vendredi 11 novembre 2011

Les Périodiques français pour la jeunesse en 1935




Les Périodiques pour la jeunesse
Bureau International d’Education Genève 1936

C’est une évidence : les études sur la presse des jeunes sont plutôt rares, en particulier avant la Deuxième Guerre Mondiale. Voilà pourquoi j’étais très heureux, au cours de cette année 2011, d’acquérir l’ouvrage paru à Genève en 1936, au Bureau International d’Education, intitulé Les Périodiques pour la jeunesse.
Hélas, quelle ne fut pas ma déception à la lecture de cet opuscule qui avait pourtant toutes les apparences du « sérieux » : papier de qualité, impression soignée, participation de « spécialistes » faisant partie d’une « commission d’experts pour l’étude de la littérature enfantine »…
Pour la France, on note la participation de Mathilde Leriche, bibliothécaire à l’Heure joyeuse de Paris et auteur d’un Essai sur l’état actuel des périodiques français pour enfants (Revue des livres et des bibliothèques, 1935) et de Marie –Thérèse Latzarus à qui l’on doit La Littérature enfantine en France dans la seconde moitié du XIXe siècle (Presses Universitaires de France, 1923).
Je m’abstiendrai, pour l’instant, de commentaires et je me contente de livrer les pages 82 à 84 consacrées aux journaux juvéniles français

FRANCE

a) Périodiques pour les enfants particulièrement signalés par nos collaborateurs
BENJAMIN. 14, rue Brunel, Paris XVIIe. Format du journal pour grandes personnes. Rubriques : actualités, science, histoires, contes, concours, contributions d'enfants ; les abonnés se réunissent au « club des Benjamins ». (Hebd. g. et f. 9 13).

COPAIN COP. Presses universitaires de France, 49, Bd 1
St Michel, Paris Ve. Édité sous le patronage de l'Office central de la Coopération à l'école ; publie des histoires suivies, des contes, actualités, travaux manuels, contributions d'enfants, parmi ces dernières des dessins accompagnés de critique et de conseils de spécialistes. (Bi mens. g. et f. 9 13.)

ÉCLAIREUR DE FRANCE (L'). 8, rue Bossuet, Paris Xe.
Un des meilleurs journaux d'éclaireurs publiés en France. (Bi mens. g. 12 15.) ,

ENFANTS ET JEUNES DE FRANCE. 31, rue Guyot, Paris,
XVII°. Paraît sous le patronage de Éducation, revue destinée aux parents, contient romans, récits d'aventure, rubriques consacrées à l'actualité, aux sports, oeuvres d'abonnés, ceux ci ont un club dont la devise est Pro patria laboremus. (Bi mens. g. et f. 11 15).

ESPÉRANCE (L'). Unions Chrétiennes de France, 94, rue St Lazare, Paris. Revue d'inspiration protestante, publie des matières variées. (Mens. g. et f. 15 20).

JEUNESSE. 52, avenue de Breteuil, Paris. Organe de la Croix Rouge de la jeunesse. (Mens. g. et f. 9 13.)

LECTURES DE LA JEUNESSE (Les). 26, rue du Temple, Saumur. Biographies, histoires suivies, jeux, section réservée aux écrits et aux dessins d'enfants. (Mens. g. et f. 8 13).

LIVRES ROSES (Les). Larousse, 13 à 21, rue Montparnasse, Paris VIe Contes et légendes de France et de l'étranger, récits d'aventure, biographies d'hommes célèbres ; chaque numéro forme un tout. (Bi mens. g. et f. 10 14).

MON JOURNAL DE FRANCE. E. Nourry, 62, rue des Écoles, Paris Ve. Revue dédiée aux écoliers de France et aux écoliers du monde entier qui apprennent le français, contient des articles sur la France, le monde, la langue française, etc. (Trim. g. et f. 12 16).

LIVRETS DE MON CAMARADE (Les). 8, avenue Mathurin Moreau, Paris XIXe Publication destinée à l'enfance ouvrière et paysanne », chaque numéro contient une histoire complète ; ont paru des récits de Vaillant-Couturier, Maxime Gorki. (Mens. g. et f. 12 15).

NOËL (Le). Maison de la Bonne Presse, 5, rue Bavard, Paris VIIIe. Revue d'inspiration catholique ; matières variées, une rubrique réservée aux travaux des abonnés sur des sujets proposés par la rédaction. (Hebd. f. 15 17).

PLUME (La). 10, rue de Richelieu, Paris I . Publié par le Secrétariat des éclaireuses, s'adresse aux < Petites files ». (10 numéros. par an, f. 7 12.)

SEMAINE DE SUZETTE (La). Gautier Languereau, 18, rue Jacob, Paris VIe. .Journal à gros tirage, publie contes, romans, poésies, travaux manuels, jeux, articles sur tous les sujets susceptibles d'intéresser des fillettes. (Hebd. f. 8 13).


b) Journaux écrits par les enfants

BON CAMARADE (Le). 1, rue René Pauline, Paris VIe. (Mens. g. et f. 11 14).

ENFANTINES. Éditions de l'Imprimerie à l'École, Vence (Alpes Maritimes). (Mens. g. et f. 7 15).

EN HERBE. 18, rue Président Wilson, Châtellerault (Vienne). (Mens. g. et f. 13 15).

FURET (Le). L'Heure Joyeuse, 3, rue Boutebrie, Paris Ve (Mens. g. et f. 8 16).

GERBE (La). L'Imprimerie à l'École, Vence (Alpes Maritimes). (Bi mens. 5. et f. 7 15).

c) Articles consacrés aux journaux pour enfants

BAUCOMONT, Jean. Les périodiques pour la jeunesse. (L'École libératrice, 1932, n° 28.)
BELLIOT, Henri. Journaux pour enfants. (L'École libératrice, 1933, n° 13.)
Benjamin. (Bull. de l'Enseignement public du Maroc, 1935, n° 37.)
CHENNEVIÈRE, André D. Les journaux d'enfants. (Toute l'édition, 1932, n° 151.)
CLOUZOT, Étienne. Les journaux d'enfants. (Revue intern. de l'enfant, 1926, n° 5.)
FREINET, C. L'imprimerie à l'école. Boulogne, E. Ferrari, s. d.
GUÉRITTE, T. J. Un journal mensuel par et pour les enfants de 13, 14, 15 ans. (La nouvelle éducation, 1935, n° 134.)
Journaux d'enfants. (L'École libératrice, 1933, n° 15.)
LATZARUS, Marie Thérèse. La littérature enfantine en France dans la seconde moitié du XIXe siècle (voir p. 151 168). Paris, les Presses universitaires de France, 1923.
LERICHE, Mathilde. Essai sur l'état actuel des périodiques français pour enfants. (Revue du livre et des bibliothèques, 1935, n° 10.)
PERRET, C. Dans le cadre officiel. Application de la méthode Decroly à la rédaction d'un journal d'école. (Pour l'ère nouvelle, 1934, n° 97.)
RICHARD, Marius : Un grand hebdomadaire pour les enfants : « Benjamin » (Toute l’édition, 1933, n° 202).

