mardi 3 mars 2015

Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse (2)

Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse

II Des collections «  Aurore » et « La Bibliothèque des petits enfants » à la "Bibliothèque « Regina »"

Pour mieux connaître Les Éditions Gedalge, il faudrait (enfin) faire l’inventaire des collections suivantes : «  Aurore », « La Bibliothèque des petits enfants », "Bibliothèque « Regina »", "Les Loisirs de la jeunesse", "La Comète",  la collection documentaire "Grand Pavois" et la petite collection de livres-disques « Juvénilia », en sachant qu’en outre des ouvrages sont aussi publiés hors-collection.       


Les albums écrits et illustrés par Maggie Salcédo (1890-1959) sont surtout publiés en 1926, comme Bout-de-réglisse n’a pas de malice ou Les Trois souhaits du père Pain-Blanc. Cet auteur illustre aussi les livres de sa cousine Lily Jean-Laval et elle orne les livres de la collection « Aurore » d’une vignette en couleurs se détachant sur le fond généralement bleu (et parfois blanc). Elle publie aussi de courts récits, comme Riquet à la houppe publié dès 1922 dans « La Bibliothèque des petits enfants ». On y trouve des petits livres brochés de 24 pages, illustrés en noir et blanc, comme Le Petit Marchand de L. Humeau, Le Loup garou de Thierry Maurice ou Le Panier renversé de Godchaux...   


Gedalge lance la Collection « Aurore » constituée de romans d’aventures, voyages, contes et nouvelles pour tous dès 1920. On y réédite des auteurs  classiques français comme Balzac (Pierrette), Gautier (Le Capitaine Fracasse) Mérimée (Colomba) ou étrangers, tels Andersen (Rien qu’un violoneux, datant de 1837), Melville (Le Cachalot blanc, en fait une adaptation de Moby Dick), Swift (Voyages de Gulliver). Tourgueniev (Récits d’un chasseur).
La plupart des auteurs français ne sont plus réellement contemporains puisqu’il faut citer André Theuriet (1833-1907), pour L’Oncle Scipion, Jean D’Agraives (Le Château du Reliquaire), André Cazanave (L’Épervier sacré), Lucie Delarue-Mardrus, Suzanne Normand (Le Batelier de Lutèce) ou Joanny Brun (Jean Verpillon)... L’incontournable Lily Jean-Javal publie Marthon et le Père Papyrus et de l’écrivain suédois Sigfrid Siwertz, on traduit Les Pirates du Lac Mélar.


Maggie Salcédo illustre les romans de sa cousine Lily Jean-Javal (1882-1958), Bergerette fille des eaux et La Quenouille du bonheur (un roman repris dans la collection "Bibliothèque « Regina »" en 1927). Le plus grand succès de la collection et de l’éditeur est Peau-de pêche, l’histoire d’un petit Parisien orphelin, élevé sans tendresse par une femme malhonnête, plus tard transplanté dans une campagne bénéfique, avant une adolescence troublée par la guerre de 1914-1918, mais réconfortée par la naissance de l’amour. Prix Sobrier Arnould en 1929. Il est écrit avec verve et sobriété par Gabriel Maurière, déjà auteur en 1928, du récit Aïno, publié chez Gedalge. Le récit qui deviendra le plus grand succès de l’éditeur, Peau-de-pêche est adapté au cinéma en 1928, par Jean-Benoît Levy et Marie Epstein et devient aussi « Livre de lecture courante », médiocrement illustré par Edmond Rocher, chez Gedalge, dès 1929.


  La collection « Aurore » ne meurt pas  en 1938 puisqu’elle republie encore après la guerre, sous une couverture illustrée pleine page en couleurs, des récits comme L’Âme aux trois visages de L. Delarue-Mardrus, Alain Gerbault de Max Ferré ou Magellan de Léonce Peillard. 
Dès 1927, l’éditeur développe la « Bibliothèque Régina », aux récits édifiants, tels L’Âme aux trois visages (1928) et La Quenouille du bonheur de Lucie Delarue-Mardrus, La Prodigieuse Aventure d’un enfant du peuple, René Caillé (1938), fils d’un bagnard injustement condamné et découvreur de Tombouctou, de Henriette Célarié. Gedalge continue de privilégier Lily Jean-Javal (Bergerette fille des eaux, 1937).  On connaît moins Tête folle d’Esme Stuart. La « Bibliothèque Régina » est une collection peu attrayante, constituée de livres brochés imprimés sur un papier médiocre, de format 18,5 cm sur 11, illustrés uniquement en couverture d’une vignette contrecollée  en couleurs de Maggie Salcedo. 


La maison change de propriétaire à la fin des années 1930 et, pendant l’Occupation, les éditions Gedalge subissent « l’aryanisation » en 1941. (On leur impose un directeur non juif) et elles changent donc de main.
C’est peut-être à cette époque que l’on publie une adaptation du Baron de Crac. Gedalge adhère en décembre 1944 à l’association « Pour le livre ».



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