vendredi 31 août 2012

"Bibliothèque de l'Amitié" (Amitié-G.T.-Rageot) (3)


La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié -G.T.-Rageot (3)

La "Bibliothèque de l'amitié" a été fidèle a son slogan : « l’amitié à travers le monde ». Ses récits vantent la solidarité, l’entraide entre les êtres quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur mode de vie.  Ce qui n’a pas empêché les auteurs de révéler les difficiles conditions d’existence de certains enfants.
En 30 ans, la collection a vu cinq ou six fois apparaître une nouvelle génération de lecteurs et c’est peut-être ce qui a rendu difficile, même aux yeux des spécialistes, une perception globale et intégrale des volumes parus.


Quelques séries rares et courtes

Quelques auteurs proposent de courtes séries. Par exemple Colette Nast avec son personnage, Virginie. Il y a d’abord la réédition remaniée de Vingt petites filles sous le soleil (paru dans la « Bibliothèque de Suzette » en 1953) et reparu sous le titre, Les Découvertes de Virginie (en 1960) : des petites citadines sont emmenées par leur institutrice en camp de vacances. Le personnage renaît à travers deux autres épisodes : L’Exploit de Virginie (1962) et La « Chèvre d’or » de Virginie  (1964) : les deux amies Thérèse et Virginie recherche la légendaire « chèvre d’or » pour que la maison de Thérèse ne soit pas vendue. Un cinéaste qui tire un film de la légende provençale sauvera la maison.
L’Alsacien Robert Recher, fervent de la montagne des Vosges alsaciennes, crée deux personnages Franzi et Rüdi. Le premier apparaît dans Franzi et le vagabond. (1963), quand une grange prend feu au moment de la Saint-Jean, et revient dans L’Equipée de Franzi  Parallèlement il invente deux récits pour le guide Rüdi, amateur d’alpinisme : Rüdi et le chamois (1962) (quand le guide Rüdi se croit ensorcelé par un chamois) et Rüdi et les dalles rouges (1964), exaltant le devoir de secourir.
D’autres petites séries proviennent d’ouvrages étrangers. C’est ainsi que l’on traduit du norvégien les aventures de Dag, un petit garçon de sept ans imaginé par Inger Austveg. En 1962 paraît Le Voyage de Dag lorsque l’enfant, accompagné d’un chat et d’une souris, se rend au Danemark pour une convalescence. Après Dag et ses amis (1961), toujours aussi débrouillard et sympathique, dans le 3e épisode, en compagnie de sa sœur Véra, Dag découvre l’Afrique (1964) mais le tableau africain qui se veut documentaire paraît bien négatif vis-à-vis des populations autochtones. 
   C’est aussi du norvégien que l’on traduit les récits concernant la petite Aurore d’Anne-Catharina Vestly dont on connaît surtout le 1er épisode : Aurore, la petite fille du bâtiment Z (1974). Paraissent ensuite  Aurore et la petite auto bleue (1975) et Bon voyage Aurore (1977).
    Dernière petite série, Ramona, de Beverly Cleary qui publie successivement, en 1979,  Ramona la peste (1979), en 1980, Ramona sans peur, et Ramona et son père et enfin, en 1981, Ramona et sa mère.
  Beaucoup plus tard, en 1977-78, sont traduits du suédois trois épisodes qui mettent en scène les enfants Joséphine et Hugo, personnages créés par Maria Gripe. Les lecteurs apprécient des aventures intitulées : Je m’appelle Joséphine (1977), Hugo et Joséphine (1977) et  Je suis Hugo (1978) 


                                   Des récits et des thèmes toujours variés

En excluant les romans de Michel-Aimé Baudouy, de L.N. Lavolle, déjà examinés, les ouvrages de la collection "Bibliothèque de l'amitié-Histoire" (abordés plus tard), voici les titres publiés de 1963 à 1973.  

1963 : Eilis DILLON : Le Secret de l'île maudite
1963 : Hokon EVJENTH (Norvège) : Dans la toundra,  La Route des oiseaux
1963 : Herta von GEBHARDT (All.) : Expéditeur Nicolas Stuck  
1963 : O. HOLMVIK et H. FAYE-LUND : Par 120 pieds de fond
1963 : Robert RECHER : L'Equipée de Franzi Photos R. Recher
1963 : Léa SMULDERS : La Trottinette rouge
1964 : Inger AUSTVEG : Dag découvre l'Afrique (trad. du norvégien)
1964 : François BALSAN : Yambo, enfant de la brousse
1964 : Carolyn HAYWOOD : Penny trouve un frère
1964 : Robert RECHER : Rüdi et les dalles rouges
1964 : Colette NAST : La « Chèvre d’or » de Virginie
1965 : Claude APPELL : Un ami en danger
1965 : René GUILLOT : Le Cavalier de l’infortune
1965 : A. REINER : Elio a disparu
1965 : Udayana Pandii TISNA et Jef LAST : Aventures à Bali
1966 : Georges CATELIN : Linda la sauvageonne (de la Terre de feu)
1966 : H. ROMBERG : Le Chien dans la grosse caisse
1966 : N. STREATFIELD : Opération maison
1966 : Dominique TOURY : La Jonque mystérieuse
1967 : François BALSAN : Les Contrebandiers du Baloutchistan
1967 : Henry DE MONFREID : Abdi, garçon sauvage
1967 : Yvon MAUFFRET : Le Trésor du Menhir
1967 : Sebastia SORRIBAS : Le Tigre du terrain vague
1968 : N. CHAUNCY : La Côte des naufragés
1968 : S. DE LA VAISSIERE : L’Inconnu à la pastèque 
1968 : D.W. FLETCHER : Angelo va au carnaval
1968 : L. N. LAVOLLE : L’Affaire de la Bella
1968 : Patricia LYNCH : Bernie, où es-tu ?
1968 : Jacqueline VERLY, Ill. de l'auteur : Cathri de la Pierre Sauvage


