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lundi 5 janvier 2015

Jacqueline CERVON (1924-2014) Bibliographie commentée (1971-2004) (2)

Jacqueline CERVON (1924-2014), écrivaine pour la jeunesse
Bibliographie commentée : 2ème partie (1971-2004)
    
-                 Le Fouet et la Cithare Ill. René Péron (Olympic) ;  Éditions G.P., 1971.
L’action de ce roman historique se déroule en 480 avant J.-C. au moment où les armées de Xerxès déferlent vers Athènes. Aventures imagines et événements historiques connus se mêlent pour tenir le lecteur en haleine.
-                 Les Moissons du désert Ill. Jean Reschofsky ; (Super 1000); Éditions G.P., 1971. Rééd. 1977 : (Grand angle)
Les lépreux d’Iran ont obtenu le droit de fonder une communauté à Behkadeh aux confins des grandes steppes de l’Asie Centrale. Avec quelques ingénieurs français, ils tentent de transformer une steppe désertique en une terre féconde. Les difficultés ne manquent pas et l’irrigation sera-t-elle suffisante pour faire pousser les moissons du désert ?


-                 Djinn la malice Ill. Jean Retailleau ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1972.
-                 Rééd. 1981 (Le Livre de poche jeunesse), Rééd. G.P., 1988.
Leïla, petite fille iranienne de dix ans malicieuse et indépendante, est promise à Karim, un gros homme brutal. Leïla qui croit au djinn protecteur s’imagine qu’il se cache sous les traits de son jeune ami Morad qu’elle retrouve en cachette dans les jardins du poète Hafiz. Mourad prend  des risques pour s’opposer à Karim, ce qui inspire à Leïla une ruse pour qu’il renonce à l’épouser.    
-                 Le Nain et le Baobab Ill. Jean Retailleau ; (Super 1000)  ; Éditions G.P., 1972. Diplôme du meilleur livre Loisirs Jeunes.
Dans un village Malinké, un griot raconte l'histoire de trois dogons, L’un d’eux est un nain sans âme. A-t-il le droit d'aimer? Un chacal lui révèle qu’il doit vivre son amour à travers un autre. Or, il transgresse toutes les règles, touche au sacré, brise la statue des Ancêtres, ... Le roman évoque le voyage sur les routes du Mali où trois êtres rejetés par leur peuple sont en quête du bonheur refusé par la tradition. Ce conte philosophique s’inspire de la culture Dogon.
-                 Le Tambour des sables Ill. Jean Reschofsky ; (Super 1000)  ; Éditions G.P., 1972. Mention au Prix européen de la Ville de Trente. Rééd. Presses Pochet, 1974. Nouvelle édition dans la collection « Travelling », chez Duculot en 1988.
Le tambour des sables, c’est le battement sourd du vent dans les dunes. Les grandes tribus nomades sont refoulées dans le Sahel. Bai, le Targui, vit ses dernières heures. Dans la nuit, Daha la Targuia se souvient qu’elle a été, de tout temps, « le pilier central de la tente ». 
-                 Diango de l’île verte Ill. Jean Retailleau ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1973.Rééd. 1987.
Diango, enfant d’une petite île du Niger, passe pour stupide et devient la risée du village. Son instituteur Abdulaï l’emmène au pays des Touareg où il rencontre un garçon de son âge, Serim le Targui, qui se croit supérieur à lui. Diango de l’île verte démontrera les qualités propres des deux peuples et fera naître une rude amitié.
-                 Le Chasseur au lasso Ill. Jean Retailleau ; (Super 1000) ; Éditions G.P., 1973. Grand Prix de littérature pour la Jeunesse de la Communauté radiophonique des programmes de langue française.
Ce récit, en dépit de son titre, n’a rien à voir avec un western. En s’appuyant sur un documentation riche et variée, Jacqueline Cervon plonge dans l’Histoire des hommes du Sahara à travers les peintures du massif du Tassili. De 5000 ans avant notre ère au XXe siècle, elle évoque successivement Aliou le chasseur, Aliou le pasteur, Aliou l’esclave, Aliou le serf et, finalement, Ali le guide du XXe siècle.    
-                 Coumba du pays oublié des pluies Ill. Jean Retailleau ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1974. Diplôme du meilleur livre Loisirs Jeunes. Rééd. 1985 et 1989.
Coumba, la petite Peule du Sénégal, doit quitter sa mère quand son père lui ordonne d’aider l’aveugle Bigué chez qui elle doit vivre, la famine menace, l’herbe ne pousse plus et les troupeaux ont faim. Le roman évoque surtout le courage et de la dignité des enfants Peuls devant la misère née de la sécheresse au Sahel.
-                 La Jarre percée (Grand angle), Éditions G.P., 1975.
Au XVIIIe siècle, L’Afrique noire subit le commerce triangulaire et la traite des esclaves. Mésédé et Agoro se demandent s’ils vont pouvoir échapper à cet horrible commerce du « bois d’ébène ».   
-                 Benoît et le village à l’envers Ill. Monique Gorde ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1976. Rééd. 1986.
C’est le seul roman de Jacqueline Cervon qui reprend un personnage déjà présent dans un récit précédent. En effet, elle n’a jamais créé de série.   
-                 La Griffe du fauve (Grand angle), Éditions G.P., 1977.
Le mot arabe « Sahara » signifie « pays fauve », c’est pourquoi il vaut mieux le respecter quand on veut s'en approcher. Sa découverte, au-delà de la fascination qu’il exerce, devient alors une aventure inoubliable dont la griffe subsiste à jamais.
-                 Djilali et l’oiseau de nuit Ill. Jean Reschofsky ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1978. Rééd. 1988.
Djilali, né à Chebika, une oasis du Sud tunisien, part à la place de son grand-père à la recherche de l’oiseau de nuit, de l’aventure et du rêve. De cousins en cousins, il traverse la Tunisie et découvre ainsi la fraternité d’hommes pourtant différents. 
-                 La Sève de la terre (Grand angle), Éditions G.P., 1978.
Jérôme, employé de banque, est blasé de la ville et veut retourner à ses souches natales: la terre. Malgré les obstacles, il ne dévie pas de son but. Même si ses  amis trouvent bizarre qu'un garçon parti pour avoir une meilleure vie veuille retourner dans son village. En fait, Jérôme se fera fermier et comprendra ce qui lui manquait. 
-                 Le Feu aux poudres (Grand angle), Éditions G.P., 1978. Rééd. (Castor Poche Senior) Flammarion, 1993.
Entre la Grèce et la Turquie, la paix est fragile. À Chypre, en 1974, jaillit l’étincelle qui met le feu aux poudres. Stavros, le Grec, est seul face à Turhan le Turc et à une équipe de pêcheurs ; Il subit, avant de tenter de l’éteindre, le foyer de haine attisé par les troubles de l’actualité.
-      La Chèvre d’Aziza Ill. Landis (J’aime lire) Bayard Presse. 1979