Remarques :
1) ENFANTS ET JEUNES DE FRANCE paraît un titre curieux. On connaît mieux Les ENFANTS DE FRANCE (publication patronnée par Le Figaro) qui absorbe JEUNES DE FRANCE en 1936.
2) COPAIN-COP s’intitule plutôt Le JOURNAL DE COPAIN-COP
3)
3) Des journaux (sans doute éphémères), ont totalement disparu de la mémoire collective. Leur présence dans cette liste ne semble pas devoir s’imposer
4) Ce « choix », qui, précise-t-on, n’est pas une « sélection » privilégie les journaux éducatifs, peu illustrés et l’on sent plus qu’une méfiance vis-à-vis de la bande dessinée qui entre pourtant dans son premier âge d’or » dès 1934. Je sais que ces propos, bien anodins, vont déplaire tant il ne faut pas toucher à certains tabous et à la réputation de certaines personnes intouchables pour lesquelles on voudrait qu'existe une totale et éternelle suspension du sens critique. On va encore me dire que ces personnes "étaient de leur temps", ce qui ne veut rien dire.

La liste que je propose privilégie les journaux écrits par les enfants, en particulier ceux qui sont nés sous l’influence de Célestin Freinet. Si l’on cite LE BON CAMARADE ( ?), on fait l’impasse sur MON CAMARADE (qui a l’audace de publier de la bande dessinée !).
Les derniers renseignements ayant été recueillis vers 1935, on admettra volontiers que soient absents les journaux : BAYARD, L’AVENTUREUX et JUNIOR, tous tris nés en 1936.
En revanche, un dossier futur donnera un tableau plus complet de la presse des jeunes en 1935. Ainsi saisira-t-on mieux les lacunes, parfois incompréhensibles et fort injustes de cette liste aussi partiale que partielle.

jeudi 29 septembre 2011

Pierre PELOT et les traductions en allemand de ses "romans jeunesse"


Pierre PELOT : Les « romans jeunesse » traduits en allemand

C'est en allemand qu'ont été le plus souvent traduits les romans jeunesse de Pierre Pelot. En voici la liste.
- Herz unter der Asche - Würzburg : Arena Verlag, 1978. Ill. de couv. : Ingrid Mizsenko
(Le Coeur sous la cendre, 1974)

- Gesucht wird : (1) - Aarau und Frankfurt : Sauerlânder Verlag, 1977. Ill. de couv. : Jorg Müller
(2) Ravensburger Taschenbücher Otto Maier Verlag, 1980. Ill. de couv. : Jorg Müller
(Le Ciel fracassé)

- Die Haut des Indianers Würzburg : - Würburg : Arena Verlag, , 1980. Ill. de couv. : Herbert Holzing (Sierra brûlante)

- Junikâfer - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1979. Ill. de couv. : Gerhard Rockel (Je suis la mauvaise herbe, 1975)

- Kuckucksschnee - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1978. Ill. de couv. : Gerhard Rockel (Les Neiges du coucou)

- Der Flug zur vierten Galaxis – Stuttgart : Boje-Verlag (Weltraumabenteuer), 1976, 77, 78, 79, 80. Ill. de couv. : Klaus Bürgle (Les Légendes de Terre, 1973)

- Der Zug endet hier - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1980. Ill. de couv. : Gerhard Rockel (Le Pantin immobile)

- Die Haut des Indianers – Würzbuch : Arena Verlag, 1980. (Sierra brûlante)

- Sternsuche - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1978. Ill. de couv. : Peter Fink (Les Etoiles ensevelies)

- Stromabwârts gegen Zeit und Tod – Stuttgart : Union Verlag, 1980. Ill. de couv. : Peter Repp (La Drave)

- Verlorenes Brot (1) - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1977.
(2) - Autre traduction : - Lous Rückkehr Ravensburger Taschenbücher, 1984.
(Le Pain perdu)

- Der Zug endet hier - Dortmund : Hermann Schaffstein Verlag, 1980. Ill. de couv. : Erich Hölle (Le Pantin immobile)

- Aik des Rebell (1) - Stuttgart : Boje Indianergeschichte, 1973 et 1987. Ill. de couv. : Erich Hölle.
(2) Innsbrück : Obelisk Verlag, 1975. Ill. de couv. : Helga Demmer. (L’Unique rebelle)

- In der Falle –Aarau, Franfurt am Main : Verlag Sauerländer, 1978. Ill. de couv. : Rita Mühlbauer et Hanno Rink (Le Renard dans la maison)

- Dylan Stark : Ritt durch dis Hölle - Fribourg, Bâle, Vienne : Verlag Herder, 1982. Ill. : Michel Blanc-Dumont (Quatre hommes pour l'enfer 1)

- Dylan Stark : Die Stunde der Rache - Fribourg, Bâle, Vienne : Verlag Herder, 1982. Ill. : Michel Blanc-Dumont (La Couleur de Dieu 2)

- Dylan Stark : Um Kopf uns Tragen - Fribourg, Bâle, Vienne : Verlag Herder, 1982. Ill. : Michel Blanc-Dumont (La Horde aux abois 3)

- Dylan Stark : Zorn der Gerichten - Fribourg, Bâle, Vienne : Verlag Herder, 1983. Ill. : Michel Blanc-Dumont (Les Loups dans la ville 4)

Merci à l'excellent bibliographe et ami, Alain Sprauel, qui m'a permis d'acquérir quelques-unes de ces traductions.
Pour davantage de précisions, consulter "ecrivosges", le site animé par Bernard Visse.

mercredi 28 septembre 2011

Pierre PELOT : Bibliographie des "romans jeunesse" : 3e partie




Pierre PELOT : Bibliographie des « romans jeunesse » :
3e partie


VI CONTES JUVENILES :

Les Aventures de Victor Piquelune / P. Pelot. - Amitié, 1977. - (Ma première amitié) Couv. et ill. d'A. Laval. (J, C, SF)
Un Bus capricieux / P. Pelot. - Amitié, 1981. - (Ma première amitié ; 29) Ill. C. Nadaud. (C, J)
Vincent, le chien terriblement jaune / P. Pelot, Dylan Pelot (Ill.). - Pocket, 1995. - (Kid pocket, Les grandes histoires de la vie ; J 151) (J, C) N. E. : 2005.
Vincent en hiver / P. Pelot, Dylan Pelot (Ill.). - Pocket, 2000. - (Kid pocket, Les grandes histoires de la vie ; J 549) (J, C) N. E. : 2005. – (Albums).
Vincent et le canard à trois pattes / P. Pelot, Dylan Pelot (Ill.). - Pocket, 2001. - (Kid pocket, Les grandes histoires de la vie ; J 666) (J, C)
Vincent et les évadés du Zoo / P. Pelot, Dylan Pelot (Ill.). - Pocket, 2002. - (Kid pocket, Les grandes histoires de la vie) (J, C)
Vincent au cirque / P. Pelot, Dylan Pelot (Ill.). – Pocket jeunesse, 2003. - (Kid pocket ; J 1198) (J, C)

VII ROMANS DE SCIENCE-FICTION
Une Autre Terre / P. Pelot. - Hatier, 1972. - (Jeunesse poche anticipation ; 18) Couv. ill. de C. Auclair ; Sélection J.L.P., 1973. ; N. E. : - Amitié, 1983. - (Les Maîtres de l'aventure) ; Ill. V. Roux. 1er ép. de la série "Arian Dhaye".
L'Ile aux enragés / P. Pelot. - Hatier, 1973. - (Jeunesse poche anticipation ; 28) couv. ill. de C. Auclair. 2e épisode de la série "Arian Dhaye".
Les Légendes de Terre / P. Pelot. - G. P., 1973. - (Olympic ; 58) Ill. J. Retailleau ; Sélection J.L.P. ; N.E. : - L.G. F., 1984. - (L. P. J. ; 178) ; Ill. C. Vicini.
Le Pays des rivières sans nom / P. Pelot. - G.P., 1973.(Spirale ; 207) Couv. et ill. de J. Pecnard ; N. E. : - Milan, 1988. (Zanzibar ; 26). Couv. ill. de J. Polonski. Réimp. 1992 (Nelle couv. de P.-H Turin). Réimp. 1995 (Nelle couv. de M. Goubier). (4 couvertures différentes chez Milan)
L'Expédition perdue / P. Pelot. - Nathan, 1994. (Pleine Lune) Ill. C. Merlin.