1969 : Z. HOPP : Nils mène l’enquête
1969 : Yvon MAUFFRET : Rencontre à Rio
1969 : Robert RÉCHER : Kouri
1970 : François BALSAN : Aventure au Yémen
1970 : Michel-Aimé BAUDOUY : Alerte sur le roc blanc
1970 : F. BRAUMANN : Les Cow-boys du lac perdu
1970 : Bertrand SOLETCHNICK) : Le Seigneur des sables
1971 : François BALSAN : Embuscades en Ethiopie
1971 : Herta Von GEBHARDT : Un mystérieux garçon à lunettes
1971 : L. N. LAVOLLE : Le Boléro d’or 
1971 : P. LUPI : Un dangereux pari
1971 : Pierre PELOT : L'Unique Rebelle
1971 : W. STEVENSON : Fuite dans la brousse
1972 : François BALSAN : La Fiancée rouge
1972 : Michel-Aimé BAUDOUY : Les Clandestins de la fête
1972 : Maria GRIPE : La Fille de Papa Pèlerine (trad. du suédois) 
1972 : Jacques LE MAÎTRE : Les Inconnus de Belleville
1972 : Pierre PELOT : Les Etoiles ensevelies    
1972 : Huguette PIROTTE : L’Espoir de la Combe folle
1972 : Andrew SALKEY : Alerte au cyclone
1972 : Ruth M. TABRAH : La Plage des requins
1973 : Jasha GOLOWANJUK : Un train pour Tashkent
1973 : Maria GRIPE : Julie et le papa du soir 
1973 : Carolyn HAYWOOD : Eddie et son perroquet Dagobert
1973 : Yvon MAUFFRET : Le Mousse du bateau perdu 
1973 : Pierre PELOT : Le Vent de la colère  
1973 : Ivan SOUTHALL : Les Rescapés du val perdu
1973 : Jacqueline VERLY, Ill. de l'auteur : Ô, bohémienne mon amie


On assiste à un passage d’auteurs nés au début du XXe siècle, par exemple, François Balsan (1902-1972), René Guillot (1900-1969), Georges Catelin (né en 1903), à des auteurs nés 20, 30 ou 40 ans plus tard.  Nous aborderons plus tard ces nouveaux auteurs.    

jeudi 30 août 2012

"Bibliothèque de l'Amitié" (Amitié-G.T.- Rageot) (2)



La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié -G.T.-Rageot (2)

Quelques auteurs-clés

Très vite, des romanciers français proposent des récits assez forts pour être souvent republiés. Michel-Aimé Baudouy (1919-1999), auteur-clé de la collection, y publie quinze récits, entre 1959 et 1984, de Mick et la P. 105 (une histoire de moto rééditée sous le titre Mick et la Yamaha), au roman : Les Rendez-vous de la prairie. Cet auteur aussi prolifique que fidèle exalte les vertus sportives : les sports nautiques dans Le Chant de la voile (1960), la passion du football au cœur d’un village des Cévennes, dans Le "Onze" de mon village (1963), celle du rugby dans Allez les petits (1977). Le thème animalier était au coeur du récit : Le Seigneur des Hautes Buttes (réédité en 1960) et il n’est absent ni d’Alerte sur le roc blanc (1970) ni de Jeanne aux chevaux (1976). Michel-Aimé Baudouy ne redoute pas l’aspect documentaire de son récit consacré à un paquebot mythique quand il publie Flashes sur le "France" (1961).
Il s’aventure en 1962, dans le récit policier (encore rare à l’époque) quand il écrit Mystère à Carnac. (Que recherche l’inconnu qui s’est introduit dans la maison de la Radoubée ? Les jeunes vacanciers enquêtent et vont de déductions en déductions). Les publications se succèdent : Les Révoltes de Kind (1965), Le Garçon du barrage (1966, Kind, le « sans famille », est adopté par les ouvriers d’un chantier)), Les Clandestins de la fête (1972), Les Mésaventures de Jo la malice (1980),  Ti-Louis du chaudron (1982)...


Autre auteur-clé de la collection, la grande voyageuse L. N. Lavolle (alias Hélène Chaulet, née en 1914) qui accorde généreusement 12 titres à la collection, entre 1959, quand elle publie L'Etang perdu (quand deux enfants de l’immense forêt landaise défendent la faune et la flore de leur pays, 105 000 exemplaires auront  été vendus en 1981) et 1974, pour Enigme à Madère, quand Norman se mêle à la vie des jeunes pêcheurs portugais. L’auteur remporte le Grand Prix du Salon de l’enfance en 1960 pour Les Clés du désert, un beau roman qui ressuscite la civilisation sumérienne de Mésopotamie à travers l’histoire fabuleuse de Nina, la petite chanteuse. (L’ouvrage reparaîtra dans la collection "Bibliothèque de l'Amitié-Histoire").   
Les publications s’enchaînent : La Porte de jade (1961), ouverte sur « la route de la soie », avec Nane et Nourman joints aux Kasaks nomades pour retrouver leur pays, Les Secrets de la lande (1963) (quand Bertrand est subitement transplanté dans les Landes), L’Île née de la mer (1964), dans l’Inde de 1947 et des bandes d’enfants livrés à eux-mêmes,  Le Lis de la mousson (1965, la pauvre Indienne Naurouzi aimerait bien faire pousser des lis sur les rivages du lac Dal, au Cachemire), Le Boléro d’or (1971, le jeune Landais Niceto veut être toréro et conquérir le trophée pour conquérir l’estime des autres)...
Certains volumes entrent dans la collection "Bibliothèque de l'Amitié-Histoire"), comme L'Acrobate de Minos (1966), L'Ami du Grand Mogol (1969), Les Fils du soleil (1973)

