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samedi 14 septembre 2019

RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION Chance ou malchance

L'éditeur l'Harmattan a publié la nouvelle édition revue et augmentée d'un index des noms de personnes le 26 juin 2020
EXIGEZ CETTE NOUVELLE EDITION 2020



Depuis le 15 juin (pour le Républicain Lorrain) et le 19 juin (pour Vosges matin et L'Est républicain), le supplément hbedomadaire, LE MAG, a publié une excellente présentation de l'essai.

L'information est donc transmise à de nombreuses régions du Grand Est (Vosges, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Doubs, Belfort, Montbeillard, Vesoul...) 
   
RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION
Chance ou malchance pour la Rimbaldie


P.S : La couverture définitive est différente de cette couverture.
   
Table des matières

La rimbaldo-fiction, un exercice littéraire et iconographique en pleine expansion (7-14)

Naissance de la légende et premières hagiographies (15-19)

Des biographies romancées pour adolescents et d’autres pour les adultes (21-27)

Des écrivains font jouer à Rimbaud un rôle plus ou moins secondaire dans leur fiction (29-33)

Des projections plus ou moins narcissiques (35-44) 

Vivre comme Rimbaud, mythe ou réalité (45-48)

Des vies parallèles à celle de Rimbaud (49-51)

Invention ou reconstitution des propos ou du journal (fictif) de Rimbaud ou d’un proche (53-56)

Amateurs de Rimbaud, passez plutôt votre chemin… (57-58)

Un récit original inclassable et au-dessus du lot (59-60)

Rimbaud au pays de l’uchronie, de l’exofiction et du steampunk (61-68)

Caricatures et parodies dans des écrits pas toujours innocents (69-72)

Rimbaud et les bibliophiles passionnés (73-74)

Rimbaud au pays du polar rimbaldien (75-80)

Cap sur Aden, l’Afrique et le Harar (81-87)

Rencontres inattendues entre écrivains, personnalités ou artistes contemporains (89-96) 

Un lit, une photo, une lettre, un poème, une montre, des chevaux… et la fiction s’emballe (97-106)

Lecture réductrice ou monomaniaque : bringueur invétéré ou obsédé homosexuel et pornographique (107-108)

Des fictions poétiques : approches différentes de l’œuvre et de la vie de Rimbaud (109-111)

Rimbaud mis en scène au milieu de ses contemporains (113-118)

L’iconographie rimbaldienne, parfois  factice, parfois inventive (119-120)

L’œuvre de Rimbaud inspirée d’un auteur unique ou d’une seule théorie
(121-122)

Sur les traces de Rimbaud aujourd’hui (123)

Caricatures, dessins et bande dessinée Les « aventures espatrouillantes du voyageur toqué » (125-128)

Des albums de B.D. consacrés entièrement (ou presque) à Rimbaud (129-140)  

Rimbaud vu par le petit et le grand écran (141-160)

Être Rimbaud et danser et chanter… (161-167)

Bibliographie : (169-175)
I Bibliographie chronologique des ouvrages et articles de presse analysés 
II Articles de presse 
III Bandes dessinées
IV Cinéma et télévision 
V Ouvrages de références sur la rimbaldo-fiction
VI Ouvrages et publications publiant des éléments de rimbaldo-fiction 
VII Principales biographies de Rimbaud ayant souvent servi de support



dimanche 20 mars 2016

Pierre Pelot L'écrivain raconteur d'histoires


         Pierre Pelot
         L’écrivain raconteur d’histoires

         Raymond PERRIN

Voici un projet très ancien enfin concrétisé.
Le site des nouveautés de la BNF annonce la parution le 18 mars 2016 de l'ouvrage.

