vendredi 5 février 2010

Collection "Bibliothèque internationale" (Nathan) : une référence




La reproduction de ces couvertures doit être considéré comme un hommage aux illustrateurs et illustratrices identifiés: Kersti Chaplet, Jacqueline Duhême, Jean-Marc Pariselle, Tove Jansson, Patrice Harispe, Denise Chabot, Michel Siméon, Susan Einzig et Jean Steen, Yvon Le Gall, Arias Crespo, Mette Ivers, Henriette Munière...

La "Bibliothèque Internationale", d’abord européenne puis mondiale : une référence et une anthologie

En 1966-67, Isabelle Jan crée, chez l'éditeur Nathan, une collection très originale. C’est la "Bibliothèque Internationale", conçue, dit-on, pour les 8 à 14 ans, (mais en fait, elle concerne plus souvent les plus de 11 ans). Isabelle Jan, bibliothécaire de formation et auteur d’un Essai sur la littérature enfantine, aux Editions Ouvrières, en 1969, conçoit une collection plutôt luxueuse puisque constituée d’ouvrages solidement reliés, à la présentation soignée, aux couvertures originales. Les romans sont sélectionnés avec autant de goût que de rigueur, d’abord dans les pays d'Europe où ils ont déjà remporté du succès, puis sur les autres continents, au point qu'ils constituent les chefs-d’œuvre de la littérature enfantine mondiale.

Des fictions européennes originales

Très tôt, on remarque des récits venus d'Irlande, comme L'Ile des chevaux (1968) d'Eilis Dillon (souvent réédité), de Suède d'où provient Le Voyage secret (Hemling Resa, 1969) de Harry Kullman, moins connu toutefois que le fameux Rasmus et le vagabond (1978) de la Suédoise Astrid Lindgren. D'Allemagne proviennent deux récits drôles et malicieux de James Kruss (Prix H. C. Andersen en 1968) : Le Chasseur d'étoiles et autres contes (Der Leuchtturm auf den Hummerklippen) (tr. 1969) et Florentine (1983). Viennent encore, des Pays-Bas (Monsieur Ouiplala, 1973, d’Annie M.G Schmidt, illustré par Jacqueline Duhême) et d'Espagne (Nin, Paulina et les lumières dans la montagne d’Ana Maria Matute).
L’Italie est représentée par Toto ou Miracle à Milan (1979) de Cesare Zavattini

Des ouvrages traduits de l'anglais

Les ouvrages traduits de l’anglais paraissent les plus nombreux. Il y eut d’abord Martin et le visage de pierre (Songberd’s Grove) d’Anne Barrett, datant de 1957, traduit ici en 1968, avec des illustrations à la plume de Patrice Harispe. Martin Singer, d’abord sans foyer, n’obtient un logis qu’en luttant avec l’aide d’une petite Espagnole et d’une sculpture trouvée dans son jardin. En 1969, Cécile Loeb traduit Tom et le jardin de minuit (Tom’s Midnight Garden) de Philippa Pearce dont on traduit encore en 1977, Un chien tout petit (A Dog so small). Après Une maison de poupées (The fairy Doll) de Rumer Godden, paraît en 1973, l’énigme policière Catchpole Story de Catherine Storr, un ouvrage souvent réédité. Il faut attendre 1976 pour que l’on connaisse la traduction par Jean Queval du récit de Penelope Lively : Le Fantôme de Thomas Kempe (The Gost of Thomas Kempe). Quand la collection aura modernisé sa présentation, imprimant à gauche de l'illustration le drapeau du pays de l'auteur, des anglo-saxons apparaîtront ici plus tôt qu'ailleurs, tels Dick King-Smith, avec Le Chevalier désastreux 1990) ou Philip Pullman pour Jacob superstar. Samedi descend du ciel (Here comes Thursday en 1966) de Michael Bond, illustré par Mette Ivers, est traduit en 1984.

Moumine de Tove Jansson

On doit surtout à Isabelle Jan la découverte de romans importants mal connus, comme Moumine le troll (Trollkarlens hatt de 1948, traduit du suédois par Kersti et Pierre Chaplet, en 1968), …de la Finlandaise Tove Jansson (Marika, 1914-2001, Prix H. C. Andersen en 1966). Suivront d’autres volumes de la série : Un hiver dans la vallée de Moumine (Trollvinter, 1957, tr. 1972), L’Eté dramatique de Moumine (Farlig midsommar, 1954, tr. 1980), Les Mémoires de Papa Moumine (Muminpappans memoarer, 1950, tr. 1982), Papa Moumine et la mer (Pappan och havet, 1965, tr. 1985). Evidemment, tous les volumes sont illustrés par Tove Jansson. C’est seulement en 1991-92 que l’écrivain finlandais Mika Waltari (1908-1979) sera présent grâce au recueil Le Chat chinois (et autres contes). Si la vocation européenne de la collection s'affirme vite et si le choix s'oriente surtout vers les cultures méditerranéennes et d'Europe de l'Est (de l'U.R.S.S. d’alors arrive La Petite fille de la ville (Dievotchka ie Goroda) de Liouba Voronkova), la collection va s’ouvrir assez vite vers des cultures extra-européennes.
Cette collection évoque déjà les mondes imaginaires du fantastique et de la fantasy, à une époque où le mot "fantasy" restait presque méconnu en France.
Des ouvrages francophones