"Bibliothèque de l'Amitié" (Amitié-G.T.-Rageot) (1)


La « Bibliothèque de l’Amitié » chez L'Amitié -G.T.-Rageot (1)


Encore une collection digne de figurer dans la "Cercle des collections disparues" du rayon jeunesse


Comment se fait-il que cette collection unanimement appréciée durant 30 ans a rejoint le "Cercle des collection disparues" ? C'est un étrange mystère !

La "Bibliothèque de l'amitié" conçue pour la durée et la variété

En octobre 1959, la naissance de la collection"Bibliothèque de l'amitié", destinée au départ aux huit-douze ans, chez L'Amitié -G.T.-Rageot, n'a peut-être pas eu le retentissement qu'elle méritait parce qu'elle remplaçait discrètement la collection"Heures joyeuses",  laquelle collection continuait d’exister.
La "Bibliothèque de l'amitié" dont les manuscrits sont choisis avec beaucoup de soin est constituée de livres solidement reliés, de format 15 cm sur 19,5 cm, munis de couvertures cartonnées et plastifiées, illustrées en quatre couleurs.
L’illustration intérieure est double. Aux dessins en noir et blanc s’ajoutent des photos en couleur hors-texte dont le choix est inégal. En outre, les illustrateurs ne sont pas tous talentueux. Heureusement, on note la présence d’artistes comme Françoise Boudignon, Romain Simon, Luce Lagarde, Michel Gourlier (bien connu des lecteurs de la collection « Signe de piste »), Pierre Le Guen, Françoise Estachy, Georges Pichard, Pierre Rousseau, Alain Millerand et Pef. Jacqueline Verly a illustré ses propres livres.  Il convient d'ajouter d'autres noms d'illustrateurs et illustratrices, en particulier, Claude Auclair, M. Barcilon, Serge Bloch, Frédéric Clément, G. Di Maccio, Moro et Gerda Muller.   
Diffusée dès l'origine par Hatier, associé en 1955 à Rageot, la collection s’est  continuellement enrichie d’auteurs nouveaux et de récits très variés dans leurs origines et dans leurs thèmes (nature et animaux, aventures d’aujourd’hui, voyages et découvertes, école et famille, vocation, sports, Histoire…).
Comme son aînée, "Heures joyeuses", la nouvelle collection est très internationale même si 120 récits sont dus à des auteurs francophones (sur un total de 210 titres parus). Même les lieux des actions sont d’abord français, on s’évade très vite vers les Etats-Unis, l’Angleterre, la Suisse, le Danemark, la Norvège, la Hollande, le Canada, l’Australie, le Vénézuela, l’Afrique, l’Asie, le Groenland,etc.   
La collection connaîtra deux générations différentes d’auteurs français, les plus anciens étant nés avant le début du XXe siècle.  C’est le cas de Henry de Monfreid, l’auteur d’ Abdi, garçon sauvage (1967), né en 1879, de Lucien Boisyvon dont on réédite Pierrot cheveux rouges, né en 1886, de Colette Vivier, née en 1898, ou d’Elsie (Le Diamant rose, 1962), née en 1899, de René Guillot (L’Extraordinaire aventure de Michel Santaréa, Le Cavalier de l’infortune), né en 1900. Après 1970, les éditeurs intégreront des auteurs beaucoup plus jeunes et qui vont davantage ouvrir les lecteurs aux réalités du monde contemporain. La collection aura eu le temps d’être appréciée dans les écoles et les bibliothèques durant une trentaine d’années avant d’être remplacée en 1989 par la collection « Cascade ».
La "Bibliothèque de l'amitié" se décline selon deux niveaux, l’un regroupant les enfants de 7 à 10 ans, l’autre, plus fourni en titres, les 10-15 ans. Cette collection, de plus en plus appréciée dans les écoles et les collèges, s’adresserait, selon un catalogue de 1969, « aux jeunes de 7 à 15 ans » mais elle restreint ou affine plus tard ses niveaux en distinguant les récits qui s’adressent aux CE1-CE2, aux CM1-CM2, et aux élèves de 6e (alors qu’en fait certains récits ne sont accessibles qu’aux 12-15 ans).


