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lundi 5 janvier 2015

Jacqueline CERVON Bibliographie commentée (1961-1970) (1)

Jacqueline CERVON (1924-2014), écrivaine pour la jeunesse
Bibliographie commentée : 1ère partie (1961-1970)



-                 Le Lac aux sortilèges Ill.Xavier Saint-Justh ; (Spirale), Éditions G.P., 1961.
L’auteur a surtout centré l’attention sur le caractère d’un adolescent et d’une fillette et l’évolution de leurs rapports.  
-                 Ali, Jean-luc et la gazelle  Ill. M.Berthoumeyrou ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1963. Prix de l’Académie française 1965.
Au cœur d’une tribu nomade souffrant de faim et de soif, le petit Somali Ali partage son lait avec son bébé gazelle Zizou avant de libérer l'animal. En ville, Ali fait la connaissance d'un jeune garçon français, Jean-Luc, qui l’aide à protéger Zizou. Ainsi, deux jeunes enfants qui n’ont pas même couleur ont une tendresse commune.



-                 Le Coquillage rose de Catissou Ill. Stanislas Mazure ; (Fantasia) ; Magnard, 1965.
L’oncle Pierre a rapporté à la jeune Catissou un coquillage rose provenant des mers du Sud qui lui paraît merveilleux. Le coquillage lui raconte de passionnantes aventures, celle du petit pêcheur de perles, du naufragé de l’île du Diable, des crabes rouges qui dansent, du petit poisson couleur de lune…
-               Francesco Ill. Vanni Tealdi ; (Rouge et Or Souveraine) ; Éditions G.P., 1966.
Dans la région des Dolomites, un jeune garçon, présomptueux et imprudent, a commis un acte malheureux. Il se rachète, aidé par l’amitié d’un camarade et d’une amie d’enfance qui secondent ses efforts et l’aident à retrouver la joie de vivre.
-              Le Trésor de Nikos Ill. Philippe Lorin ; (Fantasia) ; Magnard, 1965. Prix des Parents d’élèves 1967.
Nikos, enfant poète et musicien, mène dans le village grec où il a été recueilli, une vie de pêcheur trop rude pour lui et ses jeunes amis s’en inquiètent. L’un d’eux, Yannis  a entendu parler d’une merveilleuse lyre d’Orphée. Elle seule, pense-t-il, sera capable de redonner la joie de vivre à son ami. Avec la petite Mélina, il entreprend une passionnante recherche dans les îles de la Grèce.
-  Quand la terre trembla à Skopjle Ill. Michel Jouin ; (Super 1000) ; Éditions G.P., 1966.
Quatre jeunes Français, au cours d’un voyage en Grèce en 2 CV se lient d’amitié avec un jeune paysan qu’ils emmènent dans son pays, la Yougoslavie. Ils arrivent à Skopjle « quand la terre trembla ». Avec tous, ils se dévouent pour les sinistrés et deviennent des adultes.
-                 Sélim, le petit marchand de bonheur Ill. Michel Jouin ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1966.      
Premier roman dont l’action se situe en Turquie, à Istanbul, Près de la mosquée Bayazit, Selim est « marchand de bonheur ». Son lapin Yazi choisit parmi l'ensemble de billets pliés celui sur lequel est inscrite une sage pensée qui devrait aider chacun dans son existence.
-                 Belle Agao Ill. Stanislas Mazure ; (Fantasia)  ; Magnard, 1967. rééd. 1979.
Dans un pauvre village, Agao, la charmante petite Ethiopienne qui se croit laide, rayonne d’intelligence et d’amour. Une jeune étrangère arrivée dans le pays va l’aider à avoir confiance en elle et à sauver son ami Mambéré injustement accusé de vol.
L’Aiglon de Ouarzazate Ill. Françoise Boudignon (Bibliothèque de l’Amitié-aventure) ; Édition Rageot, 1968 Prix Jeunesse 1968 
Au Maroc, à Ouarzazate, Le fier Ismaël, fils de l’Atlas, croit descendre des nomades libres de la montagne. Il n’aime pas le guide Abou-Bakr, toujours fixé à son ksar d’Ouarzazate. Les enfants de deux familles de touristes, l’une française, l’autre allemande, s’intéressent à Ismaël. Au cours d’une promenade, un orage rend meurtrier l’oued de la montagne. Chacun ayant montré son endurance et sa générosité, les Européens arrivent à réconcilier les deux Marocains Ismaël et Abou-Bakr.
-                 Le Naufragé de Rhodes Ill. Jean Reschofsky (Olympic) ;  Éditions G.P., 1968. Prix de la Joie par les livres, 1968 ; Mention du prix européen de la ville de Caorle.
Le jeune Grec Stavros est recueilli après un naufrage par l’équipage d’un bateau turc. Par un étrange hasard, il ressemble  à s’y méprendre à un jeune pêcheur d’éponges de l’équipage, Iurhan. Les marins turcs tentent de faire un mauvais parti au Grec, l’ennemi héréditaire, mais la ressemblance entre Stavros et Iurhan et la complicité amie qui unit les deux jeunes gens font échouer toutes leurs intrigues. Quand Stavros doit regagner son pays, tout l’équipage le rapatrie clandestinement, en prenant des risques. « Se connaître, tout est là, ne pas croire aux idées toutes faites ». Cette réflexion de Stavros contient la clé de ce récit habile.
-                 Les Pigeons d’Ürgup Ill. Bertrand ; (Spirale),, Éditions G.P., 1968.
Deuxième récit dont l’action se situe en Turquie, en Anatolie centrale, dans l’étonnante ville d’Urgüp creusée dans le tuf volcanique de la Cappadoce. Parce que les pigeons dont le guano sert d’engrais meurent en grand nombre, le vignoble d’Urgüp est menacé.
-                 Prince des neiges Ill. Vanni Tealdi ; (Rouge et Or Souveraine) ; Éditions G.P., 1967.
À Saas-Fee, dans le canton suisse du valais, la jeune Corinne entraîne le jeune portier Peter vers les cimes neigeuses et ensoleillées mais le garçon a peur de la montagne. Corinne réussira-t-elle à transformer celui qu’on appelle la marmotte et prince des neiges ?
-                 Benoît, l’arbre et la lune Ill. Béatrice Dorge ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1969. Rééd. 1986 (Bibliothèque Rouge et Or).      
Benoît passe ses vacances chez son arrière-grand-père Bipépi qui habite un village du Morvan. C’est l’occasion pour le garçon de mieux connaître sa famille et la campagne environnante à travers les jeux et les histoires de son vieux parent et ami. 