VIII Le merveilleux scientifique ou « paléofiction »

Le Rêve de Lucy / P. Pelot, Y. Coppens ; T. Liberatore (Ill.). - Seuil, 1990. (La Dérivée) (MS). N.E. : Le Seuil, Points, 97.
Au temps de la préhistoire / P. Pelot : Le Sorbier, 2002. – 48 p. ill. diverses et photographies en couleur. (La Vie des enfants) (Doc. J.)
Nouvelle édition : La Martinière, 2005. Ill. de couv. Elisabeth Ferté.

IX Roman fantastique

La Fille de la Hache-Croix / P. Pelot. Ill. de couv. P. Pelot.
- Paris : Magnard, 1998. - 104 p. ; 19 cm. (Les Fantastiques) (J. F)

X Récits Policiers

Le Père Noël s'appelle Basile / P.Pelot. - Syros, 1993. - (Souris Noire Plus ; 35) Ill. M. Daniau. (J,P) ; N. E. : Syros, 1996. - (Souris Noire ; 46). Ill. de couv. Lewis Trondheim. N.E. : Syros, 1998. - (Souris noire ; 17) Ill. de couv. Jacques Ferrandez.
Le Rire du noyé (roman-photo) / P. Pelot, J-Y. Camus et des adolescents de Vandeuvre. Bibl. munocipale de Vandeuvre-les-Nancy, 1995.
Le Seizième round / P. Pelot. Messidor, 1990. - (LF 12) Ill. R. Botti. (RCAd, P, V)
Cimetière aux étoiles / P. Pelot ; ill. Jacques Ferrandez.
- Paris : Syros, 1999. - 91 p. couv. ill. en coul. de J. Ferrandez, 17 cm.
- (Souris noire poche ; 39)

XI Novélisation

Hanuman : Entrez dans la légende du Dieu Singe / P. Pelot ;
Ill. de couv. C+D. Millet. - Paris : Denoël, 1998. - 280 p. ; 23 cm.
(novélisation d'après le scénario de Fred Fougéa et Michel Fesser).

XII Nouvelles et récits courts divers (sélection)

La Révolte de Robe d’arbre (Pierre Pélot)
- Juin-Juillet-Août 1967 ; Journal "Record" (Bayard-Presse) : numéros 66-67-68
Le Mirage (Pierre Pelot) : 04/02/1971 ; Hebdomadaire "Tintin" n° 1162
Dyan le vieux (Pierre Pelot) : Octobre 1972, Journal mensuel "Record", n°10, (Bayard-Presse)
La colline des espoirs : in Contes de Noël illustrés par Sophie Kniffke ; pp. 73-80. 3 illustrations pleine page et couleurs de Sophie Kniffke. - Ed. de l'Amitié G.T. Rageot : Paris, 1987
Parole de chat : dans Contes et Légendes de l’An 2000, anthologie d’Elisabeth Gilles Sebaoun. - Paris : Nathan, 1999
Horu-Ha l’enfant du clan (Ill. Armelle Le Guillerm) : 10 Histoires pour mes 10 ans (Fleurus, 2004)
Avant Jonas (Ill. Elisem) : 10 Histoires pour mes 10 ans (Fleurus, 2004)
Chat malin Pif-Gadget n° 1, juillet 2004, Pif Editions.

Quelques rares ouvrages n’appartiennent pas à des collections pour la jeunesse mais ils peuvent être lus avec profit par les jeunes de 8 à 15 ans.

Pierre PELOT : Bibliographie des "romans jeunesse" : 2e partie




Pierre PELOT : Bibliographie des « romans jeunesse »
2e partie


III LES AUTRES ROMANS « AMERICAINS » :

La Drave / P.Pelot. - G.P. , 1970. - (Olympic ; 37). (J, Av. am.). Rééd. : - G.P. , 1977. (Grand angle ; 31) ; N.E. : - L.G.F., 1991. - (L. P. jeun. ; 353). Ill. J-P. Colbus. Diplôme du meilleur livre Loisirs Jeunes, 1970.
L'Unique rebelle / P. Pelot. - Amitié, 1971.- (Bibliothèque de l'amitié ; 77) Ill. G. Di Maccio ; (J, Av. am). Prix jeunesse, 1971. ; N.E. : - Amitié, 1982. - (Les Maîtres de l'aventure) ; Ill. G. Guédon.
N.E. : Editions Larousse, 2011(Les Contemporains, classiques de demain). Edition de Marion Baudriller, Ill. de couv. anonyme.
La Révolte du Sonora / P. Pelot. - G.P., 1972. - (Olympic). Ill. D. Dupuy et F. Dupuis. (J, W)
Les Epaules du diable / P.Pelot - G. P., 1972. (Olympic ; 49)
Ill. D. Dupuy et J. Retailleau ; (J, W) ; Sélection 1000 Jeunes Lecteurs, 1973 ; Sélection J.L.P., 1973. ; Rééd. : G. P., 1980. - (G.S.) ;
N.E. : - Castor poche Flammarion, 1993. - (Castor Poche senior ; 398)
Les Larmes de la jungle / P. Pelot. - Rageot, 1991. - (Cascade) Ill. de Morgan. (A.Am, J)

IV DE LA BANDE DESSINEE AU ROMAN :

Le Train ne sifflera pas trois fois / P. Pelot - G.P., 1974. - (Spirale ; 212) ill. D. Dupuy (J, W). Sélection J.L.P., 1974. N.E. - Paris : L.G.F., 1983. - (Le Livre de poche jeunesse ; 99) ill. P. et G. Brizzi. N.E. ; - Paris : CNELBLA, 1989. (gros caractères), ill. de J.-L. Didelot. ; - Paris : CNELBLA, s. d. - 3 volumes en braille.
La Poussière de la piste / P. Pelot. - G.P., 1975. - (Spirale ; 230)
Couv. et ill. de O. Anamur. (J, W)
La Guerre du castor / P. Pelot. - G.P. , 1971. - (Spirale ; 171) ; R. 1973, 1976. Ill. J. Pecnard. (J, W)

V LES ROMANS CONTEMPORAINS DU RAYON JEUNESSE :

