samedi 8 mai 2010

"L'Âge des étoiles", Laffont et la S-F des ados en 1977




Collection de S-F pour ados "L'Age des étoiles" (1977-1979) (Robert Laffont)

Dans le "Cercle des collections juvéniles", consacrées aux mondes imaginaires, faisons une place de choix pour cette collection quasi mythique.

« L’effet Guerre des étoiles », le film de George Lucas sorti en France en 1977, dope-t-il l'édition en matière de science-fiction pour la jeunesse? C'est très probable même si certains se désolent du « merchandising » (un mot aussi affreux que ce qu'il désigne), développé par la « Star Wars Corporation » : livres animés, maquettes, gadgets de toutes sortes.
Toujours est-il que deux collections mémorables vont voir le jour. Nous avons déjà vu "Travelling sur le futur", Voici maintenant la collection "L'Age des étoiles", entièrement consacrée à la science-fiction, chez Robert Laffont (1977-1979) où elle est animée par Karin Brown et Gérard Klein (déjà directeur de la prestigieuse collection pour adultes, "Ailleurs et demain").
Cette dernière-née, dont les couvertures sont illustrées par les meilleurs dessinateurs de bande dessinée : Enki Bilal, Serge Clerc, Gal, Loro, ou Jean-Claude Mézières ... est inaugurée avec La Porte des mondes de Robert Silverberg.
Elle vise un public de grands adolescents en leur proposant des ouvrages écrits pour les jeunes, soit par des auteurs anglo-saxons réputés, soit par des auteurs français connus dans le monde de la S-F. On traduit donc deux récits juvéniles et pleins d'entrain de Robert Heinlein : L'Enfant tombé des étoiles et Le Vagabond de l'espace, La Planète des ours d'Andre Norton (Alice Mary Norton), où Jony, prisonnier évadé de l'espace, reçoit le secours d'ours intelligents, et L'Enfant contre la nuit de Susan Cooper, quand le garçon Will tente de lutter contre les forces du Mal. Sous une couverture de Philippe Druillet, Christian Léourier propose, avec L'Arbre-Miroir, l'étrange rencontre de Gwentmaid, autochtone de la planète Gwyz et du jeune colon Dan alors que Michel Jeury (illustré par Robert Gigi et Serge Clerc), livre deux récits : Le Sablier vert, enfoui sous les ruines de la cité de Dirak, et Le Monde du Lignus, un monde vivant où la survie de Lorek Nolan n'est guère évidente. S'imposait aussi la présence de Christian Grenier dont Le Montreur d'étincelles délivre un message écologique, et de Michel Grimaud qui, avec L'Ile sur l'Océan Nuit, réclame justice pour les victimes du colonialisme. Après un bon choix de textes et un tirage à dix mille exemplaires, lorsque paraît en mars 1979, Galactica, La Bataille de l'Espace, on comprend que la collection doit s'arrêter. Ne paraîtra pas La Cité au bout de l'espace de Pierre Pelot, illustré par Jean-Claude Mézières, le dessinateur prestigieux de Valérian et Laureline. (Ce roman deviendra un "Fleuve Noir Anticipation", ce qui donne à réfléchir sur la notion, parfois floue, de livre pour la jeunesse !) Pourquoi cette collection a-t-elle en partie échoué ? Peut-être le format 21*11,5 a-t-il surpris et le prix était-il trop élevé (deux fois celui d'un « poche ») ?
Or cette élégante collection, aussi originale dans sa présentation séduisante que dans son contenu, mérite de susciter des nostalgies amplement justifiées.

"Travelling sur le futur", Duculot et la S-F en 1977




Reprenons le "Cercle des collections juvéniles disparues", des mondes imaginaires en faisant un bond vers 1977.

Collection de S-F pour ados "Travelling sur le futur" (Duculot)

"Travelling sur le futur", chez l'éditeur belge Duculot, développe aussi la S-F., dès 1977, et vise encore le public des 13/17 ans mais les couvertures sévères, constituées de photographies sensées évoquer le roman, sont peu attrayantes. Une vingtaine de titres sont publiés. Or, comme ils ne sont vendus, en moyenne, qu'à deux mille exemplaires, l'expérience est stoppée au bout de quatre ans. On y rencontrait pourtant de bons auteurs. John Christopher, dans Les Gardiens, met en évidence le combat de Rob fuyant la ville pour rejoindre les révolutionnaires. Quand Bertrand Solet écrit Les Frères des nuages, c'est pour imaginer une secte qui inhibe les esprits en 2025 tandis que Michel Grimaud défend un univers écologique avec Les Esclaves de la joie, avant d'évoquer Le Temps des gueux et le chômage. Parmi les auteurs français, notons encore Lucien-Guy Touati (Motus), Michel Corentin et Gil Lacq (L’Energie du désespoir) – il s’agit de l’énergie nucléaire -, et Christian Grenier pour Le Complot ordrien évoquant la montée de l’extrême droite. Il faut citer des traductions de Monica Hugues (Alerte au plateau 10 mettant l’accent sur les manipulations génétiques et Le Cerveau de la ville), de Bernice Grohskopf (L’Ecole idéale de Bruno Hauter), d’Eva-Maria Mudrich (Ferida, l’île du bonheur), de Nicholas Fisk (Les Prisonniers du temps), de Julien Van Remoortere (Le Livre interdit de Krista O.).
La directrice de collection, Christiane Lapp, qui dirigeait déjà la collection "Travelling" (déjà présentée sur le blog), n'est pas une spécialiste de la science-fiction.
Elle avait plutôt orienté sa collection vers l'anticipation réaliste chargée de donner une vision vraisemblable du futur. « A partir des découvertes scientifiques et technologiques actuelles, à partir de l'évolution de notre société, des problèmes politiques ou écologiques que nous connaissons aujourd'hui, on peut construire mille hypothèses sur ce que sera demain ». C'est le postulat au départ de la collection et c’est un postulat risqué. Comme l’écrit Christian Grenier dans La S-F à l’usage de ceux qui ne l’aiment pas (Le Sorbier, 2003, p. 119) : « Hélas l’actualité rend ces textes vite caducs ; c’est l’un des inconvénients de l’anticipation à court terme ! »
La création d'un fichier pédagogique consistant n'a pas réussi à convaincre suffisamment d'enseignants pour que l'expérience se poursuive.

