées au Parti communiste français donne naissance à plusieurs collections encore très embryonnaires. On y rencontrera des récits de George Sand (Le Chêne parlant), Pierre Gamarra, Bertrand Solet, Charles Vildrac… Il s’agit des collections « Mille épisodes » (pour les 10/14 ans), puis « Jour de fête » (visant les 10-12 ans), et  « Prélude » (pour les plus de 13 ans).

Les écoles publiques, en plus des éditions Magnard et Nathan, restent fidèles aux éditions Rageot (en 1955, Tatiana Rageot s’associe à la Librairie Hatier) où subsiste encore la collection « Heures joyeuses » qui publie Ransome (Hirondelles et Amazones), M.A. Baudouy et Lipincott. Elles sollicitent encore les éditions Delagrave pour alimenter leurs bibliothèques. En plus de « La Bibliothèque Juventa » (pour les 12-15 ans), « La Mouette » (12-14 ans environ), l’éditeur crée « Gentiane », « Bouton d'Or »  et « Pivoine ». Depuis 1953, « Aventure et jeunesse » propose des livres un peu plus attrayants. 


Quelques éditeurs scolaires tentent d’innover. Magnard dont les collections « Bibliothèque Azur » (Pouk et ses loups garous de Léonce Bouliaguet, Kpo la panthère de René Guillot) et « Fauves et jungles » s’essoufflent, crée le prix (remporté d’abord par Mylord et le saltimbanque d’Elsie) et la collection « Fantasia » (dont les premiers titres paraissent en 1955).   
Autre éditeur prisé par les enseignants de l’école publique, Sudel (L’Arc-en-ciel de Jeannine, Fan-Lo et Delph le Marin de P.-J. Bonzon, Colin-Bourrelier crée la nouvelle collection « Alouette » tout en poursuivent « Marjolaine » et « Primevère ».


Dans la collection diversifiée « Contes et légendes » (plus de 70 titres), chez Fernand Nathan, André Bajdaev rassemble les textes du genre encore peu connus de la Bulgarie (1955) tandis que la série « Contes et Légendes des régions de France » s’enrichit de volumes concernant la Normandie, la Picardie, Paris et Montmartre. 
Dans le même domaine des contes, chez Hatier-Boivin paraissent les Contes de rubis de Charles Robert Dumas et Ré et Philippe Soupault rassemblent des Contes des 5 continents pour Stock. « La Bibliothèque précieuse », collection de poche chez Gründ, au faible prix et aux couvertures agréables. publie deux recueils de contes d’Andersen dont La Bergère et le Ramoneur. Flammarion publie Le Chat Jérémie et autres histoires de chats d’Adrienne Ségur.
Aux Editions de l’Ecureuil, Maurice Percheron développe des Récits mythologiques de l’Inde (1955). Vers 1955, Hatier relance « Les Contes de toutes les couleurs », vite devenus « Les Nouveaux Contes de toutes les couleurs ». Précisons que dès 1954, les éditions Nathan publient aussi les albums, illustrés surtout de photos de Dominique Darbois (alias Dominique Sabret), dans la collection  « Les Enfants du monde ». En 1955, paraît Agossou le petit Africain.
Les Éditions Gallimard qui ont donné naissance à « La Bibliothèque blanche » en 1953, plus tard « illustrée »,  brochée puis reliée mais les titres publiés en 1955 sont encore peu nombreux.
Toujours en 1950, les éditions Gedalge avaient lancé « Les Loisirs de la jeunesse » (une collection illustrée en couleur), peu à peu remplacée en 1955 par la collection « La Comète » (voir plus haut dans ce blog).
On se souvient moins de la collection « France Club », créée en 1954 par Jean Merrien, chez André Bonne, qui publie La Montagne aux chamois de Tony Burnand.



En mai 1953, les Éditions Gérard avaient créé la collection « Marabout Junior », « collection jeune pour tous les âges », bimensuelle puis hebdomadaire. La locomotive de la collection est, bien sûr, Bob Morane de Henri Vernes qui publie en 1955 Le Secret des Mayas, Le Sultan de Jarawak, Les Requins d’acier...


Les adolescents lisent aussi depuis 1946, aux Presses de la cité, les aventures du Captain W.E. Johns, aviateur anglais de la série « Biggles » avec de futures incursions dans la science-fiction (Retour sur Mars, Vénus contre Terre, Astropolis).