Les Etoiles ensevelies / P. Pelot ; ill. R. Blachon.
- Amitié, 1972. - (Bibliothèque de l'amitié ; 82). (RC, J, V). 3 ill. de couverture différentes.
Diplôme Loisirs jeunes 1972, Sélection Prix des 13 1972, Sélection J.L.P. 1973, Sélection 1000 jeunes lecteurs 1973, Mention Prix Européen de Littérature de jeunesse, Province de Trente, 1973, Aiglon d'or au Festival de Nice. - Adapté pour la télévision en 1974 par Pierre Cardinal, réalisation M. Tournier. Cassette VHS, INA-CRDP. Durée 70 mn. ; couleur VHS SECAM. N.E. : Ill. A. Romby et F. Boudignon. - Rageot, 1990. - (Cascade)
Le Cœur sous la cendre / P. Pelot. - Amitié, 1974. (Les Chemins de l'amitié) (J, R CAd, V) Diplôme Loisirs Jeunes, 1974 ; Sélection J.L.P., 1975 ; Sélection 1000 Jeunes Lecteurs, 1976 ; Grand Prix Européen de Littérature jeunesse, Province de Trente, 1977.
Le Pain perdu / P. Pelot.-G.P., 1974. - (Grand angle ; 3) (Adapté en téléfilm par Pierre Cardinal en 1975; diffusé en 1977.) (J, RCAd, V).
N.E. : - Messidor, 1991. - (LF 12) Ill. R. Botti + éd. en braille : 4 vol.
Je suis la mauvaise herbe / P. Pelot. - G.P., 1975. - (Grand angle ; 8) (J, RC, V) Sélection Prix des Treize, 1975 ; Sélection J.L.P., 1976 ; Sélection 1000 Jeunes lecteurs, 1976. ; N.E. : - L.G.F., 1981. - (Le Livre de poche jeunesse ; 61) Ill. A. Szabo.
Le Ciel fracassé / P. Pelot. - Amitié, 1975. - (Les Chemins de l'amitié; 15). (J, RCAd, V) Sélection 1000 Jeunes lecteurs, 1976.
Les Neiges du coucou / P. Pelot. - G.P., 1975. - (Grand angle ; 16) (J, RCAd, V)
Le Pantin immobile / P. Pelot. -Paris : Amitié, 1976. (Les Chemins de l'amitié ; 18). Adapté pour la télévision par Michel Guillet et Pierre Pelot en 1983. (J, RCAd, V)
Le Renard dans la maison / P. Pelot. - Amitié, 1977. - (Les Chemins de l'amitié ; 21) (J, RCAd, V) Prix Jean Macé
Le Mauvais coton / P. Pelot.- Amitié, 1978. - (Les Chemins de l'amitié ; 26) (J, RCAd, V)
Le Canard à trois pattes / P. Pelot, W. Camus, J. Coué.- Duculot, 1978. (Travelling ; 35) (J, RCAd)
Les Canards boiteux / P. Pelot. - G.P., 1978. - (Grand angle ; 45) (J, V)
Fou comme l'oiseau / P. Pelot. - Amitié, 1980. - (Les Chemins de l'amitié) (J, RCAd, V). Adapté pour la télévision par Fabrice Cazeneuve en 1983.
La Passante / P. Pelot. – Flammarion, 1999. – (Tribal) (J, RCAd).

mardi 27 septembre 2011

Pierre PELOT : Bibliographie des "romans jeunesse" 1ère partie






Pierre PELOT : Bibliographie des « romans jeunesse » de Pierre Pelot 1ère partie


Puisque Pelot fait un retour inopiné dans la « littérature jeunesse », c’est le moment idéal pour rendre compte de l’importance de ses romans dans ce domaine, même s’il n’y a pas eu d’inédit depuis La Passante en 1999.
Remarque d’importance : Pelot a toujours affirmé qu’il n’écrit pas « pour la jeunesse » mais que certains de ces livres sont publiés « dans les collections pour la jeunesse ». L’ensemble représente tout de même le tiers de ses créations et bien des titres ont malheureusement disparu des catalogues des éditeurs. Une raison de plus pour en rappeler l’existence. Puisque les couvertures sont reproduites, nous avons tenu à signaler les noms des divers illustrateurs pour leur rendre un juste hommage.

Légende des abréviations :C : conte pour enfants F : fantastique P : policier
SF : science-fiction
W : western Av. am. : aventure américaine au XX e siècle.
RCAd : roman contemporain pour adolescents
MS : Merveilleux scientifique ou « paléofiction ».
Doc. : Documentaire
J : paru dans les collections pour jeunes
Romans des Vosges, ou des marges alsaciennes ou saônoises signalés par la lettre V
"D.S." : série Dylan Stark, épisodes classés chronologiquement, (J, W)
N. E. : nouvelle édition Rééd. : réédition Réimp. : réimpression

I LES PREMIERS ROMANS WESTERNS :

La Piste du Dakota / P.Pélot. - Gérard & C°, 1966.(Marabout Junior ; 319) ; (J, W) + éd. en braille ; (5 volumes).
N.E. : - Pétrelle, 1999. Rééd. : Gallimard, 2001, (Folio ; 3490)
Black Panache / P. Pélot - Gérard & C°, 1966. (Marabout Junior ; 323) (J, W) ; N.E. : Black Panache, le hors-la-loi / P. Pelot -Bayard-Presse, 1984. (Revue Je bouquine ; 5) Version abrégée et corrigée. Couv. et ill. de P. Gillon. ; Black Panache, le hors-la loi /P. Pelot - Le Livre de poche, 1987. (L.P.J.- Je bouquine ; 302) Couv. et ill. de Paul Gillon. ;
Black Lightning : adaptation en B.D. de Michel Blanc-Dumont, Revue "I love english", n° 10 & n° 11. (Texte en anglais) - Bayard-Presse, 1988.
La Légende d’Eclair noir : adaptation en B.D. de Michel Blanc-Dumont Pif Gadget n° 7 (Février 2005) (Texte français)
Comme se meurt un soleil / P. Pélot - Gérard & C°, 1966. - (Marabout junior ; 329) (J, W)
La Longue chasse / P.Pélot - Gérard & C°, 1966. - (Marabout junior ; 333) (J, W)
La Tourmente / P.Pélot - Gérard & C°, 1966. - (Marabout junior ; 341) (J, W)
Les Croix de feu / P.Pélot - Gérard & C°, 1966. - (Marabout junior ; 347) (J, W) ; N. E. : Les Croix en feu / P. Pelot (même récit)
- Flammarion, 1992. -(Castor Poche Senior ; 357)
- N. E. : Les Croix en feu / P. Pelot (même récit) - L’Atalante Jeunesse, 2008. – Coll. « Le Maedre », couv. de Gilles Francescano.
La Nuit du Diable / P.Pélot - Gérard & C°, 1967. - (Marabout junior ; 349) (J, W)
De Soleil et de sang / P.Pélot.- Gérard & C°, 1967. (Bibliothèque Marabout géant ; 276) ( W ) (réunit 9 récits chronologiques).

II La série « DYLAN STARK » : 20 volumes classés selon l'ordre des actions.

