jeudi 18 février 2010

Collection "Les Fantastiques" (Magnard)







Il faut s’étonner de trouver dans le « Cercle des collections disparues » la collection suivante, forte de plus de 50 volumes et dont l’interruption ne s’explique guère.

Collection « Les Fantastiques » (Magnard), depuis 1996

Les Editions Magnard Jeunesse, sur le point d’être démantelées, sont reprises par Albin Michel en 1995. Un an plus tard, elles lancent la collection "Les Fantastiques", dirigée par Jack Chaboud et reconnaissable à son logo : une lune jaune sur fond noir.
Le directeur, dès le départ, paye de sa personne puisqu’il emmène ses jeunes lecteurs dans la ville de Lyon, pour La Nuit du 8 décembre, avant de leur proposer de résoudre L’Enigme de la forêt d’Orient. Plusieurs auteurs vont amorcer des trilogies passionnantes.

Quelques trilogies

Jean-Pierre Andrevon campe un enfant très attachant, Fabien Caprioli, effrayé d’abord par des phénomènes incroyables et griffus, dans Le Parking mystérieux. Plongé dans le fantastique quand il connaît Kofi et les buveurs de vie, il regagne le monde réaliste mais peu rassurant du polar, en restant Une nuit dans la tour de verre, 3e tome de la trilogie
Le jeune auteur Eric Boisset amorce un cycle passionnant dans Le Grimoire d’Arkandias. Les adolescents Théophile Amoretti et Bonaventure, si différents et si complémentaires, aussi bien dans leurs baskets que sur leur skate ou dans leur époque, ont besoin de tout leur tonus pour affronter encore leur ennemi. Si Arkandias contre-attaque, l’homme ne paraît toutefois plus aussi menaçant lorsque Théo et Bonav s’introduisaient dans Le Sarcophage d’outretemps. On doit encore à Eric Boisset une seconde trilogie où l’on remarque Le Secret de Tante Eudoxie et L’Œil du Mainate. Philippe Delerm n’avait pas encore obtenu le Prix des libraires quand il a écrit Sortilège au muséum et La Malédiction des ruines, deux récits dont le style séduit plus que l’intrigue. Metantropo (Christophe Loupy), consacre trois épisodes aux aventures de Steve et Dylan, depuis Le Mystérieux docteur Morlok jusqu’à L’Invasion des Cyborgs, en passant par La Citadelle de Khaazar. Ces auteurs sont accompagnés par des romanciers connus dans le monde de la S-F. Outre Andrevon, Pierre Pelot, plus proche cette fois de la légende que du récit fantastique dans La Fille de la Hache-Croix, c’est aussi le cas de Francis Valéry qui fait intervenir Les Internautes dans La Porte du temps, avant d’inviter le lecteur à sonder Le Mystère du Caucase, de Christian Léourier, construisant une amitié autour de L’Ombre de la tour blanche. Mais les romanciers peuvent venir du monde de la bande dessinée, comme Didier Convard, mêlant angoisse et terreur dans Le Manoir d’Orleur et A ce cher Romuald, du milieu du journalisme, comme Marcel Marsal, exposant Le Cas étrange de Tom Randall, ou de celui de la photographie, tel Alain Vénisse, encore intéressé par l’image dans Le Caméscope fantôme.
Plusieurs sont déjà très connus dans la littérature jeunesse : Sarah Cohen-Scali qui imagine la rencontre de la psychologue Agéna et de Vega enfant de la nuit, Philippe Barbeau, auteur du conte écologique : La Menace de Vylchimik et de L’Evasion de Yanor. Sont également connus Eric Sanvoisin, auteur d’un beau tiercé avec Les Chasseurs d’ombre, Le Motard sans visage et Ouragan, Olivier Lécrivain et La Gardienne de nuit. On est loin d’ignorer Daniel Meynard qui veut faire rire avec La Guerre des toiles et Alain Surget qui glace, au contraire, le lecteur engagé dans Les Nuits d’Halloween. Gudule, boulimique d’histoires à conter, se devait d’être là avec Qui hante la tour morte ? Gérard Hubert-Richou ressuscite le « Hollandais volant » dans Maudite épave, et Roger Judenne retourne encore en Egypte pour La Momie du temple interdit. Nouveau venu remarqué chez les adultes en 2000, Jean-Baptiste Evette, en compagnie de Mademoiselle V., voisine avec Eric Simard, primé plusieurs fois pour Le Souffle de la pierre d’Irlande avant d’offrir à ses lecteurs impatients le deuxième tome de La Légende de l’émeraude : L’Aigle de Kylemore.
De la littérature jeunesse arrivent encore Michel Amelin (Le Messager de la mort), Chantal Laborde (L’Ogre m’a tué), et Gudule est encore présente en 2001 avec Horrible baby-sitting.
Connu dans le monde du polar, François Charles, en 2000, raconte La Guerre des enfants-microbes. Arthur Ténor fait son entrée quand il déclenche l’Alerte aux virulents et revient en 2001, avec Le Voleur de destin. N'oublions pas Marc Seassau qui publie l'un des derniers titres en 2003 : Coeur de loup.

La collection semble déjà s’essouffler en cette année 2001, quand paraissent La Minute qui n’existait pas, un voyage dans le temps de Maryvonne Ripert, La Maison haute de Rodolphe. Jacques Delval, dans L’Onde Ka, évoque une curieuse lyre à sept cordes et un voyage spatio-temporel.
Magnard Jeunesse prend une décision étonnante puisque, au moment où le fantastique et la fantasy sont rois, l’éditeur fait disparaître, dès 2003, les collections « Les Fantastiques » et « Les P’tits Fantastiques », pourtant fort intéressantes.

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