Dès 1959, tandis que Claire Huchet (1899-1993) publie L'Appel du Tour, un récit évoquant le Tour de France à travers les rêves de jeunes écoliers, s’impose déjà les premiers récits de Michel-Aimé Baudouy et de L.N. Lavolle. Ils ne doivent pas occulter Le Vallon secret de Nan Chauncy (1961) les fermiers de Tasmanie et le mystérieux « Tigre », Ambassadeur des bêtes de Grey Owl, devenu protecteur des animaux après les avoir chassés dans le Grand Nord Canadien. (Peu importe s’il est difficile de connaître toute la vérité sur le dénommé Grey Owl !), Tim souliers de feu d’U. Wölfel, Le Berger des Andes (Nilo qui vit au Pérou, au flanc des Andes, est victime du racisme des Blancs) de E. Westman ou Nicolo et le lézard bleu de Claude Bailly, l’histoire d’un petit Napolitain qui fait une prodigieuse découverte.
Trois auteurs étrangers évoquent les régions froides, puisque Hokon Evjenth suit La Route aux oiseaux (1963), ces migrateurs de Laponie, Willis Lindquist fait entendre L'Appel du renard blanc (1962) dans un village esquimau où le jeune Américain Mark sauve un renardeau des griffes d’une chouette, et le Suédois Karl-Aage Schwartzkopf vante les aventureux Pilotes de l'Alaska (1962), sur leurs vieux « zincs ».
   

Cette nouvelle collection qui comprendra plus de 208 volumes en 1987, reprend au fil des ans quelques volumes de la collection "Heures joyeuses". Certains titres seulement (huit au total) bénéficient donc d’une nouvelle édition dans la collection « normale » où les couvertures dessinées sont désormais illustrées par une photographie. Ainsi vont reparaître Herbedouce (1961) d’André Michel, Le Seigneur des Hautes Buttes (1965) de Michel-Aimé Baudouy, l’histoire d’un jeune renard manchot de la forêt vendéenne, L’Extraordinaire aventure de Michel Santaréa (1966) de René Guillot (quand le jeune Michel s’embarque clandestinement sur la « Marie-Jeanne » en partance pour l’Afrique), Pierrot cheveux rouges (1966) de Lucien Boisyvon et La Maison du loup (1968) de Colette Vivier. 
Pour les ouvrages traduits, de Reginald Campbell reparaît La Vallée des éléphants, ouvrage réédité en 1960 et qui évoque la poursuite de l'éléphant blanc dans la forêt siamoise, Dans la toundra (1963) de Hokon Evjenth et Angelo va au carnaval de D. W. Fletcher.
Trois autres titres sont reparus dans la sous-collection "Bibliothèque de l'amitié-Histoire".

vendredi 10 août 2012

Collection "Heures joyeuses" (Rageot) (3)


La collection "Heures joyeuses" des Editions Rageot (3)


Les nouveaux auteurs français 

A partir de 1948, l'incontournable passionné de l’Afrique René Guillot, illustré par Pierre Colot, présente Au pays des bêtes sauvages, Maraouna du Bambassou (1948), l’histoire d’une jeune fille blanche en pays Lobi (réédité plus tard chez Magnard), Les Compagnons de la fortune (1948). Il quitte la collection après avoir publié L’Extraordinaire aventure de Michel Santarea en 1951 (réédité dans la « Bibliothèque de l’Amitié » »), l’histoire de deux garçons, Claude et Michel, épris d’aventure. Michel s’embarque pour l’Afrique noire des coupeurs d’acajous.
De 1946 à 1958, la collection existe sous deux présentations, l'une reliée, couverte d'une jaquette et illustrée, l'autre, munie d'un « protège-livre illustré ». En 1949, Madeleine Perroy publie Guillaume au cœur de chevalier  et en 1952, Claude Appell qui dirige la revue Terre des jeunes éditée chez Rageot, publie Les Compagnons de Wolfel, quand un groupe d’écoliers alsaciens entreprend de revivre la vie de l’ancêtre héroïque Wolfel qui libéra l’Alsace des pillards et des seigneurs avides.


Roger et Simone Waisbard, bons connaisseurs des civilisations et des moeurs de l’Amérique latine, publient en 1952  Pepito l’Indien caraïbe et en 1954, Les Cavaliers de la Pampa, deux ouvrages tirés à 13 000 exemplaires. Pepito l’Indien caraïbe est un roman d’aventures qui transporte le lecteur du Venezuela aux bords de la Mer Caraïbe, dans la vallée de l’« or liquide », le pétrole, nommé « liqueur du diable par les Indiens.Pépito ne possède que son âne mais il se contente de la cueillette des fruits et de l’amitié de Catita. Les deux enfants vénézueliens se lient aussi d’amitié avec Jacki  dont le père est un ingénieur français. Point d’orgue du récit : une dramatique tempête.  
Les Cavaliers de la Pampa situe son action aux confins de la Guyane et de Venezuela où vivent des Indiens qui élèvent des chevaux. Le récit est émaillé de scènes évoquant la chasse aux caïmans sur l’Orénoque ou aux jaguars, sans compter les fêtes et les ripailles…
Colette Nast publie en 1956, L’Avalanche du Folvent. (Des enfants montagnards passent un séjour d’été dans les hauts alpages en compagnie des bêtes qu’il faut traire avant la fabrication des fromages). Michel-Aimé Baudouy publie cinq premiers romans. D’abord L'Enfant aux aigles (1949), qui sera republié dans « Les Maîtres de l’aventure ».puis Bruno, roi de la montagne (1953), Prix de la Tribune de Paris. Les Vagabonds de la Marisma (1955) précède   Princes du vent (1956, Jean fait son apprentissage de pilote de vol à voile et participe malgré sa peur au sauvetage de paysans encerclés par un incendie de forêt. Pour vaincre sa peur, il fonce seul un soir dans un violent orage…). Dernier ouvrage paru, Le Seigneur des hautes buttes, Prix Enfance du monde 1957, raconte la lutte d’un jeune renard « manchot » et des enfants dont il a dévasté le poulailler.


