samedi 13 février 2010

Collection "Travelling" (Duculot) pour les ados, dès 1972




Après « Plein vent » (1966), « Bibliothèque internationale » (1967), « Olympic » (1967), voici, avant « Les Chemins de l’amitié » (1973) et « Grand angle » (1974), un nouveau jalon à ajouter au « Cercle des collections disparues ».

"Travelling" (Duculot, 1972) ouverte sur le monde actuel des « ados »

C'est en mars 1972, chez Duculot en Belgique, qu'est lancée, pour les 13-16 ans, parfois plus, la collection "Travelling". Elle propose des récits souvent inédits fondés sur des problèmes contemporains accessibles à des adolescents (par exemple, dans Mémoire blanche de Pierre Coran). Dès le départ se dessinent deux tendances. Plusieurs ouvrages évoquent des aspects du monde actuel, sans se voiler les yeux sur la cruauté de certaines réalités contemporaines.

Une ouverture internationale sur un monde conflictuel

Ainsi sont mis en récits le génocide des Indiens au Brésil (L'Enfer des orchidées d’Huguette Pirotte), la guerre civile en Irlande du Nord (dans Au-delà des barricades de Joan Lingard, traduit de l’anglais), ou les conditions de vie des travailleurs immigrés (La Révolte d'Ayachi de Bernard Barokas, Anne ici, Sélima là-bas de Marie Féraud). La guerre proche ou lointaine est évoquée, dans Tu n'es pas mort à Stalingrad de Christian Delstanches et Hubert Vierset ou La Guerre des innocents de Gail Graham qui se passe au Vietnam. Les pays du Tiers Monde sont présents : le Tibet rebellé contre l’occupant chinois, dans La Route de Lhassa (de Federica de Cesco), l'Inde, vue autant à travers ses mythes que ses réalités, dans les romans de L.N. Lavolle (comme Le Paria), Le Zaïre, grâce à ceux de France Bastia. A côté de Vie et mort d’un cochon de Robert Newton Peck, devenu un « classique », des romans traitent plutôt de la vie et de la psychologie conflictuelle des adolescents, de leurs aspirations (en particulier, dans Derniers mois d'école de Lella Seti qui évoque le passage de l'enfance à l'adolescence), ou Les Tilleuls verts de la promenade de Bernard Barokas qui ose aborder les relations affectives et sexuelles. Le parcours de l’adolescent Bernd est intéressant à suivre, dans le roman Quand le vent se lève traduit de l’Allemand Willy Fährmann. La Fugue de Diane (1973) de Caroline Crane, La Part du vent de Jacqueline Held, Un Passage difficile de Bernard Barokas, s'attachent aussi, à travers une histoire, à dévoiler l'affirmation de la personnalité, les conflits familiaux ou les premières aventures amoureuses. Andrée Clair, dans L'Amour d'Aïssatou, évoque la condition féminine dans des pays qu'elle connaît bien, ceux de l'Afrique noire. Les futurs métiers et l'avenir possible des jeunes transparaissent, par exemple, dans les romans de Michel-Aimé Baudouy (Vivre à Plaisance et le choix d’un métier en milieu agricole), de Gine Victor (La Chaîne) ou de Hélène Montardre (La Quête aux coquelicots). L'un de ses grands succès sera Le Robinson du métro (1978) de Felice Holman mais de nombreux romans s'ouvrent tout autant sur la société actuelle et sur les difficultés des jeunes gens prêts (ou non), à l'affronter.

Présence des auteurs francophones
Même si les traductions sont nombreuses, les auteurs francophones ont leur place. Outre Huguette Pirotte, Bernard Barokas, France Bastia, Andrée Clair, Marie Féraud, L.N. Lavolle, Jacqueline Held, Michel-Aimé Baudouy, Hélène Montardre, Gine Victor…, déjà nommés, il faut citer William Camus (Les Deux mondes), Gil Lacq (Chantal et les autres), Claude Raucy (Cocomero), P. Pelot, W. Camus et J. Coué (Le Canard à trois pattes), Jacqueline Cervon (La Marmite des cannibales), Yves Loiseau (L’Odyssée de Sandrine), Jean Cernaut (Terre franche), Pierre Coran (La Mémoire blanche), Eve Dessarre (Cet amour-là), C.R. et L.G. Touati (Rendez-vous ailleurs), Luce Fillol (Un oiseau de toutes les couleurs), Suzanne Sens (Bérénice ou le bonheur oublié)…
Et, sous une nouvelle maquette de couverture, en 1986, Jean-Paul Nozière, dans Ce cher vieux Cochise, l’histoire de l’amitié liant les adolescents juifs, Samuel et Salomon, une amitié mal acceptée par leurs familles.

En 1977, Duculot lance "Travelling sur le futur" dont nous parlerons plus tard.
En 1993, "Travelling" quitte Duculot pour Casterman.

5 commentaires:

  1. C'est grâce à cette collection que j'ai découvert le plaisir de lire et non lire par obligation scolaire. Mes préférés : Un été pour mourir, Chantal et les autres, Au-delà des baricades, L'école idéale de Bruno Hauter, Les intrus de Parc Paradis , etc...

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  2. moi j'ai lu la guerre des innocents pour un dossier lecture et je ne trouve pas de biographie

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  3. Je les ai tous lus.. J'en garde encore aujourd'hui 25 ans après, des souvenirs, tous ou presque m'ont touchée.. Je suis souvent tentée de les relire mais j'ai changé et je pense que je dois rester sur mes souvenirs de l'époque, j'ai justement repensé à celui qui se passe à Tchernobyl ou près d'une centrale nucléaire.. je ne reviens plus sur le titre... enfin, de bons souvenirs, des questionnements, etc...

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  4. On a lu en classe de première rénové "Le cri du hibou" de France Bastia. Je ne me souviens plus de l'histoire mais une phrase du livre m'avait interpellée. Il me semble que c'était comme ceci: "Il n'y a que dans les aéroports qu'il n'y a pas de frontières". Cette phrase m'est toujours resté!

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  5. Je recherche le titre d'un livre dans lequel une petite fille vit avec sa mère et ses sœurs, la mère ne fait rien, ils sont pauvres.
    Elle aime aller à l'école, n'a pas de copine, elle est assez asociable, sauvage.
    Je me rappelle qu'elle doit réciter un poème de Paul Eluard, "le front aux vitres" dont elle ne se rappellera plus que de deux strophes.
    Si ça dit quelque chose à quelqu'un, je serais ravie de connaître ses lumières!

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