Quatre hommes pour l'enfer / P. Pélot - Gérard & C°, 1967. (Pocket Mar. ; 2). "D. S. 1" ; (J, W) ; Gérard & C° , 1967. 63 p. ; 24*36 mm. (dans un porte-clés). ; N. E. : - Casterman, 1980. - (L'Ami de poche ; 10) ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes)
N. E. : - Le Navire en pleine ville, 2007. – (Sous le vent – Classiques).
Le Vent de la colère / P. Pelot. - Amitié, 1973. - (Bib. de l'am.; 92) "D.S. 2". Ill. de M. Gay. Sél. J.L.P. 1974. (J, W) ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
La Couleur de Dieu / P.Pélot. - Gérard & C°, 1967. ; "D. S. 3" (J, W). Sél. Prix des Treize 1967. ; N.E : - Casterman, 1980. - (L'Ami de Poche ; 10) + scénario inédit : Une Ombre dans la ville ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
N. E. : - Le Navire en pleine ville, 2006. – (Sous le vent – Classiques).
La Horde aux abois / P.Pélot - Gérard & C°, 1967.- (Pocket Marabout ; 11) "D. S.4" . (J,W) ; N.E. : - Casterman, 1980. (L'Ami de poche ; 14) ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
Les Loups dans la ville / P. Pélot.- Gérard & C°, 1967.
- ( Pocket Marabout ; 20) ; "D. S.5" (J, W) N.E. : - Casterman, 1981. - (L'Ami de poche ; 16) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Les Loups sur la piste / P. Pélot. - Gérard & C°, 1967. - ( Pocket Marabout ; 21) ; "D. S. 6" . (J, W) N.E. : - Casterman, 1981. (L'Ami de poche ; 20) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Les Irréductibles / P. Pelot *. - Gérard & C°, 1967. - ( Pocket Marabout ; 26) ; "D. S. 7" (J, W) (* fin du pseudo : Pélot). N.E. : - Casterman, 1981. - (L'Ami de poche 26) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Le Hibou sur la porte / P. Pelot. - Gérard & C°, 1967.
- ( Pocket Marabout ; 34) ; "D. S. 8" ; (J, W) Sélection Prix des Treize,1974. Sélection Jeunes - Lecture Promotion,1975. N.E. : - Amitié, 1974. (Bib. de l'amitié 102). Ill. de P. Petit Roulet.N.E. : - Casterman, 1981. (L'Ami de poche ; 32) N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
La Marche des bannis / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. - ( Pocket Marabout ; 41) ; "D. S. 9" (J, W). N.E. : - Casterman, 1982. - (L'Ami de poche ; 41) N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Deux hommes sont venus / P. Pelot. Dans l'hebdomadaire Tintin, du n° 1010 au n° 1022, février-mai 1968. ; "D. S. 10". Ill. coul. de Hermann. (J, W) ; N.E. : Deux hommes sont venus suivi de 7 h 20 pour Opelousas :- Gérard & C°, 1968. - (Pocket Marabout ; 52). N.E. : Deux hommes sont venus - Casterman, 1983. -(L'Ami de poche ; 54) N.E. Deux hommes sont venus suivi de 7 h 20 pour Opelousas : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
La Peau du nègre ; suivi de : L'Homme-qui-marche / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. ( Pocket Marabout ; 47) ; "D. S. 11". (J, W) ; N.E. : La Peau du nègre - Casterman, 1982. (L'Ami de poche ; 44) N.E. La Peau du nègre ; suivi de : L'Homme-qui-marche :, Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Quand gronde la rivière / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968.- ( Pocket Marabout ; 58) "D. S. 12". N.E. : - Paris : Amitié, 1975. - (Bibliothèque de l'amitié ; 109) Ill. de Claude Auclair. N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Plus loin que les docks / P. Pelot. - Bruxelles : Lefrancq, 1998. Dylan Stark. 2. 1998, (Volumes).- pp. 739-843. "D.S. 13"
Un Jour, un ouragan / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. - ( Pocket Marabout ; 63) ; "D. S. 14" . (J, W) N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Le Tombeau de Satan / Préface de Hergé. - Gérard & C°,1969. - (Pocket Marabout. ; 68) ; "D. S. 15". (J, W)
La Loi des fauves / P. Pelot. - Gérard & C°, 1969. - ( Pocket Marabout) ; "D. S. 16" . (J, W)
L'Homme des monts déchirés / P. Pelot.1969. Dans l' hebdomadaire Tintin, du n° 1095 au n° 1107, oct. 1969-janv. 1970 ; "D.S. 17". Ill. coul. de Hermann. (J, W)
L'Erreur / P. Pelot. 1971. Dans l'hebdomadaire Tintin, du n° 1173 au n° 1179. avril-juin 1971, "D.S. 18". Ill. coul. de Hermann. (J, W)
Sierra brûlante / P. Pelot. - R. Laffont, 1971. Ill. J-O. Héron - (Plein vent ; 76) ; "D.S. 19". (J, W) ; N.E. : - Gallimard, 1980.- (Folio Junior ; 110). Ill. P. Collier. Réimp. 1982, 1988. N.E. : Pocket Junior, 1998.
N. E. : - Le Navire en pleine ville, 2006. – (Sous le vent – Classiques).
Pour un cheval qui savait rire/ P. Pelot. - Amitié, 1982. - (Les Maîtres de l'aventure) (J, W) En fait, il s'agit d'un "Dylan Stark", Man se substituant au métis cherokee. "D.S. 20"

Pour le contenu des Dylan Stark, se reporter aux 3 chapitres du blog abordant le cycle ou lire la préface que j'ai fournie pour le volume Dylan Stark. 2

Pierre Pelot et L'Unique Rebelle dans les "Classiques Larousse"


PELOT : L’Unique Rebelle dans les « Classiques Larousse »

Pierre Pelot fait un retour inattendu dans l’univers de la « littérature jeunesse » grâce à Larousse et à sa collection « Les Contemporains, classiques de demain » qui présente une édition commentée de l’Unique Rebelle, « avec un dossier pédagogique » de Marion Baudriller.
En fait, ce roman publié il y a 40 ans dans la « Bibliothèque de l'amitié », avec des illustrations de G. Di Maccio et réédité, toujours aux éditions de l’Amitié, dans la collection « Les Maîtres de l'aventure » en 1982, avec des illustrations de Gilbert Guédon, a gardé toute sa fraîcheur et sa force contestataire.
En 1946, au Nouveau Mexique, les Indiens Navahos, parqués dans les « réserves » imposées par les Blancs, souffrent de la sécheresse qui s’intensifie. Le représentant du gouvernement de l’Etat, un ancien marine assoiffé de sang, veut faire abattre les chevaux pour éviter les épidémies et offre deux dollars par animal abattu. Aik Talakta, un Navaho âgé refuse cette mesure barbare et s’enfuit dans la montagne avec dix chevaux dont celui de son fils Chonga, lequel ne survivrait pas à la perte de son cheval. Avec Chakta le berger qui sert de guide, l’Indien rebelle s’enfonce dans la montagne mais la sécheresse continue de sévir. Quand l’officiel du gouvernement se rend compte qu’Aik Talakta lui a désobéi, il décide de le poursuivre à l’aide d’un hélicoptère et repère sa trace. Va-t-il l’arrêter avant que la presse et l’opinion publique ne s’emparent de l’affaire et dénoncent la brutalité de telles méthodes ? Or, le vieux Chakta meurt accidentellement dans la montagne et Aik se retrouve seul avec les chevaux assoiffés en ignorant les proportions gigantesques du mouvement qu’il a provoqué. Quand la pluie se décide enfin à tomber, Aik prend le chemin du retour sans se soucier de son sort futur et de l’accueil qui lui sera réservé…

Bien qu’il n’entre pas dans les limites historiques du genre, ce récit est un vrai western dans lequel un homme solitaire se bat pour sa dignité et celle de son peuple. Le récit, sobre, bien mené, est souvent émouvant dans sa défense des minorités victimes de préjugés raciaux. L'Unique Rebelle méritait bien le Prix Jeunesse 1971, un prix remis alors à un auteur seulement âgé de 26 ans.
On ne compte plus les traductions dans diverses langues européennes de ce récit, devenu effectivement un « classique ».