    

L'illustration de couverture est de Renaud PERRIN






Caractéristiques du livre : 392 pages. Format : 24 cm sur 15,5
24 pages illustrées en noir et blanc
Poids : 585 g.
ISBN : 978-2-343-081170-0
EAN : 9782343081700
Fiches UNIMARC : UIF-8/MARC-8
Parution le 18 mars 2016
Prix public : 39 euros 
Prix éditeur : 37,05 euros

      Table des matières
        
I L’écrivain Pierre Pelot, ici et maintenant (5-54)

II De la bande dessinée aux premiers romans (55-74)

III Dylan Stark, le justicier métis errant de l’après-guerre (75-106)     

IV Des récits contemporains issus du terroir (107-124)

V Pelot en pente douce ou rondes bosses ou les traces du cadre lorrain (125-148)                  

VI Quand les horizons familiers deviennent fantastiques (149-158)                 

VII  De La Septième Saison à La Nuit du Sagittaire :
Soixante paraboles ou récits de science-fiction ? (159-210)     

VIII Les cycles et séries de science-fiction (211-244)

IX Naissance et succès de la « paléofiction » (245-262)         

X Polars, thrillers et romans noirs, « noirs  pour la vie » (263-286)       

XI  De la pièce de théâtre au roman. Filmographie critique et novélisations. Œuvres pour la radio (287-314)                                     

Bibliographie chronologique des romans (315-344)                             

Bibliographie des nouvelles, des textes d’humeur et des textes courts
par Raymond Perrin, Alain Sprauel et Bernard Visse (345-354)                                 

Bibliographie chronologique des notices, études, ouvrages, articles, fanzines et journaux (355-375)

Index des noms de personnes (377-387)

Table des illustrations (391-392)





Site de la BNF 18 mars 2016

Nouveautés Éditeurs - Pierre Pelot L'écrivain raconteur d'histoires ...

nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration...titre_livre=Pierre_Pelot
1.                                
Blog "Grégoire de Tours" 7 mai 2016
http://www.gregoiredetours.fr/thematiques/histo...

Fabula 18 ma1 3016
www.fabula.org/.../r-perrin-pierre-pelot-l-39-ecrivain-raconteur-d-39-histoires_7421...
conteur-d-39-histoires_74217.php

Mylorraine 12 avril 2016

Pierre Pelot, L'écrivain raconteur d'histoires... - Saint Amé - My lorraine

www.mylorraine.fr › Articles

ActuSF 11 mai 2016

Raymond Perrin publie un essai sur Pierre Pelot : ActuSF

www.actusf.com/spip/breve-18699.html


Pierre Pelot. L'écrivain raconteur d'histoires - Raymond PERRIN ...

www.noosfere.org › Encyclopédie › Littérature

 

www.crilj.org/fil-dactualite-2-2/

            PARUTION – Vient de paraitre Pierre Pelot, l’écrivain raconteur d’histoires par Raymond Perrin. « Le long cheminement multigenre de Pierre Pelot au cours de 50 années d’écriture rend difficile une juste appréciation de son oeuvre et de l’originalité d’un parcours d’écrivain exemplaire. Cet essai vise à donner d’un auteur de près de 200 romans une vision ample et équitable, éloignée des stéréotypes. » Parmi les 200 romans, une soixantaine pour la jeunesse. En 1981, Un Bus capricieux(Ma première amitié) fut illustré par Claire Nadaud. L’Harmattan, 2016, 398 pages, 39,00 euros.



Vosges télévision
Qu’on se le dise du 1er juin 2016. Emission animée par Sophie SAP

https://www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#
Il s'agit de présenter un essai de près de 400 pages consacré à l'écrivain vosgien inclassable, auteur de 200 romans dans des genres et des styles différents. L'auteur, essayiste et chercheur Raymond Perrin signe un travail accompli et remarquable, aux éditions l'Harmattan. www.editions-harmattan.fr.

CRILJ Textes amis

http://www.crilj.org/textes-amis-images-complices/?preview_id=111&preview_nonce=cad7ed4253&preview=true

Les années Marabout :

L'Ecran fantastique n° 378 Septembre 2016, page74
Le livre du mois : L'Antre de la folie Présentation de l'essai par Jean-Pierre ANDREVON

mardi 1 avril 2014

Livres et journaux pour la jeunesse dans L'EST MAGAZINE

Livres et publications pour la jeunesse : une page de L'EST MAGAZINE (supplément de "Vosges Matin" et de "L'Est Républicain") due à Laurence GILLOT que je remercie.