-                 La Marmite des cannibales (Travelling), Duculot, 1979.
Afin de participer à un concours organisé par la télévision, Frédérique fait un reportage de deux mois en Afrique. En France, en visionnant les films, un sujet s’impose à elle : montrer la bêtise et l’incompréhension de certains touristes, leur irrespect vis-à-vis des populations locales.    
-                 Alexandre le Grand (Biographie-Travelling), Duculot, 1980.
Ce récit biographique met à la portée des adolescents l’étonnant règne et parcours d’Alexandre le Grand qui a réussi à relier le monde occidental et le monde oriental.
-                 Et si j’étais un chien Ill. Marie-Hélène Nadaud ; (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1981.
Didier furieux de ne pas pouvoir aller jouer avec ses copains entre dans une telle colère qu’il se transforme en chien cocker et connaît des aventures tantôt cocasses tantôt dramatiques.
-                 Le Dernier mirage (Travelling), Duculot, 1981.
Au cœur du Sahel vit le peuple noble et fier des Touaregs, figurant parmi les derniers hommes libres de la terre. Depuis 1973, la sécheresse s’acharne sur eux alors que les traditions ancestrales refusent la sédentarisation. Devraient-ils disparaître ? Le roman témoigne de la survie d’une race et d’une civilisation menacée.
-                 Les Magiciens de Naima (Rouge et Or Dauphine) ; Éditions G.P., 1982
-                 Les Enfants de la planète (Travelling), Duculot, 1984.
Martial vend en Afrique des vieilles voitures retapées en réalisant ainsi de substantiels bénéfices. Ses amis Gilles et Véronique l’accompagnent. Commence  une aventure où les incidents succèdent à de fascinantes découvertes, où les personnages se révèlent sous leur vrai jour. Ils sont prêts à se poser des questions essentielles sur le sens de la vie et la recherche du bonheur.  
-     Al-Sy-Crak-Igolo le génie de la forêt, M.F.G., 1990.  
-                 Un souhait magique Ill. Bernadette Theulet-Luzie, M.F.G., 1991.                
-                 L’Œil d’un dauphin (Médium), L’Ecole des Loisirs, 2004.
Nouvelle : Les Jardins d’Allah dans 15 aventures dans le désert (s/dir. De Jean-Côme Noguès, (Série 15), Gautier-Languereau, 1989.

Note : Plusieurs ouvrages de la collection « Dauphine » ont été réédités dans la « Bibliothèque Rouge et Or », avec d’autres illustrations mais en noir et blanc.


dimanche 14 octobre 2012

Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or) 4e partie


Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or, 1959-1980) : des thèmes et des lieux fort divers (4e partie)

Les éditions G.P. (alias La Générale Publicité), dirigées par Victor Dancette (1900-1975) et qui sont absorbées par les Presses de la Cité en 1961, sont surtout connues sous l’appellation « G.P. Rouge et Or ». Après avoir donné naissance à la collection « Dauphine » en 1957, elles créent en 1959 la collection "Spirale", peu coûteuse et proposée aux lecteurs et lectrices, du CM 1 à la classe de troisième.
De sa naissance à 1980, la collection va publier plus de 300 titres en mêlant des romans autonomes et des volumes de séries. Plusieurs générations d’auteurs fort différents vont y cohabiter, de Marie-Antoinette de Miollis, Léonce Bourliaguet et René Guillot à  Monique Ponty, Pierre Pelot et Christian Grenier (tous deux nés en 1945).
Robuste, solidement reliée, avec sa couverture « plastifiée lavable » et ses cahiers « cousus au fil de lin », elle est de format 17 cm sur 12,5. Chaque volume comporte 20 illustrations en couleurs et 30 illustrations en noir et blanc.