-                 Joao de Tintubal Ill. Michel Gourlier ; (Fantasia) ; Magnard, 1969. Prix Fantasia 1970
Joao, un « robuste petit Portugais », n’a pu aller à l’école avant l’âge de neuf ans. Il s’y adapte mal. Un  jour, Miguel qu’il sauve de la noyade, lui donne un livre. Joao connaît alors la joie d’apprendre et de découvrir. Passionnés par la vie des Conquistadores, les deux garçons passent d’inoubliables vacances à rechercher dans une mystérieuse grotte, la devise du Prince Henri le Navigateur.     
-                 Le Défi au soleil Ill. Jean Retailleau ; (Super 1000) ; Éditions G.P., 1969.
Le récit est publié dans la luxueuse collection « Super 1000 », souvent utilisée pour les remises de prix dans les institutions scolaires 
-                 Les Chevaliers du Stromboli Ill. Vanni Tealdi ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1970.
Le petit Sicilien Bépi et Gino, un orphelin qui, a tout perdu lors d’une éruption du Stromboli nouent une amitié difficile. Il n’a pas été facile à Bépi de comprendre qui Gino était un enfant aigri mais avide d’affection. C’est la découverte commune d’un chien perdu qui les unit pour reconstruire en commun un avenir d’abord compromis.
Malik, le garçon sauvage Ill. Mathieu Romain ; (Fantasia) ; Magnard, 1970. Prix La Joie par le livre, 1971. Rééd. 1974.
Troisième récit dont l’action se situe en Turquie.
Quand leurs deux cerfs-volants s’emmêlent dans le ciel d’Ankara, Djemal  rencontre Malik, un orphelin sauvage d’un quartier mal famé. Au contact de Djemal, Malik s’apprivoise peu à peu. Un bras cassé, la disparition de son chat, une bagarre avec un dangereux bandit, la découverte d’un portefeuille, autant d’étapes à franchir pour Malik avant de trouver le bonheur auprès d’un père adoptif.

samedi 3 janvier 2015

Jacqueline Cervon (1924-2014), écrivaine pour la jeunesse

Ecrivaine pour la jeunesse, elle s’appelait Jacqueline Cervon (Cervon, 6 juillet 1924-Cervon, 7 juillet 2014)

Née Jacqueline Séné dans une famille d’artisans menuisiers-ébénistes de la Nièvre dont elle a hérité le goût du travail bien fait, devenue Jacqueline Moussard par son mariage, l’écrivaine a choisi pour pseudonyme le nom de son village natal.
Après des études de lettres et l’obtention d’une licence de lettres classiques, elle réside huit ans à Djibouti avant de revenir en France, d’abord en Bourgogne puis dans son Morvan natal. On comprendra mieux son attachement au monde rural et aux villages de tous les continents  