jeudi 18 août 2011

Yvon Mauffret, chantre de la Bretagne et de la mer




Yvon Mauffret, chantre de la mer et de la Bretagne

Né dans le Morbihan, à Lorient, le 24 décembre 1927, Yvon Mauffret est décédé le 15 mars 2011 à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans sa chère presqu’île où il résidait depuis 1968-69. Il est né dans une famille de marins, son père dont il appréciait les récits étant capitaine dans la marine marchande et pilote du port de Lorient.
Après des études classiques perturbées par la guerre, ce qui ne l’empêche pas d’obtenir son bac philo le 6 juin 1944, la maison familiale étant détruite et le père se retrouvant sans emploi, le futur romancier, pour gagner sa vie, fait un passage d’un an et demi aux P.T.T. avant de faire son service militaire comme matelot et de naviguer comme « écrivain », c’est-à-dire secrétaire de bord dans la marine marchande.
L’adolescence vécue pendant la guerre donnera ainsi des accents de vérité aux trois récits : Le Jardin des enfants perdus (Milan, 1989), Mon journal de guerre (Rageot, 1988) et Un été entre deux feux (Rageot, 2003).
Sa vie maritime est pour lui l’occasion de sillonner les mers du monde, des ports de l’Afrique du Nord à ceux du canal de Suez, avant Aden, Djibouti et Madagascar. En Europe du Nord, il accoste à Brême, Anvers et Hambourg avant d’aborder aux ports de la côte est des Etats-Unis, comme Boston, New-York, Philadelphie et Baltimore... Il naviguera encore sur un « liberty-ship » (tel l’Adonis dans Un homme à la mer), entre le Brésil et l'Argentine. Ces voyages lui permettent de satisfaire sa boulimie de lecture, présente depuis l’enfance quand il se passionnait pour Tom Sawyer, David Copperfield, L’Île au trésor, Michel Strogoff ou Michaël chien de cirque, et de se consacrer à l’écriture.
Quand il quitte la marine marchande, il va vivre une vingtaine d'années en région parisienne en vivant de divers petits métiers peu lucratifs. Il écrit, sous le pseudonyme d’Yvan Rhuys, des scénarios de bandes dessinées et des petits romans à suivre pour les journaux de jeunesse : Lisette, Pierrot et Champion.

Une longue carrière de romancier

Tout en appréciant la vie intellectuelle parisienne des années 50, grâce à Marianne Monestier, directrice de la collection pour les adolescentes, « Les Sentiers de l'aube », il publie son premier roman : Capitaine Juliette, en 1957. Deux autres récits suivront dans la même collection. Désormais, il va vivre de sa plume et publie plus d’une centaine de livres, la plupart dans les collections pour la jeunesse. Mais les adultes lui doivent aussi des guides touristiques (en particulier sur la presqu’île de Rhuys, des livrets d’opéra, un oratorio, des commentaires pour des spectacles son et lumière et divers romans (dont quelques récits policiers construits autour du personnage de Tréphine de Baghenhir, parus chez Liv'Editions, un éditeur du Morbihan qui réédite aussi des romans jeunesse d'Yvon Mauffret)
La plupart des romans qui vont suivre ont pour cadre la Bretagne. La mer, les bateaux, les histoires de mousses et de vieux marins hantent des récits bien menés, solidement construits. Les fictions richement documentées d’Yvon Mauffret font naître l’émotion tant les qualités humaines animent ces romans d’aventures et aussi parce que, en plus de l'exercice d’une imagination fertile, l’auteur est resté fidèle à l’esprit d’enfance. Yvon Mauffret n’a pas son pareil pour décrire les rapports entre un grand-père et son petit-fils, dans Pépé la boulange, entre un vieil homme et un jeune garçon ou un adolescent, par exemple dans Goulven, l’ami mystérieux de Jean-René, Le Trésor du menhir (avec le petit Parisien Simon et Tonton Apostol)
Tant dans la presse des jeunes que dans les fictions romanesques, Yvon Mauffret introduit des personnages féminins dynamiques ou attendrissants, comme Nanou et Domi (dans Lisette), Caroline dans Le Manoir en péril, Valentine Clément dans Pépé la boulange. Il crée le personnage amusant et très juvénile de Virginie pour la collection Rouge et bleu chez G.P. et Mélusine, chez Rageot.
Le romancier développe dans plusieurs récits l’attachement à un animal. Si le chien est clairement présent, dans Pour un petit chien gris et Le Rescapé, les chats sont surtout évoqués dans Trois chatons pour Zélie. La surprise est plus grande quand on découvre la défense d’une vieille laie dans Prunelle (Casterman, 2000), la création de La Vache bleue qui parle à certains ou du vieux cheval Pistou, avec Le Cheval dans la maison
On doit aussi à Yvon Mauffret des ouvrages biographiques comme ceux qui sont consacrés à Chateaubriand, Kerguélen, Magellan et Lafayette.
En dépit de sa longue carrière romanesque et des prix littéraires obtenus, Yvon Mauffret n’a guère suscité d’études et de commentaires approfondis sur ses livres. Il a pourtant été présent dans de nombreuses collections pour la jeunesse. Il y eut d’abord, de 1957 à 1960, pour trois titres, la collection « Les Sentiers de l’aube », chez Plon, une collection destinée aux jeunes filles, tout comme la collection « Monique », chez Fleurus (où paraît Bouli et le barbu en 1959).
Aux éditions G.P, les romans d’Yvon Mauffret apparaissent dans six collections. D’abord « Spirale » pour Souviens-toi Jonathan (1960) et La Belle Amarante (1961).
La collection « Dauphine » destine à des lecteurs plus jeunes publie cinq récits depuis Le Secret du grand mur (1964) jusqu’à Agathe au bois dormant (1975).
Pour les lectrices plus jeunes encore paraissent, de 1972 à 1977, dix ouvrages dans la collection « Rouge et bleue ». Huit sont consacrés aux aventures de Virginie, depuis Virginie déménage (1975) jusqu’à Virginie marmitonne (1978).
Chez G.P., la trop peu connue collection « Olympic » (publiant des livres de prix) permet à Yvon Mauffret de publier cinq romans bien illustrés en noir et blanc : Marina ou le temps d’un été (1968), Le Manoir en péril (1970), Pilotin du cap Horn (1970, une dure expérience au début du XXe siècle pour l’adolescent Etienne), La Maison dans l’île (1972, l’adolescent Jobic Le Hen vit sur l’île de Penru) et Goulven (1976, quand Jean-René, fils d’ostréiculteurs rencontre Adrien Grosbois).
Un seul titre paraît dans la collection pour adolescents « Grand Angle » : Le Chemin du large (1975).
La collection « Souveraine Rouge et Or », toujours chez G.P., republie Goulven (1978) et édite Deux frères dans la tempête.
De 1967 à 1983, des récits importants paraissent dans la collection « Bibliothèque de l’Amitié », aux éditions de l’Amitié-G.T. Rageot. En particulier, Le Trésor du menhir (1967), Le Mousse du bateau perdu (1973) et Gildas de la mer (1983).
Chez le même éditeur, la collection « Ma première amitié », pour les premiers lecteurs, publie trois titres de 1979 à 1984, dont La Nuit des korrigans.

Quelle postérité pour un romancier prolifique ?