Colette Vivier ressuscite un Paris 1900, « bruissant de mille fêtes en l’honneur de la Grande Exposition », dans La Grande Roue, en 1950. Quatre ans plus tard, elle publie La Maison du loup, ouvrage réédité dans la « Bibliothèque de l’Amitié », ouvrage dans lequel Colette Vivier raconte comment Rose et Pierrot, venus passer leurs vacances chez une tante berrichonne acariâtre, sont finalement accueillis par le vieux Bastien, épicier sans client.
L’histoire de Jacqueline Boisyvon, Pierrot cheveux rouges (1953), jeune raccommodeur de faïence et de porcelaine, paraît un peu désuète mais elle sera aussi rééditée dans la « Bibliothèque de l’Amiité ».
Autres auteurs français publiés au cours des années 50 : Fanny Chantavoine pour Le Cirque Antonio, en 1951,         E. Cazardès qui, dans Dominique et la maison perdue  (1956), raconte le destin d’une fillette de douze ans qui se retrouve seule après un accident d’avion  et échoue dans un village perdu de haute Provence. Elle va bientôt être entraînée dans une hallucinante aventure où elle risque sa vie. Avec la collaboration de Colette Nast, B. Kosier publie en 1957, Bon vent l’oiseau bleu, l’aventure d’une croisière à travers l’Atlantique. L. N. Lavolle (alias Hélène Chaulet), souvent attirée par les pays asiatiques,  fait paraître Nothi fils de l’Inde en 1958.

Des thèmes et des centres d’intérêt consensuels pour l’époque

Selon J.-C. Le Dro, « en 1954, une publicité classait la collection par centres d'intérêts : Histoire ; Géographie humaine et voyages ; Histoire naturelle ; Contes du folklore ; Ouvrages récréatifs. On ne peut que remarquer le refus implicite de diffuser des œuvres abordant les « mauvais genres » que sont alors le policier, le fantastique et la science-fiction.
La littérature anglo‑saxonne occupe la plus grande part puisque l’on note 47 ouvrages traduits de l’anglais ou de l‘américain (43 ouvrages sont écrits en français). On relève 12 traductions de l’allemand, 5 du norvégien, 3 du danois,  1 de l’islandais et 1 du russe (Ivan le Terrible d’Alexis Tolstoï, repris plus tard dans la « Bibliothèque de l’Amitié-Histoire »).
Si on laisse de côté la série consacrée à la vie des grands musiciens (des biographies romancées, sur Bach, Mozart, Haynd, Lully, etc.), au total, il semble que 113 livres soient parus dans la collection.
Dans cette collection internationale, les lieux des actions (appartenant encore parfois à un monde colonisé) sont fort divers et situés aux quatre coins du globe, de la France (Alsace, Paris, Auvergne…) à la Grande-Bretagne, de l’Espagne à la Norvège, de la Suisse à l’Islande et au Groenland.
Des récits se passent en Amérique : Alaska, Floride, Etats-Unis, Vénézuela, d’autres en Australie, en Nouvelle-Guinée, en Polynésie, en Birmanie, au Laos, aux Indes ou au Thibet. L’Afrique du Sud, Madagascar et l’ancienne Afrique Occidentale Française sont aussi d’autres lieux  bien présents.  Alors que les éditions G-T. Rageot ont créé la nouvelle collection « Bibliothèque de l’Amiité » en 1959, deux livres, traduits de l’anglais, sortent encore dans la collection « Heures joyeuses » : Domaine du soleil couchant de Fennimore et Collins et Lac aux grenouilles de R. Montgomery.


Collection "Heures joyeuses" (Rageot) (2)


La collection "Heures joyeuses" des Editions Rageot (2)


Une collection très favorable aux traductions

Après le décès de son mari Georges Rageot en 1950, Tatiana Rageot, devenue l’unique gérante de la société des Editions de l’Amitié-G.-T. Rageot,   poursuit et développe "Heures joyeuses", une collection toujours très favorable aux traductions (elles représentent les deux tiers des publications). La distribution des ouvrages est confiée aux éditions Hatier en 1955. Les auteurs sont parfois Norvégiens, tel Hakon Evjenth, auteur de trois récits parus de 1946 à 1948 : Le Daro, « un jeune pêcheur norvégien au pays des Sames », survivant chez les Lapons, La Route des oiseaux (en ski vers la Laponie, parmi les milliers d’oiseaux de la toundra) et Dans la toundra (pour appréhender, dans la solitude, « les magnifiques surprises et les dangers de l’hiver lapon »). 
Du Norvégien Bernhard  Stokke, on traduit en 1947, La Vigie solitaire, celle qui surveille les incendies. Du Danemark provient Les Gars du Groenland de T. Bay-Smith.
On fait souvent appel aux anglo-saxons. Puisque l’on évoque ailleurs les auteurs dont plusieurs volumes ont été traduits, signalons les ouvrages uniques d’auteurs de Grande-Bretagne.
Dans l’ordre chronologique des parutions, de 1946 à 1949, on rencontre Vacances de guerre de Mary Treadgold, Le Magasin sous le saule de Beverley Nichols, Dans les montagnes bleues du Tibet de Doris Shelton Still, Les Baleiniers du soleil de minuit d’Alan J.Villiers (une usine flottante accompagnée de baleiniers part pour la chasse à la baleine dans l’Antarctique), une nouvelle édition du grand classique : Les Patins d'argent de Mary Mapes Dodge, L'Île aux cocotiers de Robert Gibbings et Jock, chien du veld. de Percy Fitzpatrick.
De 1951 à 1957, paraissent La Tulipe blanche d’Helen Girvan (dans la Hollande du XVIIe siècle, une famille recueille la fille enlevée d’un seigneur anglais),  Brouscaille, le roman d'un brochet de Svend Fleuron (traduit du danois en anglais), Une année merveilleuse de Nancy Barnes, Nine et le kangourou d’Ethel C. Pedley et Vacances en Australie de Stephen  Fennimore.


