lundi 24 mai 2010

Christian Grenier, un fabuleux "auteur-jeunesse"



D'abord la science-fiction



Le récit policier (Logicielle) et bien d'autres genres

Christian Grenier, un « auteur jeunesse » multigenres

Christian Grenier, absent aux Imaginales, sera bien présent sur ce blog. En voici la preuve. Il est pour moi, un des écrivains les plus importants du « rayon jeunesse ». Rien d’étonnant à cela quand on jette un œil sur son imposante bibliographie, patiemment constituée depuis plus de 40 ans d’écriture.

« Monsieur Science-Fiction Jeunesse »
(C’est un titre qu’il peut partager avec Denis Guiot et Alain Grousset)

Né à Paris de parents comédiens en 1945, Christian Grenier qui ne peut lui-même embrasser la carrière de comédiens face au refus de ses parents, enseigne en collège après des études de lettres. Depuis toujours passionné par l’écriture, après avoir entraîné ses élèves à écrire des romans, il publie ses premiers récits juvéniles. Après deux volumes parus en Jeunesse poche (voir plus haut sur le blog), il obtient le prix O.R.T.F. avec La Machination, paru d’abord dans la collection « Olympic » chez G.P. (voir le blog plus haut). Très vite il devient un spécialiste de la S-F mais il est aussi scénariste de B.D. et de dessins animés (Argir, Rahan, Les Mondes engloutis…), auteur de pièces de théâtre, nouvelliste. En outre, il ne dédaigne ni le conte, ni l’album, ni la mythologie, ni la presse juvénile (Pif, Les Aventuriers, Je bouquine...). Certes, il est réducteur de limiter les activités de Christian Grenier à la S-F même s’il a beaucoup milité pour le genre aussi bien dans ses nombreux romans qu’à travers quatre essais : Jeunesse et science-fiction (Magnard, 1972), La Science-fiction ? J'aime ! (avec Jacky Soulier), (Messidor, 1981), La Science-fiction, lectures d'avenir ? (Presses universitaires de Nancy, 1994) et La S-F à l’usage de ceux qui ne l’aiment pas (Editions du Sorbier, 2003).
Ce que les jeunes apprécient toujours, ce sont des récits sans temps mort, sans mièvrerie, où l'on ne s'ennuie jamais. Il est rare de renouveler aussi souvent joie de vivre et bonheur de l'écriture. Alors que la génération des années 70-80 s'est enthousiasmée pour La Machination, Le Satellite venu d'ailleurs, surtout Les Cascadeurs du temps, avec, toujours, cet étonnement pour le « passage » quasi « naturel », tant il était astucieusement conçu, vers un autre temps et un autre espace. Puis est venu le troublant et excellent roman : Le Coeur en abîme, et des recueils de nouvelles moins accrocheurs pour moi. La nouvelle génération des années 90, (les enfants des premiers lecteurs), s’enthousiasme pour deux cycles accrocheurs : celui du Multimonde, Grand Prix de l'Imaginaire, 1998 (confirmant l'amour de C. Grenier pour la musique), et celui d'Aïna, (où se développe en six tomes, le bestiaire fantastique, déjà amorcé dans le premier récit).

De multiples activités

Certains romans qui ne sont pas de la S-F » sont remarquables ou émouvants, tels le roman aux doubles points de vue : La Fille de 3e B et Le Pianiste sans visage ou encore l'âpre récit : Un printemps sans visage, (réécriture en 1995 du récit de 1979 : Le Moulin de la colère) et surtout Ce soir-là, Dieu est mort. Inutile de revenir sur son oeuvre d'anthologiste, dans « Folio Junior S-F », chez Gallimard, (puisque la collection aux magnifiques couvertures vient d’être présentée sur le blog). Rappelons qu'il ne s'est pas contenté de regrouper par thèmes les meilleurs textes accessibles aux jeunes puisqu’il a provoqué l'écriture de quelques-uns.
Si Christian Grenier est aussi à l'origine de la Charte des auteurs en 1975, s'il a animé la collection « Les Couleurs du siècle », dans « La Verte aventure », chez Hachette, (et reprise par Actes Sud Junior en 2000), s'il manifeste encore son goût pour le récit historique en 2002, avec Août 44 : Paris sur scène, et pour les contes et légendes publiés dans la célèbre collection des éditions Nathan, c'est vrai, qu’après son premier domaine de prédilection, en plus des ouvrages de S-F ou fantastiques, il se consacre surtout aujourd’hui aux aventures policières de son héroïne Logicielle. L'un des épidoses, L'Ordinatueur, a été tiré à 300 000 exemplaires. Parmi les albums, retenons Le Tyran, le Luthier et le Temps (illustré par François Schmidt) publié à l’Atelier du Poisson soluble et Toi lumière de ma nuit, illustré par Krystal Camprubi et présenté aux Imaginales 2010. Sur la palette de Christian Grenier, il faudrait aussi distinguer les récits fantastiques ou plus intimistes, des romans qui séduisent toujours la génération des années 2000. Il a toujours eu le souci d'ouvrir ses lecteurs aux réalités du monde contemporain avec la préoccupation permanente d'éduquer à l'écologie.
Depuis 1990, Christian Grenier a quitté Paris pour le Périgord. Il multiplie les interventions auprès des jeunes lecteurs, assure des conférences et fréquente de multiples salons.
Christian Grenier a été lecteur, correcteur, rewriter et un important directeur de collections chez plusieurs éditeurs, dont Rageot et Nathan. Il le raconte avec humour dans Je suis un auteur jeunesse (2004). On ne compte plus les traductions de ses textes, tant en Europe (Allemagne, Danemark, Espagne, Portugal, Grèce, Italie, Suède, République Tchèque) qu’aux Etats-Unis et au Japon, ni les nombreux prix acquis au fil des années.

Les reproductions des 72 couvertures (c’est loin d’être exhaustif) sont aussi un hommage aux illustrateurs identifiés (pardon pour les autres) : Michel Gay, Tibor Csernus, Christophe Durual, Rozier-Gaudriualt, Bruno Pilorget, Patrice Kes, Bernard Moro, J.-J. Vayssières, Michel Palomba, Manchu, Jean Révelin, Loro, Frédérick Pillot, Pierre Wachs, Christophe Durual, Nicollet, Patrick Gromy, Jeanne Puchol, Jean-Claude Götting, Florence Magnin, Marc Mosnier, Emmanuel Guibert, François Roca, Gwen Kéraval, Benoît Perroud, Magali Shmitzler, Emmanuelle Houdart, Alain Korkos, Nicolas Wintz, Sylvain Bourrières, Olivier Voutch, Philippe Munch, Alain Gauthier, Alain Korkos, Philippe Caron, Alexios Tjoyas, Julien Famchon, Krystal Camprubi…

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