Le magazine est diffusé dans tout l'Est de la France (sauf en Alsace, je crois).
Le blog me donne l'occasion de lui assurer une plus large diffusion et de faire connaître ma tronche actuelle (c'est une photo prise par mon épouse Monique).  

mardi 11 février 2014

Nouvelle édition 2014 de "Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle"

Nouvelle édition 2014

Illustration : Renaud PERRIN  

FICTIONS ET JOURNAUX POUR LA JEUNESSE AU XXe SIÈCLE

Dans cette version augmentée, entièrement revue et corrigée en 2013, ce panorama unique des auteurs et des collections de fictions pour la jeunesse du XXe siècle replacés dans leur contexte, constitue un précieux outil de travail, sans être ni un dictionnaire, ni une anthologie ou un guide prescripteur. Instrument de culture générale, remis à jour grâce aux nombreux travaux et publications de ces dernières années, exhumant parfois des collections oubliées, il espère affiner le regard de chacun sur les livres et les journaux de l’enfance et de l’adolescence du XXe siècle.
En cheminant, chronologiquement, sans exclure les sentiers buissonniers, dans une sorte de « continent perdu », beaucoup s’aviseront de reconstituer leur bibliothèque, celle de leurs parents ou grands-parents. L’approche minutieuse des collections, des œuvres, des auteurs et illustrateurs, de tous les genres et de tous les supports, permet de partager le plaisir de lire et de l’ouvrir aux jeunes générations.
À bonne distance des jugements esthétiques, historiques ou moralisateurs, cette rétrospective ne tolère pas d’impasse chronologique, intègre la presse des jeunes, l’album illustré et la bande dessinée, en esquissant l’influence du cinéma, de la télévision ou des jeux vidéo. 
Cet ouvrage de référence, nécessaire pour le bibliothécaire et le documentaliste, restitue un pan indispensable de la culture actuelle, comble une lacune et veut aboutir au décloisonnement d’une littérature diverse, imaginative, foisonnante et talentueuse, encore sous-estimée par les adultes malgré ses succès évidents auprès de la jeunesse.

Raymond Perrin, auteur depuis 2001 de plusieurs essais qui sont devenus des ouvrages de références incontournables sur l’histoire des livres et des journaux pour la jeunesse, a récemment publié un essai sur La Lettre de Gênes de Rimbaud, une Histoire du polar jeunesse et une adaptation libre de L’Épopée du roi Gilgamesh et de son ami Enkidou.
 Lecteur des romans de Pierre Pelot à qui il a consacré plusieurs cahiers et essayiste éclectique, il a aussi collaboré à plusieurs dictionnaires récents sur le roman populaire francophone, les littératures de l’imaginaire et la littérature de jeunesse.  
                    
           Édition 2014 : 558 pages ; 24 * 15,5 cm ; 43 € ISBN 978-2-343-02483-7
                                                            EAN 9782343024837
Maquette et illustration de couverture : Renaud Perrin

Table des matières réduite

Chronologie de la littérature de jeunesse des origines à la fin du XIXe siècle
I Du début du XXe siècle à 1914 : les illustrés en rivalité avec le roman juvénile
II De la longue guerre idéologique aux lendemains moroses (1914-1920)
III Décennie 1921-30 : Collections nouvelles, durables et naissance de la « vraie » bande dessinée
IV La décennie des éducateurs, concurrencés par la bande dessinée (1931-1939)
V 1939-1944 : Presse et littérature prises au piège de la guerre : Collaboration et Résistance
VI 1945-1948 : Des lendemains de guerre difficiles mais foisonnants
VII De 1949 à 1958 : Une presse surveillée mais une édition dynamique
VIII 1959-1968 : De nouveaux ados en quête d’identité et d'autonomie
IX 1969-1976 : Des ondes de choc parfois tardives dans la presse et l'édition  jeunesse
X 1977-1987 : Essor et réussite des collections de poche juvéniles et nouvelles donnes d’une littérature en voie de légitimation
XI 1988-1993 : Nouveau look pour les « poches », déclinés selon l’âge et le genre
XII 1994-2000 : Une démultiplication extrême des collections selon le niveau et les thèmes,  une nouvelle image du « poche »
XIII Etat succinct des lieux : Dominantes et tendances actuelles
XIV Documents annexes
Les auteurs publiés en jeunesse et leurs pseudonymes
Héros principaux et personnages de série des fictions pour la jeunesse
Chronologie des collections pour la jeunesse, des principaux faits éditoriaux et des évolutions des livres et des journaux juvéniles au XXe siècle 
Bibliographie générale, ouvrages consultés 
Index des principaux noms de personnes


Merci à Noémi Goldstein des éditions l’Harmattan pour sa relecture efficace, vigilante et son savoir-faire dans la fabrication du livre.