Les publications américaines isolées ne sont pas aussi nombreuses. De 1947 à  1950, on relève Le Tatou géant de R. Ditmars, Koos le hottentot de Joseph Marais, La Marque du lotus de Phyllis Ayer Sower, Le Mystère du mahteb de Lide et Johansen (roman de l’Ethiopie du XIIIe siècle), Sous un ciel clair de M. P. Allen (la ruée vers la Californie en 1850), Le Voyage de Judy de Loïs Lenski (qui publiera  Suzette fille de Louisiane en 1953), Le Don de la jungle de Lal Singh et Lownsbery et Patins à roulettes de Ruth Sawyer
Retenons que Cheveux d'or de S. Arason, un livre islandais, a été traduit de l'édition américaine. Sont également traduits de l’américain deux récits de Radko Doone. Les Barbes-rousses du fleuve jaune (réédité dans la collection « Jeunesse poche ») racontent les aventures dangereuses de deux garçons, le jeune américain Joe King et Wu Chen, fils d’un riche marchand chinois. Des bandits répandent la terreur dans la Chine du Nord et les deux garçons tombent entre les mains de brigands qu’ils doivent suivre dan leurs courses. Nuvat l’intrépide (moins connu), est l’histoire d’un jeune Robinson Crusoé esquimau, condamné à vivre deux ans avec ses chiens, dans la solitude arctique.

Des récits célébrant la nature et la faune


C’est dès 1944 que paraissent les traductions de l’américain des récits animaliers écrits par J.W. Lippincott : Le Champion des monts sauvages (1951) « un jeune chien parmi les loups, dans les monts sauvages du canada » et Le Grand lynx des marais (1955), quand un garçonnet se lie d’amitié avec un farouche lynx rouge de Floride. Entre ces deux dates, en 1953, Lippincott publie Plumes noires, l’invincible corbeau, l’histoire d’un corvidé recueilli par un fermier anglais alors qu’il n’était qu’un oisillon. Devenu adulte et retourné à la vie libre des bois, l’oiseau ne perd pas le contact avec la ferme, au point de revenir y finir ses jours.
Auparavant, en 1947, débute « une série de romans dont le principal héros est la Nature ». Le premier titre de cette série est une traduction de l'anglais : Sentinelle des pics neigeux de l’Américain Harold Mac Cracken. Il évoque  la vie des moutons sauvages dans les montagnes de l’Alaska où il faut affronter les hommes, les ours et les loups. Le prospecteur d’or Sandy se prend d’amitié pour Mascotte, l’agneau blanc qui deviendra le plus grand bélier de la région. Autres récits animaliers : Le Roi de l’Arctique : Aivik le morse à l’existence étonnante dans les glaces arctiques, de Harold McCraken. Le Tatou géant des forêts tropicales de Guyane du naturaliste Raymond L  Ditmars (traduit de l’anglais) évoque le curieux mammifère édenté revêtu d’une sorte de cuirasse. De Patricia Lynch paraissent Longues-oreilles et ses amis, avec deux enfants d’Irlande (1946, illustré par Olga Kovaleski en 1954) et Longues-oreilles en visite (1948), histoires de deux petits Irlandais, sœur et frère, pauvres mais courageux.
La Panthère blanche de Theodore J. Waldeck, traduit par Claude Appell en 1950, emmène son lecteur en Guyane britannique, connue par l’auteur en 1937-38. Il raconte l’histoire de Ku-Ma, la panthère blanche, abandonnée par sa mère et qui traverse de rudes expériences dans la jungle sud-américaine.  On connaît mieux Jock, chien du veld (1907, traduit en 1949) de Percy Fitzpatrick qui conte les téméraires et véridiques exploits d’un fameux chien d’Afrique du Sud, dans les années 1880, à l’époque de la ruée vers l’or. Le bull-terrier Jock,  maigre et laid, sauvé de la noyade par un mineur, s’attache à son sauveur mais connaît un destin tragique.  Outre Sur-Dah maître de la brousse, Theodore J. Waldeck est aussi l’auteur de Jamba l’éléphant (passionnante histoire de dressage d’un éléphant de la jungle africaine, avec des incursions dans la « pensée » de l’animal). 
Le grand romancier de la jungle Reginald Campbell, auteur célèbre de Sa majesté le tigre, est présent avec deux autres récits ? L’Eléphant Roi, sous-titré « Un roman de la jungle », raconte comment, dans un village du Laos, le jeune Teen rêve de  devenir conducteur d’éléphant. Il veut dompter le puissant Poo-Lone, farouche éléphant solitaire.
Un récit situé en Thaïlande, La Vallée des éléphants (1949), raconte comment un propriétaire et ses trois enfants partent dans la jungle siamoise à la recherche d’un éléphant rare et sans prix, l’éléphant blanc. Il sera réédité dans la « Bibliothèque de l’Amitié ». 
Paraissent trois  récits traduits d’Armstrong Sperry, illustrés par l’auteur, La Forêt de la pluie(1950), Danger sous le vent, (1954, l’histoire de l’adolescent orphelin Hugh Dewar, mi-écossais, mi-américain, héritier du grand voilier le Bon-Vouloir et d’une maison dans l’île de Nantucket. Spolié de cet héritage, il est enlevé par son cousin Davy et embarqué sur le voilier qui finit par échouer sur une île de cannibales…). Retenons aussi Le Garçon qui avait peur (1947). Mafatu, fils d’un chef polynésien devient un héros au cours d’une robinsonnade (remarquée par Marc Soriano).