Visant en fait les garçons et filles de 10 à 15 ans (alors que la collection « Dauphine » s’adresse plutôt aux 6 à 10 ans), elle décline peu à peu les séries, en particulier policières, les classiques, les romans d'aventures abordant parfois le récit maritime ou exotique, le western et la science-fiction, et les romans historiques. On peut aussi y remarquer des romans originaux et inclassables.
Les illustrateurs et illustratrices sont fort nombreux. Citons seulement 15 noms : Henri Dimpre (8 titres), Raoul Auger (10 titres), Jacques Pecnard (18 titres), Jean Reschofsky (10 titres), Daniel Dupuy, Vanni Tealdi (40 titres illustrés), Pierre Le Guen, Françoise Bertier, Michel Gourlier (bien connu des lecteurs de « Signe de piste », 21 titres), Gilles Valdès, Monique Gorde, Jean Retailleau, René Péron, Daniel Billon (19 titres, de 1972 à 1978), Jacqueline Verly…
  
                        « Spirale » et des destins de « petites filles » et de petits garçons
                       

      Qu’une collection pour la jeunesse privilégie parfois des histoires mettant en scène des garçons et des filles au parcours inhabituel, rien d’étonnant à cela. Cependant ce genre de récit est particulièrement favorisé.       
On cherche à émouvoir avec les histoires de La Petite fille à la roulotte (la petite bohémienne contrainte de partir après l’incendie de la roulotte familiale) de Rumer Godden, de L’Enfant blond du Grand Nord d’Edith Grotkop. (Un enfant de 4 ans est confié par des marins norvégiens à une vieille femme esquimaude). Ou encore de La Petite fille d’ailleurs de Hertha Von Gerhardt. (Qui est cette fillette assise sous la lanterne de la rue et qui excite l’imagination des passants ?).


Le récit suscite aussi l’intérêt lorsque le titre commence (ou est constitué) par un prénom. Parmi les multiples exemples, citons Marika d’Anne Pierjean, Juliane de Luise Rinser, Maya aux yeux bleus d’Aimée Sommerfelt, Emmanuel et Mario le fils du vent de Renée Manière, Tim le jockey de May d’Alençon. Autre titre frappant : Rébecca du ruisseau ensoleillé (1960) de Kate (Douglas) Wiggin (surtout connue pour Les Locataires de la maison jaune publié déjà chez Hachette en 1930). Ecoute, petit loup… déclare Maurice Vauthier mais c’est pour introduire une série d’histoires entraînant le lecteur de Russie jusqu’en Chine.
Dans les traductions des récits de Mabel Esther Allan, on associe habilement prénom et pays, dans Luce en Bavière, Nicole à New-York et Lise en Italie. Si Pia et la petite Lapone est une traduction, en revanche, Le Secret de Marie-Louisa de Renée Manière, Emmanuelle s’en va-t-en guerre de Sylvette Brisson, Annick et son corsaire et Marie-Luce infirmière sont bien des titres français.

   Des auteurs féminins français


Deux générations d’auteurs féminins cohabitent ou se succèdent dans la collection « Spirale » mais certaines écrivaines sont déjà âgées quand elles sont publiées dans la collection « Spirale ». &
Dans la première décennie, on édite des auteurs connus chez les éditeurs catholiques, comme Yvonne Girault (1894-1984, qui transforme La Horde, un récit publié chez Fleurus, en Fils des steppes)), Marie-Antoinette de Miollis (1894-1971,Fille de pilote), Jacqueline Verly (1901-1992)  et Henriette Robitaillie (1909-1992, Ma maison perdue), ou déjà reconnus dans les années 60, comme May d'Alençon (Tim, le jockey, Annick et son corsaire), Renée Aurembou (1908-2006, Bravo, monsieur la grenouille !, un roman contre l’alcoolisme), Eve Dessarre (née en 1918), L. N. Lavolle (née en 1914 et dont Les Baladins d’Anatolie évoluent en Turquie). La grande voyageuse Jacqueline Cervon (née en 1924) situe aussi en Turquie Les Pigeons d’Ürgüp. Eve Dessarre (née en 1918) envoie Esther dans un kibboutz où elle espère retrouver la trace de son cousin Benny dans Le Jardin dans le désert.
Citons encore Hélène Vallée (Le Réveil de l’Inca), Renée Manière (Emmanuel), Monique Ponty (née en 1932, L’Affaire des gitanes),  Marcelle Manceau (Le Mas Tortebesse)  et Hélène Ray (Le Cousin de Gondolin).
On remarque Anne Pierjean (1921-2003) pour Marika et La Demoiselle de Blachaux en 1972, Des ennuis, Julien ? en 1974, et Jacqueline Verly (illustrant souvent ses propres romans)  situant l’action de Tempête sur les huttes (1971) en 1844, aux limites de l’Alsace (à Wildenstein), et des Hautes Vosges (à La Bresse).