En plus de « Plaisir des contes » et de la collection « Le Rameau vert », Casterman innove avec « Relais, série Histoire » tandis que « Mistral » réédite des classiques.  Dès 1951, la Librairie Gründ lance « Trésors des jeunes », une collection constituée d’énormes volumes reliés. Signalons que pour les plus jeunes, Pierre Probst (Dandi, Pouf et Noiraud) et Romain Simon (Contes du lutin) publient des albums agréablement illustrés.


jeudi 11 décembre 2014

Collection "Monique", Fleurus-Mame : titres, auteurs, illustrateurs

Collection « Monique », Fleurus-Mame (1953-1962)
Les titres, les auteurs, les illustrateurs, les dates de parution





Rose DARDENNES, Ill. Marie-Madeleine BOURDIN : Le Sorcier de Ceylan 4e trim. 1953
Henriette ROBITAILLIE, Ill. Solange VOISIN : La Ferme du loup blanc 4e trim. 1953 Rééd. 1958
Henriette ROBITAILLIE, Ill. Noël GLOESNER : Gwenola 4e trim. 1953
Renée TRAMONT, Ill. Maurice de la PINTIERE: L'Enfant des Montagnes 4e trim. 1953
Henri SUQUET, Ill. Pierre JOUBERT : Le Secret du diamant 1954 R. 4e trim. 1957
Dominique JOANNY, Ill. Maurice de la PINTIÈRE : Le Mystère du Grand Kervoët 2e trim. 1954
Denyse RENAUD, Ill. Noël GLOESNER : Messagers de la liberté 1954 R. 3e trim. 1957
Henriette ROBITAILLIE, Ill. Solange VOISIN : Cinq têtes sous le même bonnet 1954 R. 1956
Bertrande de RIVIERE, Ill. Alain d’ORANGE : La Prisonnière de Bel-Castel 1954  
Rose DARDENNES, Ill. Jacqueline GAILLARD : La Grotte de cristal 3e trim. 1954
Henri SUQUET, Ill. Manon IESSEL: La Maison sous les eaux 3e trim. 1956
Marguerite SOLEILLANT, Ill. Marie-Madeleine BOURDIN: Le Message du cygne 3e trim. 1956
Jacqueline DUCHÉ, Ill. de l’auteur : Six dans une tourelle 1er trim. 1955  
René DUVERNE, Ill. Maurice de LA PINTIERE : Drôle de Vacances 1er trim. 1955
Henriette ROBITAILLIE, Ill. Solange VOISIN : La Dame de Charmilly 2e trim. 1955
Jean DES BROSSES, Ill. René BONNET : Le Chevalier noir et Miss Aurore 2e trim. 1955
Henriette ROBITAILLIE, Ill. Alain d’ORANGE : Pascale et la tempête 1957


Yvette LÉONARD, Ill. Alain d’ORANGE : Trois billes dans le soleil 4e trim. 1957
Renée TRAMONT, Ill. Robert RIGOT : Le Beau Corsaire 1er trim. 1956
Dominique JOANNY, Ill. Marie-Madeleine BOURDIN : La Mouette de Hautmanoir 1er trim. 1956.
Bertrande de RIVIÈRE, Ill. Alain d’ORANGE : Fée chez les cow-boys 3e trim. 1956
Marie-Madeleine MARTINIE, Ill. Manon IESSEL : Plus de chance que Cendrillon 3e trim. 1956.
M. [May] D’ALENÇON, Ill. SOLVEG : Le Trésor du loup  3e trim. 1956
Marguerite ROSERT, Ill. GIANNINI : Le Prince aux yeux verts 1er trim. 1957.
André MAC CORMICK, Ill. SOLVEG : Un château si calme 1957.
G. DE CORBIE et H. ROBITAILLIE, Ill. J.F. GUINDEAU : Le Lion et le Confiseur 3e trim. 1957.
Yves GOHANNE, Ill. Janine LAY : L’Écueil aux diamants 3e trim. 1957.
Phyllis P. POWER, Ill. Jean GIRAUD : Sept filles dans la brousse 1958
Denise BERNARD-LAGASH, Ill. Yvan MARIÉ, couv. SEDEÑO : Les Envoyés de Pachacamac 4e trim. 1958.
TEMPLE-BAILEY, Ill. Jeannine LAY : Judy 1959
Yvan MAUFFRET, Ill. M. MAGNIN : Bouli et le Barbu  2e trim. 1959.
René DUVERNE, Ill. Yvan MARIÉ : Le Grand Jeu de Païolive 1959.
L.-N. LAVOLLE, Ill. Alain D’ORANGE : Les Sorcières de la mer 1959.
Yves GOHANNE, Ill. Noël GLOESNER : L’Homme qui saisit le soleil 1960
L.-N. LAVOLLE, Ill. Jean-René LEMOING : L’Indien aux yeux clairs 1960
Jeannette JAN, Ill. Manon IESSEL : La Demoiselle et le Troubadour 1961
Jacqueline LE SÉNÉCHAL, Ill. Pierre DECOMBLE ; Le Voyage à Rome 4e trim. 1961.
G. TRAVELIER, Ill. Noël GLOESNER : L’Urganda yacht fantôme 1962.    
Lucienne LASFARGEAS, Ill. Yvan MARIÉ : Le Poisson magique 2e trim. 1962.

    

Collection "Monique", chez Fleurus-Mame (1953-1962)

Chez Fleurus-Mame, la collection "Monique", pour les filles des années 50  

Retour sur le "cercle des collections jeunesse disparues"

La collection "Monique" est les plus souvent ignorée des historiens de la littérature jeunesse, sans doute parce qu’elle a surtout été présente dans les écoles et pensionnats catholiques et les « Bibliothèques pour tous » d’inspiration catholique. (Notons que l’emploi abusif de l’expression « pour tous » vient  de loin !).     
Deux éditeurs catholiques associés, la Maison Mame et les Editions Fleurus, lesquelles touchent un lectorat masculin avec "Jean-François", attendent trois ans avant de lancer pour les filles, la collection jumelle "Monique". Les lectrices de l'hebdomadaire Ames Vaillantes, édité par Fleurus depuis 1937, lisaient auparavant la collection éponyme "Ames vaillantes".