Merci à l’éditeur qui a maintenu le prix de la 1ère édition de 2009 (43 €). 

mardi 23 juillet 2013

Nouvelle du Prix François-Jodin 2013 : Tommy, le copain d'enfance inattendu

Prix François Jodin 2013 (organisé par la ville de Saint-Dié-des-Vosges et le quotidien Vosges Matin) : décerné en juin 2013 à Raymond PERRIN (Saint-Amé) pour sa nouvelle :

Tommy, le copain d’enfance inattendu

Dire quand et comment j’avais fait sa connaissance, c’était impossible. Ce fut sans doute un jeudi, au retour des courses à l’épicerie du quartier. On s’offrait à l’occasion quelques caramels à un franc. Or, nos habitudes d’écoliers du cours moyen avaient changé. Sans doute un meneur de la bande avait-il réussi à imposer la nouvelle mode. Nous avions jeté notre dévolu sur le chocolat, sans doute en raison des privations de la guerre, d’un semblant de prospérité retrouvée.
Il fallait voir avec quelle jouissance nous découvrions sous le papier d’emballage l’aluminium brillant sur lequel reposait la vignette colorée, notre passion. L’image convoitée rejoignait l’album-collecteur. La quête n’avait pas de fin. Après les Merveilles du Monde, les Paysages de France, la série des coureurs du Tour, notre appétit d’images, déjà nourri par nos illustrés violemment colorés, était insatiable….
C’est alors qu’était apparu le nouveau copain, avec sa tête souriante au visage très foncé, aux yeux ronds expressifs sous des cheveux frisés et crépus. Nous fûmes convaincus qu’il pouvait être des nôtres en voyant sa salopette bleue ornée sur la fesse d’une énorme pièce reprisée avec du gros fil noir. Ce signe de fraternité manifestait son appartenance probable à un milieu social proche du nôtre et son goût pour les jeux qui mettaient à mal nos modestes vêtements. Nous venions de lancer une nouvelle mode.
Celle de glisser sur les pentes douces des prés à l’aide d’une planche vaguement rabotée, enduite de bougie pour la rendre lisse. Au contact de la moindre dénivellation, la planche stoppait sa course. Nous étions projetés en avant, au prix d’une belle déchirure dans notre fond de pantalon. J’imaginais déjà notre nouvel ami nous accompagnant pour saisir à belles mains les truites arc-en-ciel du ruisseau ou les grenouilles de Mare-Sèche, marauder les cerises de la vieille Maria, faire ensemble mille cabrioles en vélo ou se lancer en parachute depuis les cimes des bouleaux flexibles.
Un peu ventru, le nouveau compagnon était aussi gourmand que nous. Son regard, tantôt naïf, tantôt roublard, suscitait la sympathie. Il fallait voir sa curiosité devant la vitrine exposant un chien primé lors d’une exposition canine. Les mains dans les poches d’une salopette couvrant la majeure partie d’une chemise à carreaux blancs et rouges, il paraissait attendri par l’animal esseulé. En fait, je retrouvai Tommy, (c’est le nom que je lui donnai intuitivement), près d’une usine à la grande cheminée de briques et aux toits crénelés comme ceux du tissage où travaillaient mes parents, harassés par le staccato infernal des métiers. Pour gagner quelque argent de poche, il avait convaincu le propriétaire d’un chien à tondre. Son travail pourtant consciencieux avait déplu à l’animal et Tommy avait fui dans un arbre, jusqu’au clair de lune, attendant que le chien apaise sa rancune. Chaque semaine, notre ami enrichissait notre mémoire d’aventures peu banales. Elles