Parmi les succès, on relève, illustré par Daniel Dupuy, Adieu mes Quinze ans (1960) de Claude Campagne (Jean-Louis et Brigitte Dubreuil), avec un tirage de 650 000 exemplaires dont 460 000 vendus en France, après son adaptation à la télévision, en 1971. L'adaptation réalisée par Claude de Givray comportait 19 épisodes de 13 minutes diffusés à partir du 4 ami 1971 sur la 1ère chaîne. (Sur Claude Campagne, lire l’excellent article de François Marcoin : Claude Campagne entre mémoire et amnésie, pp. 55-75, dans le n° 21 des Cahiers Robinson, publié en 2007.)
Il n’est pas inintéressant de savoir que Marie-Dominique Poinsenet, l’auteur de Une étoile au fond du gouffre s’appelait aussi Sœur Marie-de-la-Nativité.  
 On pourrait croire que éditions G.P. se sont (déjà) rendu compte que les filles étaient meilleures lectrices que les garçons et qu’elles leur fournissaient donc davantage de récits qu’aux garçons (au risque de leur fournir parfois quelques mièvreries sentimentales).

         Des romans incontournables, au genre identifié ou  inclassables


En fait, les auteurs masculins français, depuis les récits anciens de Vercors (Contes des cataplasmes), Charles Vildrac (Du cran Milot !) et Léonce Bourliaguet (On tourne au village), sont aussi bien représentés. Ils le sont dans les différents genres : Pierre Lamblin, Pierre Castex et Louis C. Thomas pour le policier, William Camus, Christian Grenier et Pierre Pelot pour la science-fiction, Bernard Pierre (Victoire sur les Andes) et Jean-Francois Pays (La Montagne interdite) pour le roman de montagne, le roman maritime avec Jean Ollivier et Yvon Mauffret, le roman historique avec Jean-Côme Noguès (Le Faucon déniché) et Jean Riverain.
Jean Cernaut dans Le Grand roux exprime une difficile amitié et le refus de se voir imposer une frontière et on permet à René Guillot d’exprimer son amour de l’Afrique dans Traqué dans la brousse. On doit à Marcel Jullian, Jean Maridor, chasseur de V1 et à Gil Lacq, Le Roi sans mémoire
   Certains récits inclassables et divers doivent aussi retenir l’attention, comme Au-delà du fleuve de Juri Korinetz, Prisonniers de la jungle d’Arthur Catherall, Opération Sippacik de Rumer Godden (dans un  village chypriote en guerre), Autobus tout confort de Rosemary Weir ou L’Île lointaine de Luciana Martini…  
On le voit, même si la collection « Spirale », populaire par son prix, n’a pas le prestige de la collection « Rouge et Or Souveraine », elle mérite d’être regardée de près pour éviter les jugements simplistes, forgés à partir de trop peu d’exemples.

                                    

jeudi 11 octobre 2012

Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or) : une collection multigenre (3e partie)


Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or, 1959-1980) : une collection multigenre (3e partie)

Les éditions G.P. (alias La Générale Publicité), dirigées par Victor Dancette (1900-1975) et qui sont absorbées par les Presses de la Cité en 1961, sont surtout connues sous l’appellation « G.P. Rouge et Or ». Après leur essor initial assuré, selon l’historien Gilles Ragache, « par des commandes de Vichy », on se souvient qu’elles ont créé les fameuses collections « Bibliothèque Rouge et Or » et « Bibliothèque Rouge et Bleue ». Après avoir donné naissance à la collection « Dauphine » en 1957, elles créent en 1959 la collection "Spirale", peu coûteuse et proposée aux lecteurs et lectrices, du CM 1 à la classe de troisième.
De sa naissance à 1980, la collection va publier plus de 300 titres en mêlant des romans autonomes et des volumes de séries. Plusieurs générations d’auteurs fort différents vont y cohabiter, de Marie-Antoinette de Miollis, Léonce Bourliaguet et René Guillot à  Monique Ponty, Pierre Pelot et Christian Grenier.
Robuste, solidement reliée, avec sa couverture « plastifiée lavable » et ses cahiers « cousus au fil de lin », elle est de format 17 cm sur 12,5. Chaque volume comporte 20 illustrations en couleurs et 30 illustrations en noir et blanc. La collection concurrence visiblement la « Bibliothèque verte » (mais elle ne dispose pas du gigantesque réseau de distribution des éditions Hachette) et les collections jeunesse de Marabout : « Marabout Junior » et « Marabout Mademoiselle ». 
Visant en fait les garçons et filles de 10 à 15 ans (alors que la collection « Dauphine » s’adresse plutôt aux 6 à 10 ans), elle décline peu à peu les séries, en particulier policières, les classiques, les romans d'aventures abordant parfois le récit maritime ou exotique, le western et la science-fiction, et les romans historiques. On peut aussi y remarquer des romans originaux et inclassables.