Les auteurs de langue française sont d’abord rares dans la collection. Il y eut le roman original, poétique et plein d’humour de Marcelle Lerme-Walter, Les Voyageurs sans souci, illustré par Patrice Harispe : Sébastien et Agathe tentent de délivrer Rosalie Albatros, retenue dans un château. Doivent-ils affronter une princesse ou une sorcière ? Puis on fit paraître Le Merle et moi d’Andrée-Paul Fournier (un récit illustré par Yvon Le Gall qui a bénéficié d'une adaptation télévisée). Un trou dans le grillage (1977), découvert par le jeune Grison et son amie Prune, marque les débuts de François Sautereau, déjà orfèvre d’un fantastique né au cœur du quotidien, à qui l’on doit encore en 1979, Le Train M.. En 1980, de l’inoubliable Colette Vivier, paraît L’Etoile polaire, tout comme Un métier de fantôme d’Hubert Monteilhet. On relève, au cours des années 90, deux romans français, l’un de Geneviève Senger (L’Eté de toutes les cerises), l’autre dû à Romain Slocombe (Le Bandit rouge).

Des récits venus de l’autre côté de l’Atlantique...

C'est la vie, mon vieux chat (Elt’s like this, cate) de l’Américaine Emily (Cheney) Neville (1919-1997) est traduit en 1968. Bien avant le succès aux U.S.A., à partir de 1974, en France dès 1984, de la série télévisée inspirée de l’œuvre de Laura Ingalls Wilder, la collection publie La Petite Maison dans les grands bois (Little House in the bog Woods, tr. 1968), illustré par Kersti Chaplet. Denise Chabot illustre la traduction du roman d’aventures cocasses de jeunes New-Yorkais dans les années 40, écrit par Elizabeth Enright : Le Club du samedi (The Saturdays), en 1970. C’est aussi des USA que virent Un Grillon à New-York de George Selden et Histoires Rutabaga de Carl Sandburg.
Du Brésil, vinrent les récits, Tonico et le secret d’Etat (1975) et Trois garçons en Amazonie (1973 et 1976), illustré par Yvon Le Gall, d’Antonieta Dias de Moraes.

…Et d’ailleurs

Du Japon, en 1971, parvient Le Secret du verre bleu (KOKAGE NO IE NO KOBOTOTACHI) de Tomiko Inui, souvent réédité. C’est l’histoire d’une famille japonaise qui héberge secrètement des lutins anglais durant la dernière guerre mondiale…. De la langue bengalie est traduit en 1984 La Poupée de fromage d’Abanindranath Tagore, préfacé par Selma Lagerlöf. Un titre est israélien (L'Eté d'Aviya de Gila Almagor, traduit en 1990), et un autre iranien. Ces récits visent un public d'abord assez jeune : celui des 9-10 ans, mais l'éventail s'ouvre bientôt aux 8-14 ans et brise le cadre étroit des tranches d'âges traditionnelles.
A une date que j'ignore, peut-être est-ce en 1990, Isabelle Jan confie la direction de la collection à Henriette Bichonnier. A partir de 1990, une nouvelle vague de publications s’impose. Par exemple en 1990, on remarque, outre quelques titres déjà cités, L’Etrange de Monsieur Käferstein de Sylvie Durian, A nous deux Koko d’Ivan Kusan, Zorro, mets tes lunettes de Marta Tomaszewska… Les titres sont surtout nombreux en 1991. Citons seulement Les Mémoires d’Adalbert d’Angela Nanetti Casari, Le Voleur de sacs de Mieke Van Hooft, et Le Garçon du lac d’Hermina Frankova. Pour 1992, retenons Le Royaume de l’araignée de Paul Biegel. Concluons avec Olduz et la poupée de Samad Behrengui et La Fille de l’Empereur de Béatrice Solinas Donghi, deux récits parus en 1993.

Pour en savoir plus, consulter le fonds de conservation de la collection, soit à Châlons-sur-Saône (71), soit à Claye Souilly (77), soit à Moissy Cramayel (77).

1 commentaire:

  1. Enfant, j'adorais emprunter à la bibliothèque municipale, les livres de cette collection. J'avais tout particulièrement adoré "Le club du samedi", qua j'ai dû lire 10 fois ! J'y repensé de temps en temps, et puis j'ai décidé de le chercher sur Internet ... pour l'offrir à mes filles ! Je vais me replonger avec nostalgie dans le récit des samedis aventuriers de ces 4 orphelins.

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