étaient pleines de couleurs vives qui égayaient notre quotidien gris et ennuyeux. Peu importe si ce qu’il nous montrait était ou non vraisemblable. On se doutait bien qu’il n’avait pas réellement été arbitre ou photographe sur un stade comme il le faisait croire. Ses histoires sobrement contées se terminaient en farce et nous nous contentions d’en rire. Ses déboires en cuisine quand il jonglait avec les assiettes finalement fracassées sur le sol ou lorsque sa recette trop personnelle conduisait ses invités à l’hôpital nous amusaient parce qu’il riait de lui-même.
L’affaire prit une autre tournure quand un ainé nous demanda si on s’intéressait encore à ces histoires de « nez-gros ». Naïvement, je répliquai que Tommy n’avait pas le nez gros, qu’il était seulement un peu épaté. Tout le monde s’esclaffa et on me fit vite comprendre qu’il voulait dire « négro » ! J’avoue que le fait qu’il soit noir m’avait alors échappé, j’étais choqué par cette façon de le nommer. Fâché de la tournure des événements, je répondis que ces Noirs avaient contribué à la libération de notre région en payant le prix fort, comme on pouvait le voir sur les rares monuments consacrés aux Tabors et Sénégalais.
Un souvenir brûlant me revint en mémoire. Quelques années plus tôt, nous avions dû quitter nos caves et notre village en feu et bombardé de toutes parts. Après une marche pénible, la rivière ayant quitté son lit pour occuper la chaussée, nous étions à la sortie du hameau. Le dernier pont était détruit. Des soldats étaient là pour nous aider à quitter ces lieux dévastés afin de gagner une contrée moins hostile. Je reverrai toujours ce jeune soldat noir qui m’empoigna vigoureusement et me déposa de l’autre côté de la rivière en crue.
Etait-il venu de sa lointaine Amérique pour être débarqué en Normandie ou était-ce un soldat africain de l’armée en marche depuis l’Afrique du Nord ? J’ai toujours préféré ne pas le savoir pour toujours associer les deux possibilités dans ma mémoire reconnaissante.
Le lendemain, en classe, un autre événement plus grave devait se produire. L’institutrice avait sa tête des mauvais jours. Les cahiers du jour corrigés, empilés sur le bureau, laissaient présager la longue litanie des reproches assortie des centaines de lignes à copier pour nos fautes et nos erreurs. Mais en redressant son opulente poitrine, elle prit un ton solennel pour révéler un « scandale ». Des passants du quartier avaient retrouvé dans un fossé une tablette de chocolat à peine entamée mais délestée de sa vignette colorée et l’avaient rapportée à l’institutrice pour une leçon de morale. Nous avions compris que l’image disparue évoquait une histoire de Tommy, alias Chocorêve, le petit Noir qui nous distrayant tant. Comme nous échangions nos doubles au vu de tous dans la cour de l’école, nous étions tous suspects. L’institutrice dont le mari était gendarme nous promettait les pires tourments, jusqu’à une nuit en prison si le coupable ne se dénonçait pas. Personne ne broncha. Qui avait commis cette sottise bête et choquante alors que les restrictions de la guerre hantaient nos mémoires ? Nul ne le sut jamais mais la collecte des vignettes des aventures du petit Noir s’arrêta net.
Qu’importe, le même dessinateur venait d’entreprendre les aventures d’un petit Indien d’Amérique. Je savais maintenant à qui m’intéresser ? 



