mardi 27 avril 2010

Collection "Caravelles" ('Fleurus) : quelques récits conjecturaux




Les 4 récits illustrés ci-dessous n'ont rien de conjecturaux



Voici encore un élément pour le "Cercle des collections juvéniles disparues" des mondes imaginaires.

"Caravelles" (1957-1958) et l'anticipation

En 1957, les éditions catholiques Fleurus, vingt ans après leur création, forte du succès des collections "Jean-François", première née en 1950 et "Monique", lancée en 1953, souvent alimentées par les récits prépubliés dans les journaux Cœurs vaillants, Ames vaillantes et Fripounet et Marisette, créent la collection "Caravelles" qui ne vivra que deux ans (1957-1958). , en publiant quelque quatorze titres.
L’intérêt de cette collection réside surtout dans le fait qu’elle a publié plusieurs récits conjecturaux.
Les ouvrages sont doublement illustrés, en noir et blanc et grâce à quelques hors-texte en couleurs. Son titre astucieux évoque à la fois l’esprit d’aventure d’un Christophe Colomb et le nouvel avion français. Si Georges Bayard, alias Georges Travelier, un an avant la série des Michel, y publie La Chanson du Cabestan en 1957, si L.-N. Lavolle écrit pour elle l’exotique Mango, si l’on y rencontre encore Rémi Mayan (Au grand pays blanc) et Jean-Marie Audibert (Le Tour du monde en quatre jours), ce petit ensemble est surtout original par la place accordée à ce que l'on n'ose encore nommer la science-fiction.
Jean de Trigon propose L'Homme qui vivra mille ans, un titre explicite. Dans ce récit illustré par Robert Rigot, le Breton Hervé Keridec ne vieillit que d’un an tous les dix ans.Ch.-L. Souvelier touche au genre avec La Fantastique expédition Star quand les explorateurs rencontrent des animaux disparus et marchent "sur les traces de l'homme préhistorique". Jacques Chabar (en plus de récits sur les grands aviateurs avec Des aventures dans le ciel), propose le récit, L'Etoile du fond des mers. Cette étoile qui est en fait une arme dangereuse, une fusée mystérieuse venue de l’espace avant de plonger dans l’océan puis de retourner à la légende.
Pierre de Sarcus, avec La Ville souterraine, renverse le problème racial en imaginant une ville située dans les entrailles d’une île où « les Blancs sont les esclaves des Nègres ».
Le romancier américain Harold Leland Goodwin (1914-1990) choisit le pseudonyme de John Blaine pour publier en 1958, trois ouvrages d’anticipation dans la collection "Caravelles". Il s’agit en fait d’ouvrages tardivement traduits puisque déjà publiés aux U.S.A. en 1947. La Fusée du Docteur Brant (The Rocket’s Shadow, récit prépublié dans Fripounet et Marisette, en 1957) évoque la future conquête spatiale. Dans La Cité interdite (The Lost City), les deux amis Rick et Scotty vont au « Thibet » avec deux savants qui veulent émettre des ondes sur la Lune avec un radar. L’expédition mouvementée se termine par l’échouage du groupe dans une Cité où des Mongols veillent sur le tombeau de Gengis Khan. Les membres de l’expédition échappent miraculeusement à un éboulement qui engloutit la cité et la mission peut enfin s’accomplir. On retrouve Rick et Scotty dans L’Or des mers (1958, Sed Gold), sur la côte du Connecticut, aux Etats-Unis. Ils sont embauchés dans une usine du bord de mer où des ingénieurs extraient divers minéraux de l’eau de l’océan. Sabotages, risque de noyade, attaque de l »usine poussent Rick et Scotty à poursuivre jusqu’à New-York ces rivaux de l’industrie en création, finalement pris au piège. Mais on ne voit guère dans ce roman des éléments propres à l'anticipation.
Notons que de John Blaine, les éditions O.D.E.J., dans leur collection « J », publieront en 1960, Le Temple englouti, un récit dans lequel intervient un étrange sous-marin.
Notons que la collection arrive trop tard pour publier La Cité du serpent à plumes de Jacques Chabar, déjà édité dans la collection "Jean-François", lequel fait intervenir des faits fantastiques alors que Le Retour du Serpent à plumes publié dans "Caravelles", du même Jacques Chabar est un récit purement historique, cette fois.

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