Collection "Heures joyeuses" (Rageot) (1)



La collection "Heures joyeuses" des Editions Rageot (1)

Voici un nouveau chapitre, en trois parties, relatif au "Cercle des collections disparues" du rayon jeunesse.

C’est surtout grâce à un article fouillé et très bien documenté de Jean-Claude Le Dro,  intitulé : Georges et Tatiana Tageot : les débuts des éditions de l’Amitié-GT Rageot, que nous connaissions mieux la collection « Heures joyeuses ». Cet article est paru en 2007 dans les pages 211-224 du numéro 21 de l’excellente revue Cahiers Robinson, imprimé sur les Presses de l’Université d’Artois.    
Polyglotte et traductrice, Tatiana Rageot, fille du philosophe russe Léon Chestov, et son mari Georges (1901-1950), ancien directeur commercial chez Hachette, prisonnier en 1939, libéré en 1941, avaient d’abord créé la collection "Heures joyeuses" pour la jeunesse, chez Aubier en 1934.
Le couple fonde en 1941 la S.A.R.L. des Editions de l'Amitié-G.T. Rageot et reprend la collection "Heures joyeuses", en récupérant les invendus des quelques titres parus chez Aubier. Si tous les livres ont le même format (18*11,5 cm), en revanche la pagination est très variable  (de 160 à 351 pages). Les premiers livres publiés à partir de 1942 sont surtout des récits de l’auteur anglais Arthur Ransome et d’auteurs allemands, comme Karl Oppel, Max Mezger, Fritz Steuben et D F. Weinland, G.-A. Ihering (Le Trio de St-Florian), H. Queling (En route pour l’Himalaya).
L’ouvrage qui porte officiellement le numéro 1 : La Mouette des mers de T-H. Johansen est d’origine norvégienne. C’est le plus fort tirage de la collection : 43 030 exemplaires. Il raconte « l’aventureuse campagne de pêche d’un mousse norvégien », au Groenland et au Canada.

Des auteurs allemands, en particulier Fritz Steuben

Dès 1942, on remarque donc plusieurs récits traduits de l’allemand. D’abord, Le Capitaine Magon de Karl Oppel (datant de 1926 et qui s’appuie, avec plus ou moins de vraisemblance, sur le périple du Carthaginois Hanon. Notons qu’en 1975 était déjà paru en France : Les Aventures du Capitaine Magon ou une exploration phénicienne mille ans avant l’ère chrétienne de Léon Cahun).
Monique à Madagascar de Max Mezger, écrit en Allemagne en  1931, dans le fond Aubier en 1935, reparaît en 1942. Le livre raconte surtout comment une fillette découvre la grande île de l’Océan Indien, en compagnie du jeune malgache Bévava.  
Sont aussi parus plusieurs autres récits traduits de l’allemand. Rulaman de F. Weinland (en fait, David Friedrich Weinland) est un récit préhistorique évoquant les tribus qui habitaient « de sombres cavernes, perdues au sein d’immenses forêts », près du lac de Constance. On prédit à Rulaman, fils de Rul, chef d’une tribu des Aïmates, qu’il deviendra un chef tout-puissant. Or, un sort tragique l’attend et les tribus seront attaquées par des envahisseurs, les Celtes, techniquement plus avancés dans la fabrication des outils et des armes    

Les exploits du chef indien Tecumseh

L’auteur le plus traduit est Fritz Steuben (alias Erhard Wittek), un auteur qui, selon J.-C. Le Dro, aurait d’abord « écrit sous l’influence de l’idéologie nationale-socialiste ». Sur huit volumes dont sept volumes ont été traduits dans la collection, racontent les aventures indiennes du chef indien Tecumseh. L’auteur a illustré lui-même quatre volumes.
« Grand chasseur, guerrier invincible et orateur admiré », il devient 
Flèche volante (1942) dans un premier récit qui évoque le premier combat, le premier scalp et l’existence quotidienne de l’adolescent hardi. Le volume suivant : Pieds-Agiles et Fille-à-L’Arc (1943) s’attarde surtout sur « les jeux et téméraires exploits d’une bande turbulents gamins dans une village d’Indiens Shawanos ». Dans Ouragan rouge (1943), « un récit de la première guerre des Indiens pour l’Ohio raconté par d’anciens documents », le personnage principal est Cornstalk (représenté en couverture), le chef suprême des Indiens Shawanos, lesquels Indiens luttent contre les Blancs, envahisseurs de leur patrie.
Dans Tecumseh le puma (1946), alias Flèche Volante, le chef de guerre des Shawanos est devenu « maître de l’ordre des chiens », l’association secrète des jeunes guerriers de sa tribu. Il veut reconquérir le Kentucky et obtenir un traité.
Paraîtront encore Etoile rayonnante (1946) (quand Tecumseh invoque Nanabozho, dieu du soleil et protecteur des chasseurs rouges)  et en deux tomes, en 1951, Le Fils du manitou. Le volume concernant La Mort de Tecumseh n’est pas paru.
Il est évident que les livres de l’Allemand Fritz Steuben, racontant la vie de Tecumseh, sont beaucoup moins connus en France que ceux de l’Allemand Karl May, narrant les exploits de Winnetou.    