Dès lors, elle se consacre à sa famille et à l’écriture de romans inspirés par ses nombreux voyages. Chaque année, elle entreprend en effet, en voiture équipée, avec son mari, de longs voyages dans les contrées d’Afrique ou de l’Orient (traversée du Sahara, Maroc, Turquie, Iran..), en dehors des circuits balisés pour les touristes. L’Europe n’est pas négligée pour autant puisque, par exemple, Joao de Tintubal évoque le Portugal, Le Naufragé de Rhodes et Le Trésor de Nikos, la Grèce, Les Chevaliers du Stromboli et Francesco, l’Italie…   
À ce propos, Claude Bron écrit : « Femme cultivée et femme au goût artistiques très sûr mais vivante, enthousiaste, tonifiante, ayant le goût des voyages, voyages dont elle profite au maximum, campant ici, campant là  pour faire comprendre ceux dont elle retracera –adultes ou enfants- la vie dans un contexte qu’elle veut authentique  et dont elle s’inspire pour imaginer des histoires vraisemblables. » (1)  
La plupart de ses récits ont été publiés par les éditions G.P. de 1961 à 1982. On rencontre également quelques-uns de ses 40 romans chez Magnard, Duculot, Rageot et à L’École des Loisirs en 2004.
Seuls deux ouvrages ont été réédités dans les collections de poche : Djinn la malice dans « Le Livre de poche Jeunesse » en 1981 et Le Feu aux poudres présent dans « Castor Poche Senior », chez Flammarion en 1993.


Si le mot-clé de toute cette œuvre est sans doute celui de l’amitié (2), il ne faut pas le confondre avec « l’âge des copains ». Marc Soriano (3) cite cet extrait du dialogue engagé entre  Bernard Épin et Jacqueline Cervon 1972 : « Je préfère semer chez les plus jeunes cette graine de l’amitié véritable, graine qui fleurira peut-être un jour, plus tard, parce que le gosse aura dans sa mémoire, peut-être, cette chaleur de l’amitié qu’il avait ressentie, par procuration en quelque sorte, à la lecture d’un livre.»     
Si tous ses récits traitent de l’amitié et de la fraternité, toutes deux possibles selon elle entre des enfants d’ethnies et de cultures différentes, ils sont, tantôt accessibles aux enfants (en particulier, ceux de la collection « Dauphine »), tantôt aux pré-adolescents et aux adolescents. Seuls ces derniers sont capables, par exemple, de comprendre les difficultés d’adaptation des peuples africains ou orientaux  au monde moderne, fortement occidentalisé, les problèmes de ce qu’on appelait alors le Tiers Monde et les fortes inégalités sociales.
Bernard Épin note fort justement « quelques grandes constantes caractéristiques : des personnages venus de milieux et surtout de pays différents, le plus souvent rencontrés au cours de voyages, ; une volonté de battre en brèche les exclusions, le racisme, en racontant des histoires où la rencontre, l’échange, construisent des relations fortes d’amitié et de fraternité ; une écriture qui tourne le dos au naturalisme, marqués par des schémas narratifs très charpentés, qui, rejoint, pour le meilleur, la force évocatrice des contes. »  (4)
Dans une lettre adressée à Nic Diament en 1987, Jacqueline Cervon confesse : « J’écris parce que j’ai envie d’écrire (…). J’espère ainsi ouvrir mes lecteurs à la connaissance des autres et faire exploser le cadre de leurs rêves et de leurs réflexions, en un mot, les amener à se considérer comme les enfants de la planète… »  (5)
Dès les premières publications, les prix récompensent des livres bien écrits, aux intrigues rigoureuses, à la structure romanesque solide et souvent empreints d’humanisme et de poésie (6). Ses ouvrages ont été traduits en allemand, italien, portugais, anglais, iranien, espagnol…
    En ces temps où semble, hélas, revenir en force l’intolérance, le racisme, le communautarisme et le repli égoïste sur soi, la relecture des livres de Jacqueline Cervon paraît s’imposer comme un antidote sain et indispensable.

         
(1)   Claude Bron : Romanciers choisis pour l’enfance et l’adolescence Editions H. Messelier, Neuchâtel, 1972. (p. 53)
(2)   Lire : L’amitié dans les romans de Jacqueline Cervon par Bernard Épin, Revue des livres pour enfants, n° 28 et n° 29, juin et septembre 1972 ;
(3)   Marc Soriano : Guide de littérature pour la jeunesse Delagrave, 2002 (Réédition de l’ouvrage de 1974) (p. 113)   
(4)   Bernard Épin : Dictionnaire du livre de jeunesse. La Littérature d’enfance et de jeunesse en France sous la direction de Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot Editions du Cercle de la Librairie, 2013. (p. 174)
(5)   Nic Diament : Dictionnaire des écrivains pour la jeunesse (1914-1991)  L’École des loisirs, 1994.

(6)   Pour la liste des prix obtenus, se reporter à la bibliographie publiée ultérieurement.