mardi 27 avril 2010

Collection "Coq Hardi" : des petits romans d'aventures




Oui, la collection des romans "Coq Hardi" mérite bien de figurer dans "Le cercle des collections disparues" même si elle n'évoque pas toujours des mondes imaginaires.
Considérons sa présence comme un hommage à Paul Berato (alias Yves Dermèze, Paul Mystère, etc). Ses couvertures éclatantes fascinaient les jeunes lecteurs.

Collection « Coq Hardi » (1946-1950)

Dès novembre 1944, Marijac (alias Jacques Dumas) après son petit journal artisanal Le Corbeau déchaîné, crée son Coq Hardi, journal résistant (publiant Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac) mais aussi la bande dessinée de science-fiction mamorable : Guerre à la Terre, un journal si typiquement français qu'il est le creuset d'une nouvelle école.
En 1946, le journal a créé sa "Collection Coq hardi", de romans illustrés bon marché de 50 pages, brochés, de petit format, publiés aux éditions SELPA de Clermont-Ferrand. Paul Berato (1915-1989), un des maîtres du roman populaire qui est à l’origine de la collection, y publie des récits sous plusieurs pseudonymes. Il choisit celui de Paul Mystère dès le n° 1, L'Or des Alfourous, illustré par Marijac dont l'action se déroule en Nouvelle Guinée et pour les 5 titres suivants, depuis Les Forbans aux pépites jusqu’au n° 6, Les Mutins du champ d’or (en Alaska). De 1946 à 1950, il signera sept autres récits, dont Le Viaduc de la mort (1947) jusqu’à Drame au Texas. Le même romancier, sous le pseudonyme de Yves Dermèze, signera encore 12 romans d’aventures, depuis Premier message (1947) jusqu’au 46e et dernier titre, Vers la mine inconnue (septembre 1950), illustré par Dut. C’est encore Paul Berato qui se cache sous les pseudonymes de Maurice de Moulins (Les Exilés de la taïga, Les Démons de l’Apacheria), de Francis Hope (Le Serment du Sachem) et de Stève Evans (Les Pirates des îles). La collection lui doit donc un total de 29 titres sur 46 ! Il y avait de quoi susciter l’enthousiasme du jeune Michel Jeury qui finit par aller rendre visite en vélo au romancier résidant à 40 km de chez lui, alors qu’il l’imaginait à Dawson City ou à Hong-Kong !
D’autres textes sont écrits par des auteurs populaires comme George Fronval, Albert Bonneau (L’Insaisissable Cavender, 1948), Maurice Limat, Jean Normand, Jean Buzançais, Jacques Cézembre ou Edmond Romazières. Les illustrateurs sont le plus souvent des piliers du journal Coq Hardi : Dut, Etienne Le Rallic, Georges Bourdin ou Christian Mathelot.