« Spirale » et les récits conjecturaux

La collection "Spirale", sans doute encouragée dans ses nouveaux choix par le coup de boutoir de mai 68, a décidé à la fois de s'ouvrir à des genres auparavant considérés comme illégitimes, comme le roman policier et la science-fiction en publiant des auteurs-clés de la décennie 1971-1980.
Dans le domaine des récits conjecturaux, on relève des ouvrages précurseurs, tel L’Homme à l’oreille cassée d’Edmond About qui annonce Hibernatus (un colonel d’Empire endormi par le gel en 1813 est ressuscité 46 ans plus tard) et les deux ouvrages d’anticipation « classiques » de Jules Verne : De la terre à la lune et Autour de la lune. On remarquera davantage, outre Kor et ses chiens loups de Robert-James Green (au coeur de la Préhistoire, un garçon s'aventure hors de sa tribu et s'enrichit du savoir des tribus rencontrées), des  ouvrages dus à des auteurs contemporains. Paraissent ainsi Les Enfants immortels au temps barbares (1977) de Pierre Debresse (en l’an 2102, de jeunes voyageurs temporels interviennent dans la passé), Le Pays des rivières sans nom (1973) de Pierre Pelot (le chasseur solitaire et sauvage Manoudh sauve une enfant fragile d’un monde hyper civilisé venu détruire son univers) et Les Fleurs de l’espace (1976) de Christian Grenier (Mathias et Lydia, voyageant en « magniscope », ont rapporté de la planète Riar l’animal fantastique Pourlou mais aussi des graines de fleurs indestructibles…). William Camus propose deux récits de science-fiction : en 1977, Un bonheur électronique (en l’an 20 000, le robot UE, chargé d’assurer la survie de l’espèce humaine qui a accumulé les cataclysmes, exerce sa tyrannie…) et, en 1978, Une drôle de planète (deux extra-terrestres débarquent en catastrophe sur la terre)


« Spirale » et le récit policier

Petit à petit, la collection « Spirale » s’enrichit de romans policiers, soit autonomes, soit développés dans des séries. Ce qui compte encore à l’époque pour les prescripteurs adultes, c’est que l’on n’y rencontre ni colts, ni vulgarité.
La série phare du genre, c’est Jacques Rogy, journaliste détective de Pierre Lamblin. Doué, désinvolte, téméraire, le brillant reporter l’emporte toujours sur les bandits. Le personnage est souvent illustré par Françoise Bertier ou par Vanni Téaldi. La série débute avec Jacques Rogy entre en scène (Trois garçons mènent l’enquête, en 1960). Le premier épisode, illustré par Françoise Bertier, montre comment le journaliste du Grand Echo, aidé par les gamins du village de La Bégule, va résoudre une affaire de tableaux volés. Certains titres sont révélateurs des activités du personnage (qui n’est pas sans faire penser quelquefois au héros aventurier Bob Morane d’Henri Vernes, voire aux films joués par Eddie Constantine), comme Jacques Rogy enquête sous les eaux (1962), Jacques Rogy traque l’espion (1965), Jacques Rogy devient agent secret, jusqu’à Jacques Rogy réussit un fameux coup de filet (1976).
 Jacques Rogy enquête sous les eaux évoque l’engloutissement sous les eaux du village de Savines, lors de la construction du barrage de Serre-Ponçon.
Avec Lucienne Pujol, Lamblin écrit aussi la série Les Jum’s (ce sont les deux frères jumeaux Didier et Philippe) et il a publié un épisode de la série Max (Max lève l’ancre).
Autre série forte de 15 titres, Shirley dont les épisodes sont écrits par Edward Home-Gall. L’intrigue est parfois bien naïve et invraisemblable mais les lectrices et même certains lecteurs se passionnent pour les aventures de cette hôtesse de l’air courageuse et généreuse, qu’on la rencontre dans Shirley et le mystère des lingots d’or (1967), ou dans Shirley et l’affaire du diamant.
Tous les épisodes des aventures de l’aviateur  Biggles ne sont pas des polars mais il faut néanmoins citer ici la série du Captain W.E. Johns. Knud Meister et Carlo Andersen lancent leur jeune détective Yann et son inséparable ami Erling dans des enquêtes diverses et intrigantes, depuis Yann détective en 1973. Max Artis n’a eu que deux occasions de mettre en valeur son héros, Le Toucan, en quête du trésor des samouraï ou parti pour Sumatra, en 1976 et 1977.
On peut rattacher au genre Les Pirates de l’uranium (1960) de Pierre Castex. Le jeune Parisien Nic, en vacances à Banyuls, et son nouvel ami Tirepoux, aident un groupe de garçons du pays dans la découverte d’un nid de contrebandiers. Un autre récit de Pierre Castex, Le Rallye fantastique est un roman sportif à intrigue policière.  
Autre récit autonome de L.N. Lavolle (alias Hélène Chaulet), Menaces sur l’inventeur qui fait intervenir un spécialiste du contre-espionnage et ses deux assistantes judokas. C’est une chance de pouvoir lire en 1962, dans la collection, L’Etrange invitation de Louis C. Thomas (alias Louis Thomas Cervoni, 1921-2003). Serge qui a répondu à une invitation de son oncle se retrouve seul dans une propriété inconnue.
C’est d’un autre niveau que Catherine à la rescousse (laquelle Catherine vole au secours de sa grand-mère qui s’est fait voler ses économies), un récit de Marie-Louise Fischer !


