mercredi 13 décembre 2017

"Le Petit Canard", supplément jeunesse de "Bonjour Dimanche" (1946-1949) Première approche

« Le Petit Canard » supplément jeunesse de « Bonjour Dimanche »
Première approche

La presse juvénile franco-belge, en cette année 1946 et en dépit des pénuries de toutes sortes, est tout particulièrement riche. Outre Fripounet et Marisette, né en 1945, reparaissent les journaux catholiques Ames Vaillantes, Coeurs Vaillants (1946-1963) (Fleurus), Bayard (1946-1962), Bernadette (1946-1963) (Bonne Presse), Christiane (1946-1981).
Beaucoup d’entre eux ne dureront pas trois ans, tels L’Astucieux (1946-48), Bob et Bobette (1946-47), Cadet-Journal (1946), Coquelicot (1946), Dominique au large (1946-1947), France-Soir Jeudi (1946-1947), Frivolet (1946-1947),  Heroïc Albums (1946-1946), Jean-Bart (1946-1947), Jeudi magazine (1946-1947), Jeune Gars (1946-1948)  Le Journal de Bébé (1946- 1948), Kim (1946), Mon avenir (1946-1948), Mon Journal  (1946-1948), O. K. (1946-1949), Paris Jeunes (puis Aventures) (1946-1947), Pat (1946-1949), Pic et Nic et Cendrillon (1946-1948), Radar (1946), Récréation (1946-1947), Robin l'écureuil (1946), Tourbillon (1946-1947), Vaillante (1946-1948)… Seront plus solides des journaux déjà présents avant la guerre comme Fillette (1946-1964), La Semaine de Suzette (1946-1960) et Spirou (en Belgique en 1938, en France en 1946) mais aussi les nouveaux, Coq Hardi (1946-1955), Francs- Jeux (1946-1979), Tarzan (1946-1953), et Zorro (1946).


C’est dans ce contexte peu favorable, compte tenu du grand nombre de publications juvéniles en présence, que paraît Le Petit Canard. Dont la longévité excède de peu les 3 ans puisqu’il paraît de juin 1946 à août 1949.  
Né en 1946, ce supplément hebdomadaire « interdit aux grandes personnes » est donc destiné aux enfants, sans qu’il soit fait mention d’un âge particulier.
Il accompagne la publication hebdomadaire « Bonjour Dimanche » diffusé par plusieurs quotidiens régionaux, comme La Nouvelle république ou, dans les Vosges, le quotidien départemental La Liberté de l’Est.
Son rédacteur en chef qui signe Jaboune est bien connu puisqu’il s’agit de Jean Nohain (alias Jean-Marie Legrand, 1900-1981), conducteur de char et résistant, déjà créateur du journal Benjamin avant la guerre, animateur de radio et bientôt de télévision, auteur de chansons (pour Mireille), écrivain et éditeur… Il rédige d’ailleurs lui-même de nombreuses rubriques du journal.
Toutefois, à Noël 1946, on précise que le rédacteur en chef est Jean Tournebise.
Il s’entoure dès le départ d’auteurs et de dessinateurs, parfois connus comme Joseph-Porphyre Pinchon, l’auteur de Bécassine mais le plus souvent à l’aube de leur carrière, tels Jacques Faizant, Poléon (Louis Lempereur), Claude-Henri (Juillard), Martial (Durand) ou Daniel Laborne…  
 
         Première série

Le Petit Canard « interdit aux grandes personnes », publié sur 8 pages, change plusieurs fois de format entre sa naissance le 9 juin 1946 et sa disparition en août 1949.
On peut considérer deux séries, la première qui s’étend sur 130 numéros du 9 juin 1946 au 28 novembre 1948, la seconde pour 32 numéros parus entre le 2 décembre 1948  et juillet-août 1949.
(J'ignorerai la 3e série éphémère de la publication, publiée du 3 décembre 1950 au 28 mars 1951 mais sans Jean Nohain).  
Pardon pour la description un peu fastidieuse qui suit mais cet effort de clarification est d’autant plus nécessaire que ce supplément « jeunesse » est fort mal connu.

1) D’abord de format 24 cm sur 33, du numéro 1 au numéro 80, daté du 14 décembre 1947, Le Petit Canard « interdit aux grandes personnes » a pour rédacteur en chef Jaboune, alias Jean Nohain tout au long de son histoire.


2) Tout en maintenant sa hauteur, il adopte une largeur de 25 cm quand il prend pour titre Bonjour Dimanche avec son supplément le 21 décembre 1947 jusqu’au numéro 89, daté du 15 février 1948.



3) Redevenu en 1ère page Le Petit Canard le 22 février 1948 pour le n° 90, il conserve le même format (25 sur 33 cm) jusqu’au 21 mars 1948 (n° 94).


4)  Adoptant le titre Le Petit Canard pour la jeunesse et pour les plus jeunes avec le numéro 95, non daté (en fait, le 28 mars 1948), il passe à quatre pages de format géant : 33 cm sur 60. Ce format, malgré l’adoption de la polychromie, ne semble pas une réussite puisqu’il ne subsiste que jusqu’au n° 102 du 16 mai 1948.  


5) Le Petit Canard pour la jeunesse et pour les plus jeunes, en conservant la polychromie et en repassant à 8 pages, adopte le format 30 cm sur 43 le 23 mai 1948 (n° 103) jusqu’au 27 juin 1948 (n° 108).

6) L’hebdomadaire semble connaître une forte période de déclin.
En conservant le même format (30 cm sur 43) mais en passant à quatre pages seulement, il redevient Le Petit Canard interdit aux grandes personnes. Il perd en outre ses couleurs en page 1 et 4. Seules les pages intérieures 3 et 4 sont en couleurs. Ni la date, ni le numéro du supplément ne figurent à un endroit quelconque du journal.


Cette situation perdure jusqu’à la publication du n° 130 le 28 novembre 1948.
Nous verrons plus tard la seconde série, sans doute la plus riche et la plus divertissante.


2 commentaires:

  1. Ma mère a gardé longtemps (puis finalement s'est débarassée) le supplément d'un hebdomadaire dont je recherche le nom. Il se peut qu il s'agisse du petit canard. Il y avait à l'intérieur une bande dessinée racontant l'histoire d'un professeur fou qui commandait à une armée de robots. Un des personnages s'appelait "le major shutthedoor". .. Avez vous des indices?
    Et par ailleurs merci pour l' énorme travail que vous avez fait pour rassembler toutes ces informations.

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  2. Merci pour vos encouragements.
    Vous avez raison : "Le Petit Canard" a bien publié des bandes dessinées de Jacques Faizant avec le personnage du major Shutterdoor. La première parue dans la double page centrale de l'hebdomadaire débute le 11 mai 1947 (numéro 49) et se termine au numéro 78 le 30 novembre 1947. Elle s'intitule "Le Colonel Broum, Boudoche et Patapoum. Au départ, il s'agit de libérer le major Shutterdoor, prisonnier des Métacarpiens. (Dans cet épisode, il n'y a pas de robots).
    La deuxième bande publiée en dernière page du journal est intitulée : "Boudoche, Patapoum et l'infatigable Colonel Broum". Elle débute au n° 1 du 2 décembre 1948 et se termine dans le numéro 30 du 23 juin 1949. Broum, Boudoche, Patapoum, le major Shuttredoor et Lord Tablespoon sont prisonniers du roi des parapluies, M. Pebrok (alias Van Deboot) et doivent parfois se défendre contre les soldats du parapluie qui semblent agir comme des robots.

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