COLLECTION COQ HARDI

N° 1 L'OR DES ALFOUROUS (1946) Paul MYSTÈRE MARIJAC
N° 2 LES FORBANS AUX PÉPITES Paul MYSTÈRE MARIJAC
N° 3 LES FUGITIFS DE L'AMAZONE (1947) Paul MYSTÈRE Etienne LE RALLIC
N° 4 LE MAÎTRE DE L'AMAZONIE Paul MYSTÈRE LE RALLIC
N° 5 L'ÉNIGME DU REAL PEARL Paul MYSTÈRE MARIJAC
N° 6 LES MUTINS DES CHAMPS D'OR Paul MYSTÈRE MARIJAC
N° 7 PREMIER MESSAGE Yves DERMÈZE DUT
N° 8 SOUS LA BANQUISE EN FEU Yves DERMÈZE DUT
N° 9 L'ESCLAVE NOIR Yves DERMÈZE LE RALLIC
N°10 LES COMPAGNONS DE LA TORTUE Y. DERMÈZE LE RALLIC
N°11 LES EXILES DE LA TAÏGA Maurice DE MOULINS DUT
N°12 LE TRAPPEUR DU LAC AUX DAIMS P. MYSTERE DUT
N°13 PERDU DANS LA BROUSSE J. CÉZEMBRE DUT
N°14 LE VIADUC DE LA MORT Paul MYSTÈRE DUT
N°15 L'INSAISISSABLE CAVENDER (1948) Albert BONNEAU DUT
N°16 LA PERLE DU PACIFIQUE J.CEZEMBRE DUT
N°17 LES ÉCUMEURS DU RIO GRANDE Albert BONNEAU DUT
N°18 RÉVOLTE A BORD Paul MYSTÈRE DUT
N°19 LES CONTREBANDIERS D'ARMES Edmond ROMAZIERES DUT
N°20 LE PAYS SANS SOLEIL Y. DERMÈZE DUT
N°21 LES VENGEURS DU SOLEIL J. NORMAND Georges BOURDIN
N°22 L'ÎLE DES DIEUX TERRIBLES Jean BUZANÇAIS DUT
N°23 PRISONNIERS DES DAYACKS Paul MYSTÈRE DUT
N°24 DRAME SUR LA BANQUISE Paul MYSTÈRE BOURDIN
N°25 LE SECRET DU LAC J. NORMAND BOURDIN
N°26 LA FORET QUI TUE Maurice LIMAT DUT
N°27 LE RETOUR DE L'ESCLAVE NOIR (1949) Y. DERMÈZE DUT
N°28 LA JUSTICE DU TIGRERO R. THIERRY DUT
N°29 LES PIRATES DES ÎLES STÈVE EVANS DUT
N°30 LE SHÉRIFF DE CLIFTON CITY George FRONVAL DUT
N°31 LES NAUFRAGES DU "SETUBAL" Y. DERMÈZE DUT
N°32 TRAQUES PAR LES BOSCHIMANS Y. DERMÈZE DUT
N°33 LA PISTE ENSORCELÉE JACK TAGLY DUT
N°34 LA REINE DU TUMUC HUMAC J. NORMAND DUT
N°35 LE TRÉSOR DES PIRATES Paul MYSTÈRE DUT
N°36 LES DÉMONS DE L'APACHERIA DE MOULINS DUT
N°37 LA PART DU PIRATE J. NORMAND DUT
N°38 LE MAÎTRE DES GLACES Y. DERMÈZE DUT
N°39 LES RESCAPÉS DU POLE SUD (1950) Y. DERMÈZE DUT
N°40 LA FIN DU SANTIAGO Paul MYSTÈRE DUT
N°41 LE SERMENT DU SACHEM Francis HOPE DUT
N°42 LES VAINQUEURS DU CIEL ALEX COUTET MATHELOT
N°43 DRAME AU TEXAS Paul MYSTÈRE DUT
N°44 PRISONNIERS DES ÎLES BISSAGOS G. FRONVAL MATHELOT
N°45 LES DIAMANTS DE L'AMAZONIE Y. DERMÈZE DUT
N°46 VERS LA MINE INCONNUE Y. DERMÈZE DUT

D’après la bibliographie établie par Louis Cance et H. Swieltlik dans la revue HOP ! n° 38,
parue au cours du 4e trimestre 1985.

"Artima" ou le récit complet ouvert à la S-F




"Artima" : le récit complet en B.D. ouvert aux mondes imaginaires

Le grand éditeur de province de récits complets, sous la direction d’Emile Keirsbilk, fut sans doute Artima de Tourcoing, débutant de 1943 à 1949 par des albums, puis en 1948 par des séries de récits complets.
Surtout depuis l'abandon, en 1952, du format à l'italienne pour le format « à la française », on connaît ses fameuses nouvelles séries mensuelles de 36 pages aux couvertures mémorables et éclatantes de couleurs. Ce furent d'abord en 1952, Ardan, Audax, Aventures film, riche en westerns (un genre présent aussi dans Tex Bill, dessiné par René Mellies).
Il y eut aussi Dynamic et Tony Cyclone, une mémorable histoire d’aviation. Jungle, histoire de l'Ouest et guerre sont présentes en 1954 avec la naissance de Tarou, « fils de la jungle » créé par Bob Dan qui remplace sous un aspect débonnaire le Tarzan mis hors circuit par la censure en 1953, Red Canyon (dans le gener "western") et Vigor(1954-1962) (hébergé auparavant par Aventures-Films). Il faut encore citer Fulgor (1955-58), Foxie (1956-1985), Hardy (1955-58), Ouragan (1955-1958), Panda (1957-59), Téméraire (1958-1962) et Tempest. L'adoption du format de poche en 1960 marque la fin d'une période mythique.

Mais nous voudrions nous attarder sur les fascicules de science-fiction et de fantastique publiés par l’éditeur.
En mai 1953 naît la série de science-fiction la plus connue et la plus recherchée par les collectionneurs : Météor (due aux frères Raoul et Robert Giordan, surtout sur des textes de Lortac). La série compte les aventures du trio constitué par Spencer, Sam Spade et Texas jusqu’en juin 1962.
Le genre est encore représenté en 1956 par Atome Kid (1956-1959)et Cosmos (1956-1961), ces deux fascicules étant surtout connus pour la bande anglaise La Famille Rollinson dans l’espace. En 1957, peu de temps après le lancement du satellite russe qui lui donne son nom, apparaît Spoutnik qui reprend d’abord lecontenu des 8 premiers Météor des frères Giordan. Un an plus tard paraissent Sidéral (1958-1962), Aventures Fiction (1958-1960), un des meilleurs titres Artima et Monde futur (1959-1960) avec des bandes d’origine surtout espagnole. Pour finir apparaît l’éphémère Bat Man (1960).
Si les jeunes lecteurs se précipitent sur ces fascicules colorés et peu coûteux, inutile de préciser que les « prescripteurs » condamnent ou feignent d’ignorer ces lectures populaires.