P. S. : Cette nouvelle mêle intimement Histoire et fiction, une fiction qui s’accorde beaucoup de libertés par rapport à la première.
A propos du personnage de Chocorêve, utilisé par le chocolat Ibled, on sait que c’est une invention du dessinateur signant « Rol. » lequel Rol. raconte d’abord  ses aventures dans le journal La Voix du Nord. Mais Rol. est-il Roland Venet (né en 1919 selon Henri Filippini) ou Rochelle (bien connu des lecteurs du Journal de Tintin) ou les deux ? Le mystère demeure.
Rol a dessiné dans de nombreux journaux, en particulier dans Tintin (le petit Indien Wa-Pi-Ti, couverture de L'Anneau d'Athanase dans le n° 236 du 30 avril 1953...),  dans Line pour Miche et Mouche, dans Record... Wa-Pi-Ti a également été publié au cours des années 50, en "strips", par La Vie catholique.
Comme le quotidien Vosges Matin ne publie pas la nouvelle qui comporte environ 6000 signes, la voici.  

L'épopée du roi Gilgamesh et de son ami Enkidou

Livre paru le 16 juillet 2013



L'épopée du roi
Gilgamesh
et de son ami Enkidou

Souviens‑toi longtemps de ce roi puissant, j
Pour un tiers humain, changé en tyran. 
Sa propre cité, il l'a édifiée,
La muraille d'Ourouk, il l'a érigée.
Bâtisseur de temples, il mit ses exploits
Dans la lazulite gravée pour les rois.

L’épopée de Gilgamesh et de son ami Enkidou, vieille de quelque quatre millénaires, est la première oeuvre littéraire connue. Elle exalte les valeurs de l'amitié et de l'amour, exprime la crainte de la mort et le prix inestimable de la vie.
Inspirée très librement de plusieurs traductions savantes françaises, voici une adaptation en huit chapitres du récit retrouvé sur une douzaine de tablettes d'argile mésopotamiennes, plus ou moins complètes. Ces tablettes, pièces d'un puzzle reconstitué mais mutilé, content le fabuleux destin d'un roi qui refuse de mourir et évolue de la tyrannie vers la sagesse.
Comme beaucoup d’adaptations actuelles, cette version s’inspire des diverses traductions connues, en particulier celles de G. Contenau (1939), de J. Bottéro (1992) et de R. J. Tournay et A. Shaffer (1994). En étant fidèle à la tradition mésopotamienne, l’objectif essentiel consiste dans le respect d’une triple contrainte pour restituer à la fois un poème, un récit épique continu et un ensemble de dialogues indispensables. Dès le prologue apparaissent plusieurs poèmes qui préservent images et lyrisme de l’épopée. Il convient de conserver la sensualité du poème et l’aspect humain et universel d’une œuvre majeure.
Alliant vers et prose pour rester fidèle à la tradition mésopotamienne, le texte adopte une lisibilité contemporaine et propose une version cohérente et accessible aux lecteurs actuels, jeunes ou moins jeunes.

(Edition pourvue d’une carte de la Mésopotamie, d’un index des noms propres et d’une bibliographie)

Raymond Perrin, auteur de plusieurs essais qui sont devenus des ouvrages de référence incontournables sur l'histoire des livres et des journaux pour la jeunesse, a également collaboré à plusieurs dictionnaires. Il a aussi publié, outre une Histoire du polar jeunesse. Romans et bandes dessinées,  des articles, des dossiers, et sur le romancier Pierre Pelot et sur le poète Arthur Rimbaud, ce dernier étant en outre gratifié d’un essai.

Maquette et illustration de couverture: Renaud Perrin.
ISBN : 978‑2‑343‑01261‑2 

Une nouvelle édition corrigée, non "officielle" et considérée seulement pour l'instant comme un nouveau tirage, a été effectuée en septembre  2013. Je vous conseille d'exiger cette édition dans vos éventuels achats.

mardi 3 avril 2012

Histoire du polar jeunesse : dernier tirage revu




Histoire du polar jeunesse : Romans et bandes dessinées / Raymond Perrin. - L’Harmattan, dernier tirage revu : octobre 2011.
Illustration de couverture et maquette : Renaud Perrin

Enfin une histoire du roman policier pour la jeunesse, rendant compte avec précision de l’évolution, de la grande richesse et de la variété d’un genre finalement admis dans sa diversité et sa légitimité !
Non seulement le polar jeunesse existe, mais il manifeste aujourd’hui une belle vitalité, tant par sa présence dans des collections « noires » et spécifiques que dans les collections généralistes où figure souvent l’étiquette policière. Certes l’histoire du genre dans le domaine juvénile, d’abord clandestine, différée par rapport à celle du polar adulte, a dû d’abord ruser avec les censeurs de tous bords qui voulaient soit l’exclure, soit la réduire à des récits d’aventures jugés puérils ou purement distractifs. Vint le temps des séries d’abord anglo-saxonnes puis françaises, mettant en scène des enfants enquêteurs, le plus souvent en petites bandes, sous le contrôle strict de la loi du 16 juillet 1949.