Est-ce la trop discrète présence d’Yvon Mauffret chez de grands éditeurs comme Hachette et Gallimard qui explique son absence de nombreuses études consacrées à la littérature jeunesse ? Chez Gallimard, on le rencontre seulement dans « Folio Cadet », pour Au revoir Fénimore (1984) et dans « Folio Cadet-Biographies » grâce à Kerguelen, amiral et corsaire (1986).
Si « Le livre de poche Jeunesse » n’avait pas réédité Un homme à la mer, d’abord paru dans la revue Je bouquine, Yvon Mauffret ne serait pas présent chez Hachette.
Notons aussi une présence très discrète à l’Ecole des Loisirs, pour Pépé la boulange, dans la collection « Neuf », un roman passionnant contant le retour de Julien Granger à Belle-Île son île natale et le lieu de ses premières amours.
Des ouvrages ont paru dans des collections aujourd’hui disparues. Par exemple, Chateaubriand dans la collection « Biographie/Travelling », chez Duculot, Au vent de la flibuste (Collection « Histoires d’Histoire », chez Hatier en 1992), Une audacieuse expédition, dans « Les Maîtres de l’Aventure », chez Rageot, ou Le jardin des enfants perdus (1989) chez Milan (Collection « Zanzibar »).
Disparue aussi, la collection « Moi, Mémoires », chez Casterman quia vu paraître Moi, Magellan, chevalier portugais, capitaine de sa majesté le roi d’Espagne, qui voulus faire un tour du monde (1988) et Moi, Lafayette ci-devant marquis, qui, sur les rives atlantiques, combattis pour la liberté (1989). Notons encore, dans les années 90, chez Casterman, La Clé et Le Cheval dans la maison (Collection « Huit et plus ») et Prunelle (Collection « Dix et plus »).
Alors, pour la survie des livres juvéniles d’Yvon Mauffret, peut-être faut-il compter, en Bretagne même, sur Liv'Editions, et au plan national, sur les éditions Rageot. La collection « Cascade », née en 1989, a successivement édité ou réédité : Le Mousse du bateau perdu (1990), Une amitié bleue outremer (1991), Le Trésor du Menhir (1992), Au secours Mélusine !(1994), Pour un petit chien gris(1994), Au royaume des nains et autres contes de gnomes, lutins et gobelins(1995), Mon Journal de guerre (1996), L’Ogre des mers et Bien joué Mélusine ! Trois chatons pour Zélie, Un été entre deux feux et Les Oignons de la fortune (Nouvelle édition de Une audacieuse expédition), quand les Bretons, de Roscoff à Saint-Léon, devaient partir pour vendre leurs oignons dans le Pays de Galles.
L'oeuvre est si vaste que l'on n'a pu évoquer les livres édités chez Epigones, La Martinière, Galic, S.P.E.S,Urtebise,etc.

Souhaitons que demeurent longtemps les œuvres majeures d’un romancier sincère et authentique dont la carrière littéraire s’est construite sur près d’un demi-siècle.
En relisant certains de ses romans, je me dis souvent : « J’aurais bien aimé rencontrer cet homme-là ! »


Références :
Claude BRON : Romanciers choisis pour l’enfance et l’adolescence Editions H. Messeillier, Neuchatel, 1972.
Nic DIAMENT : Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse : 1914-1991 L'Ecole des loisirs, 1993.
Didier-Jacques DUCHE : La Bibliothèque idéale des enfants Editions universitaires, 1967.
Jacqueline et Bernard LE NAIL : Dictionnaire des auteurs de jeunesse de Bretagne Préface de François CARADEC Keltia Graphic Editions des montagnes Noires, 2001.
Raymond PERRIN : Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle Nouvelle édition 2009, remaniée, revue et augmentée de Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans L’Harmattan, 2009.


Yvon Mauffret et la presse des jeunes



Yvon Mauffret (1927-2011) et la presse des jeunes

Le romancier breton Yvon Mauffret, sous le pseudonyme d’Yvon Rhuys, a participé aux journaux pour filles Lisette et Lisette Magazine. Pour Lisette, il compose d’abord pour de courts récits (en 1959*1960), par exemple Le Trésor du baron Pierre et Nadette et le vase grec. Il intervient ensuite en tant que scénariste de bande dessinée, il propose un épisode de la série « Nanou », illustré par La Selve : Nanou et l’inconnu de Florineige (1960).
Plus tard, on retrouve sa signature dans la série « Domi », illustrée par Pierre Lacroix (par exemple en 1965, dans Domi et le cirque Minestrone). On retrouve le scénariste Yvon Rhuys, dans Lisette Magazine, de 1969 à 171, pour la bande dessinée humoristique, Les Caboches (les aventures de trois cousins français et de deux jeunes Anglais), une bande dessinée par Jip, alias Jean-Paul Dethorey.
Dès les débuts de la revue Je bouquine, publiée par Bayard Presse, Yvon Mauffret apparaît. Il écrit d’abord Un homme à la mer, un court récit illustré par Romain Slocombe paru dans le n° 2, en avril 1984 et le récit sera réédité dans « Le Livre de poche jeunesse–Je bouquine ». Suivront deux autres récits maritimes : Le Rescapé, en décembre 1985 et S.O.S. dans la tempête, paru en juillet 1988.

P.S. : Contrairement à ce qu’on a pu lire parfois, Yvon Rhys est apparemment le seul pseudonyme d’Yvon Mauffret et il n’a rien à voir avec celui de François Drall.

dimanche 14 août 2011

Henri Thomas et Boris Simon : une amitié peu connue



Henri Thomas (1912-1993) et Boris Simon (1913-1972) : une amitié peu connue

Si la Nouvelle Revue Française n’avait pas publié en octobre 1994, dans son numéro 501, sur une quinzaine de pages (pages 158-173), les Lettres à Boris Simon (1932-1943) du poète, écrivain et traducteur Henri Thomas, il est probable qu’on aurait oublié que ces deux hommes s’étaient liés d’une amitié durable.
En effet, les ouvrages consacrés à l’écrivain d’origine vosgienne sont plus que discrets sur les rencontres et les échanges des deux Lorrains (Boris Simon étant né à Malzéville, près de Nancy). On chercherait vainement la moindre allusion dans le numéro 100 des Cahiers vosgiens paru en avril 1993 ou dans le n° 2 de la revue L’Erckmann Chatrian, parue la même année, deux ensembles pourtant entièrement consacrés, l’un au « voyageur du rêve », l’autre au « solitaire vosgien ». Aucune allusion au cœur du Henri Thomas (Editions du Félin) de Salim Jay en 1990. Dans Henri Thomas ou les feux du solitaire (1992), le regretté François Jodin est aussi très sobre. Il cite Boris Simon comme participant en 1932 à la revue Les Cahiers de l’humanisme dans laquelle « on ne trouve pas de numéro où ait écrit Henri Thomas » ! Dans la même page 49, il ajoute seulement : « A noter que Thomas est venu, plus tard, aux obsèques de Boris Simon, en compagnie de l’abbé Pierre ». (C’était en 1972 à Saint-Cloud). C’est tout (1). Les biographes actuels ne sont guère plus diserts (2).
Il est donc utile, voire urgent d’esquisser le sujet.
Après ses études au Lycée de Saint-Dié (Saint-Romont dans Le Seau à Charbon) et un premier prix de philosophie au Concours général, Henri Thomas, natif d’Anglemont, dans une famille vosgienne de paysans et d’instituteurs, après sa scolarité à Saint-Dié, fait sa khâgne au lycée Poincaré de Nancy en 1931-1932. C’est là qu’il fait la connaissance de Boris Simon, son aîné d’un an, né à Malzéville en 1913, d’un père français, chef de travaux de mathématiques à Nancy et passionné d’art, et d’une mère russe, Elisabeth Gontcharov, petite nièce de l’écrivain Ivan Gontcharov (il serait donc temps d’en finir avec la mention de la seule « origine russe »).