Collection "Caravelles" ('Fleurus) : quelques récits conjecturaux




Les 4 récits illustrés ci-dessous n'ont rien de conjecturaux



Voici encore un élément pour le "Cercle des collections juvéniles disparues" des mondes imaginaires.

"Caravelles" (1957-1958) et l'anticipation

En 1957, les éditions catholiques Fleurus, vingt ans après leur création, forte du succès des collections "Jean-François", première née en 1950 et "Monique", lancée en 1953, souvent alimentées par les récits prépubliés dans les journaux Cœurs vaillants, Ames vaillantes et Fripounet et Marisette, créent la collection "Caravelles" qui ne vivra que deux ans (1957-1958). , en publiant quelque quatorze titres.
L’intérêt de cette collection réside surtout dans le fait qu’elle a publié plusieurs récits conjecturaux.
Les ouvrages sont doublement illustrés, en noir et blanc et grâce à quelques hors-texte en couleurs. Son titre astucieux évoque à la fois l’esprit d’aventure d’un Christophe Colomb et le nouvel avion français. Si Georges Bayard, alias Georges Travelier, un an avant la série des Michel, y publie La Chanson du Cabestan en 1957, si L.-N. Lavolle écrit pour elle l’exotique Mango, si l’on y rencontre encore Rémi Mayan (Au grand pays blanc) et Jean-Marie Audibert (Le Tour du monde en quatre jours), ce petit ensemble est surtout original par la place accordée à ce que l'on n'ose encore nommer la science-fiction.
Jean de Trigon propose L'Homme qui vivra mille ans, un titre explicite. Dans ce récit illustré par Robert Rigot, le Breton Hervé Keridec ne vieillit que d’un an tous les dix ans.Ch.-L. Souvelier touche au genre avec La Fantastique expédition Star quand les explorateurs rencontrent des animaux disparus et marchent "sur les traces de l'homme préhistorique". Jacques Chabar (en plus de récits sur les grands aviateurs avec Des aventures dans le ciel), propose le récit, L'Etoile du fond des mers. Cette étoile qui est en fait une arme dangereuse, une fusée mystérieuse venue de l’espace avant de plonger dans l’océan puis de retourner à la légende.
Pierre de Sarcus, avec La Ville souterraine, renverse le problème racial en imaginant une ville située dans les entrailles d’une île où « les Blancs sont les esclaves des Nègres ».
Le romancier américain Harold Leland Goodwin (1914-1990) choisit le pseudonyme de John Blaine pour publier en 1958, trois ouvrages d’anticipation dans la collection "Caravelles". Il s’agit en fait d’ouvrages tardivement traduits puisque déjà publiés aux U.S.A. en 1947. La Fusée du Docteur Brant (The Rocket’s Shadow, récit prépublié dans Fripounet et Marisette, en 1957) évoque la future conquête spatiale. Dans La Cité interdite (The Lost City), les deux amis Rick et Scotty vont au « Thibet » avec deux savants qui veulent émettre des ondes sur la Lune avec un radar. L’expédition mouvementée se termine par l’échouage du groupe dans une Cité où des Mongols veillent sur le tombeau de Gengis Khan. Les membres de l’expédition échappent miraculeusement à un éboulement qui engloutit la cité et la mission peut enfin s’accomplir. On retrouve Rick et Scotty dans L’Or des mers (1958, Sed Gold), sur la côte du Connecticut, aux Etats-Unis. Ils sont embauchés dans une usine du bord de mer où des ingénieurs extraient divers minéraux de l’eau de l’océan. Sabotages, risque de noyade, attaque de l »usine poussent Rick et Scotty à poursuivre jusqu’à New-York ces rivaux de l’industrie en création, finalement pris au piège. Mais on ne voit guère dans ce roman des éléments propres à l'anticipation.
Notons que de John Blaine, les éditions O.D.E.J., dans leur collection « J », publieront en 1960, Le Temple englouti, un récit dans lequel intervient un étrange sous-marin.
Notons que la collection arrive trop tard pour publier La Cité du serpent à plumes de Jacques Chabar, déjà édité dans la collection "Jean-François", lequel fait intervenir des faits fantastiques alors que Le Retour du Serpent à plumes publié dans "Caravelles", du même Jacques Chabar est un récit purement historique, cette fois.

dimanche 25 avril 2010

Guy SABRAN La Croisière du Nébulor Fusée atomique



J'ajoute cette illustration de couverture d'un livre également paru en 1946.

Guy Sabran : La Croisière du Nébulor Fusée atomique (G.P.)