« Spirale » et les récits inspirés par le monde maritime


Comme il est souvent de tradition à l’époque, les récits inspirés par le monde maritime ne sont pas rares. Outre (on l’a vu), Gilliatt le malin de Hugo, Les Voyages du Capitaine Corcoran d’Assolant, L’Île au trésor de Stevenson, on réédite La Roche aux mouettes de Jules Sandeau, Le Voyage d’Edgar d’Edouard Peisson. On fait appel à des auteurs français contemporains pour publier L’Aventure est sous la mer de Gilles Saint-Cérère (des lycéens et lycéennes de Dakar veulent découvrir le secret de « La Belle-au-Roy », une frégate de la flibuste engloutie), La Fringante du comédien-auteur Philippe Avron, La Belle-Amarante, l’histoire d’une goélette, et Souviens-toi Jonathan (autour de l’épave dune goélette engloutie) d’Yvan Mauffret et Le Naufragé du Nelson de Zoé Petit. Parmi les traductions, on remarque Le Petit garçon dans l’île de Théodore Taylor (la robinsonnade sur une île des Caraïbes d’un enfant de 11 ans et du Noir Timothée), La Croisière du Sans-Souci d’Ursula Moray Williams et Aventures aux Caraïbes de Viola Bayley. Il faudrait encore citer Femmes de la mer (1959) d’Anne de Tourville, Le Chant du Pacifique (1960) de William Willis (en 1954, l'auteur parti de Callao au Pérou sur un radeau de balsa  a abordé 114 jours plus tard aux Samoa). Ajoutons Le Chevalier de Sartigues (1962) d"Hélène Hilpert qui évoque l'Ecole des Gardes de la Marine royale à Toulon. Palamède des Sartigues, envoyé là par son père pour punir son esprit rebelle, s'adapte à la rude discipline tant il aime la mer.    
  
« Spirale » et le monde animalier


Le monde animalier inspire aussi directement ou indirectement plusieurs ouvrages. C’est évident pour Nicky, mon ami, le célèbre blaireau de Molly Burkett (à qui l’on doit aussi Trois joyeux petits renards), Rollo, cerf d’Ecosse de Joseph F. Chipperfield ou Les Surprenantes aventures de Pepsy le chat de Jane Slaughter. Si Alan C. Jenkins rend hommage Au royaume des éléphants, en revanche, Colin Day ne semble guère s’émouvoir du massacre des pachydermes dans Chasseurs d’ivoire. Thomas Mayne-Reid évoquait dans une période bien antérieure Les Chasseurs d’ours. Des animaux plus proches de nous apparaissent dans Le Petit Gitan, son âne et la grande ville de Geneviève Laporte et dans Martine et Tell le débrouillard d’Edith Grotkop. Il conviendrait d’ajouter l’ouvrage souvent traduit de Paul Gallico : L’Oie des neiges.     

dimanche 7 octobre 2012

"Spirale" (G.P. Rouge & Or) : Romans historiques et séries (2e partie)


Chez G.P., "Spirale" (1959-1980) : une collection solide, économique et multigenre (2e partie)

Les éditions G.P. (alias La Générale Publicité), dirigées par Victor Dancette (1900-1975) et qui sont absorbées par les Presses de la Cité en 1961, sont surtout connues sous l’appellation « G.P. Rouge et Or ». Après leur essor initial assuré, selon l’historien Gilles Ragache, « par des commandes de Vichy », on se souvient qu’elles ont créé les fameuses collections « Bibliothèque Rouge et Or » et « Bibliothèque Rouge et Bleue ». Après avoir donné naissance à la collection « Dauphine » en 1957, elles créent en 1959 la collection "Spirale", peu coûteuse et proposée aux lecteurs et lectrices, du CM 1 à la classe de troisième.
De sa naissance à 1980, la collection va publier plus de 300 titres en mêlant des romans autonomes et des volumes de séries. Plusieurs générations d’auteurs fort différents vont y cohabiter, de Marie-Antoinette de Miollis, Léonce Bourliaguet et René Guillot à  Monique Ponty, Pierre Pelot et Christian Grenier.
Robuste, solidement reliée, avec sa couverture « plastifiée lavable » et ses cahiers « cousus au fil de lin », elle est de format 17 cm sur 12,5. Chaque volume comporte 20 illustrations en couleurs et 30 illustrations en noir et blanc. La collection concurrence visiblement la « Bibliothèque verte » (mais elle ne dispose pas du gigantesque réseau de distribution des éditions Hachette) et les collections jeunesse de Marabout : « Marabout Junior » et « Marabout Mademoiselle ». 
Visant en fait les garçons et filles de 10 à 15 ans (alors que la collection « Dauphine » s’adresse plutôt aux 6 à 10 ans), elle décline peu à peu les séries, en particulier policières, les classiques, les romans d'aventures abordant parfois le récit maritime ou exotique, le western et la science-fiction, et les romans historiques. On peut aussi y remarquer des romans originaux et inclassables.
Si les auteurs français, classiques ou contemporains, sont fort nombreux, on note pourtant de nombreux titres traduits de l’anglais et de l’américain (plus de 60). Plus de 20 titres sont traduits du danois, une dizaine de l’allemand. Plus rares sont les traductions du russe, du norvégien, de l’italien et du suédois…