Une correspondance connue partiellement et unilatéralement

Les deux amis qui se séparent quand Thomas part préparer Normale Sup au lycée parisien Henri-IV (un projet bientôt abandonné), vont entretenir une correspondance dont nous ne connaissons guère pour l’instant que des bribes, la parution de l’ensemble des lettres annoncée pour 1995, sous le titre Serment de jeunesse, n’étant pas encore effective.
Que nous apprennent les extraits parus dans la NRF ? Surtout des échanges d’impressions de lectures et de rencontres littéraires ou sentimentales. Henri apprend à Boris qu’il aura comme professeur de philosophie au Lycée Henri-IV, Alain (alias Emile Chartier, peu apprécié par celui qui lui préfère ce "vieil immoraliste" de Gide). Il lui parle de leurs projets poétiques respectifs en espérant une édition commune de leurs deux livres à Paris (en fait, Henri Thomas ne publiera ses propres poésies qu’en 1939 dans la revue Mesures). Il évoque un déjeuner avec Gide, ses relations à la NRF avec Paulhan... En 1941, Thomas parle d’un recueil de poésie de Boris (mais on en ignore le titre, même s’il nomme trois poèmes). Comme les réponses de Boris Simon sont absentes, la correspondance unilatérale de Thomas ainsi publiée, reste sibylline et difficile à décoder.
Notons que les Carnets 1934-1948 d’Henri Thomas (3), publiés chez Claire Paulhan, citent cinq fois Boris Simon et évoquent en outre leur condisciple à Nancy, René Wauquier, membre actif des Cahiers de l’Humanisme et qui préparait l’agrégation d’allemand.
Peut-être vaut-il mieux s’interroger sur ce qui a pu rapprocher ces deux hommes. Tous deux ont perdu très tôt leur père. Celui d’Henri Thomas décède des suites directes de la guerre en janvier 1919. Celui de Boris Simon disparaît en février 1922, à l’âge de 42 ans. Or, des quatre fils de Pol Simon (dont le journaliste et écrivain Sacha et l’illustrateur Romain), deux d’entre eux, Sacha et Boris, en raison de la guerre et de la Révolution russe, vécurent en Russie de 1914 à 1921, chez la grand-mère maternelle.
Boris, devenu comme ses frères et comme Henri Thomas, pupille de la nation, a donc très peu connu son père et cette situation d’enfant de la guerre et d’orphelin de père a dû rapprocher les deux amis qui vont, l’un et l’autre, se chercher des pères de substitution fort différents.
Tous deux ont des aptitudes prononcées pour les langues étrangères. Boris parle couramment le russe et sera professeur d’allemand (et d’Histoire de l’art) et traduira Thomas Bernhard et Harry Kessler. On connaît le considérable travail d’Henri Thomas en temps que traducteur. N’a-t-il pas traduit du russe, de l’allemand, de l’anglais, les plus grands auteurs comme Pouchkine, Shakespeare, Melville, Adalbert Stifter, Goethe, Ernst Jünger, etc ? Peut-être leur correspondance complète évoque-t-elle des échanges sur les langues, leur goût de la traduction et leurs aptitudes respectives.

Des chemins sans doute divergents

Mais chaque personnalité, au fil des ans, va prendre des directions qui les éloignent l’un et l’autre de leurs goûts partagés de grands adolescents sensibles et imaginatifs. On connaît, chez Thomas, éternel migrateur au point de devenir un « méconnu capital » (selon Maxime Caron) (4), la propension au refus de « rouler dans la bonne ornière », comme disait Rimbaud. On sait son indifférence à l’air du temps et sa capacité au renoncement, son goût du rêve et de la solitude (« Récris-moi quand tu es gai » demande-t-il à Boris).
Boris Simon, après des ambitions poétiques qui paraissent assez vite abandonnées, semble davantage, comme ses trois frères d’ailleurs, entrer dans la vie adulte avec optimisme et sans grands états d’âme. Il s’oriente vers l’enseignement et la peinture (comme le rappellent les Carnets 1934-1948, il a fait partie du groupe des Annonciades de Pontarlier). Outre des poèmes et des pièces de théâtre, cet ancien scout de France, comme ses frères Romain et Louis (rédacteur en chef de la revue Scouts de France), choisit d’écrire des ouvrages probablement fort éloignés de la sensibilité de Thomas puisqu’il s’agit de romans scouts (publiés entre 1946 et 1959) et de jeux dramatiques !
Plus tard encore, l’écart risque de se creuser quand Boris Simon convalescent de la tuberculose, fait la connaissance de l’Abbé Pierre dans sa première résidence de Neuilly-Plaisance. Ils se lient d’amitié et Boris passe plusieurs années à promouvoir l’œuvre de son ami en devenant son principal collaborateur. A partir de 1952, Boris fait le récit-témoignage, vécu de l’intérieur, de l’aventure des Compagnons d’Emmaüs. Il en résulte l’ouvrage Les Chiffonniers d’Emmaüs,écrit dès 1952 et paru au Seuil en 1954, après « l’Appel de l’Abbé Pierre » sur le sort des sans-logis (un ouvrage réédité à l’initiative de Madame Isabelle Simon, fille de l’écrivain, chez Michalon, en 2004). Le livre est adapté en un film qui sort en 1955, avec un scénario de René Barjavel, l’année où Boris publie Le Poids des autres, Les Chiffonniers d’Emmaüs 2.
Espérons qu’un jour paraîtra enfin la correspondance croisée d’Henri Thomas et de Boris Simon pour qu’on apprécie davantage les liens affectifs et intellectuels de deux êtres attachants qui se sont sans doute autant nourris de leurs points communs que de leurs différences.

Notes et références :
1) François Jodin : Henri Thomas ou les feux du solitaire
Epinal : La Licorne, 1992 (204 p.)
2) Paul Marin : Henri Thomas Le Temps qu’il fait, 1998.
On peut y lire, page 17 : En 1938, alors qu’il est étudiant à Strasbourg, Thomas écrit à Boris Simon : « J’ai des soirées toutes illuminées par cet seule pensée : PROGRESSER, muer mes velléités en volontés, mes volontés en réalités ».
3) Dans les Carnets (1934-1948), édition établie par Nathalie Thomas, fille de l’écrivain, pour les éditions Claire Paulhan, Boris Simon est cité 5 fois, en particulier page 33, pour une photo qui montre, à la droite de Thomas, « fumant la pipe, son ami Boris Simon ».
4) Maxime Caron : Henri Thomas Ed. La Part commune, 2006.

Raymond Perrin

Merci à Damien Didier-Laurent pour son aide précieuse.

P.S. : Une version réduite du sujet avait, en vain, a été proposée à un quotidien lorrain.
Comme le blog s'appelle "Eclectisme" et que j'évoque en outre Boris Simon, le frère de Romain Simon, largement évoqué ici, je n'ai pas de scrupule à publier ce texte dans ce blog !
On peut consulter désormais sur Wikipédia la page consacrée à Boris Simon-Gontcharov, page revue et corrigée en 2010.

vendredi 5 août 2011

Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse) : une double disparition


Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse) : une double disparition

J’étais loin d’imaginer en écrivant un hommage pour les « Grimaud », après la mort de Marcelle le 22 janvier 2011, que son compagnon Jean-Louis allait la rejoindre le 27 juillet de cette même année 2011.
Je ne vais pas reproduire cet hommage que j’ai légèrement revu. Il suffit de cliquer sur « Michel Grimaud » à droite pour le lire.
Outre cette double disparition, ce qui m’émeut aujourd’hui, c’est que, fort discrètement comme à son habitude, à la date du 11 février 2011, dans la partie commentaires, Jean-Louis a écrit : « Le coucou a dit : Merci (JLF) ». Je n’ai pas voulu ajouter quoi que ce soit à ce message laconique.
Ce qui me sidère, c’est que beaucoup d’internautes semblent encore ignorer l’œuvre des Grimaud même ceux qui connaissaient son blog. Il y a même des internautes qui confondent parfois leurs livres avec ceux d’autres auteurs !
Alors, pour éviter cet état de fait, je me fais un devoir de publier 36 couvertures concernant leur œuvre. Cela n’a rien d’exhaustif mais j’espère que cette publication donnera une idée de la richesse et de la variété de leur œuvre car la meilleure façon de leur rendre hommage, c’est encore de chercher à connaître ce qu’ils ont écrit et de sauver leurs livres d’un injuste oubli.
J'espère qu'après le temps de l'été et des vacances, des plumes plus compétentes se pencheront sur les livres des Grimaud pour en rappeler l'originalité et la force.