En 1946 paraissait un album peu connu et étonnant de l’illustrateur Guy Sabran (né en 1902). On sait qu’il est le frère de Jean Sabran plus connu sous son nom de romancier, Paul Berna dont il illustre souvent les ouvrages aux Editions G.P. (Générale Publicité).
Nous y reviendrons quand nous aborderons les collections « Bibliothèque Rouge et Or », « Rouge et Bleue », « Dauphine » et « Souveraine »...
Pour l’heure, parlons de La Croisière du Nébulor fusée atomique. Images de Guy Sabran.
Ce grand album de grand format 23 cm sur 31 cm totalise 32 pages avec des illustrations tantôt monochromes, tantôt polychromes.
Les parents des garçons Michel, Jacques et Julien Boutte-Burette ( !) reçoivent, parmi d’autres convives, l’éminent professeur Urlunium qui évoque le métal rarissime l’utopon mais le savant vient surtout de mettre au point une machine volante équipée de moteurs à réaction utilisant la force utopique. C’est le « Nébulor-Fulgor » !
Plus tard, dans son lit Michel rêve qu’il pilote le Nébulor, en compagnie de ses deux frères et du chien Mikey. Le vol de la fusée atomique connaît des épisodes plus ou moins burlesques avant la fin du « cauchemar de l’utopie ».
Cet album, très attrayant du point de vue graphique, semble réunir des aspects qui risquaient d’attirer la réprobation des adultes en 1946. Même s’il s’agit d’une vision très optimiste du progrès, c’est un récit de science-fiction, ou plutôt d’anticipation, un genre qui suscite alors la réprobation. En outre ce sont des enfants qui jouent le rôle essentiel. Enfin, au cours du vol, le chien Mikey explose. Heureusement, ce n’était qu’un rêve !

P.S : Je viens d’inscrire cet album dans la bibliographie de Guy Sabran sur Wikipédia où il ne figurait pas.
En revanche l’album est commenté et la couverture bien reproduite (Ill. n° 113, pages 258-259) dans l’ouvrage publié sous la direction d’Olivier Piffault : Babar, Harry Potter & Cie Livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui (BNF)

vendredi 23 avril 2010

Collection "Sciences et Aventures" (Magnard)




Reprenons le "Cercle des collections juvéniles disparues" en ciblant d'abord celles qui sont consacrées aux mondes imaginaires. Voici donc :

"Sciences et aventures" (Magnard)

Les éditions Magnard, fondées en 1933, obtiennent leur premier succès grâce à la création du cahier de vacances Loulou et Babette. Elles publient ensuite des ouvrages scolaires et des romans pour la jeunesse dans diverses collections
La collection "Sciences et aventures" (1945-1963), première collection d’anticipation pour les jeunes, dirigée par le polytechnicien Pierre Devaux (1897-1969) est lancée à la fin de la guerre et privilégie les romans de cet auteur, collaborateur du journal Le Téméraire en 1943 et vulgarisateur scientifique.
Comme le montre déjà l'ouvrage Les Aventuriers de la science (chez Gallimard en 1943, réédité chez Magnard et réédité jusqu'en 1962), la vision de la science chez Pierre Devaux est délibérément optimiste, voire enthousiaste. Le Bordelais Pierre Devaux est surtout l’auteur de XP 15 en feu !, ouvrage souvent réédité, illustré par René Bresson en 1945, par Roger Brard en 1948 et doté d’une couverture de Jean-Marie Desbeaux dans la collection "Fantasia" en 1958 et de celle de Michel Gourlier en 1969 (pour "tl"). Les voyages interstellaires sont imaginés comme possibles en utilisant la force nucléaire. Bien que l’ouvrage soit sous-titré « Voyage dans le système solaire », le jeune héros Robert Lyax s’attarde surtout sur la Lune même si l’on évoque Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. On doit aussi à Devaux L’Exilé de l'Espace (1948), sous-titré « Aventures dans le système solaire », illustré par Roger Brard et réédité en 1958. On retrouve dans ce récit Robert Lyax devenu commandant à la fin de l’aventure.
Autre auteur important de la collection, l’instituteur H.-G. Viot qui écrit Le Chronastro, Fantastique randonnée au travers du temps, illustré par Alain Carrier, en 1949 (réédité en 1953). Le petit-fils du professeur Etelfay, MIchel Etelfay, entré imprudemment dans le chronastro, machine à voyager dans le temps, se retrouve au XVIIIe siècle au temps du bandit Cartouche puis au XXIIIe siècle. Viot s’inspire beaucoup de H.G. Wells. Les auteurs, Pierre Devaux et H.-G. Viot s’associent pour écrire une tétralogie. Le 1er tome s'intitule Explorations dans le Micro-monde (1957) (devenu Micromonde dans l’édition de 1966, illustrée par Michel Bonnand). La jeune fille Mariette partie dans le monde de l'infiniment petit donne bien du mal à son père et à son fiancé pour la retrouver dans cet univers microscopique? vient ensuite L'Ecolier invisible (1950, réédité en 1956 et 1963, illustré par Maurice de La Pintière), puis La Minute dérobée et La Conquête d'Almériade (1960), parfois sous-titré La Cité aux portes d’or, ce dernier livre étant illustré par Christian Fontugne.
Le Périgourdin Jean-Louis Galet, avec Les Paladins d’Auberoche (1963), illustré par Serge Vialis, associe aperçus historiques et voyage dans le temps, à la fin du Moyen Âge, quand on ressuscite la vie d'une cour de province pendant la guerre de Cent Ans.
Quelques ouvrages reparaîtront dans les collections "Fantasia" ou "Le Temps d’un livre ", après la disparition de cette aînée qui fait figure de précurseur dans le domaine de ce qu’on n’ose pas encore, dans les collections juvéniles, appeler la science-fiction.
D'autres ouvrages publiés dans la collection n'évoquent pas de mondes imaginaires. Citons Le Mystère du Foraisan (1946, réédité en 1957) d'A.E. Mars-Vallett, illustré par André Galland, qui décrit les aventures de jeunes spéléologues dans les gouffres alpins, L'Or de la Muzelle (1959, réédité en 1966) de l'alpiniste Jacques Boell et du photographe Marcel Ichac est illustré par Simone Deleuil. Le récit, La Pierre de soleil (1961) de Gille Phabrey semble un pur roman d'aventure.