Un auteur anglais fort justement privilégié : Arthur Ransome

Arthur Ransome (1884-1967) est présent avec sept titres, traduits et publiés de 1945 à 1951. Hirondelles et amazones (Swallows and Amazons, traduit chez Aubier en 1935, repris en 1945), premier roman d’une série de douze, certains n’étant pas traduits, n'évoque guère par son titre le campement sur une île déserte, et Le Vallon des hirondelles. En fait, « Hirondelles » est le nom du bateau des enfants Walker : Jean, Suzanne, Micky et Roger (John, Susan, Titty et Roger dans la version originales) et les « Amazones », ce sont Marion et Margot Blackett (Nancy et Peggy Blackett dans la version originale). Ces enfants de sept à treize ans qui, se font d’abord la guerre avant de sceller une alliance durable, vivent des vacances joyeuses et mouvementées, en pilotant des bateaux à voile sur un lac anglais et en faisant du camping sur une île. C’est un des plus fort tirages de la collection : 41 000 exemplaires.
Le Vallon des Hirondelles (1946, quand les « Hirondelles » passent du statut de navigateurs à celui d’explorateurs), comme l’ouvrage précédent,  est illustré par Clifford Webb, tandis que tous les autres récits seront illustrés par Arthur Ransome lui-même.
Hirondelles dans la neige (1946) évoquant de mémorables vacances de Noël, précède Le Trésor de Peter Duck (1947), quand « Hirondelles » et « Amazones » sont à la recherche d’un trésor dans les mers du Sud.  Ce récit est publié la même année que Le Club des Foulques. Au début du récit, Dorothée Callum et son frère cadet Dick font la connaissance d’un garçon aux connaissances étonnantes : Tom Dudgeon A bord du yacht le « Chardon », Tom, le hors-la-loi, fuit ses persécuteurs, les Hurluberlus, à travers rivières et canaux du Norfolf.
Dans Pigeons voyageurs et chercheurs d'or (datant de 1936, traduit en 1949),  « Hirondelles » et « Amazones » sont rejointes par Dorothée Callum et son frère cadet Dick, dans la région des lacs.  Un vieux tunnel s’effondre et un incendie menace de ravager la lande…
Dernier récit publié en 1951, Nous ne voulions pas aller en mer est un fort volume de 325 p. On peut s’étonner que les traductions des ouvrages d’Arthur Ransome ne soient pas plus nombreuses en France.

Les premiers auteurs français publiés


André Noël, connu surtout pour ses romans scouts et, plus tard, pour quelques récits historiques, figure parmi les premiers auteurs français publiés. Après Châteaux en Auvergne (1944, deux chefs scouts doivent gagner leur brevet d’explorateur mais se heurtent à « un redoutable secret »), il propose Aux bois peureux (quand deux scouts aident une petite paysanne à ramener la paix dans sa famille) et Patrouilles dans la nuit (1945) : « un périlleux camp scout  en Auvergne » raconté dans son journal par le second des « Léopard », Milou, juste avant Les Compagnons de la feuille blanche. « pathétique histoire d’un apprenti papetier au pays d’Ambert ».
André Noël est aussi l’auteur de romans historiques comme L’Or de Delphes (souvent réédité : le jeune Ibar combat à Alésia aux côtés de Vercingétorix), et La Route de César. Les deux récits sont réunis en un seul volume en 1950. Notons encore, du même auteur, Le Pays du roi captif  (1946, deux écoliers parisiens s’embarquent à bord de  l’« El Dorado »).
Côté français, citons aussi Abeille d’Anatole France en 1942 (une histoire féerique, rare chez cet écrivain)  et plusieurs récits régionaux et folkloriques d’Alix de La Chapelle-d'Apchier, tels que Les Soirs de la Montagnère (1943) et Les Nouveaux contes de la Montagnère en 1944, des vieux contes populaires d'Auvergne (poursuivies plus tard dans Un vent sauvage souffle sur la montagne).
Outre la réédition de Salammbô de Flaubert, narrant la lutte de la grande cité phocéenne, Carthage, contre ses mercenaires, on note Sur les traces du « Pourquoi-Pas » de Geneviève Dardel, ou l'aventure de Charcot au Grand Nord revécue par quatre garçons… Maurice Boissais campe son récit sur fond de terroir lorrain, avec A l’ombre du mirabellier.
Entre 1944 et 1947, il faut encore signaler la parution de Fanch Lagadec tambour de la République (1944, l’épopée révolutionnaire d’un jeune breton) de Charles Chassé, Robert le diable de Thierry Sandre (1945, une légende médiévale), Andice et Guillot (1946, histoire berrichonne du temps des châteaux-forts) d’Hélène Schutzenberger, Le Château des douze peupliers (1946) d’Hélène Badan (une jeune française séjourne dans un château de Pologne), Les Cloches de Bruges (1947) de M. Doumerc (Joris, fils d’un drapier brugeois, suit son père à Venise), Herbedouce (1947) d’André Michel et Casse-Noisette (1947) d’Alexandre Dumas.