Personnages historiques ou hors du commun


L’éditeur a vite compris que les lecteurs sont alors friands de héros et de personnages exceptionnels, voire mythiques. Des personnages historiques apparaissent, tels Roland, le chevalier plus fier que le lion (un des rares ouvrages pour la jeunesse de René Barjavel), Bayard, fleur de la chevalerie et Richard, le roi au cœur de lion, deux récits d’Yvonne Girault. Le passionné de la mer, Jean Ollivier consacre un volume à Surcouf, roi de la course. Les ouvrages consacrés aux  pionniers de l’aviation, Nungesser, le chevalier à la mort d’Hauteclaire, Henri Guillaumet (par Marcel Migéo, illustré par Raoul Auger), Saint-Exupéry, prince des pilotes de Michel Manoll sont publiés après le récit Jean Maridor, chasseur de V1 de Marcel Jullian. J. Christiaens retrace la vie de Louis Braille dans Le Vainqueur de la nuit et Norman Wymer raconte la lutte d’Helen Keller, petite fille, elle aussi victime de cécité.  

 « Spirale » et le récit historique


Le récit historique trouve une place de choix dans la collection « Spirale ». Christiane Dollard compose une trilogie préhistorique ancrée il y a 15 000 ans. La Goutte de soleil raconte comment le grand chasseur, père de Lua, meurt au cours d’une chasse à l’ours. Or, il s’agit d’un meurtre. Dans l’épisode suivant, Le Secret des pierres-qui-fondent, l’étranger Gou, adopté par Lua et ses amis, possède un secret qui peut faire progresser la tribu. La trilogie se clôt avec La Danse des sorciers quand les hommes-médecines de la Grande-Grotte peuvent guérir l’infirmité de Lua. Jean-Côme Noguès plonge aussi dans la Préhistoire dans Le Mammouth et la chataîgne mais on doit encore à Christiane Dollard des récits antiques évoquant Romains et gaulois, tels Le Prisonnier de Syracuse (cité sous la coupe du tyran Denis l’Ancien), Les Compagnons d’Archimède (dans la ville de Syracuse assiégée par les Romains) et Le Secret de la forêt gauloise.  
Tandis que Jean Riverain évoque Les Captifs de Babylone, Paul Bouchet raconte l’histoire de Hu, le premier Gaulois. La m^me période antique est présente dans Ambor le loup de H.H Rosny Aîné et l’on traduit une histoire romaine de Poul Knudsen : Quand les feux brûleront.


D’autres récits évoquent d’autres périodes historiques. Par exemple, le Moyen Âge, dans L’Aventure viking de Jean Olivier ou Marco Polo à travers l’Asie inconnue de Jean Riverain. Il faut progresser sur l’échelle du temps pour aborder La Porte du Roi de Daniel Hawthorne ou La Folle équipée d’Annette de Thérèse Lenôtre. Quand Paule Dumaître raconte La Jeunesse d’une petite Reine, elle s’attache à la reine d’Ecosse Marie Stuart alors que c’est la France de Versailles et de la Révolution qui transparaît dans Fille de roi d’Huguette Champy, un auteur qui raconte la jeunesse de Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette.


Le passé plus ou moins récent des Etats-Unis n’est pas oublié. C’est au bord du Mississipi que surviennent Les Aventures de Huckleberry Finn (l’ami de Tom Sawyer) de Mark Twain. Les Deux filles du Squatter de Thomas Mayne-Reid est un récit qui allie Histoire et western. L’histoire se fait plus tragique quand William Camus raconte la guerre fratricide que mène Les Bleus et les Gris ou quand il raconte Les Aubes rouges de ses ancêtres, les Indiens. Pierre Pelot préfère le western parodique et comique puisqu’il s’inspire de deux bandes dessinées (toujours inédites) pour écrire La Poussière de la piste et Le Train ne sifflera pas trois fois. Le ton est plus sérieux dans La Guerre du castor, un récit inspiré par une troisième B.D. (la plus au point, malheureusement « empruntée » et jamais rendue par un agent littéraire indélicat).      
Notons encore Laura et les chercheurs d’or d’Amy Russell et Les Insoumis de Terre-Neuve du couple signant Michel Grimaud.

« Spirale » et les séries


C’est assez tôt que se sont développées des séries plus ou moins importantes dans la collection. Apparaissent successivement :
1)             Jacques Rogy de Pierre Lamblin, dès 1960 (une série de 28 titres)
2)             Tina de A.B. Carroll, dès 1961 (11 titres)
3)             Shirley d’Edward Home-Gall, dès 1962 (15 titres)
4)             Titabou de René Garrus, en 1963
5)             Janou d’Eve Dessarre, dès 1967 (5 titres)
6)             Biggles de William Earl Jones, de 1967 à 1970 (5 titres)
7)             Les Imbattables de Lucy Vincent (Pierre Lamblin et S. Pujol), dès 1969.
8)             Les Jum’s de Lamblin et Pujol, dès 1973 (4 titres)
9)             Yann de Meister et Andersen, dès 1973 (12 titres)
10)         Le Petit Gitan de Geneviève Laporte
11)         Le Toucan de Max Artis
    
(Nous y reviendrons quand nous aborderons le genre policier)


mercredi 3 octobre 2012

Collection "Spirale" (G.P. Rouge & Or) (1ère partie)