Sur la collection, ne pas manquer de consulter les essais de Christian Grenier et le Forum BDFI.
Consulter également le site litteraturepopulaire.winnerbb.net

mercredi 21 avril 2010

Littérature de jeunesse et presse des jeunes vu par Véronique Delarue


Illustration et maquette de la couverture : Renaud Perrin

Voici une vision critique d'ensemble de l'ouvrage déjà évoqué précédemment.

Article extrait de la revue INTER-CDI n° 218
Culture pro
Véronique Delarue


Raymond Perrin. - Littérature de jeunesse et presse des jeunes au début du XXIe siècle : Esquisse d’un état des lieux, enjeux et perspectives. - L’Harmattan, 2008. - 582 p. - Bibliographie, table des matières, index des noms de personnes. - ISBN 978-2-296-05257-4 : 43 euros. Disponible en ebook sur : www.editions-harmattan.fr : 30,10 euros.
Raymond Perrin, ancien professeur documentaliste, nous entraîne, avec ce deuxième ouvrage consacré à la littérature de jeunesse [1], au cœur de l’édition jeunesse. Ce nouvel essai est une véritable mine d’informations : un incontournable outil de formation et de référence sous forme d’un état des lieux de l’édition, des événements éditoriaux, des genres et des divers supports de la littérature de jeunesse (fiction) de 2000 à 2006.
L’édition des ouvrages et des journaux pour la jeunesse, véritable industrie avec ses contraintes commerciales, se porte plutôt bien. Depuis plus d’une vingtaine d’années, on constate le nombre croissant d’éditeurs qui créent un secteur jeunesse ou lancent de nouveaux journaux, même si leur existence est parfois éphémère et leur qualité inégale. L’ouvrage n’ignore aucun genre romanesque, du roman d’aventure au récit historique en passant par le policier, la science-fiction, le merveilleux, le fantastique et la fantasy, y compris le manga. Il intègre également la presse des jeunes dont il suit l’évolution tout au long du siècle. Le livre pour enfants est fragile et vulnérable. Aujourd’hui ce n’est plus seulement comme autrefois, par intérêt pour les enfants et les adolescents, que des éditeurs, séduits par un marché en pleine croissance, créent un secteur jeunesse. Engagée dans une politique de rentabilité, l’édition n’hésite pas à voir au plus bas les tirages de ses ouvrages, au profit de quelques best-sellers auxquels elle réserve une publicité tapageuse et un marketing efficace. Ces succès de l’édition fascinent les médias plus par l’argent qu’ils génèrent que par leurs qualités esthétiques et littéraires, et participent à maintenir dans l’ombre collections et éditeurs qui résistent héroïquement à la pression des modes en privilégiant la qualité.
Une culture à deux vitesses
Les ouvrages en grand format, de plus en plus nombreux, entretiennent une ambiguïté quant à l’âge des lecteurs auxquels ils s’adressent et créent une culture à double vitesse. Les familles modestes ne peuvent acheter les fictions à 15 ou 30 $ et doivent attendre leur sortie en collection de poche, deux à trois ans plus tard, si l’éditeur en a décidé ainsi ! Si leur situation géographique n’est pas favorable, les lecteurs moins fortunés doivent se contenter des interminables séries bon marché, bien en évidence dans les supermarchés d’où beaucoup de « bons » éditeurs jeunesse sont souvent absents. L’auteur remarque que les albums et les beaux livres restent le traditionnel cadeau de fin d’année et les trois derniers mois de l’année accusent de loin les meilleures ventes.
Après ces propos liminaires suit une chronologie des fictions jeunesse du XXe siècle : une rétrospective rapide sur le siècle précédent [2] sous forme de liste ne retenant que dix titres « incontournables » par an. L’auteur précise toutefois que le tri fut parfois douloureux et que chaque titre est cité comme étant représentatif d’une époque et d’un contexte. Cependant, le choix individuel est souvent largement tempéré par la citation de titres imposés grâce aux prix [3] obtenus qui font autorité depuis des années. Un aperçu pour tenter de rendre compte de la richesse d’un univers littéraire qui a toujours été négligé. La partie suivante, réservée aux événements éditoriaux, concerne les rachats, les fusions, le pouvoir des groupes éditoriaux mondiaux et, surtout, les conséquences sur le respect des règles de la concurrence. L’auteur souligne que, dans cette situation éditoriale mouvante et instable, des outils, si imparfaits soient-ils, sont plus que jamais nécessaires pour appréhender la lecture d’un paysage de plus en plus diversifié, de plus en plus complexe, pour opérer une sélection et tenter de conserver des « coups de cœur » qui n’auront rien à envier à la littérature générale.