La mutation capitale se produit lors de la naissance, chez Syros, de la collection « Souris noire » faisant appel aux meilleurs auteurs pour adultes. Elle démontre que le polar peut s’ouvrir au monde actuel et à la réalité quotidienne, au prix de quelques précautions, ellipses ou métaphores.
Depuis 1986, les collections du genre, les séries mettant en évidence héros et héroïnes du polar et les oeuvres autonomes se sont multipliées, s’ouvrant à toutes les variantes du polar, y compris le pastiche et la parodie.
Peu à peu, le policier jeunesse s’est affranchi des frontières de l’âge et du genre en flirtant ouvertement avec le roman historique, fantastique ou même de science-fiction, tout en prenant parfois comme support l’album illustré ou de bande dessinée, le manga ou le livre interactif et ludique.
L’intégration d’œuvres policières dans les listes de lecture de l’Éducation nationale, au collège puis à l’école primaire, a favorisé la légitimation d’un genre dont le rôle éducatif et pédagogique est aujourd’hui reconnu. (4e de couverture rédigée par l’auteur)

Table des matières
Un premier aperçu rapide
I Le long purgatoire d’un « mauvais genre »

Les publications du groupe Offenstadt, Quelques trop rares récits avant la Deuxième Guerre mondiale, Sir Jerry. un détective bon chic, bon genre, pour petites filles de « bonne famille », L’énigme policière davantage présente dans la bande dessinée, Captain W.E. Johns et le commandant Biggles, « Junior police », une collection qui affiche le genre policier.

II Les énigmes policières des années 50
Chez Fleurus-Gautier-Languereau et Fleurus-Mame, Yvonne Escoula et « . La Bibliothèque blanche », Bob Morane, un aventurier volontiers espion, Cinq Jeunes filles, première série française juvénile à connotation policière, L’agent typiquement français Nick Jordan.

III Les « séries » à « mystères », traduites ou françaises
Alice, jeune fille indépendante et détective de charme, Les Soeurs Parker, alias The Dana Girls, La prolifique Enid Blyton : Club des cinq, Mystère et Clan des sept..., D’autres récits policiers isolés, dans d’autres collections, Trois énigmes policières mémorables, parues en 1955, « Signe de piste » et Les Enquêtes du Chat-Tigre, Les Éditions G.P. et les récits policiers de Paul Berna, Enquêtes et mystères des illustrés et albums des années 50.

IV Années 60 et multiplication des personnages de série
Georges Chaulet, des Quatre As à Mademoiselle Etincelle, « Mille pompons ! » C’est Fantômette !, Quelques récits policiers autonomes, Pierre Véry et Marc Soriano, dans la « Bibliothèque verte », Michel ou le jeune enquêteur à la française, Paul-Jacques Bonzon, des Six compagnons à la Famille HLM, Langelot, l’agent secret au service de la patrie, Bennett, le sympathique collégien, parfois enquêteur, Dans l’ombre de Hitchcock, Les Trois jeunes détectives, Le Carré d’As : les quatre Parisiennes d’Odette Sorensen, Les Éditions G.P., les collections « Spirale » et « Dauphine » et leur contribution au genre, Jacques Rogy, journaliste et détective intrépide, Les bandes dessinées policières des années 60.

V Années 70 et timides collections policières
Policier et espionnage dans la collection « Jeunesse poche », Boileau-Narcejac et les premières enquêtes de Sans-Atout, Du nouveau dans la « Bibliothèque rose » : le poney Poly, Tony, entre poésie, énigme policière et fantastique, Gilles, le reporter-photographe parisien, Chez Gallimard Jeunesse, « Mille Soleils » abrite le policier, La « Bibliothèque verte » sous « la loi des séries », Dans la collection « Arc-en-poche », chez Nathan, Les bandes dessinées policières des années 70, Chez Nathan, la prudente et éphémère collection « P.J. ».

