vendredi 18 août 2017

1957 Quelques éditeurs scolaires et leurs fictions pour la jeunesse

1957 : Quelques éditeurs scolaires et leurs fictions pour la jeunesse

Plusieurs éditeurs publiant des livres scolaires (parfois depuis plus d’un siècle, comme Hachette) ont déjà été évoqués.
Il est nécessaire de rappeler les romans et récits d’éditeurs souvent engagés dans la défense de l’école publique.



Chez Bourrelier

En premier lieu, nommons les éditions Bourrelier, crées en 1931 par Michel Bourrelier, qui publient des livres scolaires ou parascolaires et poursuivent des collections qui ne sont malheureusement guère renouvelées. "Marjolaine" (avec 27 titres en 1960), pour les plus de 8 ans, réédite en 1957 La Marchande chevaux de bois d’Alice Verlay Frapié.  "Primevère", reliée, illustrée, pourvue d’une jaquette, a été créée en 1932 (pour les 10-14 ans). Dans cette collection « Primevère », en 1957, on remarque surtout L’Étrange famille de la pampa (1957), bon récit d’Aimée Collonges, illustré par Françoise Estachy, qui obtient le Prix Jeunesse en 1957.

Il y a tout de même une nouveauté de grande qualité. Les éditions Colin-Bourrelier nomment "L'Alouette", une collection solidement reliée et  illustrée en couleurs, pour les 8/14 ans. C’est encore la « collection des "Prix Jeunesse" » (prix fondé, rappelons-le, par Michel Bourrelier en 1934) et c’est aussi une collection conçue pour la distribution des prix. Elle  a fait reparaître en 1956  L’Île rose de Charles Vildrac, bien illustrée en couleur par Romain Simon qui illustre aussi la réédition de La Colonie en 1957, l’année où Marie Colmont (1895-1938) propose son recueil, Le Cygne rouge et autres contes du wigwam. May d’Alençon (1898-1968) fait éditer Les Six garnements de la Roche-aux-chouettes, illustré par Pierre Belvès (les aventures de six garçons sauvageons et sympathiques que des adultes aident à retrouver le bon chemin) en 1957. Parmi les traductions, on relève en 1957, L’Arc-en-ciel vogue vers Masagara de Friedrich Feld (illustré par Pierre Noël) et Marycia, la princesse au cœur de glace et autres contes polonais de Corneille Makuszynski (1884-1954), finement illustré par Françoise Estachy.



  Chez Magnard

L'éditeur Roger Magnard, inventeur jadis des cahier de vacances et Pierre Argence, président du Groupe Paris-Lyon, créent le Prix Fantasia en 1954-55 « dans le but de promouvoir une saine littérature pour la jeunesse ». Les éditions Magnard ont adopté ce nom de "Fantasia" pour une collection de fiction dont les premier volumes, publiés en 1956, sont la réédition des Contes des mille et une bêtes de René Guillot et Mylord et les saltimbanques d’Elsie (Elsie Denise Million). En 1957, lorsque Renée Manière publie Selma des neiges, l'éditeur, encore peu préoccupé par la réalité sociale contemporaine, propose « une série d’œuvres choisies parmi les œuvres claires les plus évocatrices des franches couleurs du monde. (...) Celles qui sont capables de libérer l’élan vers l'aventure, le rêve, la féerie, les domaines enchantés, la magie, le voyage, en un mot, la merveilleuse découverte du monde... ».  En 1957, on relève Le Rouge gazon, peut-être inspiré par le séjour de l’auteur André Baruc quand il était inspecteur primaire à Epinal, Taro-San, le montreur d’images de M.-A. de Miollis et surtout La Montagne endormie de Léonce Bourliaguet, un auteur alors très apprécié des enseignants. 
Dans la collection "Sciences et aventures" (1945-1963), première collection d’anticipation pour les jeunes, Pierre Devaux et H.-G. Viot, publient en commun, dans la collection, une tétralogie dont un tom est édité en 1957 : Explorations dans le Micro-monde.  
                       
           

Chez Delagrave

Les très anciennes Éditions Delagrave, fondées au XIXe siècle, publient surtout des œuvres reconnues, constituées de « Nouvelles, Romans  et Variétés », dans leur "La Bibliothèque Juventa" (pour les 12-15 ans). On y réédite en 1957 Cinq-Mars d’Alfred de Vigny, Les Trappeurs de l’Alaska de Gustave Aimard, Parmi les auteurs les plus souvent publiés, on compte Charles Dickens, Walter Scott,  Balzac  et Alexandre Dumas.
On destine sans doute aux livres de prix des ouvrages grand format comme Le Roman de Renart, La Roche aux mouettes de Jules Sandeau, La Mare au Diable de George Sand ou Le Livre de la jungle de Kipling, illustré par Paul Durand.
La collection "La Mouette", orientée vers les 7-14 ans, est aussi une collection consacrée en priorité aux classiques. Ces éditeurs créent encore "Gentiane" pour les petits, "Bouton d'Or" (pour les plus de 8 ans), et "Pivoine" orientée vers les lecteurs de plus de 10 ans. Elles lancent encore, vers 1953, "Aventure et jeunesse", collection reliée, luxueuse et illustrée,  visant les 9-12 ans. D’Herman Melville paraît Veste blanche et de Paul Couture, Le Trésor du soleil.

            Chez Nathan

Fernand Nathan, éditeur de livres scolaires et de matériel éducatif depuis 1881 avait lancé en 1916 la "Collection des contes et légendes de tous les pays", ouverte à la mythologie antique, à l’Histoire et aux régions de France.
Après la guerre de 39-45 se développe la série "Contes et Légendes des régions de France", forte de 24 volumes en 1959. C’est ainsi que Louis Pitz se charge de la Lorraine (1956) ; Marie-Louise et Jean Defrasne, du Berry (1957). H. Clérisse propose une synthèse des Récits et Aventures polaires.
La collection "Enfants du monde" conçue par la photographe Dominique Darbois dès  1953 se compose d’albums contant des enfances exotiques, comme Kaiming, le petit pêcheur chinois en 1957, juste après Rikka la petite Balinaise  et Teïva, enfant des îles. de Francis Mazière (en 1956)

(L’éditeur scolaire Larousse ne semble pas avoir publié de récit pour la jeunesse en 1957.)

  Appréciées par l’enseignement public et soutenues par le syndicat des instituteurs, le S.N.I., d’où peut-être la pérennité d’œuvres à la présentation plutôt morne, les éditions S.U.D.E.L (ou SUDEL) ont lancé La "Collection Jeunes". On y retrouve Léonce Bourliaguet et, en 1957, Paul-Jacques Bonzon évoquant la Résistance dans Mon Vercors en feu.

Les éditions Gédalge, fondées en 1952, continue à publier des livres scolaires et livres de prix  (comme Le Pays du Dauphin vert d’Elisabeth Goudge) et dans sa collection La Comète", reliée, illustrée  et cousue, qui remplace "Les Loisirs de la jeunesse", permet à Henri de Monfreid, illustré par André Hofer, de raconter La Perle noire (1957) tandis que H. Clérisse met en récit La Conquête du grand Nord.
   



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