30 ans en 2007 ! La collection Folio junior, devenue « modèle de poche » est vite imitée : son format ainsi que la publication de textes en version intégrale. Une réussite d’autant plus remarquable que Gallimard ne disposait pas de la logistique des éditeurs implantés depuis longtemps dans le domaine. Une innovation capitale qui, après les classiques, étoffera le fonds en s’ouvrant aux nouveautés. Aujourd’hui plus que jamais, la collection conserve et entretient un fonds de qualité, mêlant fonds ancien, régulièrement enrichi, et fonds contemporain. La collection Livre de poche jeunesse, chez Hachette – à laquelle pas moins de onze pages ont été consacrées –, créée deux ans après sa grande rivale Gallimard, veut représenter tous les genres et tous les styles, mais surtout être un palier avant la littérature adulte. En 2006, la collection comptait plus de 1 200 titres en catalogue. Elle profite d’une bonne implantation dans le milieu enseignant par le biais des manuels, et d’une très large diffusion dont elle a la maîtrise. En 1980, arrive la collection Castor poche chez Flammarion. Toujours en bonne santé, elle se décline aujourd’hui selon les âges et les genres. Son catalogue dépassait les 1 000 titres en 2006.
Après une brève histoire des collections jeunesse avec un bilan en chiffres pour chaque année, les résultats de certains prix littéraires, l’auteur s’intéresse à l’album, en rappelant l’histoire depuis les origines, insistant sur les étapes majeures, notamment celles des années 1980-1990, et soulignant la qualité et la variété de la production française dont la renommée est portée par de nombreux éditeurs : L’École des Loisirs, Seuil Jeunesse, Albin Michel, Gallimard, Actes Sud, Le Rouergue, Thierry Magnier, Rue du Monde, Sarbacane, L’Atelier du Poisson soluble, Grasset.
En ce qui concerne la scolarisation accentuée de la littérature de jeunesse, l’auteur n’oublie pas d’en signaler l’influence en précisant les aspects incitatifs, mais aussi les limites des listes de références. Rien n’est laissé au hasard, les différents genres fictionnels sont analysés. Chacun peut y suivre le panorama de son genre préféré : roman historique, énigme policière, récit fantastique ou de science-fiction, roman d’aventure, etc. Dans le pertinent chapitre XII sont abordés les « romans pour ados », une littérature aux contours flous définie par son public plutôt que par son genre, aux thématiques parfois dérangeantes, qui n’hésite pas à aborder la sexualité, les relations familiales, la violence, l’adolescence et qui possède ses propres collections Médium, Scripto, Tribal, Les Uns les autres, doAdo, Babel j…, dans lesquelles on retrouve de nombreux auteurs qui ne publient pas seulement pour la jeunesse.
Une bibliographie, un index des noms propres (près de 3 000 noms d’auteurs, d’illustrateurs, de scénaristes, d’éditeurs et de directeurs de collections) facilitent la consultation. Un véritable travail de mémoire. Malgré quelques commentaires – superflus – de l’auteur de-ci de-là, il faut retenir de cet ouvrage qu’il est incontestablement complet, remarquable et très bien documenté : un outil indispensable à la formation professionnelle !
Notes
[1] Le premier, Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans (1901-2000), proposait déjà un aperçu original et pertinent de l’ensemble de la production. Disponible en format .pdf sur www.editions-harmattan.fr
[2] Pour plus d’informations, se reporter à l’ouvrage Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans, du même auteur. L’Harmattan, 2005.
[3] Prix Jeunesse des années 30, prix Sorcières, Tam-Tam, Baobab, Les incorruptibles…

N.B. : La note 2 n'est plus d'actualité puisque Fictions et journaux pour la jeunese au XXe siècle (L'Harmattan, 2009) est une version grand format largement revue et très augmentée (plusieurs centaines de milliers de signes en plus) d'Un siècle de fictions.

mardi 20 avril 2010

Littérature de jeunesse et mondes imaginaires


Illustration et maquette de couverture : Renaud Perrin

Les mondes imaginaires dans Littérature de jeunesse et presse des jeunes au début du XXIe siècle
Il n'est pas inutile de revenir sur l'évocation des mondes imaginaires dans un gros ouvrage de 580 pages (édition 2008) où cet aspect est peut-être un peu noyé dans l'ensemble. Jean-Pierre Andrevon (dans L'Ecran fantastique), Jacques Baudou (dans Lunatique 78-79), Christian Grenier(sur son site Internet) ont évoqué cet aspect.