Elles ne sont pas surprises, dès 1953, de retrouver des auteurs comme May d'Alençon (Le Trésor du Loup), Rose Dardennes (Le Sorcier de Ceylan). Illustrée par Solange Voisin ou par Alain d’Orange, la familière et omniprésente Henriette Robitaillie ne publie pas moins de cinq récits. La Ferme du Loup Blanc, prépublié en 1949 dans Ames Vaillantes n’est édité en livre qu’en 1958, la même année que Gwenola, illustré par Noël Gloesner et prépublié en 1950. De Henriette Robitaillie seront encore édités, La Dame de Charmilly (1955), Pascale et la tempête, (au large de la Charente Maritime, trois fillettes sont transformées en robinsonnes après une violente tempête) et Cinq têtes sous le même bonnet (1956). 
On ne s'étonne pas non plus de rencontrer dans la collection, ni Renée Tramond qui évoque des menaces de destruction d’un nouveau barrage modifiant un site des Alpes dans L’Enfant de la montagne (1953), ni Jacqueline Duché, écrivant Six dans une tourelle, puisque l’auteur est un des piliers, parfois illustrateur, de "La Bibliothèque de Suzette", éditée par Gautier-Languereau. Denise Renaud donne une tonalité historique à son Messager de la liberté (1954), quand Roger de Chérizay doit de défendre d’une accusation de complot contre Mazarin. Denise Bernard, dont l’intérêt pour l’Amérique du Sud ne se relâche pas, mêle passé péruvien et présent technologique, dans Les Envoyés de Pachacamac en 1958.


Parmi les auteurs féminins, remarquons aussi Bertrande de Rivière mettant en scène des détectives en herbe susceptibles de découvrir le secret de la Prisonnière de Bel-Castel (1954) et Marie-Madeleine Martinie. Si elle assure que son personnage, orpheline de sa mère, a Plus de chance que Cendrillon (1956), c’est parce qu’elle retrouve son père, un marin qui, en se remariant, lui offre un nouveau foyer.
En dépit de bons illustrateurs qui travaillent également pour la Bonne Presse, comme Pierre Joubert, Noël Gloesner, Alain d’Orange, Maurice de la Pintière, Manon Iessel, Marie-Madeleine Bourdin ou Solange Voisin (Solveg), cette collection ne bénéficie pas des mêmes moyens que sa consœur : elle atteindra seulement trente-neuf titres au cours de l'année 1962. Les auteurs de B.D. Robert Rigot, F. A. Breysse, Pierre Decomble (Pierdec) Yvon Marié et même Jean Giraud, futur auteur de Blueberry sont également présents. Notons la participation de l’auteur G. Travelier, futur Georges Bayard, créateur de la série « Michel » chez Hachette.  


Certains auteurs publient dans les deux collections "Monique" et "Jean-François". C'est le cas de Jean des Brosses, (Le Chevalier noir et Miss Aurore, 1955), René Duverne pour Drôles de vacances (1955) et surtout Le Grand Jeu de Païolive (1959), un roman dont les chapitres d’exposition sont remarquables. Trois neveux et trois nièces,  à partir d’un parchemin, vont à la recherche d’un curieux trésor : un coffre contenant les secrets de la désintégration atomique ! C’est aussi le cas de Henri Suquet. Dans La Maison sous les eaux, Suquet raconte l’histoire de Jacquiou, fils de pauvres bateliers, devenu par de brillantes études inventeur d’un treuil électrique, essayé sur les bords de l’Yonne. Dans Le Secret du diamant (1954), il conte comment des Anglais, découvreurs d’un gisement diamantifère, tentent d’échapper à des gangsters cupides.
Doublement présente aussi, L.-N. Lavolle (l’archéologue et grande voyageuse Hélène Chaulet) propose plusieurs récits parfois prépubliés dans les journaux du groupe Fleurus. Les Sorcières de la mer (1959), illustré par Alain d’Orange, est centré sur le sort de la petite Cinghalaise Nola, capable de plonger à la recherche des perles, de capturer et d’apprivoiser des dulongs, dans un milieu marin souvent dangereux. Un an plus tard, elle publie L’Indien aux yeux clairs, illustré par Jean-René  Lemoing.
Les récits semblent souvent plutôt sentimentaux, puérils et délibérément anodins. Certains titres infantiles sont révélateurs, comme La Demoiselle et le troubadour, Trois billes dans le soleil ou Le Prince aux yeux verts. 
Notons à cette époque cette séparation des sexes dans la presse et dans le livre. La ségrégation sexuelle dans les établissements scolaires, dénoncée par les étudiants en Mai 68, ne sera officiellement abolie que 16 ans plus tard, en 1969…