VI Années 80 : vers une légitimité irréversible du polar
« Folio junior énigmes » et « les classiques du genre », Les nouvelles enquêtes de Sans-Atout, Jean Alessandrini et Le Capitaine Nox, justicier nocturne, La vie brève de « Masque Jeunesse », La revue Je bouquine et ses énigmes policières, Un changement capital en 1986 : « Souris noire » et la naissance du polar jeunesse moderne (es policiers de la collection « Zanzibar », chez Milan, « Polar Nathan » et Jonathan Cap, Claudius Lapoigne, l’ancien professeur devenu clochard, Les rares policiers de « Page blanche », Casterman et la collection « Mystères », P. P. Cul-Vert, détective très amateur, de Jean-Philippe Arrou-Vignod, Les policiers de la « Verte aventure », chez Hachette, Les frères Nick et Tim Diamant d’Anthony Horowitz, De la « Bibliothèque verte » à « La Verte série », « Souris noire plus », plus de texte pour de plus grands lecteurs, Wiggins, apprenti détective au service de Sherlock Holmes, Les bandes dessinées des années 80.

VII Années 90 : Classiques et nouveautés entrent dans les collections policières
Chez Rageot, « Cascade Policier » décline tous les styles, Dan Martin, lycéen et détective privé, « Cascade Policier Junior » et les « détectives en herbe », D’éphémères « Nuits noires », « Lecture junior », collection innovante mais peu ouverte au polar, « Pickpocket » et la série animalière policière de Lecaye et Krings, « Pleine lune », une collection généraliste ouverte au policier, « Mot de passe » privilégie les classiques du polar, Des nouvelles bien illustrées dans « Les Classiques du polar », Deux nouvelles collections, toujours ouvertes aux « Mystères », chez Casterman, Hubert, détective hors normes, amateur et rural,Ebenezer Craymes, Commandeur des abîmes, « Vertige Policier » se distingue chez Hachette, Des « Policiers » aux « P’tits Policiers », chez Magnard Jeunesse.

VIII Un polar jeunesse désormais sans frontières
Bayard Poche multiplie collections et genres (1997-2000), Quand « Lune noire » s’éclipse de « Pleine lune », Les récits policiers de « Castor Poche », chez Flammarion, Les multiples facettes de « Souris noire », Chez Albin Michel jeunesse, « Le Furet enquête », Chez Actes Sud Junior, « Jamais deux sans trois », « Les Petits Polars » d’Actes Sud Junior, Emma et Thomas ou Les Aventures de la Caramote, « Page noire », le policier et le roman noir, Johnny Flanagan, l’adolescent détective d’Andreu Martin et Jaume Ribera, D’« Internet Détective » à « Internet Aventures », Le domaine policier de « Pocket junior », alimenté à peu de, frais, Les quelques polars de la collection « Tribal », Des policiers discrets, dans « Médium », à L’École des loisirs..., Nils Hazard, professeur détective étruscologue, Les bandes dessinées policières des années 90, Le polar peu à peu reconnu par l’institution scolaire.

IX Le polar juvénile, au début du XXIe siècle
Des collections plus rares et le recours aux « généralistes », « Castor Poche Flammarion » et ses personnages récurrents, Des histoires à épisodes dispersées chez divers éditeurs, Des fictions policières sans frontières, chez Bayard, De la collection « doAdo » à celle de « doAdo noir », au Rouergue, Chez Milan, des polars pour petits et grands, Des séries d’espionnage, chez les éditeurs Le Rocher, Pocket Jeunesse, Casterman, Milan et ailleurs..., Les collections policières sans descendance, L’apport du « Livre de poche jeunesse » au genre policier, De Sarah Kay à Alex Rider, Des collections policières changent seulement de costumes, De « Lune noire » à « Comète » et « Nathan poche », Les livres d’enquêtes interactifs d’Actes Sud Junior, Les romans policiers chez Gallimard Jeunesse, Les enquêtes de l’inspecteur Yann Gray, Rocambole ressuscité par Michel Honaker, Yves Hughes et Millefeuille au Moyen Âge, Les autres récits policiers de la collection « Hors-piste » et de Gallimard Jeunesse, Garin Troussebœuf, scribe enquêteur au Moyen Âge,Callaghan, livreur de pizzas et détective amateur, « Rat noir », chez Syros, la nouvelle collection pour adolescents, Des albums, des mangas et des bandes dessinées enrichissent le genre policier.

Petit retour sur "Histoire du polar jeunesse" pour signaler un nouveau tirage (octobre 2011), largement revu et corrigé. En revanche, la version numérique est encore fautive. Je signalerai ici la version enfin corrigée quand elle le sera !