Table des chapitres 8 et 9, eux qui évoquent, entre autres auteurs, J.K Rowling, Tolkien, C.S. Lewis, Philip Pullman, Chris Wooding, Cornelia Funke, Michael Ende, Christopher Paolini, etc. (pour les auteurs traduits).
Parmi les auteurs francophones, notons Jean-Pierre Andrevon, Sophie Audouin-Mamikonian, Eric Boisset, Anne-Laure Bondoux, Pierre Bordage, Pierre Bottero, Serge Brussolo, Fabrice Colin, Laurent Genefort, Pierre Grimbert,Alain Grousset, Christian Grenier, Johan Heliot, Christophe Lambert, Nathalie Le Gendre, Erik L'Homme, Jean-Marc Ligny, Henri Loevenbruck, Alexandre Malagoli, Danielle Martinigol, Xavier Mauméjean, Jean Molla, Pierre Pelot,etc.

VIII L’irrésistible extension des domaines du merveilleux : conte, fantastique et surtout fantasy.................................... 241

1 : Des contes traditionnels ou modernes, aux sources de l’imaginaire (242),
« Contes et légendes » et fidélité, chez Nathan (244), Des contes venus des cultures du monde entier (245), Les contes des « poches » généralistes (248)

2 : Un fantastique popularisé et aux racines solides (249),
De 2000 à 2006, le cercle des collections disparues (251), Le fantastique des trilogies, des cycles et des courtes séries (255)

3 : La fantasy, reine de l’imaginaire au début du XXIe siècle (260),
La fantasy est-elle un genre défini et à part entière ? (260), Il y a sorciers et sorciers ! (263), Portes vers l’autre monde, épées, grimoires et talismans … (264), Des oeuvres fondatrices et motrices du genre (266), Quelques exemples d’une présence hexagonale (267), Les livres juvéniles précurseurs de la fantasy (269), Fantasy et cinéma : entente cordiale pour un enchantement (270), La fantasy juvénile publiée en France, de 2000 à 2006 (271), Gallimard jeunesse : quelques longueurs d’avance (273), Les nouveaux orphelins de la fantasy pour la jeunesse (277) Quête initiatique ou quête de ses origines ? (278), Vrais et faux orphelins (279), Les héroïnes sont des orphelines comme les autres (280), La fantasy animalière a aussi ses orphelins (284), Les orphelins de l’heroic fantasy ou d’ailleurs (285)

IX Discrétion de la science-fiction concurrencée, en dépit de la qualité des « Autres mondes » ……………………….... 289
Petite rétrospective de la science-fiction juvénile (290), De l’anticipation à la science-fiction (293), Enfin des collections juvéniles, estampillées « science-fiction » ! (295), La science fiction juvénile, de 2000 à 2006 (297), Des titres dispersés dans les collections généralistes (298), Quelques cycles, trilogies et diptyques (298), « Le Cadran bleu », une collection devenue « historique » (303), « Autres mondes », une collection de S-F exemplaire (305)

lundi 19 avril 2010

Fripounet, Marisette et les arcades de Remiremont




Il y a 60 ans, les arcades de Remiremont, dans Fripounet et Marisette

En 1942, pour rendre plus attrayante la Lettre aux jeunes ruraux de l’abbé Marchand, René Bonnet (1905-1998), dessinateur et scénariste, crée le personnage du malicieux Fripounet, rejoint en 1945 par sa sœur, la gentille Marisette. Les deux enfants qui vivent à la campagne dans la ferme de leur oncle Luculas et de la tante Camille, vont donner naissance, chez Fleurus, en novembre 1945 au bimensuel Fripounet et Marisette (devenu hebdomadaire en 1947), lequel publie leurs aventures à la Une. Le journal au public mixte s’adresse plutôt aux jeunes lecteurs de la campagne, à la différence des autres journaux Fleurus, plus urbains, tels Cœurs vaillants pour les garçons et Ames vaillantes pour les filles. René Bonnet qui signe parfois Herboné ne stoppera sa série qu’en 1968, lorsqu’il est subitement « remercié » par des éditeurs bien ingrats. (La série est reprise par d’autres auteurs en 1984)
En 1950, apparaît pour la première fois l’excentrique clerc de notaire Abélard Tiste qui entraîne souvent les enfants dans des aventures mystérieuses ou abracadabrantes. René Bonnet publie alors chaque semaine dans le journal éponyme une planche de l’épisode Les Semelles d’or.
Un héritage imprévu est soumis à la condition que Fripounet et Marisette retrouvent une paire de vieux brodequins à remettre à un couple de vieux forains. C’est le début d’une odyssée dans la campagne française.
Même s’il n’est pas dit clairement que l’histoire se déroule dans les Vosges, le mot Lorraine est présent à la page 8. Fripounet et Marisette descendent du train à la gare de Miramont (un nom transparent) et bientôt apparaissent clairement dans plusieurs planches, les arcades de la ville de Remiremont (surtout à la page 29).
D’ailleurs, dans une correspondance échangée avec un bibliothécaire de la ville de Remiremont, M. Baland, René Bonnet a reconnu s’être inspiré de la cité romarimontaine. On voit en outre dans l’album des représentations de la montagne vosgienne et de ses forêts de sapins.

L'album Les Semelles d'or a été réédité par les éditions Triomphe en 2001.