                       Encore une collection digne de figurer dans la "Cercle des collections disparues"
                      du rayon jeunesse

Chez G.P., "Spirale" (1959-1980) : une collection de fiction, illustrée, solide et multigenre (1)

Les éditions G.P. (alias La Générale Publicité), dirigées par Victor Dancette (1900-1975) et qui sont absorbées par les Presses de la Cité en 1961, sont surtout connues sous l’appellation « G.P. Rouge et Or ». Après leur essor initial assuré, selon l’historien Gilles Ragache, « par des commandes de Vichy », on se souvient qu’elles ont créé les fameuses collections « Bibliothèque Rouge et Or » et « Bibliothèque Rouge et Bleue ». Après avoir donné naissance à la collection « Dauphine » en 1957, elles créent en 1959 la collection "Spirale", peu coûteuse et proposée aux lecteurs et lectrices, du CM 1 à la classe de troisième.
De sa naissance à 1980, la collection va publier plus de 300 titres en mêlant des romans autonomes et des volumes de séries. Plusieurs générations d’auteurs fort différents vont y cohabiter, de Marie-Antoinette de Miollis, Léonce Bourliaguet et René Guillot à  Monique Ponty, Pierre Pelot et Christian Grenier.



Robuste, solidement reliée, avec sa couverture « plastifiée lavable » et ses cahiers « cousus au fil de lin », elle est de format 17 cm sur 12,5. Chaque volume comporte 20 illustrations en couleurs et 30 illustrations en noir et blanc. La collection concurrence visiblement la « Bibliothèque verte » (mais elle ne dispose pas du gigantesque réseau de distribution des éditions Hachette) et les collections jeunesse de Marabout : « Marabout Junior » et « Marabout Mademoiselle ». 
Visant en fait les garçons et filles de 10 à 15 ans (alors que la collection « Dauphine » s’adresse plutôt aux 6 à 10 ans), elle décline peu à peu les séries, en particulier policières, les classiques, les romans d'aventures abordant parfois le récit maritime ou exotique, le western et la science-fiction, et les romans historiques. On peut aussi y remarquer des romans originaux et inclassables.
Si les auteurs français, classiques ou contemporains, sont fort nombreux, on note pourtant de nombreux titres traduits de l’anglais et de l’américain (plus de 60). Plus de 20 titres sont traduits du danois, une dizaine de l’allemand. Plus rares sont les traductions du russe, du norvégien, de l’italien et du suédois… 


Dès les débuts de la collection, on note surtout la réédition et l’adaptation d’ouvrages classiques, en particulier du XIXe siècle. 
Parmi les œuvres françaises, on relève Les Aventures de Robert-Robert de Louis Desnoyers, Le Capitaine Fracasse, un roman de cape  et d’épée) de Théophile Gautier (illustré par Guy Sabran), Cosette, Gavroche et Gilliatt le malin (extrait de la fresque : Les Travailleurs de la mer) d’après Victor Hugo ou L‘Homme à l’oreille cassée d’Edmond About. Honoré de Balzac (Eugénie Grandet, victime de l’avarice et de la cupidité de son père) et Prosper Mérimée (Colomba) accompagnent les populaires Paul Féval (Le Bossu, autre roman de cape  et d’épée) et Alfred Assolant (Les Aventures du capitaine Corcoran). Alexandre Dumas est gratifié de cinq volumes dont deux pour Les Trois mousquetaires, En plus du Comte de Monte Cristo, on peut lire La Tulipe noire et Le Collier de la reine. De George Sand, on adapte des récits évoquant les moeurs du pays berrichon :  La Petite Fadette, François le champi et La Mare au diable.
En 1978 (seulement), Jules Verne bénéficie de cinq titres dont Cinq semaines en ballon, L’Etoile du Sud et Voyage au centre de la terre.



Les classiques anglo-saxons sont également nombreux. De l’œuvre de Thomas Mayne-Reid, on extrait Les Francs-tireurs et Les Chasseurs d’ours et de celle de Fenimore Cooper, La Prairie, l’aventure d’un vieux trappeur dans les plaines de l’Ouest américain. Dès 1960, Henri Dimpre illustre Ben-Hur de Lewis Wallace et en 1961, Raoul Auger illustre Kidnappé de R.-L. Stevenson (mais L’Île au trésor ne paraît qu’en 1978). Kidnappé raconte en fait l'histoire de David Balfour, un Ecossais orphelin trahi par son oncle cupide. James-Oliver Curwood et Jack London (alors très publiés par Hachette), sont respectivement présents avec des récits pas très connus : Le Piège d’or et L’Honneur des grandes neiges pour le premier et Les Pirates de San Francisco et Sur les pistes du Grand Nord (pour le second).
Côté « classiques anglais », outre Les Voyages de Gulliver de Swift, on ne peut que remarquer David Copperfield et Olivier Twist de Dickens, Ivanhoé et Quentin Durward de Walter Scott et Jane Eyre de Charlotte Brontë. C’est en 1967 que débute la série contant les aventures de l’aviateur Biggles de William Earl Johns (alias Captain W.E. Johns) dont 5 titres vont paraître de 1967 à 1970.